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Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne

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Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne
Histoire
Fondation
Cadre
Forme juridique
Domaine d'activité
Collecte et traitement des eaux uséesVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
Pays
Organisation
Effectif
1 800 employés ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates

Le SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne) est un établissement public à caractère administratif (EPA) qui pilote l'outil industriel pour l'assainissement en région parisienne . Ce service public est le résultat de réformes menées sur plus de 50 ans visant à restituer aux milieux de la Seine et de la Marne une eau compatible avec l'atteinte des objectifs définis par les pouvoirs publics.

Le SIAAP, avec ses 1 700 agents, traite dans ses 6 usines d'épuration près de 2,5 milliards de litres d'eaux usées en moyenne par jour, transportés par 481 km de canalisations au sein d'un territoire de collecte de 1 900 km².

Histoire

Le contexte de création du SIAAP

La gestion de l’assainissement[De quoi ?] a pendant longtemps été du ressort du département de la Seine. Elle était sous le contrôle de l’autorité préfectorale.

Des changements majeurs sont intervenus avec la réforme administrative de 1964 soutenue par Paul Delouvrier. Cette réforme a découpé les départements de la Seine et de Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (Paris (75), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), du Val-de-Marne (94), de l'Essonne (91), des Yvelines (78) et du Val-d'Oise (95)). En parallèle, l’adoption du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région de Paris (SDAURP) en 1965 prévoyait notamment la création de villes nouvelles, permettant de nouveaux pôles urbains, préfectures et universités dans la région francilienne et a également contribué à la création du SIAAP.

Dans les années 1960, les travaux d'assainissement étaient sous la direction des travaux prospectifs et programmatiques du district de la région de Paris. L'aménagement des départements de la Seine (81 communes), de la Seine-et-Oise (695 communes) et de la Seine-et-Marne (529 communes) représentait un total de 1 305 communes réaménagée et supervisées par ce district. Celui-ci souhaitait pallier les « retards considérables que plus de trente années d'investissements insuffisants ont accumulés dans toutes les variétés d'équipements collectifs »[1][réf. non conforme]. En effet, il accusait les hauts fonctionnaires du département de la Seine, de la DGST et de l'Etat de s'être désintéressés totalement des questions d'assainissement pourtant essentielles pour une qualité de vie salubre[réf. nécessaire]. Une synthèse des retards est publiée en 1963 sous le nom d'« Avant projet de programme duodécennal pour la région de Paris », surnommé le Livre blanc.

Le Livre blanc décrit la situation critique de l'assainissement et la nécessité d'y remédier dès que possible. On peut[style à revoir] citer par exemple cette remarque : « [...] sur 1 800 000 de mètres cubes d'effluents par jour en moyenne, 400 000 mètres cubes, soit moins du quart, sont correctement traités dans les stations d'épuration [...]; 300 000 mètres cubes sont dirigés sur les champs d'épandage [...]; le reste, soit plus d'un million de mètres cubes, est déversé directement dans la Seine, en aval de Paris. »[2].

Entre 1962 et 1968, le budget pour l'assainissement était désormais de 256 millions de francs, budget certes important mais, en comparaison, les budgets accordés à la construction du réseau express régional et des infrastructures routières était bien plus important[3].

Ces changements ont abouti à l'institution, en 1970-1971, du SIAAP, établissement public à caractère administratif français créé par les nouveaux départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Le Journal officiel du entérine ainsi la décision du de créer la nouvelle structure destinée à l'assainissement[4].

Le , une convention entre Paris et le SIAAP est signée. En janvier- une convention est créée entre le SIAAP et les départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Au départ, il s'agissait d'une alliance territoriale entre quatre départements, souhaitant sortir des rapports de force Paris/banlieue[source secondaire nécessaire].

Son domaine d'action s'est étendu par la suite à une partie des départements des Yvelines (entre le et ), du Val-d'Oise (le ) et de l'Essonne (convention signée le ).

Le développement du SIAAP

Le SIAAP est né ainsi du rassemblement des services d’assainissement des départements de Paris (75), des Hauts-de-Seine (92), de la Seine-Saint-Denis (93) et du Val-de-Marne (94) en 1970 et 1971.

Le syndicat s’est ensuite étendu par la prise en charge, via des conventions signées avec des Syndicats intercommunaux, du transport et du traitement des eaux usées de 180 communes appartenant aux départements limitrophes du Val-d'Oise, de l’Essonne, des Yvelines et de la Seine-et-Marne.

