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j'étais présent au concert mythique de chuck berry et bb king au palais des sports de paris le 07 j
Par Anonyme, le 05.10.2026
j’y etais aussi
Par Anonyme, le 12.09.2026
salut à tous, j'y étais aussi : un très grand souvenir. c'est vrai que le concert de bb king avait paru fade a
Par Anonyme, le 03.01.2026
moi aussi je suis fan de cavan depuis 47ans mon idole rip
Par Anonyme, le 06.09.2025
bonjour je viens de lire ton message mon ami ça m'a fait beaucoup plaisir cet hommage que tu rends à notre reg
Par Anonyme, le 30.08.2025
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Date de création : 10.05.2011
Dernière mise à jour :
20.02.2020
58 articles
Cet hommage, je pensais que je l'écrirais bien un jour... mais pas avant une bonne dizaine d'années au moins. On souhaite toujours une longue vie à ses héros.
Crazy Cavan Grogan est mort et j'ai du mal à l'écrire et encore plus à l'accepter. Il est décédé soudainement dans la nuit du 15 février 2020. J'ai appris la triste nouvelle le 17 au matin. La cause de sa mort n'a pas encore été révélée. Né le 18 février 1949, il est parti trois jours avant son soixante et onzième anniversaire. C'est bête, non? Mais la mort, c'est toujours bête.
D'un autre côté, presque soixante et onze ans ou soixante et onze ans tout court, qu'est-ce que ça change? Il n'est plus là pour nous faire rêver et nous rappeler notre jeunesse. Bon sang, il n'était quand même pas si vieux et on aurait aimé le garder plus longtemps. D'accord, il avait un peu abusé de la bouteille et de la bonne vie durant une certaine période mais quand même. Ça fait mal! À moi, à des milliers et peut-être à des dizaines ou des centaines de milliers de personnes de par le monde, surtout en Europe.
Crazy Cavan, c'était la légende du renouveau du Rockabilly et du Rock N' Roll des années 70 et 80. Bravant les galères et les obstacles, il s'est imposé avec un groupe qu'il avait judicieusement recruté et qu'il menait de main de maître. Cavan, c'était LE chanteur de référence de toute une époque. Le chef de file du British Rockabilly. Grand, d'énormes favoris lui mangeant le visage, les cheveux mi-longs et une mèche ahurissante lui descendant sur le front, il avait le look, l'esprit et l'attitude du Rocker. Et il n'avait pas la grosse tête. Il était toujours prêt à serrer la main d'un fan, à signer des autographes ou à poser pour une photo. Il était resté simple et accessible, n'oubliant jamais que c'était grâce à son public qu'il pouvait vivre de sa musique.
Grand par la taille, il l'était aussi par le talent. J'entends déjà quelques ricanements et des grincements de dents. Cavan, du talent?
Oh, il n'avait pas le style inoubliable de Gene Vincent ou la voix d'or d'Elvis mais on le reconnaissait dès les premières mesures d'un morceau. Et ça, c'est un détail qui ne trompe pas! La marque d'un artiste sortant du commun! Une voix rageuse qui ponctuait les solos de guitare de hurlements sauvages. Une voix grave et chaude dans les basses, puissante dans les aigus. Une voix façonnée aux vieux standards du Rock Fifties et à la bière. Une voix si particulière qu'il n'en existait pas de semblable. Et maintenant, elle s'est tue pour toujours. Quelle tristesse!
Alors, il fallait que je lui rende hommage. Si les obscurs du Rock ne le font pas, qui le fera? Je ne sais même pas si on en parlera dans la presse musicale. Je réécouterai ses disques plus tard. De toute façon, sa musique, je la connais par coeur. Elle a rythmé ma fin d'adolescence et mon début de vie de jeune homme... et même ma vie d'homme tout court. C'est sur elle que j'ai débuté mon apprentissage de la guitare. Mon premier air véritablement joué sur ma petite gratte de gosse à une corde, survivante de mon enfance, c'était le solo simple mais efficace de "Caroline". Je m'en rappelle encore. J'ai ressenti une joie extrême à ressortir tant bien que mal ces quelques notes. Grâce à ce solo, j'ai pu comprendre le fonctionnement d'une guitare avant de m'en payer une vraie au début de l'année 1980. Après, j'ai bossé les double stops de Chuck Berry et... les riffs tranchants de Lyndon Needs, le guitariste soliste de Crazy Cavan.
