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textesjpb1
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Récapitulatif de mes articles et divers.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
27.10.2016
Dernière mise à jour :
14.07.2021

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Maéve... un joli souvenir polynésien.

Publié le 14/07/2021 à 13:45 par textesjpb1

Maéva, un joli souvenir polynésien.

Que de souvenirs liés à ce pays béni des dieux ! J'étais alors affecté sur le porte-avions Foch et nous avions entrepris ce long voyage

 

 



Bonjour.

Publié le 31/12/2017 à 05:28 par textesjpb1

Voici un panel de quelques-uns de mes textes, articles et poésies.

Ce blog va s'enchir petit-à-petit.

Un bon nombre de ces articles ont été édités sur plusieurs sites, mais ce blog regroupera toute ma production au fil du temps.

J'espère que certains vous plairont un peu.

Pour une navigation plus cohérente et plus facile, cliquez sur les rubriques à gauche.

Cordialement.

 



Dédicace.

Publié le 31/12/2017 à 04:00 par textesjpb1

Je suis désolé !

Il est arrivé malheur à mon inconnue de Cayenne.

Ses cheveux sont restés noués dans ma main quand elle a disparu.

Où que tu sois, pardon, inconnue.

Comme tu vois, j'ai bien reçu le livre ancien que tu me destinais.

 



La descente de la Rance.

Publié le 29/12/2017 à 21:16 par textesjpb1
La descente de la Rance.

La descente de la Rance.

 

Dinan... la Rance coule, grise, dans la vallée très encaissée, et nous la devinons sous l'élégance imposane du viaduc. Admirons encore une fois le paysage qui s'étend aux pieds du château de la vénérée Duchesse Anne.

 

Un petit parc, presque à la verticale et que nous traversons en lacets, nous conduit de la ville haute jusqu'à la rive, un quai sévère et rigide, ruisselant sous la pluie fine.

Mais, dès que le regard s'élève, le paysage inversé nous saisit à nouveau par sa noblesse. Tout près, un petit pont en dos d'âne semble attendre, sur ses ogives, la chevauchée de la duchesse et se ses pages.

Puis, dominant l'ensemble, le viaduc se dresse, comme une muraille ajourée, nous laissant entrevoir l'amont de la rivière, comme un lieu de beauté interdit au profane.

 

L'heure approche du départ, et la vedette qui doit nous emporter accoste doucement, nous laissant le temps d'admirer encore, ici une tourelle, là un toit pointu. Un dernier coup d'oeil aux remparts qui couronnent l'une des collines, et nous disons adieu, non, au revoir, à cette petite cité où l'on voudrait rester des jours.

 

Maintenant, c'est la descente de la Rance. Les rives sont plates et basses, et le remous de l'hélice courbe les roseaux en une vague incessante et qui se renouvelle. Le pays est vert, calme et doux. Au loin des collines se profilent, arrondies, et nous n'avons plus qu'à rêver sur l'eau grise et moirée.

 

Les yeux sur le courant, je songe à des croisières... mais la rive prochaine arrête mon élan. Je me reprends alors à voir le paysage.

 

La Rance s'élargit et s'étale en larges boucles. Le pilote suit une route qui semble capricieuse, tantôt en plein milieu, souvent longeant le bord et semblant éviter quelque obstacle caché.

Lorsqu'un autre jour nous passerons dans les mêmes lieux à marée basse - car la marée de fait sentir jusqu'ici - nous suivrons précisément un étroit chenal entre les masses de vases luisantes et satinées, parsemées d'herbes des marais, de salicornes, et habitées par les mouettes, les goélands affamés...

 

Mais les rives se resserrent, les quais se reforment de chaque côté, se rapprochent, et notre vedette s'immobilise devant les lourdes portes entrechâillées de l'écluse. Les pavés sont encore tout luisants d'eau, et quelques minutes plut tôt, nous aurions vu la mer les recouvrir. La mer ! oui, car c'est elle qui va nous porter maintenant.

 

Nous pénétrons dans le sas et, après une descente dont nous suivons la vitesse sur les barreaux d'une échelle de fer, la porte d'aval s'ouvre, le flot va seconder le moteur dans son irrésistible mouvement vers le large.

 

Le paysage, d'abord inchangé, se modifie peu à peu : la nappe s'élargit mais l'eau reste calme, seulement ondulée par le léger friselis qui chante à nos pieds. Le ciel est clément et le soleil se montre, éclairant, à contre-jour, les dernières maisons grises qui se pressent au bord du vide, comme pour veiller de plus près sur les barques claires qui s'abritent à leur ombre, juste au pied du roc...

 

Est-ce l'eau qui change ?... ou l'éclairage ?... Les vagues, qui prennent quelque ampleur, tournent du gris opaque à un vert amande doux qui s'assombrit et devient plus profond, de reflet en reflet. L'écume de l'hélice est légère et mousseuse : c'est la mer déjà, je reconnais son haleine, et le vent s'amplifie.

 

Puis, en mer maintenant, nous allons naviguer vers Cézambre, contourner le rocher pour revenir au port, les yeux remplis de ces paysages qu'un créateur façonna pour nous, et le coeur rempli d'allégresse.

 

--- o ---



Jeux d'eau, jeux de lumière.

Publié le 29/12/2017 à 21:15 par textesjpb1
Jeux d'eau, jeux de lumière.

Jeux d'eau, jeux de lumière.

Rêveries océaniques.

 

Un poète a dit : "Il me faudrait dix vies, de deux cent cinquante ans et des journées de soixante heures !"; je pense comme lui.

 

A moi aussi il me faudrait autant de temps pour arriver à transmettre tout ce que je sens. Prendre de la vie tout ce qu'elle peut donner ! Vivre toutes les minutes qu'elle nous offre ! Ah, le beau tableau que je voudrais peindre !

 

LA MER ! les poètes l'ont chantée, les écrivains l'ont décrite, mais je ne la retrouve nulle part complètement ! Chacun à la mer qu'il mérite, je crois... Mêmes les meilleures photographies sont décevantes, et les films...

Tout est dans le mouvement, le bruit, la couleur, le jeu de la lumière et de l'âme...

 

Mes chères marches, au creux des rochers, que je vous dois d'heures de paix !

Chaque vague roule un peu plus loin sur les galets, l'eau est transparente et l'on ne suit son mouvement que par celui des graviers qui, remués en tourbillons, font un petit nuage trouble, puis se reposent, tout brillants d'eau et plus serrés qu'avant.

Puis, toutes les trois ou quatre vagues, l'une, plus forte, heurte le premier rocher et l'écume jaillit, retombe. L'eau remplis un petit creux, un peu surélevé, comme un bénitier. Dès le mouvement apaisé la conque se vide, en filets d'eau claire, puis tout recommence. Bientôt, une autre marche est mouillée, puis, peu à peu, recouverte, jusqu'à la grande dalle formant palier... C'est en morte-eau.

 

Mais il faut voir l'escalier en période de vive-eau !

Quand le vent vient de l'ouest, ce n'est qu'un jaillissement ! et l'eau est si verte, d'un doux vert amande, en transparence lorsqu'un vague se soulève puis brusquement, dans les creux, d'un vert Véronèse qui vire au bleu nuit. Et par là-dessus une écume blanche et mouvante, et chantante, et hurlante qui lave hardiment les rochers décolorés ! Ceux-ci, sous l'ondée, tournent de l'ocre clair au brun chaud, couleur des algues.

 

Quelle fête pour les yeux, les oreilles, l'âme entière ! Je ne peux m'empêcher de rire, d'une joie complète et bienfaisante, à chaque grand choc entre la mer et la terre. Le soleil, s'il brille, paillette d'argent le tableau vert et, vers le soir, c'est un jeu d'or et de pourpre avec des violets dans le lointain, du côté du Guildo et de Fréhel.

 

Et les contre-jours sur les forts ! Le National, les Bés, Harbour, la Conchée, lorsque, sur la mer si calme et si douce le soleil met un reflet de métal fondu.

 

Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Cast, Saint-Jacut, Saint-Briac, autant de pointes sombres qui bornent l'horizon. Les châteaux de rêve se détachent en ombres médiévales sur la lumière de la baie, tableau des soirs d'été... Calme et repos qui précède la nuit. A peine, sur les bords, un léger friselis qui borde l'eau d'une mince frange blanche en roulant sur le sable... la mer chante une berceuse pour les terriens endormis.

 

Le matin nous réveille avec des chocs sauvages, des heurts de bélier, des gémissements et, jusqu'à l'horizon, sur l'eau intensément verte, l'écume jaillit de partout. La marée monte, le vent est de terre, et de leur choc naît un spectacle grandiose !

Avant de recouvrir chaque écueil, chaque rocher, chaque île, la mer leur fait une parure de plumes, des gerbes jaillissantes qui semblent, de loin, des voiles éphémères. Dieu que c'est beau !

Si le ciel est brumeux, tout est gris-bleu, discret, mais qu'un rayon de soleil apparaisse, toutes les nuances chantent dans l'air plein d'embruns.

 

J'écrirais jusqu'à demain, j'écrirais sans fin... les mots viennent, magiques... je voudrais tout noter, de crainte d'un oubli qui gommerait un détail, un reflet, un éclair...

Mais vous seriez déçus ! MA mer n'est pas VOTRE mer, et vous la voyez sans doute autrement...

 

Et de la maison, Chaussée du Sillon, le regard qui, d'un coup, découvre tout cela, des remparts à Paramé, et la vie, calme et douce, qui se déroule au rythme des ferries qui rentrent ou qui sortent de l'écluse.

 

Il reste encore le port, les bassins, les bateaux et la ville, les remparts, les forts et les marins... et les vieilles maisons, les lueurs dans la nuit, et jusqu'au bruit du vent, et l'espoir, sans cesse renouvelé du retour, dans ce pays qui n'est pas celui de ma naissance, mais que j'ai approché, et qui m'a adopté... mon pays... qui qu'en grogne !

 

Chateaubriand avait à coup sûr ressenti tout cela, pour avoir voulu qu'on place sa sépulture en plein rocher, sur le Grand Bé, devant la mer et face au vent.

Toujours j'ai voulu savoir ce qu'il y avait au-delà de la ligne d'horizon, rêvant devant les fenêtres ou stationnant sur la digue. Combien de fois ai-je arpenté le port, approché les bateaux de commerce, de pêche ou de plaisance ! Combien de fois ai-je rêvé que j'embarquais sur le Bélem lorsqu'il taillait sa route, déjà au large, dans la baie de Saint-Malo !

