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Paix

Ta peau est une vague de chaleur

Quand tu t’étends sur moi

Des rayons solaires qui s’étirent

Sur mon corps vulnérable

Ton souffle est une légère brise

Quand tu chuchotes en moi

Des frissons de blé ondulant

Dans ma tête ankylosée

Ton bassin est un berceau

Quand je suis en toi

Des yeux doucement révulsés

Sur le ciel qui s’ouvre

Un doux rêve qui s’efface, au rythme du réel

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Et seulement

Et seulement des échos du silence

Qui viennent draper le vide

Et seulement des longues heures

Qui rythment mon ennui

Et seulement d’étranges pulsions

Qui nourrissent mon amertume

Et seulement de nombreux regrets

Qui tapissent mon éveil

Et seulement de grandes illusions

Qui bercent mes rêves

Et seulement moi, derrière tous ces murs.

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Poésie

Adieu, automne

Les voitures sont de folles plaies de lumières fugaces

Dans une sombre et lourde grisaille, l’acier froid de la morgue.

Un soleil anémique, son sommeil trop hâtif, rend le temps si long.

Mon coeur qui bat trop vite et mes songes fort encrassés

Un allié en pleine trahison, la caféine qui me déserte

La bouche sèche, haletant dans le retour des très long froids.

Mourante beauté, je ne te reconnais plus, ton voile plus opaque

Est marqué de forts émois, d’une tristesse, de vent, de vide.

Qui s’étire de plus en plus, sur le long de l’infini des trottoirs.

Un épitaphe, une douce pluie

Adieu, automne.

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Scène d’octobre

L’automne est un puissant somnifère qui fait se fermer de plus en plus les énormes yeux d’un ciel grisâtre. Les couleurs des arbres comme celles des gens se désaturent et s’étirent en un long dégradé brumeux vers l’horizon. Les tranquilles averses étendent un vernis lustré sur lequel les reflets des phares et des feux de circulation sont les étoiles des longues nuits citadines à venir. Le temps s’étire dans les âmes des gens et leur moral tombe comme les nombreuses feuilles mortes qu’ils sont. Mais il ne faut pas s’en faire, car cette déprime est aussi un engrais qui nous pousse vers un printemps de fines couleurs.

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La rivière

Les rayons d’un crépuscule de juin me renvoyaient des soubresauts orangés et éphémères, éclats erratiques d’une rivière dont j’étais tombé amoureux il y a fort longtemps. Le vent me caressait les cheveux et le bois ternis de la table à pique-nique me donnait cet étrange réconfort d’être cajolé doucement par la tendre rigidité d’une grand-mère dont l’amour semble être immuable, figé dans le temps. Ce parc est une partie de mon âme, celle dont l’innocence ne semble pas encore s’être encore affadie, là où le courant d’une rivière est un trafic pour les pensées et non l’obligatoire étape avant les prochaines vacances. Je sentais les vibrations rectilignes de mon lecteur cd portatif sur ma cuisse qui tapait nerveusement le rythme de rêves encodés. Mon regard suivait le long et lent boogie d’un autre soir qui se préparait à monter sur scène, drapé de secrets par milliard, des scintillements d’une beauté trop bien cachée. La musique inondait encore fois mon âme qui se complaisait dans une solitude adolescente et ténébreuse dont la poésie respirait l’absolu. Le temps était parfait.

Y avait-il une bonne raison pour que je me retrouve ici, beaucoup trop souvent? Faut-il une bonne raison? Je ne le savais pas, je ne l’ai jamais su. Tout ce que je pouvais dire, c’est que je ressentais un calme presque surnaturel. Après tout, le bruit d’une rivière est comme l’ivresse d’entendre une bonne bière être versée lentement dans un verre à la propreté cristalline. J’écoutais son chant depuis que j’étais tout jeune et en comprenais les subtiles nuances plus le temps faisait son œuvre sur moi. Elle était mon flux de conscience, un encéphalogramme précis, une interprète fidèle à cette composition d’ondes cérébrales qui écrivaient l’œuvre de mon existence. Autrement dit, elle me comprenait si bien, trop bien. C’était un film sur un écran d’une largeur infini, là où les mouvances instinctives des émotions semblaient danser sur une bande sonore symphonique aux étranges mécaniques. Le spectateur se concentre sur l’écran pour oublier ce qu’il y a derrière lui, cette main glaciale qui nous donne des frissons dans le dos quand elle nous caresse sans qu’on s’y attende. Dans mon cas, j’avais une foule qui me glaçait tout le corps.

Comment ne pas vouloir la contempler, s’y perdre à tout les jours et ne regarder que sa sensuelle fluidité? J’étais si proche de l’extase suprême. J’étais si loin de moi, quand j’eu finalement une première forme de pure volonté, celle de la rejoindre, d’être moi aussi un de ces reflets éphémères, un crépuscule parmi tant d’autres.

