Pasqal
| Fondation |
|---|
| Forme juridique | |
|---|---|
| Domaines d'activité |
Informatique quantique, refroidissement d'atomes par laser, ingénierie, études techniques |
| Siège | |
| Pays |
| Effectif |
275 employés () |
|---|---|
| Fondateurs |
Antoine Browaeys, Georges-Olivier Reymond (d), Alain Aspect, Christophe Jurczak (d), Thierry Lahaye (d) |
| Cotation |
NASDAQ: PSQLW |
| Récompense | |
| Site web |
| SIREN | |
|---|---|
| OpenCorporates |
Pasqal est une entreprise française, fondée en , spécialisée dans l'informatique quantique, qui travaille sur la mise au point d'un ordinateur quantique à atomes neutres (atomes non ionisés refroidis à quelques microkelvins).
L'entreprise est cotée en bourse à New York depuis août 2026[1].
Historique
[modifier | modifier le code]Pasqal est créée par Antoine Browaeys, physicien médaille d'argent du CNRS expert dans le domaine de la manipulation des atomes par lasers[2], et par Georges-Olivier Reymond[3]. Elle est aussi cofondée par Alain Aspect[4], prix Nobel de physique obtenu « pour les expériences avec des photons intriqués, établissant les violations des inégalités de Bell et ouvrant une voie pionnière vers l’informatique quantique »[5],[6].
Pasqal est citée par Emmanuel Macron lors de la présentation en du plan français pour le développement du quantique[7] qui doit bénéficier d'un plan de financement de 1,8 milliard d’euros, dont un milliard de l'État.
Pasqal fusionne en 2021 avec Qu&Co, start-up spécialisée dans le développement de logiciels adaptés à l'informatique quantique[8]. La première machine de l'entreprise est accessible sur Internet depuis , pour que les entreprises puissent tester les cas d'usage de la technologie[2],[4].
Pasqal a levé 100 millions d’euros en 2023[4], provenant notamment du fonds singapourien Temasek[9]. Elle est la première start-up à bénéficier du soutien du Fonds Innovation Défense du Ministère des Armées[7].
Lauréate avec Atos d'un appel d'offres du consortium européen EuroHPC (en), l'entreprise a reçu commande de deux accélérateurs quantiques de 100 qubits[4] destinés à être couplés à un supercalculateur classique. Une première livraison a eu lieu en 2024 au Très Grand Centre de Calcul du CEA à Saclay[10], et devrait équiper son équivalent allemand situé à Juliers. Ces deux dispositifs hybrides doivent permettre aux entreprises d'appréhender les avantages du calcul quantique[7].
Le , l’entreprise annonce une levée de fonds de 340 millions d’euros, et vise une double cotation au Nasdaq et à Euronext Paris. L'entreprise est valorisée à deux milliards de dollars depuis lors, ce qui en fait la première licorne française dans le domaine de l’informatique quantique[11],[12],[13]. Le 28 août 2026, Pasqal fait son entrée à Wall Street par fusion avec la société d’investissement Bleichroeder. L’entreprise annonce la levée de 360 millions de dollars de trésorerie[14].
Pasqal a terminé sa première journée de cotation sur un bond de 92%, le titre a effacé l’intégralité de ses gains au 4 septembre 2026, retombant au niveau de son cours d'introduction. Elle a néanmoins levé 30 millions de dollars en émission d'actions. Elle fait face à un financement complémentaire de 250 millions de dollars d’obligations convertibles en actions à charge d'intérêts financiers. En 2025, son chiffre d’affaires se monte à 16,5 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 7,2 millions de subventions publiques[15].
Recherche
[modifier | modifier le code]Pasqal dispose d'un prototype d'ordinateur quantique au sein de l'Institut d'Optique Graduate School (Paris-Saclay), ainsi que d'un centre de recherche dédié à Massy[7].
L'entreprise oriente ses recherches vers les atomes refroidis au laser, estimant qu'ils permettent une montée à l‘échelle beaucoup plus rapide[7]. L'ordinateur repose sur l’approche des atomes neutres, où les qubits sont des atomes uniques, qui sont piégés, refroidis à quelques microkelvins et manipulés par des lasers[16],[17]. Cette approche diffère des techniques à base de supraconducteurs utilisés par des concurrents, tels que Alice & Bob[17]. Les lasers utilisés proviennent de l'Institut d'Optique[2].
Les « accélérateurs quantiques » ainsi développés sont des racks modulaires de deux mètres sur trois, prévus pour être installés dans des centre de données[17]. Leur consommation électrique est faible, de l'ordre de 7 à 8 kW[18].
Le , Pasqal annonce avoir réussi à charger plus de 1 000 atomes piégés en une seule opération dans son système d’informatique quantique[19].
L'entreprise développe la partie matérielle d'un futur ordinateur quantique mais également les logiciels et algorithmes adaptés à ces technologies[20].
