Danièle Iancu
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Chercheuse (depuis ), directrice de recherche au CNRS (depuis ), professeure d’université, médiéviste, historienne |
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Michaël Iancu (d) |
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| Directeur de thèse |
Georges Duby () |
Danièle Iancu, également connue sous les noms de Danièle Agou ou de Danièle Iancu-Agou, née en 1945 en Algérie française, est une historienne médiéviste française, spécialiste du judaïsme provençal.
Biographie
[modifier | modifier le code]Formation et carrière
[modifier | modifier le code]Danièle Agou est née en 1945 en Algérie française[1]. Elle passe son enfance au sein de la communauté juive de Djelfa, ville située à environ 300 km au sud d'Alger[2].
Elle suit des études d'histoire à l'université d'Aix-en-Provence[1]. Elle soutient son doctorat de troisième cycle en 1976, sur l'expulsion des juifs de Provence médiévale et son doctorat d'État en 1995 sur les juifs et les néophytes en Provence médiévale[1],[3]. Elle épouse Carol Iancu[1].
Elle effectue sa carrière au CNRS, où elle entre comme attachée de recherches en 1980, avant d'être chargée de recherches en 1982 et finalement directrice de recherches en 2002[1]. À partir de cette date, succédant à Gérard Nahon, elle dirige le centre de recherches de la Nouvelle Gallia Judaica et la collection correspondante aux éditions du Cerf[4]. Elle est directeur de recherches émérite de 2010 à 2020[1].
Historienne du judaïsme provençal
[modifier | modifier le code]Danièle Iancu a mené son mémoire de maîtrise, sa thèse de troisième cycle et sa thèse d'État sous la direction de Georges Duby[1], qui, à l'université d'Aix-en-Provence a dirigé différents travaux sur l'histoire des juifs provençaux : outre ceux de Danièle Iancu, ceux de Joseph Shatzmiller, de Fred Menkès, de Lucette Sportouch-Bénichou et de Monique Boulet-Wernham. Danièle Iancu a affirmé elle-même sa reconnaissance et son attachement envers lui : « La perspicacité et l'ouverture intuitive de ce grand et regretté maître — qui ont permis à l'Université de Provence le déploiement des études juives médiévales — méritent notre reconnaissance »[5].
En 1981, Danièle Iancu publie sa thèse de troisième cycle, sous le titre Les Juifs en Provence (1475-1501). De l'insertion à l'expulsion[1]. Dans cet ouvrage, elle dresse la liste précise des 358 juifs rencontrés dans les actes notariaux en Provence à la fin du XVe siècle, dépeint la communauté à laquelle ils appartiennent et leur vie quotidienne — entre intégration et marginalisation — et s'interroge sur les expulsions qu'ils subissent par les édits promulgués de 1493 à 1501[6],[7]. En 1998, elle publie un petit livre sur la vie des juifs en Provence au XVe siècle, leurs activités économiques et la dégradation des conditions qui leur sont imposées, jusqu'à l'expulsion[8].
En 2001, elle publie sa thèse d'État, sous le titre Juifs et néophytes en Provence. L'exemple d'Aix à travers le destin de Régine Abram de Draguignan (1469-1525)[1]. L'ouvrage est à la fois un essai biographique d'une femme juive de Draguignan, Régine Abram devenue Catherine — convertie au christianisme, mariée quatre fois, avec un juif puis avec trois chrétiens — et une prosopographie de la société juive provençale à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Il montre l'importance des conversions et l'intégration des néophytes dans la société, dans un contexte d'émeutes anti-juives et d'expulsions[9],[10],[11],[12]. Elle revient en 2017 dans un autre ouvrage sur la destinée de Régine-Catherine Abram, examinant aussi plus précisément l'itinéraire de son premier mari, Bonet de Lattes[13],[14],[15],[16].
Elle publie en 2010 un dictionnaire des quartiers juifs des villes provençales aux XIVe et XVe siècles, qui reprend et complète une première étude qu'elle avait publiée en 1974. Elle y décrit une soixantaine de quartiers juifs, détaillant leurs différents bâtiments communautaires, l'aménagement de ces quartiers, leur évolution, leur population, les conversions et les néophytes[17]. En 2025, elle fait paraître un ouvrage qui éclaire les origines juives provençales de la famille de Nostradamus[18].
Historienne du judaïsme méditerranéen
[modifier | modifier le code]Danièle Iancu élargit son champ d'étude en publiant en 1998, avec son mari Carol Iancu, une histoire des juifs du Midi méditerranéen, en Languedoc et en Provence. Elle écrit la partie consacrée au Moyen Âge, tandis que Carol Iancu signe la partie d'histoire moderne et contemporaine[19],[20],[21],[22],[23]. En 2004, elle organise un colloque — dont les actes paraissent en 2009 — sur les juifs andalous persécutés par les Almohades et réfugiés en Languedoc dans les années 1140, les Ibn Tibbon et Moïse Maïmonide[24],[25],[26],[27]. Elle dirige ensuite un volume réunissant des études consacrées aux expulsions des juifs de Provence, d'Espagne et des États italiens aux (XVe – XVIe siècles)[28],[29],[30].
En 2010, elle dirige la publication des communications du séminaire tenu à Montpellier en 2005-2006. Ce volume réunit neufs articles de prosopographie de juifs méditerranéens, de la Catalogne à la Provence[31],[32],[33],[34],[35]. En 2006, le 700e anniversaire de l'expulsion des juifs du royaume de France par Philippe le Bel est l'occasion de réunir à Montpellier un colloque sur ce sujet. Danièle Iancu en publie les actes en 2012[36],[37],[38]. La même année, elle édite avec son mari les Mélanges publiés en l'honneur de Gérard Nahon[39]. Les communications de son séminaire de 2011-2012 sur les médecins et intellectuels juifs de l'Europe méditerranéenne aux XIVe – XVIe siècle paraissent en 2016[40],[41]. En 2022, elle publie avec Michaël Iancu un nouveau dictionnaire topographique, consacré aux quartiers juifs du Languedoc médiéval[42].
Publications principales
[modifier | modifier le code]Ouvrages personnels
[modifier | modifier le code]- Les Juifs en Provence (1475-1501). De l'insertion à l’expulsion, Marseille, Institut Historique de Provence, , 344 p. (ISBN 2-902904-06-1)[6],[7].
- Être juif en Provence au temps du roi René, Paris, Albin Michel, coll. « Présences du Judaïsme poche », , 208 p. (ISBN 9782226104458)[8].
- Juifs et néophytes en Provence. L'exemple d'Aix à travers le destin de Régine Abram de Draguignan (1469-1525), Paris-Louvain, Peeters, coll. « collection de la Revue des Études juives », , 689 p. (ISBN 978-9042909687)[9],[10],[11],[12].
- Provincia judaica : Dictionnaire de géographie historique des Juifs en Provence médiévale, Paris-Louvain, Peeters, coll. « collection de la Revue des Études juives », , 248 p. (ISBN 978-9042920958)[17].
- Régine-Catherine et Bonet de Lattes. Biographie croisée. 1460-1530, Draguignan/Aix-en-Provence/Rome, Paris, éditions du Cerf, , 356 p. (ISBN 978-2204104289, présentation en ligne)[13],[14],[15],[16].
- Aux origines de Nostradamus, Paris, éditions du Cerf, , 320 p. (ISBN 978-2204163101, présentation en ligne)[18].
Ouvrages collectifs
[modifier | modifier le code]- Danièle Iancu et Carol Iancu, Les Juifs du Midi. Une histoire millénaire, Avignon, Editions Barthélemy, (ISBN 978-2879230085, lire en ligne)[19],[20],[21],[22],[23].
- Danièle Iancu-Agou (dir.), L'expulsion des juifs de Provence et de l'Europe méditerranéenne (XVe – XVIe siècles). Exils et conversions : En mémoire de Georges Duby, Paris-Louvain, Peeters, coll. « collection de la Revue des Études juives », , 308 p. (ISBN 9789042916340, lire en ligne)[28],[29],[30].