J'ai découvert Crazy Cavan et ses Rythm Rockers par hasard, au printemps 1979, vers la fin de la seconde. Un mec de ma classe avait ramené des disques à un de ses potes. Tous les autres gars et moi, on s'était regroupés autour d'eux pour jeter un coup d'oeil aux albums. En ce temps là, on prenait tous la musique au sérieux! Je me rappelle qu'il y avait un peu de tout. Et puis, j'ai remarqué une pochette noire avec une photo sympa. Des types cool avec une bonne dégaine de Rockers, posant avec leurs instruments. Quelques jours plus tard, j'ai fouillé tous les rayons de la Fnac Montparnasse et je suis tombé sur les trois premiers albums d'un groupe qui allait changer ma perception de la musique. Je les ai achetés sans vraiment savoir, j'ignore encore pourquoi. Sans doute à cause de la gueule des musiciens. J'étais fan de Rock N' Roll depuis mes treize ans et la première fois que j'avais écouté "Roll Over Beethoven" du grand Chuck. Une émotion si intense que j'avais repassé cette chanson plus de vingt fois à la suite. Je connaissais tous les grands des années cinquante. Mais là, je me demandais ce que ça allait donner. Il se dégageait de ces pochettes modernes quelque chose d'indéfinissable. Ça paraissait terriblement actuel tout en restant ancré dans la tradition des Fifties.
J'ai tout classé par dates puis j'ai posé le premier disque sur le vieil électrophone que m'avait donné mon père. Un son étrange, frais et enivrant est sorti du haut-parleur. Le rythme incroyablement excitant de "She's the one to blame" m'a pris aux tripes. Un sacré choc! Presque aussi fort que la première écoute de Chuck Berry. Bon, j'avais quelques années de plus et certaines connaissances en matière de Rock N' Roll, ce qui a sans doute atténué l'effet. Mais quand même, la claque! J'avais fait la connaissance de Crazy Cavan and the Rythm Rockers. Un groupe qui, avec Chuck Berry, m'a donné envie de faire de la musique. Trois ans plus tard, je me suis orienté vers le Southern Rock mais je suis toujours resté fidèle à ce groupe. Au fil des années, j'ai toujours acheté ses albums et je les ai écoutés avec toujours autant de plaisir. Crazy Cavan, c'était mon médicament. Une attaque de cafard? Un coup de blues? L'envie de secouer mon quotidien trop banal à l'époque (je me suis largement rattrapé depuis) ou de m'éclater? Une bonne dose de Crazy Cavan et c'était reparti! J'ai collectionné le peu d'enregistrements pirates ou de vidéos qui existaient sur le marché. Ouais, j'étais fan! Par contre, côté concerts, ça a été une autre histoire.
En ce qui me concerne, Crazy Cavan and the Rythm Rockers, ça a été une suite de rendez-vous ratés. D'abord, j'ai loupé le fameux show de novembre 1980 à l'Olympia. Je savais qu'ils devaient passer et je voulais les voir mais je me suis planté dans les dates. En écoutant une émission de Rock à la radio, j'ai appris qu'ils avaient donné un concert retentissant juste la veille. Les boules! Ouais, j'étais fan. Mais j'étais fan tout seul dans mon coin. J'aurais connu d'autres mecs branchés Rockabilly, ça se serait sans doute passé autrement.
Ensuite, le comble de la malchance ou de l'ignorance, comme on veut. En 1982, en achetant le double album "Bop N' Roll Party", regroupant de nombreux artistes du Nouveau Rockabilly dont Crazy Cavan, je m'aperçois avec stupeur que ce show a été enregistré au studio Davout (dans le vingtième arrondissement de Paris à côté de la Porte de Montreuil) qui se situait à... tout juste 800 mètres de chez moi (Bd Davout également mais à côté de la Porte de Bagnolet). La haine! Si j'avais fait partie du Fan Club, j'aurais eu l'information mais j'ai toujours été un solitaire. Alors, tant pis pour moi.
En 1983, branché à fond Southern Rock, je dois répéter avec mes potes dans un local à Montreuil. En sortant du métro, le Stetson sur la tête et l'étui de guitare à la main, je vois des affiches pour un concert de Crazy Cavan le jour même dans une salle de cette ville. Je n'allais pas planter les copains qui comptaient sur moi. Encore raté!
Par la suite, le groupe a dû passer quelques fois du côté de la région parisienne mais je n'ai jamais vu un concert annoncé à la Fnac. Là encore, il fallait connaître du monde pour avoir l'info.
En 1998, en feuilletant un magazine de moto, je note que Crazy Cavan est programmé pour jouer dans un bike show organisé par les Hells Angels sur l'île André Citroën. C'est prévu pour un dimanche, le dimanche même où ma femme et moi tenons un stand à la brocante de Montfermeil pour tenter de ramasser un peu de thunes. Et ça continue! Encore loupé!
Le temps passait et je me demandais si je les verrais un jour. Et puis, à la fin de l'été 2008, j'apprends qu'ils vont passer au Billy Bob's de Marne la Vallée début septembre. Et enfin, j'ai pu y aller! Ce n'était pas trop tôt!
