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Zorille commune

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Ictonyx striatus · Zorille commun, Zorille (Stricto sensu)

Ictonyx striatus
Description de l'image African polecat walking in leaves - DPLA - fa39b9e9bcf1097e237ba8b92922c4eb.jpg.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Super-ordre Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Ictonychinae
Tribu Ictonychini
Genre Ictonyx

Espèce

Ictonyx striatus
(Perry, 1810)[1]

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 22/04/76

Répartition géographique

Description de l'image Striped Polecat area.png.

Synonymes

La Zorille commune, ou le Zorille commun (Ictonyx striatus) est une espèce de mammifère carnivores de la famille des Mustélidés, originaire d'Afrique subsaharienne. Bien qu’il partage une ressemblance avec la moufette (de la famille des Méphitidés) duquel il a été confondu dans un premier temps, il est d’avantage plus proche des putois d’où son nom anglais de « striped polecat ». Il s’agit du ou de la Zorille au sens strict. Ce petit carnivore adaptable vit dans une large gamme d'habitats et à toutes altitudes, préférant les environnements ouverts et peu boisé. Cette espèce mesure entre 30 et 38 cm de longueur sans la queue, les mâles devenant plus grands que les femelles. Son pelage est principalement noir, avec des bandes blanches distinctives courant le long de son dos et des taches blanches sur son visage et sa queue, bien que le motif exact soit très variable.

Les membres antérieurs de cet animal portent de longues griffes incurvées qu'il utilise pour creuser des terriers ou chercher des petits invertébrées dans le sol ou le fumier. Le Zorille fait la chasse aux petits animaux comme des rongeurs, des reptiles, des oiseaux, des amphibiens, ainsi que des insectes et d'autres invertébrés[3]. Nocturne, il part activement en quête de nourriture toute la nuit et se retire dans une zone de repos pendant la journée, qui est généralement un terrier ou une autre crevasse. Près de son anus, le Zorille possède des glandes qui peuvent projeter un liquide nauséabond et irritant sur des prédateurs potentiels pour se défendre. Sa coloration frappante est un exemple d'aposématisme, avertissant les prédateurs de sa projection pour les dissuader d'attaquer, et il adopte une posture défensive avec le dos arqué et la queue levée avant de projeter son liquide. En raison de cela, le Zorille commun est rarement la cible des prédateurs, et les collisions avec des véhicules sont une cause de mortalité plus courante.

Le Zorille commun est un animal principalement solitaire, et les mâles adultes sont hostiles les uns envers les autres, bien que des groupes familiaux existent et que plusieurs individus puissent être gardés ensemble en captivité. Les femelles tolèrent les mâles pendant la saison de reproduction et, après une période de gestation de 36 jours, la mère donne naissance et élève sa portée de deux ou trois petits. Les nouveau-nés ont les yeux et les oreilles fermés et sont presque glabres, avec la majeure partie de leur peau rose visible. Une variété de cris différents est utilisée par les zorilles communs pour communiquer entre eux, tout comme des signaux comportementaux et probablement une communication olfactive impliquant ses fluides odorants. Le Zorille commun est répandu dans la majeure partie de son aire de répartition, malgré des déclins de population localisés, et ne semble faire face à aucune menace majeure pour sa survie globale en tant qu'espèce[4].

Dénominations

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Le nom « zorille » est le plus souvent un substantif féminin, mais peut aussi se rencontrer au masculin.

Taxonomie et nomenclature

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Illustration de Mustela zorilla dans Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen, 1774-1855.

Le zorille était connu de la zoologie occidentale bien avant sa classification moderne, bien que souvent confondu avec d'autres espèces. Dans son Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux (1797), Georges Cuvier mentionne le zorille ou putois du Cap sous le nom de Mustela zorilla, citant le Viverra zorilla de Linné[9]. En réalité, le taxons Viverra zorilla décrit par Schreber en 1777[10] et par Buffon concernait en fait une espèce de moufette tachetée américaine[11].

La plus ancienne description scientifique valide du zorille commun est publiée en 1810 par le naturaliste anglais George Perry dans son ouvrage Arcana[12]. Sa description se base sur une gravure de Thomas Lord Busby représentant un individu exposé vivant dans une ménagerie itinérante à Londres, présenté à tort comme originaire d'Amérique du Sud. Perry, incertain de la parenté de l'animal, lui trouve des similitudes avec les ours ou les belettes, mais finit par le classer par erreur parmi les paresseux sous le nom de Bradypus striatus (ou « paresseux-belette »)[12]. Bien que l'origine géographique soit erronée, sa description physique détaillée, mentionnant les trois bandes longitudinales blanches sur le dos et les taches faciales, permet d'identifier sans ambiguïté l'espèce africaine.

Au cours du XIXe siècle, plusieurs auteurs analysent de nouveaux spécimens et proposent diverses nomenclatures. En 1826, Andrew Smith décrit l'espèce comme une moufette sous le nom de Mephitis capensis[13]. En 1829, Johann Baptist Fischer propose Mustela zorilla, reconnaissant enfin l'appartenance de l'animal aux Mustélidés[14]. Le genre actuel, Ictonyx, est formalisé en 1835 par le naturaliste allemand Johann Jakob Kaup avec l'espèce type Ictonyx capensis[15]. Kaup y décrit les caractéristiques morphologiques distinctives : un museau effilé, un pelage contrasté et de longues griffes adaptées à l’excavation. En 1841, Johann Andreas Wagner regroupe plusieurs de ces dénominations sous le synonyme Rhabdogale mustelina[16].