Applications
[modifier | modifier le code]Pasqal vise deux familles d'applications : la physique fondamentale et l'optimisation. Pour la physique fondamentale, l'entreprise s'intéresse aux calculs concernant les propriétés des matériaux, qui représentent près de 20 % du temps de calcul des supercalculateurs classiques. Pour l'optimisation, Pasqal imagine proposer des solutions aux problèmes de systèmes complexes[7].
La société travaille actuellement sur un problème soumis par EDF pour optimiser l'utilisation des bornes de recharge électrique de véhicules sur le réseau électrique[7]. EDF utilise déjà la machine de Pasqal dans l’optimisation des moyens de production d’électricité afin de réduire les coûts de quelques pourcentages[21]. De même, CMA CGM espère pouvoir optimiser le chargement de ses navires[22]. Pasqal organise par la suite un hackathon sur le thème de la transition énergétique[2],[23].
Dans l'armement, un partenariat avec MBDA est signé en 2021, afin d'aider à la prise en compte des nombreuses variables présentes sur le théâtre militaire[24]. L'entreprise travaille également avec Thales sur l'optimisation du positionnement des satellites[25].
En , Pasqal livre un accélérateur quantique de plus de 100 qubits au Très grand centre de calcul du CEA. Le processeur sera raccordé au supercalculateur Joliot-Curie qui est, avec une puissance de calcul de 22 petaflops, l’un des plus importants de France[26].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Thibault Caudron, « Pasqal fait ses débuts au Nasdaq avec 360 millions de dollars en poche pour accélérer dans l’informatique quantique », L'Usine Digitale, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 Maxime Recoquillé, « Pasqal, le champion français qui ambitionne d’atteindre "l’avantage quantique" », L'Express, (consulté le ).
- ↑ Julien Bergounhoux, « «Des start-up quantiques françaises sont dans le coup», selon Alain Aspect », L'Usine nouvelle, (consulté le )
- 1 2 3 4 Frédéric Bianchi, « La start-up française Pasqal lève 100 millions d'euros pour son ordinateur quantique », sur BFM Business, (consulté le ).
- ↑ (en) « Alain Aspect », sur Prix Nobel (consulté le ).
- ↑ David Larousserie, « Alain Aspect, un Nobel quantique et charismatique »
, Le Monde, (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 Stefano Lupieri, « Ordinateur quantique : le pari de Pasqal », Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Adrien Lelièvre, « Pasqal et Qu&Co fusionnent pour former un champion européen dans le quantique », Les Échos, (consulté le ).
- ↑ « Informatique quantique : la start-up française Pasqal lève 100 M€ », sur Le Monde Informatique, (consulté le )
- ↑ Christophe Auffray, « Pasqal livre au CEA son premier ordinateur quantique », sur ZDNET, (consulté le )
- ↑ François Vaneeckhoutte, « Avec Pasqal, valorisé deux milliards de dollars, la France tient sa première licorne dans le quantique », sur Challenges.fr, (consulté le )
- ↑ Amélie CHARNAY, « Informatique quantique : la France accélère pour ne pas se faire doubler », sur LaTribune.fr, (consulté le )
- ↑ Elise Conor, « Michel Combès : Le Stratège Financier Méconnu Derrière l’Entrée en Bourse de PASQAL »
, sur pardotconsulting.fr, (consulté le ) - ↑ « La start-up française Pasqal, spécialisée dans l’informatique quantique, fait son entrée à Wall Street »
, sur Le Monde avec AFP, (consulté le ) - ↑ Jérôme Marin, « L’entrée en Bourse à la Pyrrhus de Pasqal »
, sur cafetech.substack.com, (consulté le ) - ↑ Maryse Gros, « Pasqal donne accès à son ordinateur quantique dans le cloud », Le Monde Informatique, (consulté le )
- 1 2 3 Gautier Virol, « Pasqal, la pépite française du quantique, qui séduit industriels et instituts de recherche », L'Usine digitale, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Colombain, « Nouveau monde. La startup française Pasqal présente son ordinateur quantique », sur France Info, (consulté le ).
- ↑ Yoann Bourgin, « Quantique : Pasqal passe la barre des 1000 atomes piégés », L'Usine digitale, (consulté le ).
- ↑ Ingrid Vergara, « Pasqal, la première licorne française du quantique », Le Figaro,
- ↑ Célia Seramour, « Pasqal séduit EDF avec son ordinateur quantique », Le Monde informatique, (consulté le )
- ↑ « Quantique : Pasqal noue un partenariat stratégique avec CMA CGM », www.usine-digitale.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Julien Bergounhoux, « Pasqal annonce les gagnants de son hackathon quantique sur le thème de la transition énergétique », L'Usine digitale, (consulté le )
- ↑ Raphaëlle Karayan, « Informatique quantique : Pasqal noue un partenariat dans l'armement », L'Usine digitale, (consulté le )
- ↑ Adrien Lelièvre, « Les jeunes pousses du quantique prêtes à participer à la prochaine révolution militaire », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ Yoann Bourgin, « Pasqal livre un ordinateur quantique à plus de 100 qubits au CEA », L'Usine digitale, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site officiel
- Ressource relative aux organisations :