Dans les années 1980, le plan « Seine Propre » est organisé à partir du , sinon du , date de l'émission d'un « contrat particulier relatif à l'eau »[5]. Ce « contrat » est fait et signé entre le SIAAP, l’État, le Conseil régional d'Ile-de-France et l'Agence financière de bassin Seine-Normandie. Le programme « Seine Propre » vise à améliorer l'accès à l'eau, sinon les conditions de vie des Franciliens et permettre la construction de nombreux équipements collectifs. Par exemple, est débutée au même moment la construction du collecteur Sèvres-Achères, branche de Nanterre. Le SIAAP a pour mission d'améliorer la qualité des eaux de la Seine et de la Marne pour l'horizon 1994[pas clair].

En 1987, sous les yeux de Jacques Chirac, maire de Paris, et Daniel Mérau, président de 1984 à 2001, sont organisés des lâchers de poisson dans la Seine[source secondaire nécessaire]. L'année suivante, en 1988, une campagne de communication est organisée sous le nom « Nous faisons revivre la Seine »[source secondaire nécessaire].

En 1991, un nouveau schéma directeur de l'assainissement est adopté à la suite d'une étude de l’agence de l’eau Seine-Normandie concernant la zone de collecte du SIAAP: c'est le scénario C[Quoi ?]. Ce scénario C tend à pallier les insuffisances comme la question des rejets dans le milieu par temps de pluie ou encore la question de la qualité de la Seine. Celui-ci a été actualisé en 2003 puis en 2012[source secondaire nécessaire].

Son réseau s'étend désormais sur huit départements et au moins 300 communes du bassin parisien dont 180 communes de la grande couronne (comprenant donc le Val-d'Oise, la Seine-et-Marne, l'Essonne et les Yvelines).

Les usines du SIAAP

Le SIAAP dispose de six usines d'épuration en région parisienne :

Les usines d'épuration des eaux usées du SIAAP
Nom de l'usine Localité Capacité (m3/jour) Commentaires
Seine Aval Achères 1 800 000 L'histoire d'Achères remonte bien avant la création du SIAAP en tant que tel au début des années 1970. Avant la construction de l'usine, la Ville de Paris a acquis en 1902 des domaines (domaine des Fonceux, d'Achères et du Picquenard) pour pouvoir créer le parc agricole d'Achères destiné à la culture de l'épandage (la mise sur le marché des cultures cultivées par épandage sera interdite par un arrêté préfectoral le 30 avril 2001).

La première tranche d'Achères (Achères I) a été mise en service le 5 octobre 1940, la seconde (Achères II) est construite de 1962 à 1965 pour une mise en route le 22 janvier 1966, la troisième (Achères III) de 1969 à 1971 puis la quatrième (Achères IV) de 1975 à 1977 avec mise en service cette fois-ci l'année suivante, en 1978. Le projet d'un Achères V a été abandonné en septembre 1990. Elle est désormais la plus importante usine d'épuration d'Europe, 2e au niveau mondial après celle de Chicago.

Seine Centre Colombes 240 000 Reconstruite de 1993 à 1998, l'usine Seine Centre était au départ une station expérimentale permettant la recherche, notamment pour remplacer l'épandage tout en permettant de nouvelles façons de traiter les eaux usées. De 1920 à 1993, des laboratoires et pilotes industriels ont donc été installés et servis pour des recherches sur les eaux usées. Ces recherches doivent s'arrêter en 1993, année de la destruction des anciens locaux et des bassins en extérieur au profit de la création de Seine Centre, une usine fermée et non plus à ciel ouvert comme l'a pu être notamment celle d'Achères.

Le site de Colombes comprend également une halle historique (anciennement appelé usine B) datant de 1901, copie symétrique d'une autre halle (usine A) qui a dû être détruite à la suite d'un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale. La halle historique est le lieu où se trouve actuellement la Cité de l'Eau et de l'Assainissement (ouverte en 2007), lieu où se trouve bureaux, salles de formations pour les agents, Infothèque (bibliothèque permettant l'accès à de nombreux ouvrages sur l'assainissement et des ressources pour la formation même des agents) et ateliers pour la visite de scolaires leur permettant une initiation aux techniques de l'assainissement et à la question des traitements des déchets[6].

