(à l’instar de certains lecteurs, la direction de Jourdhumeur s’est posé des questions sur la santé mentale de son chroniqueur vedette après la lecture de l’article d’hier ; en conséquence, nous avons décidé de demander à des messieurs en blanc de venir chercher Jourd’hu afin de lui faire subir toute une série d’examens pour vérifier le bon fonctionnement de son métabolisme, et de lui offrir une chambre capitonnée pour un temps ; dans le but de ne pas léser notre lectorat adoré, durant quelques jours, nous publierons des textes apocryphes du susnommé ; nous précisons que nous n’avons aucune idée de la signification du mot apocryphe ; en vous remerciant)
Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je mets mes connaissances au service du collectif.
La maison d’été de Mère se situe en plein sur le tracé du GR 34. Le GR 34 est considéré par les locaux comme le plus beau chemin de randonnée de tout l’univers mais ils aimeraient bien qu’il soit un peu moins embouteillé que le périph’ parisien un vendredi soir du moi de mai. A noter que, selon la région où vous vous trouvez, les locaux affirment que le GR à proximité est le plus beau de la galaxie.
Ce n’est que récemment, un mardi, que ce chemin côtier fut qualifié de GR. Auparavant, et ce pendant des siècles, il s’agissait du chemin dit des douaniers. De fait, de chemin point. Ce sont les godasses cloutées de gabelous qui forgèrent, au fur et à mesure des passages de ceux qui les avaient enfilées, une sente guère plus large que la semelle d’icelles. Les douaniers devaient couvrir des distances considérables chaque jour ou chaque nuit selon leur affectation afin de prévenir toute tentative de contrebande qui, par définition, n’intègre pas la taxe royale ou gouvernementale à son activité. Les douaniers n’étaient pas bien payés. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux n’hésitaient pas à rançonner les malfaisants. Ainsi, les fonctionnaires pouvaient garnir davantage leur gamelle et, accessoirement, mourir d’une cirrhose du foie. Comme leur ronde étaient épuisantes, pendant leurs vacances, les douaniers construisaient des petits abris de fortune communément appelés les « cabanes des douaniers ». C’est pratique.
La preuve en photo.

Et je ne suis pas peu fier de ce flamboyant cliché.
Aujourd’hui, cette pittoresque construction sert de ouah-ouah aux randonneurs imprévoyants.
Une partie de l’histoire de ce sympathique monument et du GR 34 demeure, encore de nos jours, assez obscure. Il se murmure qu’au milieu du 20è siècle, une cohorte de jaunes teutons blonds vêtus de vêtements vert-de-gris, tout heureux de ne pas visiter les steppes de l’Oural, y fit résonner le bruit de ses bottes par de fraiches soirées de novembre. Allez savoir…
Non, mais sérieusement.
© Gifnem29 – octobre 2026