 

Port de corsaires, tels que je les imaginais, et pays de Robert Surcouf et de ses hommes, arraisonnant les vaisseaux, sautant sur leurs ponts à l'abordage, le sabre à la main et le cri à la bouche, et qui revenaient au port pour y faire liesse et bombance dans les tavernes intra-muros de la vieille ville.

Port de découverte aussi, avec entre autres Jacques Cartier, enfant du pays, qui découvrit le Canada.

 

Comment voudriez-vous que je n'aie pas eu envie de devenir marin ?

 

Ce rêve est devenu réalité ! il s'est accompli, concrétisé, et j'ai navigué autour du monde, sur toutes les mers et tous les océans, avant de revenir "plein d'usage et raisons, vivre entre mes parents le reste de mon âge" comme a dit le poète.

 

Mais, pour une grande partie, le désir, la vocation, me sont venus de Saint-Malo, perle de la mer.

 

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Une petite semaine en Bretagne.

Publié le 29/12/2017 à 21:14 par textesjpb1
Une petite semaine en Bretagne.

Une petite semaine en Bretagne.

 

- Samedi 23 septembre :

Arrivée à Kerzuelet un peu avant 15 heures (près de Lanvéoc).

Site "prima", petit gite "au poil". Rencontre avec madame Le Bideau. Offert une bouteille de Pinot gris d'Alsace.

Installation.

17h : départ en ballade. On passe Crozon. Arrivée Morgat (pieds dans la mer !).

De là : hameau de Kerdreux, Saint Hernot, puis Cap de la Chèvre. Site "super" : sémaphore Marine nationale, blockhaus, mémorial de l'Aéronavale. Sur celui-ci, le nom du lieutenant de vaisseau Giraud, pilote mort en mission en Polynésie, basé sur le porte-avions Foch sur lequel je naviguais alors.

19h15 : retour Morgat. Restaurant sur le port : "Les Flots". Moules frites à la bretonne (oignons, lard, crème) pour moi, au cumin pour ma compagne. Sauvignon. Boules de glace citron, et cafés.

21h15 : retour au gîte à Kerzuelet. Devant la porte nous trouvons deux litres de lait frais, en direct de la vache.

NB : un orage violent, mais passant très vite, une pluie très dense quand nous étions au restaurent. Rues inondées.

 

- Dimanche 24 septembre :

Réveil à 9 heures. Le coin est ci calme ! Il a plu une bonne partie de la nuit. Le gazon  est tout mouillé devant la maison. Il fait beau et le ciel est bleu. Il va sécher tout cela très vite.

Bulle au gite... télé, pc... après une bonne douche et un bon petit déjeuner.

Ma compagne rentre un peu de linge, qui n'a pas séché dehors cette nuit, pour le mettre en essorage dans la machine à laver.

Puis, important, nous prévoyons ce que nous allons manger à midi, et notre sortie de cette après-midi. Elle aimerait visiter Landévénec et sa région.

Nous n'avons toujours pas trouvé de nom qui nous plaise pour la petite chatte que nous ramènerons d'Orléans.

Départ à 13 heures pour Landévénec. Visite du village, du port, de la nouvelle abbaye puis de l'ancienne.

Puis : "La Forêt", Kerberon et le Loch, le long de la côte. Visite villages, vues sur l'anse de Poulmic.

Puis : Hirgas, Luguniat, Saint-Efflez, villages "typiques" bretons.

A Maison Blanche, direction Lanvéoc : base aéronavale, Ecole Navale, pointe et port et village de Lanvéoc.

Puis, au long de la côte: Le Fret, Port, village. L'Ile Longue, en face, "repaire" des sous-marins nucléaires français.

Par Rostellec, route vers Camaret : le port, "le sillon", l'église de Rocamadour et le fort que fit construire Vauban. Bière (cidre pour ma compagne) dans un bistrot du port.

Puis, Crozon : visite de l'église de l'église et balade dans le village.

Retour Kerzuelet à 19 heures. Repas et actualités régionales.

Vers 20h10 : un "au revoir du soir" à l'océan, sur le site de l'Aber, entre Le Veniec et Rostolonnec, face à Morgat. Visite du four à chaux.

Retour gite 20h50. Soirée "cool".

 

- Lundi 24 septembre :

7 heures : je suis levé ! Elle dort encore... je la laisse. Je descends et, en attendant son réveil et le petit-déjeuner ensemble, je fais un peu de lecture. Dehors il fait bon, mais la terrasse est encore mouillée des pluies nocturnes.

Je regarde sur la carte notre itinéraire pour Brest, par le pont de Térénez, le Faou, Daoulas et Plougastel et le pont de l'Iroise.

Journée à Brest : le château, la Préfecture Maritime, la Tour Tanguy, le Cours Dajot, la rade, le port de commerce, le port de guerre (avec le Clémenceau en rade), la corniche et Recouvrance... qui a bien changé. Souvenirs et nostalgie !

Déjeuner près de la Tour Tanguy, au bout du pont sur la Penfeld.

Retour par Daoulas (visite du coin) et... courses au Super U à Le Faou.

Dans le presqu'île par le pont de Térénez, Argol et Tal-ar-Groas.

Soirée "cool".

 

- Mardi 25 septembre :

Réveil, petit-déjeuner, et départ à 10h30 pour une balade dans la presqu'île.

Par la D335, Saint-Fiacre, l'Ile-des-Morts, Roscanvel et la Pointe des Espagnols. 

Puis Kerviniou et toute le côte jusqu'à Camaret. On voit un coup au même bistrot que dimanche.

Pointe du Toulinguet, alignements de Lagatiar et la Pointe de Penhir et les Tas-de-Bois.

Par Kerloch et Kerséguénou, l'anse de Dinan puis, par Gaouarc'h et Goulien, la pointe de Dinan.

Puis Crozon et Kerzuélet.

Journée formidable. Sites exceptionnels et paysages époustouflants ! Que de calme ! Que de beauté ! Peu de voitures... pas de touristes.

Juste une petite ombre : rien n'est vraiment indiqué, peu de panneaux de signalisation...

Mais tous les sites sont préservés. Nous sommes dans le Parc Naturel de l'Armorique.

Points marquants :

. Roscanvel et la fontaine Ssint-Eloi (17ème siècle).

.  Site exceptionnel de la Pointe des Espagnols.

. Le monument de Kerviniou.

. La Pointe des Capucins.

. Le vieux fort de la Fraternité.

. La place de Lambézen.

. Le mémorial de l'Atlantique (visite).

. La Pointe du Toulinguet.

. Lambézen.

. Les alignements de Lagatiar (menhirs).

. La Pointe de Penhir.

. Pen Hat.

. La Pointe de Dinan.

Rencontre d'un "mobil home" spécial, tirant plutôt vers la roulette : gens sympas.

On a acheté des fruits de mer et un gros tourteau. Nous le mangeons le soir, arrosé d'une bouteille de gros-plant.

Quelle belle journée ! La retraite... c'est le pied !

Nuit calme au gite.

 

- Mercredi 27 septembre :

Réveil à 9 heures et départ à 10h.

Par le Menez-Horn et Plomodiern, trajet jusqu'à Locronan.

Village très ancien et préservé : vieilles maisons bretonnes, artisanat, église etc.. et pas d'autos !

Puis Douarnenez : casse-croûte. Visite du port et de la ville (morne et sans attraits)

Passage à Tréboul, Ile Tristan.

Retour le long de la côte par Kervel, Sainte-Anne-la-Palud (pèlerinage), Ty Anquer, Lestrevet, Pentrez et Crozon : anses, baies, plages, dunes...

19h00 : retour au gite.

 

- Jeudi 28 septembre :

Depuis hier soir, une petite chatte partage notre gite. Elle est très mignonne. Ce matin, elle rentre dans la maison, se promène, squatte le lit, accepte un peu de lait et un peu de la farce des tomates farcies que je prépare.

Nous nous sommes réveillés à 10h ! Il pleut et nous restons à la maison (avec la chatte... qui ronronne comme une folle quand on la caresse !).

Farniente au gite.

10h30 : il ne pleut plus. On se prépare pour sortir.

Balade à Camaret (nous n'avons pas aperçu le curé... !), pointe du Gouin... puis dîner dans un sympathique petit restaurant, sur le port, où le serveur à de l'humour, devant la baie et la vedette de la douane qui doit guetter l'arrivée de quelque yacht "louche" ?!

Retour à la nuit après avoir flâné sur le port et la jetée.

NB : rencontré un ancien marin qui tient un magasin de souvenirs et autres, sur le port. Avons parlé de la "Royale" et évoqué des souvenirs...

Retour au gite.

 

- Vendredi 29 septembre :

Réveil 9h. Puis départ pour Crozon. Balade dans la ville et sur le marché. Au retour sur Kerzuelet, arrêt à Tal-ar-Goas au Musée minéralogique.

Repas au gite.

13h30 départ : Tal-ar-Goas, les 4 Chemins, Pont de Térénez, Le Faou, puis Rumengol, Hôpital Camfrout, Daoulas, Logona Daoulas (menhir !). Puis Lanvoy, Le Faou et retour.

Vers 18h30, après passage au gite : Camaret... le Manoir de Saint-Pol-Roux, puis dîner sur le port, au "Langoustier" (le même qu'hier) où la patronne est avenante et sympathique.

22h : retour au gite.

Nous partons demain matin, avec au coeur un peu de nostalgie.

Au revoir à l'océan en passant par Kerloc'h.

Semaine belle et sereine.

 

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Rivières et canaux.

Publié le 29/12/2017 à 21:13 par textesjpb1
Rivières et canaux.

Rivières et canaux.

Après l'étang, la calme rivière qui recèle tant de vies, tant de petits drames, cette eau presqu'immobile est bien propice au lent éveil du regard et de l'attention.. le Loir, le Doubs...

 

Tout semble figé, les longues feuilles cirées des roseaux se reflètent sur la surface, l'eau semble épaisse, opaque, on pourrait y poser le pied.

Mais voici qu'on courant imperceptible semble tracer un filet subtil, le reflet oscille un peu, un minuscule tourbillon entraîne un brin d'herbe qui tournoie lentement... la teinte de l'eau qui semblait uniforme se nuance d'un ocre nouveau, et l'on aperçoit quelques traits qui varient : une hampe s'est inclinée, une branche traîne près de la rive et voilà, comme un clapotis, qu'une infime vague découvre un petit caillou, deux plages naines, juste pour un moustique qui se pose... pour s'envoler aussitôt... inlassablement une petite langue humide vient lécher le caillou et crée, chaque fois, une bulle unique et qui renaît.

 

L'oeil s'habitue : de longues herbes vertes lisses, inconsistantes, flottent dans le courant, nouant et dénouant une tresse presqu'immobile qui tressaille au passage d'un flot invisible mais certain...

Les nénuphars étalent leurs larges disques plats sans qu'on devine le long tube visqueux qui les rattache au fond.

Sur la surface luisante et calme, de grands cercles se meuvent imperceptiblement, se frôlent, se croisent, se séparent et retournent sans fin leur ballet géométrique et nonchalant.

 

Un brin de vent, la moindre brise modifie tout soudain : voici l'eau qui se plisse et qui se moire; des sillons clairs, des sillons sombres se poursuivent en vibrations, les reflets zigzaguent et les nénuphars effarouchés retroussent le bord de leurs grosses feuilles; l'eau en se gonflant, a noyé le petit caillou et il faudra des heures pour retrouver le calme.

 

Le canal de Bourgogne, lui, anime des paysages assez plats qui s'étirent près de l'Yonne et jusqu'à la Côte-d'Or. On le suit et ses parallèles s'amusent à défier toutes les lois de la perspective, on le longe... on le domine... il est dans tout le paysage de cette route vagabonde.

 

Les innombrables peupliers de ses rives allongent leurs ombres semblables et de reflètent... ne croirait-on pas voir, en rêvant un peu, les marches d'un escalier géant sur l'eau lisse et herbeuse ? Les lances des roseaux, serrés en rangs épais, tel un régiment médiéval, recèlent des richesses, attirant, tout au long des berges, les pêcheurs en mal de poissons.

 

Voici la maison de l'éclusier : pierres dorées, toit brun, aigu, bien carré, posé bien d'aplomb comme un bonnet aux bords qui s'évasent. L'anneau blanc et rouge de la ceinture de sauvetage accrochée sur la façade nous dit : "Voici le port !".

 

L'écluse !... les gros anneaux de fer dont la rouille teinte en cascade les pierres droites et grises du quai... les portes, d'immenses portes goudronnées, calfatées, noires et luisantes, tournent puissamment, silencieusement, au cliquetis de la manivelle qu'actionne une forte femme au large cotillon, noir et fleuri, archaïque et forte en gueule qui hèle hardiment les bâteliers "montants". Car l'éclusier est, bien souvent, une éclusière !

 

L'eau épaisse, en vastes remous, franchit l'étranglement, les niveaux, peu à peu, s'égalisent. La péniche, frôlant les bords, frémit au rythme ralenti de sa machine qui bat sourdement. Les grandes portes reprennent leur mouvement, vaste quart de cercle, et s'encastrent doucement dans l'enfoncement du quai, les énormes rivets brillent en bosse sur les poutrelles et les croisillons de la carcasse. En bas, l'eau s'apaise... C'est le moment du passage : lentement, précautionneusement le bourd bateau s'avance, rasant la pierre... un râclement de câble sur le métal, la péniche est dans le bief, elle s'immobilise tandis que reprend le jeu des portes, l'écluse d'aval se ferme.

 

Nouvelle cataracte glauque, l'eau s'engouffre sous la proue de la péniche. Sur le pont de celle-ci, les bataliers vont et viennent, surveillant la maneuvre. Un enfant, peluche dans une main, pouce en bouche, regarde tout cela d'un air habitué. Un peu de fumée, sortant par la cheminée de la cabine, nous informe que la femme du patron prépare le repas pour tout l'équipage.

Lorsque la deuxième porte s'ouvrira en grand, le bateau s'éloignera et continuera son voyage, lentement, sûrement, emportant ces vies vagabondes... et qu'on aimerait suivre.

 

Il suffit d'un arrêt bref du voyageur sur la route, pour qu'il ait la surprise de retrouver, bien loin, au sortir d'un pont ou au passage d'une autre écluse, la brave péniche qui semble glisser sur un lit de roseaux.

 

Les bords paisibles d'un canal semblent mornes et ternes. On ne sait quelle douceur émane pourtant de ce paysage. La proximité peut-être de cette eau dormante et de l'herbe si douce, le reflet des arbres lisses et blancs, le friselis léger des feuilles toujours mouvantes, contribuent sans doute, chacun pour leur part, à la paix des lieux que la trace de l'homme n'a pas enlaidis.

 

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Préhistoire.

Publié le 29/12/2017 à 21:12 par textesjpb1
Préhistoire.

Préhistoire.

Comme quoi... l'imagination !

 

La journée s'achevait. On ne devinait plus que les derniers ormes qui se silhouettaient de chaque côté du chenal, la brume du soir tombait, noyant les bords de la Rance que nous suivions dans ses méandres, brume grise à l'est mais dorée et lumineuse vers l'aval où le soleil devait se coucher sur une mer brillante, où nous l'admirions si souvent et qu'on aurait presque pu deviner pour peu qu'une brise chasse l'ombre naissante.

