À la nuit qui s’avance

Certes elles s’écoulent dans mes veines, fluides et sécrètes, anciennes et muettes. Elles conjurent, elles aident à vivre, mes petites superstitions.

Certes elles me font jeter du sel, en grosse poignée de mots, par-dessus mon épaule gauche. Et me font composer des cercles éphémères et protecteurs. En un éclat de rire elles absolvent les triangles absurdes et dissolvent les anathèmes.

À la nuit qui s’avance avec son peuple d’ombres terribles s’étirant à l’infini, je n’oppose qu’une bougie, qu’un simple courant d’air pourrait souffler… Et derrière, ma voix distillant un héritage de murmures. Je fredonne mes petits airs et j’avance ainsi, l’air de rien. A chaque jour suffit sa peine.

Oui certes, dans mes veines rôdent de vieilles hantises !