Seine Amont Valenton 600 000 Créée en 1987, elle souhaitait épurer au départ 150 000m3/jour ; l'extension construite en 1992 (Valenton 1B) et en 1999 (Valenton II) permettait l'épuration de 600 000 m3/jour en 2006 par temps sec voire jusqu’à 1 500 000 m3/jour par temps de pluie. Elle a été conçue dans l'objectif de décharger un peu Achères et permettre d'avoir un rayon d'action dans le Val-de-Marne, la vallée de la Bièvre, une partie des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis mais aussi certaines communes des vallées de l’Orge, de l’Yvette et de l’Yerres.
Marne Aval Noisy-le-Grand 75 000 Construite en 1976 pour finalement être reconstruite et remise en service en 2009, l'usine de Marne Aval traite les eaux de seize communes de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne avec une capacité de 75 000m3 par jour. À l’origine, il s’agissait d’une usine à boues activées moyenne charge qui, comme à Achères, ne traitait que la pollution carbonée. Elle a été complétée en 1993 par une unité de nitrification par cultures fixées. Le traitement des boues se faisait par incinération dans un four à soles tournantes. Les installations devenant obsolètes et devant l’obligation des nouvelles réglementations, le SIAAP a fait le choix d’une reconstruction complète[7].
Seine Grésillons Triel-sur-Seine 300 000 Seine Grésillons est créée en 2007 et mise en service l'année suivante, en 2008. Elle permet de réduire la concentration et le volume des eaux à assainir et traiter à Seine Aval. Son rayon d'action s'opère essentiellement aux communes du Val d'Oise et des Yvelines. Depuis l'extension de l'usine en 2013, c'est au moins 300 000 m3 d'eaux usées qui sont traitées par jour[8].

Sa création a également permis la mise à l'arrêt de l'usine de Carrières-sous-Poissy (elle-même née d'un schéma de l'assainissement en 1968) devenue au cours du temps obsolète.

Seine Grésillions possède aussi une unité destinée uniquement au traitement du carbone, du phosphore et de l'azote.

Seine Morée Le Blanc-Mesnil 50 000 L'usine Seine Morée, créée en 2014 sur 2,5 hectares, est la plus récente des usines du SIAAP[9]. Elle permet le traitement des eaux usées des communes d'Aulnay-sous-Bois, de Sevran, Tremblay, Vaujours, Villepinte, une partie du Blanc-Mesnil et une partie de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.
(Source : SIAAP)

En plus de ces six usines, d'autres sites dépendent du SIAAP : l'usine de Clichy (usine de prétraitement et de relevage), Charenton-le-Pont (usine de relevage) ou encore à Epinay-sur-Seine l'usine de La Briche (usine de prétraitement et traitement de ces sables).

En 2025, le site Seine Morée reçoit l'adjonction d'un troisième bassin qui accroît de 50% sa capacité de traitement, de façon à réduire le transit des eaux usées et à soulager l'usine Seine aval[9].

Incidents et accident industriel

Un incendie, puis un accident chimique se succèdent en sur le site de Seine Aval, à Achères, classé Seveso « seuil haut »[10],[11],[12].

Le , l'unité de clarifloculation est détruite dans un grave incendie[13][source insuffisante]. L’association Robin des Bois révèle[réf. nécessaire] que :

  • cet incendie est le 11e accident sur le site depuis le  ;
  • l’usine avait fait l’objet de quatre mises en demeure du préfet des Yvelines en 2018 pour non-conformité à la réglementation, notamment pour le manque de contrôle des tuyauteries et soudures du site ;
  • une astreinte pécuniaire avait été prononcée par le préfet des Yvelines fin .

La valorisation des eaux usées

Le SIAAP développe des filières de traitement des boues d'épuration :

Stratégie et innovation

En 2026, la Chambre régionale des comptes dresse un bilan positif de l'intervention du SIAAP pour rendre la Seine baignable pour y tenir les compétitions de nage en eau libre lors des Jeux olympiques d'été de 2024, L'investissement total est de 552 millions d'euros, dont une charge nette de 380,49 millions pour le SIAAP pour le projet de créer 32 zones de baignade estivale sur 26 communes (7 existent en 2026), ajoute une charge annuelle de 12 et 13 millions d'euros par an, soit une prévision de 1,31 à 1,46 euro par usager[15].

Budget

Le budget du SIAAP[pas clair] s'élève[Quand ?] à 1,3 milliard d'euros[16].

Le budget de la coopération[pas clair] provient de prélèvements sur les factures d'eau des Franciliens, et s'élève[Quand ?] à 500 millions d'euros[17].