- Danièle Iancu-Agou et Élie Nicolas (dir.), Des Tibbonides à Maïmonide. Rayonnement des Juifs andalous en pays d’Oc médiéval, Paris, éditions du Cerf, coll. « Nouvelle Gallia Judaica » (no 4), , 250 p. (ISBN 9782204088107, présentation en ligne)[24],[25],[26],[27].
- Danièle Iancu-Agou et Élie Nicolas, Les Juifs méditerranéens au Moyen Age : Culture et prosopographie, Paris, éditions du Cerf, coll. « Nouvelle Gallia Judaica » (no 5), , 248 p. (ISBN 978-2204090407)[31],[32],[33],[34],[35].
- Danièle Iancu-Agou et Élie Nicolas, Philippe le Bel et les juifs du royaume de France (1306), Paris, éditions du Cerf, coll. « Nouvelle Gallia Judaica » (no 7), , 295 p. (ISBN 978-2204096638)[36],[37],[38].
- Danièle Iancu-Agou et Carol Iancu (dir.), L'écriture de l'Histoire juive : Mélanges en l'honneur de Gérard Nahon, Paris-Louvain, Peeters, coll. « collection de la Revue des Études juives », , 686 p. (ISBN 978-9042925243)[39].
- Danièle Iancu-Agou (dir.), Pratique médicale, rationalisme et relâchement religieux : les élites lettrées juives de l'Europe méditerranéenne (XIVe – XVIe siècle), Paris, Les Éditions du Cerf, coll. « Cerf patrimoines », , 200 p. (ISBN 978-2-204-11323-6, présentation en ligne)[40],[41].
- Michaël Iancu et Danièle Iancu-Agou, Présence juive en Bas-Languedoc médiéval. Dictionnaire de géographie historique, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Nouvelle Gallia Judaica », , 294 p. (ISBN 9782204149129)[42].
Distinctions
[modifier | modifier le code]- Prix Arbaud 2002 de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence pour Juifs et néophytes en Provence[1].
- Membre correspondant de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence (2002)[1].
- Membre l'Académie des sciences et lettres de Montpellier (2013)[43],[1]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 « Danièle Iancu-Agou », sur Académie des sciences et lettres de Montpellier, (consulté le ).
- ↑ Danièle Iancu-Agou, « Être expulsé ou interné à Djelfa aux siècles derniers (1893-1942) », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, nos 115-116, , p. 269-284 (DOI 10.4000/remmm.3043, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Pierre Santoni, « Soutenance de thèse de Danièle Iancu : Juifs et néophytes en Provence : l’exemple d’Aix, à travers le destin de Régine Abram de Draguignan (1469-1525). », Provence historique, vol. 46, no 184, , p. 253–258 (DOI 10.3406/prohi.1996.2537, lire en ligne, consulté le ).
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- 1 2 Juliette Sibon, « Danièle Iancu-Agou, Carol Iancu (éd.). L'écriture de l'histoire juive. Mélanges en l'honneur de Gérard Nahon, 2012. (« Collection de la Revue des études juives », 46) », Revue des études juives, vol. 173, no 1, , p. 242–243 (lire en ligne, consulté le ).
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- 1 2 Danielle Delmaire, « Danièle Iancu-Agou (sous la direction de), Pratique médicale, rationalisme et relâchement religieux. Les élites lettrées juives de l’Europe méditerranéenne (XIVe – XVIe siècle) », Tsafon, vol. 73, , p. 183-184 (DOI doi.org/10.4000/tsafon.327, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Danielle Delmaire, « Iancu Michaël, Iancu-Agou Danièle (avec la collaboration de Pierre-Joan Bernard), Présence juive en Bas-Languedoc médiéval. Dictionnaire de géographie historique », Tsafon, vol. 85, , p. 145-147 (DOI doi.org/10.4000/tsafon.8449, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Allocution de clôture du président Alain Sans », Bulletin de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, vol. 45, , p. 441-443 (lire en ligne).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la recherche :
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