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Vol de La Joconde

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Vol de La Joconde
Une du journal L'Excelsior du 14 décembre 1913, illustrant le vol de La Joconde par Vincenzo Peruggia au musée du Louvre en 1911.
Une du journal L'Excelsior du 14 décembre 1913, illustrant le vol de La Joconde par Vincenzo Peruggia au musée du Louvre en 1911.

Titre Vol de La Joconde
Fait reproché Vol d'œuvre d'art
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Lieu Musée du Louvre
Date

Le vol de La Joconde est un vol d'œuvre d'art survenu le au musée du Louvre à Paris, au cours duquel La Joconde, le tableau de Léonard de Vinci, est dérobée par Vincenzo Peruggia, un vitrier italien souhaitant voir l'œuvre revenir dans son pays d'origine.

Le vol donne lieu à une importante enquête, marquée par l'incarcération de Guillaume Apollinaire et l'audition de Pablo Picasso, tous deux inquiétés non pour le vol du tableau lui-même, mais à cause d'une affaire antérieure de statuettes dérobées au Louvre par Géry Pieret[1]. Retrouvé en après que le voleur a tenté d'approcher un marchand d'art de Florence, le tableau est restitué à l'ambassadeur français à Rome le .

Pendant son absence du musée, il y a plus de visiteurs pour contempler l'emplacement vide de La Joconde que les années précédentes quand elle était là[2],[3]. De retour dans son musée, l'œuvre a durablement gagné en célébrité du fait de la médiatisation de l'affaire[4].

Déroulement du vol

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Le [5], un lundi (jour de fermeture du musée), Vincenzo Peruggia, alors que son contrat d'ancien travailleur avec la maison Gobier s'achève, rentre dans le musée du Louvre à sept heures du matin, vêtu de sa blouse de travail. Il attend d'être seul dans le Salon Carré pour y décrocher le Portrait de Mona Lisa (peinture sur bois italienne choisie non en raison de sa notoriété, moyenne à cette époque, mais de sa petite taille, donc facile à emporter) de sa boîte-vitrine suspendue au mur et l'emmener dans une cage d'escalier pour la débarrasser de son cadre et de sa vitre, avant de probablement cacher l'œuvre sous ses habits et quitter le musée sans être inquiété.

Le vol n'est constaté que le lendemain matin, et est considéré comme l'un des plus grands vols du XXe siècle depuis que la Joconde est devenue le tableau le plus célèbre au monde. Vincenzo cache la peinture pendant deux ans dans sa chambre à Paris (cité Héron ou rue de l'Hôpital-Saint-Louis), dans le double fond d'une valise de bois blanc, sous son lit ou dans un débarras[6]. Apparemment, alors que l'inspecteur Brunet se présente à son appartement le pour l'interroger, il ne fouille pas la chambre, n'imaginant pas que le vol puisse être l'œuvre d'un modeste ouvrier[7].

Après avoir gardé l'œuvre deux ans, Peruggia retourne avec elle en Italie. Il la garde dans son appartement à Florence. Il devient impatient, si bien qu'il contacte le Alfredo Geri, le propriétaire d'une galerie d'art de la ville. Bien que les témoignages de Geri et Peruggia soient contradictoires, il est clair que ce dernier s'attendait à une récompense pour avoir rapporté la peinture dans sa « patrie ». Geri appelle Giovanni Poggi, directeur de la galerie des Offices, qui authentifie l'œuvre. Poggi et Geri gardent la peinture et informent la police, qui arrête Peruggia à son hôtel.

Après son vol, la peinture est exposée à travers toute l'Italie dans une grande tournée d'adieu avant d'être retournée en grande pompe au Louvre début [8]. Peruggia est quant à lui condamné à une peine de prison légère d'un an, réduite à sept mois.

Affaire Apollinaire-Picasso

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Pendant l'enquête, une autre affaire de vols au musée du Louvre oriente temporairement les soupçons vers Guillaume Apollinaire puis Pablo Picasso, sans lien établi avec le vol du tableau. Géry Pieret, aventurier belge et ancien secrétaire d'Apollinaire, avait dérobé plusieurs statuettes ibériques au Louvre avant d'en revendre deux à Picasso[9].

Apollinaire, qui connaît Pieret depuis et l'a hébergé à l'occasion, est accusé de complicité de vol et incarcéré à la prison de la Santé le [9]. Des archives du musée national Picasso-Paris conservent notamment une photographie d'Apollinaire avec le juge d'instruction Drioux lors de cette affaire[10]. Picasso est également entendu, car il a possédé des statuettes provenant de ces vols, mais l'affaire relève du recel d'objets volés et non du vol de La Joconde[1].

La confusion est largement alimentée par la presse de l'époque : l'épisode contribue à associer durablement, et à tort, les noms d'Apollinaire et de Picasso à la disparition du tableau[11].

Dans la culture populaire

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Littérature

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Notes et références

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  1. 1 2 « Le jour où Apollinaire et Picasso ont été accusés d'avoir volé La Joconde », Expositions, sur TempsLibre.ch, (consulté le ).
  2. Darian Leader (en) (trad. de l'anglais par Saphir Mendelsohn), Ce que l'art nous empêche de voir Stealing the Mona Lisa: What Art Stops Us from Seeing »], Paris, Payot et Rivages, coll. « Petite bibliothèque Payot » (no 789), (1re éd. 2002), 233 p. (ISBN 978-2-228-90619-7).
  3. Anne-Laure Debaecker, «  : on a volé la Joconde », Le Figaro, (consulté le ).
  4. Jean-Jacques Breton, Petites histoires de l'histoire de l'art, Paris, Hugo & Cie, , 237 p. (ISBN 978-2-7556-0929-5).
  5. « Le célèbre tableau de Léonard de Vinci La “Joconde” a disparu du musée du Louvre », Le Petit Parisien, 36e année, no 12716, , p. 1 et 2 (lire en ligne).
  6. (en) Richard Lacayo, « Art's Great Whodunit : The Mona Lisa Theft of  », Time Magazine, .
  7. Joe Medeiros, « Qui a volé "la Joconde" ? », Midair Rose Production, 2013, 21 min.
  8. Karin Müller, 100 crimes contre l'art, Marseille, L'Écailler, coll. « Documents », , 254 p. (ISBN 978-2-36476-021-9), p. 57.
  9. 1 2 « Cahier formé par Apollinaire réunissant des documents se rattachant au vol de la Joconde et des statues ibériques au Louvre. 1 : Lettres », sur Bibliothèque numérique de l'INHA (consulté le ).
  10. « Guillaume Apollinaire et le juge d'instruction Me. Drioux lors de l'affaire du vol de la Joconde, en [septembre] 1911 », sur Centre d'études Picasso, musée national Picasso-Paris (consulté le ).
  11. « Quand le Louvre était déjà victime d'incroyables vols : l'affaire des statuettes qui mena Apollinaire en prison en 1911 », sur Historia (consulté le ).

Bibliographie

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Articles connexes

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