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Un matin d’hiver

(Veuillez excuser la mise en page approximative, WordPress est cérébralement indisponible.)

La neige tombait tranquillement sur un ciment stérile et sournois.

Le soleil manifestait une fois de plus sa couardise maladive, se
réfugiant derrière une procession nuageuse, comme pour éviter le
regard d’un vieil ami que l’on voudrait éviter. La puissance
soporifique de la grisaille clouait les gens dans leur lit et leurs
consciences dans un onirisme aux fantasmes délibérément addictifs,
drogue pour les éveils dont la souffrance quotidienne est bien trop
réelle.

Il était assis dans sa cuisine, sa tasse de café, tremblant dans ses
mains molles. Le plancher craquait en un rythme saccadé, sous la
pression nerveuse de la jambe droite  de cette âme toute sauf
matinale. Il avait ouvert les lumières de la cuisine, il en avait
fortement besoin, cette luminothéraphie des pauvres, pour ne pas
s’endormir, encore. Ses yeux regardaient avec un mélange de bonheur et
de mélancolie, la ligné de givre qui formait un U clair et distinct
sur les contour de la fenêtre. L’hiver se devait d’arriver se
disait-il, la force irrésistible d’un décor aux accents de cristal,
d’une pureté parfois trop peu croyable. Même le froid et la légère
beauté de la neige virevoltante ne pouvaient vraiment engourdir le
profond malaise qui lui pesait sur les épaules depuis des mois. Un
autre espoir déçu se disait-il en buvant une petite gorgée de son
«élixir» maintenant devenu un peu trop tiède.

Une vaisselle de quatre jours était la seule chose qui remplissait
bien un vide dans cet appartement un peu mal chauffé. Le tout du
désordre avait presque quelque chose de religieux. Il était souvent du
genre à faire des offrandes au saint patron de la léthargie; des
caleçons à la propreté variable et de nombreuses bouteilles de bières
étaient les plus récurrentes.

Elle était encore là, le dernier fragment photographique d’un bonheur
passé, les dernières traces de petites gloires absolues qui
pétillaient encore un peu dans la psyché amorphe de cet être d’un
pathétisme affublé par ses proches. Un soleil glorieux et puissant
tombait en cascade chatoyante sur les cheveux brun, aux reflets roux,
d’une beauté peu commune dont les taches de rousseur agrémentaient un
nez duchesse et des pommettes fines d’une blancheur exceptionnelle.
Une forêt luxuriante s’étalait en arrière-plan, adoucit par un flou
optique crémeux et onctueux. Il avait pris son meilleur appareil, son
meilleur objectif, pour un moment aux vibrations transcendantes, aux
contrastes lumineux riches et prononcés. Un détail de cette
photographie le percutait toujours autant à chaque fois, ce regard
tendre et ce sourire à la limite de la joie pure et d’un rire sur le
point d’exploser en milliards d’éclats sonores satinés. Il avait
constamment cette même sensation, comme un coup de poing dans
l’estomac et une vague d’amertume dans le cerveau.

Il gardait cette photographie, comme un disciple chérirait un
talisman. Elle ne le quittait jamais, comme cette dépression qui le
tenaillait depuis maintenant plus d’un an. Elle lui avait inspiré ce
voeux de silence qu’il pratiquait envers sa famille, amis et
collègues. Comme un cliché, même sans contexte, l’image que l’on
projette en dit beaucoup plus que le plus beau des discours.

Une boucle incessante lui revenait tout le temps en tête. Une boucle
qui s’effrite de fois en fois, qui s’évapore et se concentre, une
force de plus en plus insoutenable. Des bribes, des morceaux, des
miettes, dispersés qui formaient à peine, maintenant, une suite
logique:

Des éclats de lumière, du soleil plein les yeux et une épaule dénudée
qui brillait et reflétait les rayons. Des lèvres charnues qui
formaient avec dynamisme des plans et de douces fantaisies portés sur
de douces ondes sonore, de celles qui vous réchauffe le coeur et fait
frissonner le corps en entier. Les doux influx d’une main
bienveillante qui fait vibrer une peau chatouilleuse, le genre de
chose que l’on ne peut jamais oublier, presque comme un membre
fantôme.

Des lèvres baladeuses, des corps qui s’échauffe lentement, puis
rapidement. Des contorsions énergiques, créant des pulsions
électriques, des picotements étranges, des douceurs irrésistibles et
humides. Une poésie charnelle, chuchotée entre deux Univers qui ne
pensent qu’à fusionner l’un dans l’autre.