La classification au sein des mustélidés a également évolué. Si l'espèce évoque superficiellement la moufette, Theodore Gill propose dès 1872 de la placer dans une sous-famille dédiée, les Zorillinae[17], bien que ce soit Pocock qui valide la structure du groupe en 1921[18].

Au début du XXe siècle, la confusion nomenclaturale persiste : l'animal est souvent nommé Zorilla striata par Trouessart ou Sclater[19]. En 1906, Arthur H. Howell démontre l'invalidité de ce nom, soulignant que striata se rapportait originellement à la moufette américaine et que le genre Zorilla était déjà préoccupé[20]. Il préconise alors Ictonyx capensis. Ce n'est qu'en 1915 que Ned Hollister établit que le « paresseux-belette » (Bradypus striatus) de Perry était bien le zorille d'Afrique. En vertu du principe de priorité, l'épithète striatus (1810) l'emporte sur capensis (1826), fixant définitivement le nom binominal à Ictonyx striatus[21].

Sur le plan des subdivisions, alors que la troisième édition de Mammal Species of the World répertoriait une vingtaine de sous-espèces[22], les révisions taxonomiques récentes, notamment celles suivies par l'ITIS, considèrent désormais l'espèce comme monotypique et ne reconnaissent plus aucune sous-espèce valide[23].

Squelette d'un animal placé sur une plateforme blanche
Squelette monté exposé au Musée de Zoologie de Cambridge.

La zorille commun est l'espèce type du genre Ictonyx, et appartient à la sous-famille des Ictonychinae (à laquelle le genre donne son nom) au sein de la famille des Mustélidés[15],[24]. Les membres des Ictonychinae peuvent être divisés en deux tribus : les Ictonychini et les Lyncodontini. Cette espèce fait partie de la première tribu, qu'elle partage avec le Poecilogale à nuque blanche, la Zorille de Libye et le Pérouasca. Les analyses génétiques ont révélé que le plus proche parent vivant de la zorille commune est la peocilogale à nuque blanche, plusieurs études les identifiant comme des taxons frères[25],[26],[27]. Une étude publiée en 2008 a proposé que les lignées de ces deux espèces ont divergé il y a entre 2,7 et 2,2 millions d'années, tandis qu'une étude ultérieure de 2012 suggère une date plus ancienne, entre 4,3 et 3,4 millions d'années[25],[26].

Le cladogramme suivant montre la position du Zorille commun parmi ses plus proches parents vivants selon Gray et al. (2022)[27] :

Ictonychinae

Galictis vittata (Grand grison)




Vormela peregusna (Pérouasca)




Ictonyx libycus (Zorille de Libye)




Ictonyx striatus (Zorille commun)



Poecilogale albinucha (Poecilogale à nuque blanche)






La Zorille de Libye est parfois placée dans le genre Ictonyx aux côtés du Zorille commun, tandis que la Poecilogale à nuque blanche est la seule espèce assignée au genre éponyme Poecilogale. Un tel placement ferait d’Ictonyx un groupement paraphylétique ; c'est pourquoi certains auteurs suggèrent de placer la Zorille de Libye dans un genre appelé Poecilictis, faisant d’Ictonyx un genre monotypique ne contenant que le Zorille commun[26],[27].

Des restes fossilisés de zorilles communs ont été découverts dans plusieurs localités datant du Pléistocène en Afrique du Sud, telles que la grotte de Die Kelders, la grotte de Blombos et un remplissage de fissure à Swartklip[28],[29],[30]. Certains des plus anciens spécimens proviennent du site de Sea Harvest dans la baie de Saldanha, et remontent probablement à une phase plus fraîche de l'Eémien, entre 128 000 et 74 000 ans[31]. Une espèce éteinte découverte à Laetoli, en Tanzanie, a été nommée Ictonyx harrisoni ; elle aurait vécu il y a 3,85 à 3,63 millions d'années, durant le Pliocène inférieur. Bien que plus petit que le Zorille commun et différant par la structure de ses dents, I. harrisoni est globalement similaire à l'animal actuel et est donc placé dans le même genre[32]. Une autre espèce fossile, nommée Ictonyx bolti en 1985, était initialement rattachée au genre car on pensait le Zorille commun comme son plus proche parent vivant[33]. Cependant, des analyses plus poussées ont montré qu'elle était plus proche de la Poecilogale à nuque blanche, ce qui a conduit en 1987 à son déplacement vers son propre genre, Propoecilogale[34].

Caractéristiques physiques

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Un animal au pelage noir avec des rayures blanches marchant sur des feuilles, vu de dessus
Vue en plongée montrant clairement les rayures courant le long du dos.

La Zorille mesure environ 30 à 38 cm de long sans la queue (laquelle ajoute 22 à 30 cm supplémentaires) et pèse entre 0,7 et 1,4 kg[35]. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel de taille, les mâles étant plus grands que les femelles et pesant environ 50 % de plus qu'elles. La coloration spécifique varie selon la situation géographique. