Coryza du chat

Le coryza du chat ou complexe respiratoire félin est un syndrome contagieux d'origine infectieuse qui atteint essentiellement l’appareil respiratoire des félins.
Plusieurs agents infectieux peuvent en être à l'origine, notamment l'herpèsvirus félin de type 1 (FeHV-1), le calicivirus félin ou la bactérie Chlamydophila felis.
Très contagieuse, la maladie peut être grave, voire mortelle, si elle n'est pas soignée. La vaccination préventive permet d'en diminuer les signes cliniques.
Historique
[modifier | modifier le code]Le nom du syndrome coryza vient du mot grec « κόρυζα » (rhume, écoulement)[1].
Le coryza provoqué par l'herpesvirus félin de type 1 est aussi appelé « rhinotrachéite virale féline ». Le virus a été isolé en 1957 par Crandell et Maurer (États-Unis)[2].
Étiologie
[modifier | modifier le code]Le principal agent infectieux est l'herpèsvirus félin de type 1 (FeHV-1), qui concerne 80 % des chats développant un coryza et qui provoque une rhinotrachéite[3]. Deux autres agents majeurs sont souvent impliqués : le calicivirus félin et la bactérie Chlamydophila felis. Mycoplasma felis est également une bactérie susceptible de provoquer le coryza[4]. Des co-infections sont possibles ainsi que des complications bactériennes[4].
Épidémiologie
[modifier | modifier le code]La transmission se fait principalement par contact direct, par particules aérosoles excrétées par les larmes ou les sécrétions d'un animal infecté, ou par l'intermédiaire de matériel contaminé[4].
L'infection est très présente dans les lieux à grande population et densité féline comme les refuges ou les chatteries. Mais si l'infection touche les chats vivant en groupe (chatterie, refuge, chats semi-sauvages… ), elle touche également les chats soumis à des situations stressantes (déménagement, absence ou changement de propriétaire, introduction d’un nouvel animal… ), les chatons entre 2 et 12 semaines ainsi que les chats porteurs des virus d’immunodéficience féline (FIV) et/ou de leucose (FeLV)[5].
Herpesvirus félin 1
[modifier | modifier le code]L'herpèsvirus félin 1 ou virus de la rhinotrachéite féline est distribué dans le monde entier. Sa morbidité est élevée puisque 70 % des chats adultes sont séropositifs, donc porteurs du virus. La mortalité est faible chez le chat mais élevée chez les chatons et les adultes immunodéprimés[2]. Les voies de pénétration du virus sont au nombre de trois : voies orale, nasale et conjonctivale[2].
Physiopathologie
[modifier | modifier le code]Signes cliniques
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Les symptômes dépendent de l'agent infectieux responsable[5], mais aussi du statut immunitaire de l'animal[6].
Un chat atteint de coryza présente généralement de la conjonctivite, de la rhinite, de la fièvre, de l'anorexie et un état dépressif[7].
Diagnostic
[modifier | modifier le code]Les signes cliniques du coryza du chat sont variables en fonction de l’âge de l’animal, de son état de santé et selon les agents infectieux en cause[5]. Après l’infection, la période d’incubation est courte (2 à 5 jours) avant l’apparition de signes cliniques[5].
Les signes cliniques classiques en primo-infection sont l'abattement, l'éternuement répété, l'inappétence, la déshydratation et les excrétions nasales (séreuses, muqueuses puis mucopurulentes) et oculaires abondantes. En réactivation, ces signes sont discrets ou absents.
La primo-infection engendre dans de nombreux cas de la conjonctivite et de la kératite pouvant évoluer vers la chronicité et la cécité.
Évolution
[modifier | modifier le code]On considère que 40 à 50 % des porteurs sains (chat guéris après une primo-infection) peuvent rechuter et voir leur virus se réactiver sporadiquement. Cette réactivation est naturelle mais provoquée très souvent par le stress (hospitalisation, enfermement, mise-bas, maltraitance…).
Un chat affecté du coryza peut en mourir si le stade de la maladie est avancé.
Prise en charge
[modifier | modifier le code]Le traitement comporte une antibiothérapie et une aérosolthérapie. Tout chat infecté par le virus devient par la suite un porteur latent, le virus siégeant dans les neurones sensitifs du ganglion trijumeau en général, mais aussi parfois dans la cornée, le nerf optique, le bulbe olfactif ou les cornets nasaux[2].
L’administration d’antibiotiques oraux permet de limiter les complications bactériennes[5]. Par action locale, un traitement à base d’aérosols contenant des antibiotiques adaptés peut également permettre de fluidifier les sécrétions nasales et ainsi d'en favoriser l'évacuation. Les affections ophtalmologiques sont traitées spécifiquement par voie locale (collyre, pommade) ou orale[5].
Pour limiter la multiplication du virus, il est possible de tester des traitements oraux complémentaires (à base de L-Lysine). Pour les formes graves ou les cas récidivants, des antiviraux (interférons, zidovudine) sont parfois nécessaires mais leur efficacité n’est à ce jour pas prouvée. Parfois, une hospitalisation peut être indiquée[5].
Un chat guéri du coryza peut rester porteur de la maladie pendant de longues années et être à nouveau contagieux à la suite d'un stress, d'une mise-bas ou d'une maladie[5].
Prévention
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Il existe un vaccin fabriqué à partir d'une souche inactivée de l'herpèsvirus félin de type 1 (FeHV-1). En France, ce vaccin fait partie du protocole vaccinal classique en médecine féline, avec le typhus félin (panleucopénie féline) et la leucose féline (FeLV), donnant le nom de TCL (Typhus - Coryza félin - Leucose féline) à ce protocole. La durée d'immunisation admise de manière générale est de 1 an.
La vaccination contre l’herpès virus s’effectue à l’âge de 8 ou 9 semaines, en deux injections espacées de 3 ou 4 semaines, avec un rappel tous les ans. Si elle protège le chat contre les signes causés par le virus, elle n’empêche cependant pas la contamination, ni la transmission à d’autres chats[5]. Mais elle réduit très efficacement les signes cliniques induits par l’infection[2].
Le vaccin est recommandé par la WSAVA (World Small Animal Veterinary Association)[8] et par l'ABCD (European Advisory Board on Cat Diseases), un groupe d'experts européens des maladies du chats[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « CORYZA : Définition de CORYZA », sur cnrtl.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Costes B, Van Den Brande A., Thiry E. et Van Der Plasschen A, « L’herpèsvirus félin 1, l’agent de la rhinotrachéite virale féline », Ann. Méd. Vét., vol. 151, no 2, , p. 61-78 (lire en ligne)
- ↑ Bérénice Costes, A. Van Den Brande, Etienne Thiry et Alain Vanderplasschen, « L’herpèsvirus félin 1, l’agent de la rhinotrachéite virale féline », Annales de Médecine vétérinaire, 151e série, vol. 2, , p. 61-78 (lire en ligne
) - 1 2 3 (en) « Feline Respiratory Disease Complex - Respiratory System », sur MSD Veterinary Manual (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Coryza chez le chat - Centre Hospitalier Vétérinaire Frégis », sur fregis.com (consulté le )
- ↑ « Coryza félin | VetCompendium », sur www.vetcompendium.be (consulté le )
- ↑ Etienne Thiry, Diane Addie, Sándor Belák et Corine Boucraut-Baralon, « Feline herpesvirus infection. ABCD guidelines on prevention and management », Journal of Feline Medicine & Surgery, vol. 11, no 7, , p. 547–555 (ISSN 1098-612X, DOI 10.1016/j.jfms.2009.05.003, lire en ligne, consulté le )
- ↑ M. J. Day, M. C. Horzinek, R. D. Schultz and R. A. Squire, « WSAVA Directives de Vaccination (Journal of Small Animal Practice, Vol 57, January 2016) », sur wsava.org, (consulté le )
- ↑ ABCD, « Infection des voies respiratoires supérieures par l’herpèsvirus félin », sur abcdcatsvets.org, (consulté le )