LE REVEIL DU CRABE LUNE

Voici quelques avis de lectrices et lecteurs à propos de mon roman« Le réveil du crabe lune »paru chez Zonaires éditions » ou il est toujours disponible (https://www.zonaires.com/?p=4129) . Encourageons les éditeurs indépendants et leurs auteurs !

I

  • Je crois que ce que j’ai préféré dans ce roman, au-delà de l’histoire, c’est la relation entre les personnages : Puget, Vernier, L’Endive… Et on s’attache vraiment à Leguen, Péri, Sitbon (mon préféré) Ils sont tous magnifiques. Le rythme m’a plu aussi, les 250 dernières pages sont vraiment haletantes.

 Jordy G.

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

  • Ce fut un plaisir de collaborer à un texte aussi puissant.

Magali D

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

  • Ce roman est tellement prenant que je l’ai lu d’une traite. Bilan : une nuit blanche et un lendemain au boulot : dur, dur ! Je ne remercie pas l’auteur.

Jérémy C.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  • Je suis heureuse d’avoir découvert un écrivain français qui, à l’instar de certains écrivains américains, sait magnifier  la nature et les paysages où les personnages évoluent. Sans compter que l’histoire est captivante.

Mélanie L.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

  • Une histoire qui ne laisse pas de répit et une écriture dont je salue l’efficacité.

Jean- Pierre F.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

  • Un roman dont les personnages m’accompagnent encore…Pour l’anecdote je l’ai lu en avion…et il m’est peu arrivé de relever le nez. Superbe et les relations humaines y sont dépeintes avec une grande finesse…

Barbara A

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  • J’ai beaucoup aimé l’histoire, l’intrigue et les personnages.

Natacha R.

VOUS POUVEZ AUSSI LAISSER VOS COMMENTAIRES SUR LE SITE DE ZONAIRE

ECONOMIE DU LIVRE (tout est là ?)

Quelle joie de voir son roman édité, n’est-ce pas ? Vous y avez travaillé deux ou trois ans et vous rêvez qu’il soit lu et apprécié par de nombreux lecteurs. Cela vous encouragerait à continuer à écrire et à publier…. Vous oubliez que l’édition est une industrie, un système commercial qui a besoin de bénéfices pour vivre et prospérer. L’auteur, même s’il croit être la pièce principale et nécessaire de la machine n’en est qu’un rouage.

Voyons un peu comment se résume « l’économie du livre ».

Répartition des frais :

* TVA : 5,5 %. (Taux ramené est ramené à 2,1 % en Corse, en Guadeloupe, en Martinique et sur l’Île de la Réunion)

* Droits d’auteur : 7 à 10 % du montant hors taxe

* Fabrication (Imprimeur) : environ 17% du prix HT du livre 

* Diffusion-distribution : 15 à 25 % du prix HT La diffusion incombe aux équipes de représentants qui sillonnent la France pour présenter les nouveautés à venir aux libraires qui passent ensuite commande ou non. Le  distributeur achemine les livres jusqu’aux librairies. Il récupérera les invendus, les retours et les amènera au stock de l’éditeur. Les libraires ont un an pour retourner leurs invendus à l’éditeur. Ils achètent les livres, mais s’ils ne peuvent les vendre ils sont remboursés. La distribution est rémunérée sur les flux aller et retour. 

* Point de vente(libraires etc.) : 30 à 35 % du prix HT. Ajouté aux frais de diffusion et de distribution cela fait entre 50 % et 60 % du prix du livre.

   Remarque : Cela illustre l’avantage d’une publication à compte d’éditeur (équipé d’un réseau de diffusion/distribution) par rapport à toute autre forme d’édition. Cependant, cet avantage, réel pour les plus grosses maisons d’édition, l’est beaucoup moins quand l’éditeur publie moins de 10 titres par an.

* Frais généraux de l’éditeur : environ 15 à 17 % du prix HT du livre (correction, relecture du texte, promotion de l’ouvrage, financements de salons, etc. Il s’agit de la part restante après déduction de tous les autres frais)

Exemple de répartition entre tous les postes  pour un livre vendu 20 € en librairie :

*  TVA : 1,1

*Auteur : environ 1,4 €

* Éditeur : 3 €

* Imprimeur : 3,4 €

* Distributeur / diffuseur : 4 €

* Libraire : 6 €

Dans cet exemple, la somme perçue par le point de vente est de plus de 5 fois supérieure à celle touchée par l’auteur  (Sans qui pourtant, le livre n’existerait pas !)

CONSTAT : Dans l’édition à compte d’éditeur, les dividendes de l’auteur sont faibles, alors que ceux des intermédiaires (dont l’éditeur et surtout le pôle commercial) sont plus élevés. On l’explique par les risques financiers pris par l’éditeur et par le coût de l’impression de plus en plus élevé (coût du papier en augmentation de 80% depuis un anetc.) Il y a avantage à être édité par un éditeur qui possède un bon réseau de diffusion et de distribution, des attaché.e.s de presse qui font la promotion du livre auprès  des journalistes, des comunity managers qui tentent de faire vivre le livre sur les réseaux sociaux. Un éditeur qui organise des tournées pour ses auteurs de librairies en festival etc. Grâce à ce à ce système, les livres sont en principe mieux vendus et les auteurs mieux rémunérés.

   Si votre éditeur ne possède pas l’infrastructure d’un « gros » éditeur :  

   Il n’a pas les moyens de payer des attachés de presse, n’est pas affilié à des réseaux de diffusion et de distribution. Il vend vos livres par correspondance ce qui augmente considérablement son prix du fait des frais de port. Vous pouvez lui achetez des exemplaires de votre livre (avec un bonus de 25%) et les revendre vous-même lors de salons, de rencontres chez les libraires… mais ce sera en grande partie à vous de prospecter les salons du livre et d’organiser des événements partout en France (lectures publiques etc.) Pour compenser son manque de moyens financiers, votre éditeur utilisera les réseaux dits sociaux pour promouvoir votre livre (ce que vous avez intérêt à faire aussi)

   Dans ce type d’édition, il faut compter sur le temps pour trouver vos lecteurs. Avantage : votre livre pourra éventuellement être imprimé à la demande et ne risquera pas d’être mis au pilon comme chez des éditeurs plus conséquents (ou inconséquents !) quand le livre ne se vend pas.

   Tout de même, vous regrettez que votre roman tant choyé, médité, n’ait pas plus de visibilité. Les libraires rechignent à le commander quand on leur demande, argumentant des frais de port élevés, un manque à gagner etc. (En fait, il faut savoir, que la « loi Lang » outre qu’elle instaure un prix unique du livre, oblige tous les détaillants à fournir un service gratuit de commande de livre à l’unité) Ils préfèrent que vous leur laissiez votre chef-d’œuvre en dépôt (au prix où vous les avez achetés chez votre éditeur et faire ainsi un bénéfice en le vendant au prix officiel)

   Bilan pour vous : zéro sur le plan financier, seulement le plaisir de voir votre livre exposé et choisi par des lecteurs (l’objet livre semble plus attractif quand on le voit, qu’on le touche plutôt qu’en lisant sa promotion sur les réseaux sociaux)

   Résumons : Vous êtes publié par un éditeur indépendant, une maison modeste mais courageuse et vous avez quelques lecteurs. Leurs retours de lecture disent combien ils ont aimé votre écriture, le plaisir qu’ils ont éprouvé à lire votre histoire. Vous rosissez de plaisir tout en vous disant : « Quel dommage que mon roman ne puisse être lu par plus de monde. A-t-il vraiment eu sa chance ? Ah, s’il avait été publié chez un éditeur ayant plus de moyens ! »

   N’ayez aucun regret ! Vous n’auriez pas eu forcément plus de chance d’être lu. Et il faut savoir que les grands éditeurs ne promotionnent pas tous les livres qu’ils publient. Passer un contrat avec eux est flatteur mais pas toujours bénéfique…. Et vous vous retrouveriez peut-être à faire vous-même la promotion de votre livre, anonyme parmi des centaines d’autres.

Festival de la nouvelle de LAUZERTE

J’y serai et je vous y attends le samedi 13 et le dimanche 14 septembre !

Samedi 13 septembre

14h – 18h30
Dédicaces des auteurs et vente de livres sur le stand de la librairie La Femme Renard. Place des Cornières

14h30 – 15h30
Débat réunissant les 3 auteurs en lice pour le prix Place aux Nouvelles – Lauzerte 2025, animé par Nadine Palard.
Lectures par Nathalie Vinot. Sous la Halle.

15h45 – 16h15
Réunion du Jury du prix Place aux Nouvelles – Lauzerte 2025. Place des Cornières – office de tourisme (2ème étage)

16h30 – 17h20
Interview de Beata Umubyeyi Mairesse, invitée d’honneur, par la librairie La Femme Renard.
Lectures par Nathalie Vinot. Sous la Halle

17h20
Annonce du prix Place aux Nouvelles – Lauzerte 2025.

17h30 – 18h30
Lecture scénique autour du livre Le Convoi (Ed. Flammarion, 2024) de et par Beata Umubyeyi Mairesse. Place des Cornières – office de tourisme (2ème étage)

Dimanche 14 septembre

11h00 – 19h00
Dédicaces des auteurs et vente de livres sur le stand de la librairie La Femme Renard. Place des Cornières

11h45
Apéro / Débat animé par Jacques Griffault sur le thème Au tour de la Nouvelle! avec Patrice Luchet, Gilles Moraton, Cécile Villaumé et Ingrid Fernando-Torrès de l’association Le cercle de Vénus. Sous la halle

14h15 – 18h00
Lecture des auteurs. Programme détaillé disponible à la Médiathèque et à l’accueil du festival. 2-3 Grand Rue

15h – 16h30
Atelier d’écriture pour adultes animé par Danièle Pétrés. Place des Cornières – office de tourisme (2ème étage)

16h40 – 17h40
Débat autour du projet jeunesse Faction réunissant les auteurs sélectionnés pour le prix Faction – Place aux Nouvelles 2025, animé par Christine Lacan. Sous la halle 19h15
Remise des Prix Place aux Nouvelles – Lauzerte 2025, Faction-Place aux Nouvelles 2025 et du Concours de Nouvelles Places aux Nouvelles 2025.

JEAN LEGUEN

Présentation des personnages de mon roman « LE RÉVEIL DU CRABE LUNE »

Aujourd’hui, le personnage principal.

Montage JH

    Je roulais vers le port quand je l’ai aperçu. Il marchait, chemise déboutonnée, tête baissée. D’où venait-il ?

     Auréolé par la lumière de juin, il ignorait la beauté du paysage : l’océan qui miroitait entre les maisons, l’île de Groix affleurant à l’horizon, nimbée d’une brume légère. Il n’a pas semblé entendre mon coup de klaxon. Grand, le corps flexible… Il était beau. Beau et impossible à vivre. Un vrai crabe qui avançait en diagonale dans la relation, toujours prêt à se réfugier dans sa tanière au premier geste mal interprété ou faisant front, les poings brandis. 

     J’ai stoppé la Kangoo à sa hauteur. Il m’a adressé un de ses rictus aussitôt disparu dans un serrement de mâchoires. Il s’est penché par la vitre entrebâillée de la fourgonnette. Une mèche noire filée de gris a balayé son regard bleu.

    – Salut, catcheur ! a-t-il dit, faussement enjoué.

    Il se foutait de ma passion pour la lutte bretonne. J’ai ignoré son ironie.

    – Je viens de chez toi. Où tu étais passé ? On s’inquiétait ?

    – C’est qui, on ?

    – Nous, ta famille, tes amis…

    Il a écarté les bras en s’efforçant de conserver son équilibre. Alcoolisé, j’ai pensé.

    – Ben, je suis vivant ! Je te vois, tu me vois, on se voit.

    –  Arrête tes conneries ! Marie te demande. Six ans, c’est un âge où….

    – Ça te regarde, ma vie ?

    – Tu iras quand la gamine aura son bac, c’est ça ?

    Il a claqué le toit de la Kangoo des ses deux mains. Je m’en suis  extirpé.

    Je m’apprêtais à lâcher une belle tirade mais en croisant son regard, j’y ai renoncé.

    – Oh, et puis à quoi bon ! Je suis bien con de m’en faire.

    – Le scoop ! Pourquoi vous ne me foutez pas la paix, tous ?

    Je suis remonté dans la fourgonnette, j’ai démarré en trombe et j’ai stoppé cinquante mètres plus loin. La marche arrière a grincé, j’ai  pilé près de lui et j’ai baissé la vitre.

    – Allez… monte, je te raccompagne.

   Il a bougonné en montant près de moi. Bien content, sans doute, de s’épargner le kilomètre à pied qui lui restait à parcourir.

    J’ai poursuivi mon plaidoyer, en imbécile pur jus :

    – Faut toujours que tu te braques ! Dans la famille, personne ne t’en veut. Toi et Cathy, ça ne marche pas, et alors ? Le père aimerait bien que tu viennes l’aider à faire les foins. Ça lui rendrait service et tu te ferais un peu de thune. T’es libre en ce moment ?

    – Libre comme l’air, pollué comme lui… Laisse tomber avec Cathy.

    – L’air d’ici ? C’est le plus pur du monde !

    – Grâce aux  élevages de cochon, aux nitrates, aux pesticides, à je ne sais quoi encore.

    – Pollué ? En bord de mer ?

    – L’air, l’eau, le pastis, tout !

    Je me contenais, essayant de revenir à des propos sensés.

    – Ce qu’il te faudrait, c’est un vrai boulot. Pas des trucs de saisonnier. Ça te plaît d’aller te faire exploiter en Beauce ou ailleurs ? Quel gâchis !

    – Qui te dit que je vais en Beauce ?

    – C’est toi qui…

    – Tu crois ce que je te raconte ?

    À quoi bon discuter avec un ivrogne. Et pourtant je persévérais

    – Tu n’as pas envie d’avoir une vie plus agréable ?

    Paupières closes, il a laissé aller sa nuque contre le fauteuil.

JEAN LEGUEN

Présentation des personnages de mon roman « LE RÉVEIL DU CRABE LUNE »

Aujourd’hui, le personnage principal.

Montage JH

    Je roulais vers le port quand je l’ai aperçu. Il marchait, chemise déboutonnée, tête baissée. D’où venait-il ?

     Auréolé par la lumière de juin, il ignorait la beauté du paysage : l’océan qui miroitait entre les maisons, l’île de Groix affleurant à l’horizon, nimbée d’une brume légère. Il n’a pas semblé entendre mon coup de klaxon. Grand, le corps flexible… Il était beau. Beau et impossible à vivre. Un vrai crabe qui avançait en diagonale dans la relation, toujours prêt à se réfugier dans sa tanière au premier geste mal interprété ou faisant front, les poings brandis. 

     J’ai stoppé la Kangoo à sa hauteur. Il m’a adressé un de ses rictus aussitôt disparu dans un serrement de mâchoires. Il s’est penché par la vitre entrebâillée de la fourgonnette. Une mèche noire filée de gris a balayé son regard bleu.

    – Salut, catcheur ! a-t-il dit, faussement enjoué.

    Il se foutait de ma passion pour la lutte bretonne. J’ai ignoré son ironie.

    – Je viens de chez toi. Où tu étais passé ? On s’inquiétait ?

    – C’est qui, on ?

    – Nous, ta famille, tes amis…

    Il a écarté les bras en s’efforçant de conserver son équilibre. Alcoolisé, j’ai pensé.

    – Ben, je suis vivant ! Je te vois, tu me vois, on se voit.

    –  Arrête tes conneries ! Marie te demande. Six ans, c’est un âge où….

    – Ça te regarde, ma vie ?

    – Tu iras quand la gamine aura son bac, c’est ça ?

    Il a claqué le toit de la Kangoo des ses deux mains. Je m’en suis  extirpé.

    Je m’apprêtais à lâcher une belle tirade mais en croisant son regard, j’y ai renoncé.

    – Oh, et puis à quoi bon ! Je suis bien con de m’en faire.

    – Le scoop ! Pourquoi vous ne me foutez pas la paix, tous ?

    Je suis remonté dans la fourgonnette, j’ai démarré en trombe et j’ai stoppé cinquante mètres plus loin. La marche arrière a grincé, j’ai  pilé près de lui et j’ai baissé la vitre.

    – Allez… monte, je te raccompagne.

   Il a bougonné en montant près de moi. Bien content, sans doute, de s’épargner le kilomètre à pied qui lui restait à parcourir.

    J’ai poursuivi mon plaidoyer, en imbécile pur jus :

    – Faut toujours que tu te braques ! Dans la famille, personne ne t’en veut. Toi et Cathy, ça ne marche pas, et alors ? Le père aimerait bien que tu viennes l’aider à faire les foins. Ça lui rendrait service et tu te ferais un peu de thune. T’es libre en ce moment ?

    – Libre comme l’air, pollué comme lui… Laisse tomber avec Cathy.

    – L’air d’ici ? C’est le plus pur du monde !

    – Grâce aux  élevages de cochon, aux nitrates, aux pesticides, à je ne sais quoi encore.

    – Pollué ? En bord de mer ?

    – L’air, l’eau, le pastis, tout !

    Je me contenais, essayant de revenir à des propos sensés.

    – Ce qu’il te faudrait, c’est un vrai boulot. Pas des trucs de saisonnier. Ça te plaît d’aller te faire exploiter en Beauce ou ailleurs ? Quel gâchis !

    – Qui te dit que je vais en Beauce ?

    – C’est toi qui…

    – Tu crois ce que je te raconte ?

    À quoi bon discuter avec un ivrogne. Et pourtant je persévérais

    – Tu n’as pas envie d’avoir une vie plus agréable ?

    Paupières closes, il a laissé aller sa nuque contre le fauteuil.

Pensée pour Jean-Marc

Jean-Marc Étienne

Jean-Marc Étienne est parti vers le Grand Tout le 26 avril 2021. Il aurait eu 81 ans aujourd’hui. Dire qu’il me manque est un euphémisme. Il était poète, vigneron, cultivait en bio depuis 1977. Son vin lui ressemblait, franc, généreux et d’une grande complexité aromatique. Plusieurs fois maire de son village de Ponteves dans le haut Var, il a œuvré notamment pour faire de sa commune une Zone Agricole Protégée et contribué à de nombreuses initiatives en faveur d’un monde futur habitable. Mais, avant tout, il  était mon ami, celui qui m’a permis de changer le cours de ma vie, qui m’a révélé à moi-même.

Pour ton amour de la vie et ta générosité sans faille.

Pour ta foi en l’humain malgré ta haute conscience de ses turpitudes.

Pour ta bienveillance et ton ouverture d’esprit.

Pour ton courage et ta sincérité.

Pour l’élégance de tes sentiments.

Pour ton humour, ton doux sourire ironique et compassionnel à la fois.

Pour ta présence protectrice malgré ta disparition.

Pour la chance que j’ai eu, de vous rencontrer toi et Brigitte, l’amour de ta vie, celle qui te permettait d’avancer sur tes chemins de liberté

Celle qui, comme toi, m’a permis de retrouver le fil de mon existence.

Pour votre patiente et constante amitié.

Pour votre accueil et votre sollicitude

MERCI !

Jean-Marc nous parle encore grâce à ses poèmes. En voici un extrait de son recueil « Petit traité du bonheur volontaire »

Ô toi qui ne seras plus là quand je serai parti,

puisses tu ignorer la tristesse trompeuse,

puisses tu ne voir là que le terme

d’un parcours amoureux

qui ne peut que se recomposer à fin

de somptueux partages à venir.

Tous les atomes rencontrés alors ne seront que de toi.

Tu les habiteras comme tu habitais, par tes amours puissantes,

les gens que tu croisais au long de ce périple étrange.

Je voudrais que tu saches que l’explosion prévue de nos

particules assemblées pour un destin houleux,

n’est que le but avoué d’un mal d’amour et de partage.

Savoir que les destins entrecroisés ne se perdent jamais

mais accumulent, au milieu de leur vide fécond,

des richesses récoltées par de brillantes vies.

Ne plus pleurer, jamais, mais voir dans ces départs, les

rencontres annoncées,

les retrouvailles enfiévrées de ceux qui, pendant mille et mille

années peut-être

se sont éperdument aimés au travers de leurs atomes amusés.

Tous mes atomes t’aiment d’un amour éternel.

Ton absence cruelle n’est que le soupir d’un temps se reprenant

VERLAINE

Es-tu certaine

que ce n’est pas

Paul Verlaine

ce pouilleux lubrique

qui bat

de sa jambe folle

le pavé de tes songes

Tu redoutes

les maladies qui le rongent

sa trogne d’ivrogne

l’amande assassine

de ses yeux mongols

son odeur rance

Ta répugnance

n’entend pas

ses paroles tendres

souvenir d’un quatrain

qui parlait d’espérance

Tu fuis

sa folle mélancolie

de peur qu’elle frôle

la tienne qui somnole

Tu contrôles

tes maux

tandis que Paul

s’éloigne

porté par le vent de ses mots