280 000 euros sont dépensés annuellement[Quand ?] par le SIAAP en frais de réception[17],[18].

Chiffres clés

  • 4 départements fondateurs et 180 communes localisés sur des départements frontaliers
  • 33 conseillers départementaux
  • 1 700 agents
  • 2,5 milliards de litres d'eaux usées traitées en moyenne chaque jour
  • 1 900 km2 de territoire de collecte
  • 9, 25 millions d’usagers franciliens
  • 6 usines
  • 481 km de canalisations

Élus

À l'origine, le SIAAP instaure une concorde avec une alternance pour la présidence et la vice-présidence du service : ainsi, tous les deux ans, est élu pour l'une des deux fonctions un représentant de Paris et un de la banlieue et inversement. Au Conseil d'Administration, la présence de tous les bords politiques doivent être présents. Le premier règlement intérieur du SIAAP est approuvé lors d'un de ces conseils le [19].

Le SIAAP est une structure interdépartementale administrée à ce titre par 33 représentants élus en leur sein par les différents conseils départementaux des départements qui la composent : 12 pour Paris et 7 par département de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne)[20]. Ils constituent le conseil d'administration du SIAAP[21]. Le conseil d'administration élit son bureau et son président. La direction générale du SIAAP met en œuvre les orientations stratégiques arrêtées par le conseil d’administration.

Liste des présidents

Liste des présidents successifs du SIAAP
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1984 mai 2001 Daniel Méraud[22] RPR Adjoint au maire de Paris (1984 →1989)
mai 2001[23] novembre 2015 Maurice Ouzoulias PCF Vice-président du conseil général du Val-de-Marne
Adjoint au Maire de Champigny-sur-Marne
novembre 2015[24],[25] septembre 2021 Belaïde Bedreddine PCF Vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis (depuis 2015)
Vice-président de l'EPT Est Ensemble (depuis 2016)
Adjoint au Maire de Montreuil (depuis 2014)
septembre 2021 juin 2026 François-Marie Didier LR Conseiller de Paris
juin 2026 en cours Adrien Tiberti[26] PCF Conseiller de Paris (depuis 2026)

International

Coopérations décentralisées

Initiée il y a de nombreuses années, la politique de coopération décentralisée du SIAAP a été confortée par la loi Oudin-Santini de 2005, qui autorise les collectivités locales à consacrer 1 % de leurs ressources à des actions de solidarité à l’international.

Le SIAAP intervient en Amérique, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe, dans plus de 16 pays et sur plus de 24 projets : contribution logistique et matérielle, expertise technique, formation des personnels locaux, sensibilisation aux conditions d’hygiène.

Selon Le Monde diplomatique, les projets d'aide au développement sont « confiés à des « associations » dédiées, qui serviront de cheval de Troie à la conquête des marchés étrangers par les grandes multinationales françaises du secteur »[16].

Affaires judiciaires

Dossiers jugés

L'ancien président du SIAAP de 1984 à 2001, l'élu RPR au conseil de Paris Daniel Méraud a été condamné en 2004 dans l’affaire du financement du RPR. Pendant l’enquête, il avait admis avoir embauché avec le SIAAP une collaboratrice d’Alain Juppé pour « rendre service » à ce dernier[27].

Le SIAAP est épinglé en 2010 pour un appel d'offres truqué[17], et condamné en 2011 pour homicide involontaire[28].

En 2010, un cadre du SIAAP est condamné « pour avoir fourni des informations privilégiées » à une entreprise en lice pour un marché[17].

Station d'épuration d'Achères

Le SIAAP est visé depuis 2013 par une enquête ouverte par le parquet national financier pour corruption, prise illégale d'intérêts, trafic d'influence, détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, au sujet de marché de la station d'épuration d'Achères, confié aux entreprises Veolia et Engie[17].

Station de Valenton

Le préfet d'Île-de-France Michel Cadot assigne, en , le SIAAP devant le tribunal administratif le marché de la station de Valenton (d'un montant de près de 400 millions d’euros), attribué à Veolia. Le Préfet estime que le marché aurait été « arrangé » au profit de l'entreprise, Suez faisant valoir que son offre était 10 % moins chère que celle de son concurrent[17]. Annulant une décision du tribunal administratif de Paris, la cour administrative d’appel de Paris décide le de suspendre le marché au motif qu'il contenait une « clause Molière ». Le SIAAP annonce un pourvoi en conseil d’État[29],[30]. En , le SIAAP décide de reprendre en gestion publique à compter du cette usine[31].

