J’ai envie de dire que si j’écris de la main droite, une mélodie enchante mon écriture, alors que si je passe le crayon à ma main gauche, elle mécréante tellement que ma main droite reprend la main.
Ça m’énerve. J’aimerais bien que ma main gauche coopère. Mais elle n’en fait qu’à ses cinq doigts. En menant sans foi ni loi le bal des lettres et ponctuations, le résultat est parfois médiocre.
Un maître médite, m’édite, mais dites même m’étincelle, mêle mérite méconnu en messager mécène médiateur, me médaille mais, n’accorde ni la droite avec la gauche, ni la gauche avec la droite.
Le mois de mai est ironique. Il se mêle de grelet, de fiance, de disance, de daille ou encore de dium.
Bref, je fais l’intermédiaire entre mes deux mains, suggérant qu’elles se serrent pour mettre en scène leur accord aussi utopiste soit-il.
Or, depuis quelques temps, une complication s’en est mêlée.
Je remarque que ma jambe droite ne s’adresse plus à ma jambe gauche de la même manière. Est-ce par mimétisme, est-ce par effet de métamorphose ?
Lorsque je marche, je dois faire bien attention, la droite aurait tendance à vouloir aller à gauche alors que la gauche, c’est tout l’inverse. Le gouvernail de ma déambulation n’étant pas mécanique, il est nécessaire de redresser sans cesse la direction, la droite ayant tendance à vouloir dominer la gauche et réciproquement.
Re-bref, vous l’aurez compris, au risque d’atteindre le mélodrame entre la mésaventure et la mesure, je reste médusée, il me faut réinventer une médiation efficace, équilibrante, j’ai donc fait appel à Merlin l’enchanteur.
Merlin démêle les mélanges dans la mesure du mérite, fait un merveilleux ménage dans les mémoires. Il n’est en aucun cas menaçant ou méprisant.
Abracadabra, me dit-il !
Mais encore ? Embrayais-je mécaniquement.
C’est une formule universelle, mémorisez-la.
Et je m’en sers comment ?
Comme un médicament.
J’avalai donc la formule jusqu’à la racine. Elle avait un goût acidulé. Probablement d’origine provinciale, une métonymie existentielle avec laquelle dorénavant tout dialogue est possible.
Dis-moi, abracadabra, quel est ton pouvoir ?
Je peux soit guérir, soit guérir. A toi de choisir, me répond-elle.
Très bien, je choisis la troisième alors.
Je n’en ai cité que deux.
La troisième, c’est moi qui la crée.
C’est une première, me dit-elle.
Non, une troisième, lui répondis-je.
Non, je veux dire… Enfin… Ce serait bien la première fois que quelqu’un créerait une troisième solution de pouvoir. Je suis curieuse de la découvrir.
Voilà, c’est de cette manière que notre dialogue s’est établi.
D’un côté la curiosité d’une formule qui se découvre un nouveau pouvoir, de l’autre, le désir de créer un nouveau pouvoir à cette formule.
Bienvenue dans le monde enchanté de la magie abracadabradantesque.
Je laisse infuser et pour ceux que ça intéresse, vous tiens informés de l’avancée de la création.
Morale et métaphore :
Méandres et métapensées font plus que mélodrame ou que désaccord métatarsien et métacarpien.
Ecrit pour l’Agenda Ironique qui se tient chez Dame Licorne tout le mois.
Pour lire sa proposition d’écriture, suivre le lien.
https://filigrane1234.blogspot.com/2026/05/agenda-ironique-consignes-de-mai.html


























