Il existe un poème de mer et de dégâts des eaux
Un écrit immobile qui remue le fond de l’air
Où les bateaux naviguent moins longtemps que les pierres
Où les vagues ne portent guère et sont de puissant fléaux
Ce sont des mots qui tracent un décor analogique
Un contenu mouvant et pavé de dangers
Où les transports ne sont que vers destinations tragiques
J’ôterais bien le nable de cette étendue pour sournoisement la vidanger
Mais où l’eau coulerait-elle dans cet espace étranger
Que deviendraient les possibles poissons les imaginaires coquillages
Et les espoirs secrets d’un hypothétique appareillage
On casse toujours quelque chose quand on essaie d’arranger
Alors j’attends sur un coin de table que le soleil se lève
Pour affréter mon navire et partir naviguer sur un coin de rêve
Et d’un coup de gomme effacer quelques embruns quelques nuages
Et dessiner au crayon gras quelques mots îles le long de mon sillage