Liens avec le PCF

Deux associations animées par Jean-Luc Touly portent plainte en 2018 pour favoritisme et mettent en cause l'alliance nouée entre les communistes (le PCF conservant alors la présidence du SIAAP attribuée à Belaïde Bedreddine) et la droite francilienne (l'UDI André Santini présidant le SEDIF) autour de Veolia, mécène de la Fête de l'Humanité[32].

Usine de Clichy

En , le directeur de Passavant, un groupe italien, dépose une plainte contre X pour « entente illicite, corruption et trafic d'influence ». Cela concerne la modernisation de l'usine de Clichy. Il affirme que des concurrents français ont essayé de l'écarter d'un marché puis de l'empêcher de déposer un recours, en lui proposant environ trente millions d'euros. Le Parquet national financier ouvre une enquête le [33],[34]. Le , le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annule l’appel d’offre attribué au groupement Stereau-OTV, évoquant une situation de conflit d’intérêt et une méconnaissance du principe d’impartialité[35]. Le SIAAP a depuis fait appel, tout en reprenant les travaux attribués cette fois-ci lot par lot[36].

Solidarité internationale

Des bureaux du SIAAP sont perquisitionnés le dans le cadre d'une enquête ouverte par le Parquet national financier pour des soupçons de détournement de fonds publics et corruption liées à des opérations de « solidarité internationale » lancées et financées depuis une dizaine d'années, mais qui n'ont pas été menées à bien. Au sein du syndicat, l'enquête s'intéresse notamment Joakim Giacomoni-Vincent, administrateur des affaires publiques et internationales du SIAAP et par ailleurs chef de file du parti Les Républicains (LR) à Colombes[27].

Controverses

Épandages dans les plaines maraîchères

Des écologistes dénoncent les épandages d'eaux usées des égouts parisiens qui ont été déversés pendant un siècle, jusqu'en l'an 2000, dans les plaines maraîchères d’Achères, de Carrières-sous-Poissy, de Triel-sur-Seine (Yvelines), de Méry-sur-Oise et Pierrelaye (Val-d’Oise), polluant de manière durable les sols en métaux lourds. Le conseiller régional, Eddie Aït (ancien maire de Carrières-sous-Poissy) porte plainte en pour mise en danger de la vie d'autrui en pointant la responsabilité du SIAAP[37].

Utilisation des fonds de coopération

Le Canard enchaîné soupçonne, en 2018, un détournement important des fonds destinés à la coopération au profit de voyages répétés de plusieurs administrateurs et salariés du SIAAP[17]. Le coût des séjours à l'étranger n'est pas rendu public[17],[18].

Opacité des comptes

Plusieurs comptes de l'établissement, notamment ceux de sa publication annuelle « agenda » ne sont pas rendus publics, alors que, selon Le Canard enchaîné, cette publication fonctionnerait comme une « pompe à fric » auprès d'annonceurs comme Veolia et Engie[17],[18].

Le SIAAP est décrit par l'émission Cash Investigation diffusée par France 2 le comme un « syndicat public extrêmement opaque »[38], et réagit à l'enquête du magazine en déposant plainte pour « violation de domicile »[39].