J'avais un peu peur compte tenu de leur âge mais je n'ai pas été déçu. L'ambiance était terrible avec des Teddy Boys et des Rockers venus de la France entière et de toute l'Europe. J'ai même reconnu un vieux Teddy Boy anglais qui avait eu sa photo dans le bouquin "The Teds" sorti dans les années 70. Et quand les membres du groupe se sont pointés sur scène, le délire s'est emparé de la salle.
La voix de Cavan était pareille qu'aux débuts et le groupe sonnait d'enfer en balançant tous les vieux morceaux qui avaient bercé ma jeunesse. Cavan, malheureusement un peu chauve mais toujours sauvage. Et Lyndon Needs qui s'est jeté dans le public vers la fin du concert. J'ai même pu prendre des photos. J'étais comme un dingue. Enfin, je voyais un de mes groupes favoris vingt neuf ans après l'avoir découvert.
Ce soir là, pas question pour Cavan de signer des autographes ou de poser avec des fans. Il y avait trop de monde dans un espace réduit et ça aurait foutu le bordel. Ou alors, je n'ai pas attendu assez longtemps dans la salle après le show. Mais un peu plus tard, j'ai récupéré sur le net une photo de ce show où on me voit lever le bras pour saluer Cavan qui me regarde en souriant, penché sur son pied de micro. Finalement, je l'ai quand même eue un petit peu ma photo avec Cavan. Merci à l'inconnu ou à l'inconnue qui a pris ce cliché.
Après, j'ai toujours guetté le passage du groupe mais c'était à chaque fois trop loin pour moi. Au moins, j'avais pu les voir! Et je suivais leur carrière sur internet tout en gardant dans mon coeur le précieux souvenir de cette soirée magique.
À le fin de l'année dernière, le guitariste Lyndon Needs a été hospitalisé pour des problèmes cardiaques. Toute la communauté Rockabilly s'est inquiétée. Normal! Heureusement, tout s'est bien passé pour lui. Mais pendant que notre attention était détournée, la Grande Faucheuse en a profité pour emporter Cavan. Subitement, sans prévenir. Et ça nous laisse tristes et désemparés.
Crazy Cavan a été une légende de son vivant et il le restera par delà la mort. Il a ébranlé le petit monde du Rock N' Roll en réunissant un groupe qui allait devenir mythique et sauver le Rockabilly de l'oubli. Avec ses Rythm Rockers, il ne s'est pas contenté de suivre le courant revival mais il a créé un son nouveau, le Crazy Rythm. Il a modernisé le Rockabilly tout en conservant l'authenticité et l'énergie primaire de cette musique. Et de l'énergie, Cavan en avait à revendre. Jusqu'à ce jour maudit.
J'ai une pensée émue pour sa famille et pour les autres membres du groupe, les guitaristes Lyndon Needs et Terry Walley ainsi que le batteur Mike Coffey qui étaient sur la route depuis plus de cinquante ans avec leur ami Crazy Cavan. Ils doivent être dévastés. Cinquante ans de musique, de complicité, de galères, de bringues et de moments fantastiques (notamment en partageant la scène avec plusieurs de leurs idoles). Cinquante ans! Il est bien loin le temps où le groupe jouait dans les pubs pour boire des bières gratuites. Comme la vie normale, la vie Rock N' Roll passe vite. Pour eux, plus rien ne sera comme avant. Dans son genre, Crazy Cavan était un novateur et il allait toujours de l'avant. Il est parti avant eux défricher le chemin cosmique des étoiles et il les attendra quand, à leur tour, ils passeront de l'autre côté. S'il y a un autre côté. Espérons qu'il y en ait un!
Sur la route cahotique du Rock N' Roll depuis 1966, le chanteur Gallois Crazy Cavan Grogan a tiré sa révérence. Il nous reste son oeuvre, confidentielle pour le grand public mais inoubliable pour tous les Teddy Boys et autres Rockers. Près d'une vingtaine d'albums (en comptant les compilations), des milliers de concerts, une vie dédiée au Rock N' Roll. Respect! Il n'y a qu'à voir les messages qui se multiplient suer les réseaux sociaux pour être convaincu de l'importance d'un tel artiste.
J'ai découvert Crazy Cavan tout seul dans mon coin. J'ai apprécié ses disques tout seul dans mon coin. Et je lui rends hommage tout seul dans mon coin.
J'espère que là où il est, il chante avec Gene, Eddie et Elvis. Et les autres vedettes du Rock N' Roll bien qu'il les avait déjà presque toutes croisées de son vivant.
Merci Mister Crazy Cavan pour avoir fait vibrer notre jeunesse, nous avoir fait rêver et supporter notre quotidien. Grâve à vous, la vie était moins fade. On ne vous oubliera jamais!
Et comme vous le chantiez si bien, "Well, I'll Keep Rocking!"