 

Tout était calme, doux, comme ouaté par le brouillard s'épaississant de minute en minute. On respirait l'haleine humide des eaux stagnantes sur les marais, dans chaque repli de la berge que nous frôlions par moment.

 

On rêvait de forêts inviolées, de terres vierges... Etait-ce la pénombre ? étaient-ce les odeurs ? ou le cercle étréci qui limitait la vue ? C'était plutôt, sans doute, l'étendue marécageuse dans laquelle le bateau glissait sans bruit. Et des ombres passaient, à fleur d'eau : mouettes, échassiers à la pêche, presqu'invisibles mais présents.

Atmosphère étrange, prenante à la fois   et inquiétante... Rien de plus isolant que le brouillard : on se croit seul et loin de tout quand il nous enferme dans son filet.

 

C'est là que, scrutant la pénombre, dans un demi-rêve, nous découvrîmes une chose innommable, jaunâtre, immobile qui semblait nous guetter, un cou qui paraissait immense, surmonté d'une tête petite, aux angles aigus qui approchait.

Moments d'appréhension, d'angoisse... la peur vous tient à la gorge et l'esprit cherche une explication mais se fige : quelle est cette bête monstrueuse tapie dans la vase et qui guette notre passage ? Le cou est hérissé d'une crête dentelée, la tête nous fixe, grise et floue dans la brume. Quelque être préhistorique qui subsiste dans ces profondeurs fangeuses...

 

Mais, nous, qui sommes-nous ? où sommes-nous ?

Dans cette ambiance humide et sombre, dans cet enfermement, au centre de cette nature invisible et grouillante, avons-nous quitté notre temps ?... sommes-nous remontés vers les ères perdues jusqu'à rejoindre les monstres broutant des fougères géantes ? Les yeux agrandis, l'esprit perdu, l'imagination galopante, un reste de raison nous force... essayons de comprendre, de deviner.

Voyons, pensons clairement : je suis là, tu es là, nous sommes ensemble, partis pour une petite promenade sur la Rance... la Rance, elle existe, nous venons de Dinan, nous allons vers Saint-Servan... nous avons fait dix fois ce petit voyage...

Que nous arrive-t-il aujourd'hui ? un rêve ? un cauchemar ? Il faut nous réveiller, sortir de ces voiles gris et mouillés, mais cette bête affreuse qui nous suit de son regard vide...

 

Il a fallu un coup de vent subit et violent, une brusque bourrasque venue de la mer pour nous rendre l'esprit clair et le bon sens : la bête immonde et bizarre, jaune et hérissée, vous en voyez tous les jours d'automne dans les champs de Beauce ou de Bretagne où les prés sont proches des rives : un élévateur à maïs, une ensileuse... ces machines à long col qui déversent tout le jour leurs moissons de grains dorés dans les camions qui les suivent !

 

Celle-ci rêvait sans doute, dans le brouillard de sa journée achevée.

Pas de bête surprenante, rien que de l'imagination...

Dommage, peut-être....

 

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Les armoiries de la famille d'Arc - Leur noblesse.

Publié le 05/11/2016 à 15:08 par textesjpb1
Les armoiries de la famille d'Arc - Leur noblesse.

Les armoiries de la famille d'Arc - Leur noblesse.

 

"D'azur à l'arc d'or posé en fasce, chargé de trois flèches entrecroisées, les pointes ferrues, deux d'or ferrées et plumetées d'argent, la troisième ferrée et plumetée d'or. En chef, d'argent au lion passant de gueules."

(Charte du XVIIème siècle, cité par Quicherat - B.N.)

 

Ces armoiries de la famille d'Arc, confirmées dans une charte du roi Louis XIII ont été reconnues à cette époque comme antérieures au 15ème siècle.

Cela n'a rien d'étonnant !

 

Dès 1331, le Gallia Christiana cite un évêque, Jean d'Arc, "épiscopus mimatensis", et ce gros ouvrage ajoute qu'en 1357, Marie d'Arc avait épousé le duc Jean de Bourgogne, de la première race.

Des recherches très approfondies révèlent maintenant que la famille d'Arc était originaire d'Arc-en-Barrois, et possédait encore quelques fiefs dans cette région vers 1380.

(cf. "La famille d'Arc était-elle originaire d'Arc-en-Barrois", par le chanoine de Longueville).

C'est seulement à partir du Procès de Réhabilitation (1456) que la sécurité de la dynastie, liée à une nécessité de la politique religieuse, exige que l'on minimise la condition des d'Arc. Si cela avait été possible, on en aurait fait des serfs ! (1)

 

Jacques d'Arc, originaire de Ceffonds (Champagne) était né vers 1375 d'une famille d'ancienne chevalerie, dont les belles alliances avaient atteint parfois l'entourage des rois. Malheureusement, comme beaucoup de nobles au XIVème siècle, la branche de Jacques a été ruinée par les conséquences économiques de la Guerre de Cent-Ans, et de la Peste Noire de 1348.

Mais, ruiné ou non, il faut vivre. Les cadets sont pauvres, et n'ont que deux solutions : ou bien faire un riche mariage ou travailler de leurs mains.