Notes et références

  1. Délégué général au district de la région de Paris, Lettre au Premier Ministre du 23 février 1963, Paris,
  2. Délégation générale du district de Paris, Avant-projet de programme duodécennal pour la région de Paris, , p.36
  3. Emmanuel Bellanger ; Eléonore Pineau, Assainir l'agglomération parisienne. Histoire d'une politique publique interdépartementale de l'assainissement (XIXe – XXe siècles),, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l'Atelier, , 352 p., p. 262
  4. Journal Officiel de la République Française, , p. 8582
  5. Emmanuel Bellanger ; Eléonore Pineau, Assainir l'agglomération parisienne. Histoire d'une politique publique interdépartementale de l'assainissement (XIXe – XXe siècles), Ivry-sur-Seine, Les Editions de l'Atelier, , 352 p. (ISBN 978-2708-24-1565), p. 296
  6. « Missions », sur siaap.fr (consulté le ).
  7. « Marne aval », sur siaap.fr (consulté le ).
  8. « Seine Grésillons », sur siaap.fr (consulté le ).
  9. 1 2 Samuel Vivant, « Seine-Saint-Denis : la station d’épuration Seine Morée monte en puissance », sur lejournaldugrandparis.fr, (consulté le )
  10. Marc Laimé, « Les eaux glacées du calcul égoïste », sur eauxglacees.com (consulté le ).
  11. Jérémy Denoyer, « Saint-Germain-en-Laye : une centaine de pompiers mobilisés sur le site à risques », leparisien.fr, (lire en ligne, consulté le )
  12. Joséphine Gruwé-Court, « Yvelines : l’origine de l’incident qui a provoqué un nuage toxique reste inconnue », leparisien.fr, (lire en ligne, consulté le )
  13. « Omerta sur une catastrophe industrielle majeure aux portes de Paris », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
  14. Agnès Vives, « A Valenton, les eaux usées deviennent… du biocarburant », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  15. Muryel Jacque, « Baignade dans la Seine : le rôle du syndicat d'assainissement d'Ile-de-France passé au crible », sur lesechos.fr, (consulté le )
  16. 1 2 Marc Laimé, « Les âmes mortes du Grand Paris », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le )
  17. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Hervé Liffran, « Les égouts franciliens cachent une agence de voyage pour élus », Le Canard enchaîné, , p. 4
  18. 1 2 3 « Le Canard étrille le SIAAP », sur constructioncayola.com, (consulté le ).
  19. Emmanuel Bellanger, Eléonore Pineau, Assainir l'agglomération parisienne. Histoire d'une politique interdépartementale de l'assainissement (XIXe – XXe siècles), Ivry-sur-Seine, Les Editions de l'Atelier, , 352 p., p.278.
  20. Jacques Paquier, « La gauche en passe de retrouver la présidence du Siaap », sur lejournaldugrandparis.fr, (consulté le )
  21. « Conseil d'administration », Gouvernance, sur siaap.fr (consulté le ).
  22. « Biographie Daniel Méraud », sur whoswho.fr (consulté le ).
  23. M. F., « Un nouveau président à la tête du Siaap », Le Parisien, édition des Hauts-de-Seine, (lire en ligne, consulté le ).
  24. « Belaïde Bedreddine nouveau président du Siaap », Le Journal du Grand Paris, (lire en ligne, consulté le )
  25. A. L., « Mini-remaniement à la mairie de Montreuil », Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, (lire en ligne, consulté le ) « L’adjoint FG Belaïde Bedreddine, jusqu’ici chargé de l’éducation et de la petite enfance, s’occupera désormais des affaires générales, un poste moins chronophage pour l’un des vice-présidents du territoire d’Est-Ensemble depuis mars 2015, élu en décembre dernier président du Siaap, le syndicat intercommunal de l’assainissement francilien ».
  26. « Avec Adrien Tiberti, le PC reprend la présidence du Siaap », sur lejournaldugrandparis.fr, (consulté le )
  27. 1 2 Rouget Antton, « Des millions d’euros du syndicat francilien des eaux se sont évaporés à l’étranger », sur mediapart.fr, (consulté le ).
  28. « Le Siaap condamné », leparisien.fr, (lire en ligne, consulté le )
  29. Eaux usées en Ile-de-France : la justice suspend le méga-contrat avec Veolia Marianne, 13 mars 2018
  30. « Usine SIAAP (Valenton): l’exécution du contrat pour la gestion suspendue », constructioncayola.com, (consulté le ).
  31. « Dans la tourmente, le syndicat des eaux usées d'Ile de France remunicipalise l'usine qu'il avait confiée à Veolia », Observatoire des multinationales, (lire en ligne, consulté le )
  32. Renaud Lecadre, « En Ile-de-France, les dessous du marché des eaux usées remontent à la surface », liberation.fr, (consulté le ).
  33. « Enquête préliminaire sur des soupçons de corruption concernant le marché de l'eau en région parisienne », europe1.fr, (consulté le ).
  34. Marché des eaux usées : l'émission CASH fait bouger en interne Veolia La Tribune, 14 mars 2018
  35. « Usine des eaux de Clichy-la-Garenne : le chantier à l'arrêt », sur Les Echos, (consulté le ).
  36. « Clichy : malgré ses avatars en justice, le chantier de l’usine des eaux reprend », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  37. Fernando Malverde, « Pollution dans les Yvelines : des écologistes veulent faire payer le syndicat des eaux », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  38. Premières lignes, « L’eau : scandale dans nos tuyaux », sur pltv.fr (consulté le ).
  39. « L'émission "Cash Investigation" visée par une plainte pour "violation de domicile" », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le )

Liens externes