Une pluie impromptue et incessante qui déforme les perspectives comme
le paysage à travers une fenêtre. Le temps qui s’étire, une énorme
dépression atmosphérique qui s’éternise de plus en plus dans la tête
et le coeur. Un corps inerte dans un lit, recouvert d’une grisaille
estivale. Une âme qui attend les rutilantes promesses de demain, figée
dans une société qui va beaucoup trop vite pour les douceurs d’une
gracieuse sensibilité.

Une lampe qui souligne une nuit aussi longue que les autres. Une
nervosité coercitive, le châtiment de l’éveil forcé, pour le seul
crime d’exister sans en avoir fait la demande. La lueur d’un laptop
qui met en scène un regard vide, qui défile sur les paradis
artificiels, ce besoin de solitude et de compagnie qu’il n’avait
jamais vraiment pu comprendre auparavant. Une lourdeur qui a fait
partir notre ami un bon nombre de fois, une fuite salvatrice pour les
gens désemparés, un corps expéditionnaire dans une brume trop épaisse,
une Nuit trop opaque même pour les regards les plus lumineux.

Un sourire que l’on attendait plus, aussi court et surprenant qu’une
étoile filante que l’on aurait presque raté par quelques
millisecondes. Une chute attendu, aussi longue et insistante que de
vivre un peu trop longtemps, dans un corps trop douloureux.

Deux Univers qui se séparent, trop tranquillement, une lenteur
volontaire et malsaine, pour essayer d’amortir un choc qui à déjà eu
lieu il y a bien longtemps.

Une sonnerie retentissante, un cor qui rugis un appel inattendu, qui
glace au plus profond de l’esprit, les muscle du corps aussi dur que
le pergélisol. Son nom qui apparaît sur l’écran lumineux, une claque,
une tempête qui se lève dans les délires de l’appréhension maladive.
Une respiration lente et profonde à l’autre bout de la ligne, qui
énonçait des paroles maintenant un peu floues, mais dont le sens
général laissait toujours entrevoir les vives brillances de
l’inévitable, ces cierges sombres, une vigile qui se dessine dans un
long et sinistre fondu au noir entrant. Les lumières de la ville
s’étiraient dans la folle vitesse du véhicule, essoufflé d’être assis
dans une impuissance en mouvement, essayant de défier le bon sens,
l’amour étant, dans ce cas-ci, au dessus des lois. Les pneus
crissaient de désespoir en s’immobilisant en dessous d’une fenêtre
inondée d’obscurité, assez pour y noyer n’importe quoi. Le fracas de
la porte défoncée était d’une puissance inouïe, réveillant les voisins
à moitié dans leurs torpeurs anesthésiques. Il n’avait pas penser à
allumer les lumières, ils n’avait pas fait réfléchir sa bienveillance
chevaleresque. De toute sa grandeur il tombait de bien haut sur un
plancher de bois franc à fracasser son dos, glissant sur une étrange
matière. La confusion se dissipant de plus en plus, laissant
l’incrédulité émerger avec violence, il allumait avec appréhension un
plafonnier, seul éclairage de la scène. L’estomac chaviré, il ne
pouvait enlever son regard ébahit de sur la gigantesque marre noirâtre
qui, dans une amère victoire, avait dominée la plancher de l’entrée.
C’était le foie, une couleur aussi noire, c’est le foie. C’était le
meilleur moyen de souffrir pour un petit bout de temps, comme pour
prouver son existence que l’on ne sentait guère plus depuis un bon
bout de temps. Il y avait encore un certain espoir, tout pouvait être
encore sauvé, comme un mince fil qui tenait encore faiblement. Mais le
sort à voulut trancher, de façon et clair et net, les deux poignets,
la meilleure assurance. Son dernier souffle avait emplit la pièce d’un
court et doux vacarme qui ne fut suivit que par de lourds et graves
sanglots, cette bande sonore macabre et oppressante…

Il laissait encore échapper, parfois, quelques une de ces mélopées
lacrymales, un léger arrière-fond que plus personne n’entendait, que
plus personne ne voulait entendre, une abomination que personne ne
voulait toucher, même voir, de très, très, très loin. Le soleil se
couchait maintenant sur une cuisine salle, un corps inerte et un café
glacial.

Francis Bastien Perron

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Éclats érodés

L’amour en vibrations sublimes
Bénit cette antenne cérébrale
Mon temple au fanatisme exacerbé
Animant le monde en ondes oscilloscopiques

Les tremblements, frissons impérieux
Émanent de ma poitrine
Ces percussions étrangement fortes
Dispersés dans l’automatisme des gens

L’énergie qui cisaille l’air ambiant
Submerge tout l’espace
Cette démente aux pas vains
Danse que j’épand, dans l’Apathie universelle

Ce lyrisme trop bien gardé
Pour un monde indifférent
Prendra toute sa valeur
Dans sa perte imminente

  • Francis Bastien Perron
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