Dans le second cas, perdant la qualité de "nobles", ils tombaient en dérogeance, condition qui, d'ailleurs, n'était pas définitive. La dérogeance faisait perdre la qualité et les prérogatives de la noblesse, mais pouvait toutefois être abrogée par décision royale. Par contre, la déchéance était "infâmante" et ses conséquences définitives.

 

Jacques d'Arc se marie avant 1400. Peu après il se fixe à Domrémy et, grâce au produit de la vente de quelques petits fiefs, loue des terres cultivables : c'est la dérogeance.

De son côté son épouse, Isabelle (ou Isabeau) de Vouthon, souvent appelée "Romée" à cause d'un pèlerinage que sa mère (ou elle-même) avait fait. Les hauts-lieux qui conféraient un tel surnom étaient Rome ou le Puy-en-Velay, où Isabelle est allée elle-même en 1429. Elle est sans fortune pour des raisons identiques. C'est une femme de grande valeur, et de cette piété humaine qu'exalte le mouvement franciscain. Elle appartient, elle aussi, au Tiers-Ordre, devenant par la suite l'amie intime de Sainte Colette de Corbie.

 

Comme son mari, elle est issue d'une branche appauvrie par la guerre, bien que son frère, Henri de Vouthon, instigateur de cette union, ait été un personnage influent. Curé de la petite ville de Sermaize, près de Bar-le-Duc. Dans la branche de Vouthon, fleurissent aussi de spectaculaires alliances, antérieures ou postérieures à l'époque : Beauvau, Nettancourt, Ludres, et même... des Armoises. Les deux familles d'Arc et de Vouthon ont par conséquent des origines et des alliances équivalentes : c'est le même milieu, dirait-on de nos jours.

 

A la suite de son installation à Domrémy, localité proche de Vouthon, Jacques d'Arc accepte sans répugnance des honneurs et des responsabilités, malgré les dires d'une légende qui le veut "très humble".

Il est à la fois Doyen, chef des archers, pour devenir 'fermier-général" de ces lieux, en 1419, charge déjà très importante.

Vers cette époque, il obtient en partage par moitiés avec un nommé Jean Bizet, l'administration et la gestion à bail de la seigneurie de Domrémy, dirige aussi la maison-forte et ses domaines, s'occupe des redevances.

Son habileté et sa probité lui vaudront par la suite une telle confiance de ses administrés qu'il sera investi de diverses fonctions : collecte des tailles, charge de la police, et surtout délégation comme procureur-fondé devant Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs. Cette délégation eut lieu à l'occasion de plusieurs grands procès.

En somme, si le travail manuel lui a fait perdre la qualité de noble, il en possède néanmoins de nombreuses prérogatives.

 

Où trouve-t-on ici l'humble condition paysanne d'une légende bêtifiante ?

 

C'est pourquoi le 19ème siècle ne manquera pas de déformer à son profit cet aspect social du récit fabuleux, en fonction de l'évolution prolétarienne des peuples modernes.

En 1407, le choix de la branche des "Arc" installée à Domrémy n'avait pas été fait à la légère. Placé sur l'ancienne route romaine reliant Verdun à Langres, le village est petit, mais d'une réelle importance commerciale. Il chevauche le Barois-mouvant et le duché de Lorraine (famille très proche de Yolande d'Ajnou), le ruisseau des Trois-Fontaines servant de frontière.

 

Enfin, dans le cas d'une attaque éventuelle, des Bourguignons en l'occurence, il suffira de franchir un petit pont pour échapper à l'ennemi, car un bras de la Meuse longe le bourg. Un  grand trafic s'y effectuait à l'époque : vins de Bourgogne en direction du Nord et des Flandres, tissus flamands et produits manufacturés à destination des régions méditerranéennes. Puissants seigneurs, moines, ménestrels ou manants, tous s'arrêtaient à Domrémy-Greux, frappant le plus souvent à la porte du doyer Jacques d'Arc.

 

En 1428, Jacques d'Arc est un notable qui a vu sa situation se redresser, puis évoluer "miraculeusement" en 20 ans, c'est-à-dire aussitôt que "Jehanne la Pucelle" lui a été confiée par Jehanne d'Arc (première du nom, sa belle-soeur), l'épouse de son frère Nicolas, et "tante" et marraine de la Pucelle.

Parallèlement, et fort curieusement aussi, dès janvier 1408, divers personnages de sa famille apparaissent à la cour de Charles VI (ou de Yolande d'Anjou) :

 

- 1408 : Guillaume d'Arc, seigneur de Cornillon, est chambellan, conseiller du roi, gouverneur du Dauphin,

- 1408 : Raoul d'Arc est chambellan du roi, sénéchal en "Ruthenensis".

- 1409 : Yvon d'Arc, bailli du Grésivaudan, est conseiller du Dauphin.

Les charges et les honneurs, on le voit, n'étaient pas rares dans cette famille.

(Tiré de "Missions secrètes de Jehanne la Pucelle", de M. Pierre de Sermoises).

 

(1) Trouvant son origine dans un groupe de paysans humbles et pauvres, la légende de Jehanne la Pucelle pourra s'appuyer sur le "prolétariat chrétien", condition indispensable pour obtenir une pleine efficience, en toutes circonstances.

 

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La famille d'Arc.

Publié le 05/11/2016 à 15:05 par textesjpb1

La famille d'ARC.

 

Les origines.

 

Selon les dires de Charles du LYS au début du XVIIème siècle, la famille d'Arc était originaire d'Arc-en-Barrois (Haute-Marne) en Champagne, puis en Bourgogne à partir de 1285.

Cette thèse semble aujourd'hui admise par la plupart des historiens : les d'ARC seraient partis après l'affranchissement des serfs de cette seigneurie, en 1328, pour participer au défrichement des terres de l'abbaye royale du Der, à Montier-en-Der (Haute-Marne) en Champagne.

Ceci expliquerait le patronyme d'origine de cette famille, que ses armes d'avant 1429 fussent inspirées de celles d'Arc-en-Barrois, qui sont : "de gueules à l'arc couché d'or bandé d'une flèche" et que Jacques d'Arc (le père de Jeanne) naquit à Ceffonds (Haute-Marne), en Champagne, à quelques kilomètres de Montier-en-Der.

 

La noblesse.

 

Par lettres-patentes données à Mehun-sur-Yèvre en décembre 1429 et enregistrées à la Chambre des Comptes le 16 janvier 1430, le roi Charles VII anoblit Jeanne d'Arc, ses parents et ses frères, ainsi que toute leur parenté et lignage, et toute leur postérité, mâle et femelle, née et à naître en légitime mariage.

Le nom d'ARC fut remplacé par du LYS en raison des armoiries accordées à cette même famille, ce qui fut confirmé par Louis XIII le 25 octobre 1612.

 

Ce privilège, un des très rares cas en France de transmission de la noblesse tant par les hommes que par les femmes, et ce à l'infini, connut diverses vissicitudes, suscitées par des raisons fiscales que l'on comprendra aisément. En effet, Henri II confirma la transmission de la noblesse par les femmes de la famille du LYS en 1550 et 1555, puis l'abolit en mars 1556 pour la rétablir en juillet de la même année.

En 1598, Henri IV abrogea ce privilège, ce qu'il confirma en 1600. Mais, en 1612, Louis XIII revint sur ces décisions et rétablit la noblesse utérine du lignage du LYS, cependant il l'abolit à son tour en 1614 avec confirmation en 1634 et 1635.

Nonobstant cette règlementation, des maintenues de noblesse "Johanniques" furent accordées en 1603, 1608, 1625 et 1634 ! Puis il en fut de même jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et sous la Restauration : toutes les personnes issues du lignage de Sainte Jeanne d'Arc qui en firent la demande se virent confirmées dans leur noblesse par le pouvoir royal.

 

Il importe de remarquer que les suppressions de la noblesse féminine des du LYS se firent toujours par édits ou déclarations sur les tailles et les rétablissements par lettres-patentes de confirmation ou de maintenues de noblesse. Aussi, il faut noter que les dernières en date, accordées par le roi Charles X le 24 novembre 1827, furent rendues en forme d'édit, id est avec des termes de portée générale, confirmant et maintenant les lettres-patentes de 1429, 1550 et 1612. Ce dernier texte de l'autorité royale a, jusqu'à nouvel ordre, fixé le droit en la matière : les neveux et nièces de Jeanne d'Arc ont droit à la qualité de nobles, donc à la qualification d'écuyer pour les hommes et de demoiselle pour les femmes, ainsi qu'au port des armoiries concédées le 2 juin 1429.

 

En vertu des lettres-patentes du 25 octobre 1612, quelques familles obtinrent de pouvoir rajouter le nom "du LYS" à leur patronyme afin de marquer leur origine commune. Certains remplacèrent curieusement "du LYS" par "d'ARC".

 

Les armoiries.

 

Primitivement, la famille d'Arc portait les armes parlantes qui suivent, signe de ses origines : "d'azur à l'arc couché d'or chargé de trois flèches d'argent empennées du second, celle du milieu encochée, les deux autres brochant en sautoir."

 

Les armes personnelles de Sainte Jeanne d'Arc, durant sa mission divine, semblent avoir été : "d'azur à la colombe éployée d'argent tenant en son bec un listel portant : de par le roi du Ciel."

 

Et comme écrit plus haut, le 2 juin 1429, Charles VII accorde à l'héroïne et à sa famille un écu : "d'azur à l'épée d'argent garnie d'or posée en pal, soutenant une couronne royale et accostée de deus fleurs-de-lys aussi d'or". Ces armes devinrent celles de tout le lignage du LYS après l'anoblissement de décembre 1429, la tradition attribuant comme cimier une femme issante d'azur, les autres ornements extérieurs variant suivant les branches.

 

La "nationalité" de Sainte Jeanne d'Arc.

 

Lorraine, barroise ou champenoise ?

La réponse est simple : champenoise, et sans doute aucun.

En effet, la maison natale de Jeanne d'Arc était à l'époque située dans la partie de Domrémy qui ne faisait qu'un avec Greux, et ressortissait du baillage de Chaumont, donc du comté de Champagne. 

Au reste, les lettres-patentes de 1429 sont éloquentes.

 

Tiré de l'opuscule du vicomte Frédéric NEIGE : "La famille de Sainte Jeanne d'Arc" - 1987.

 

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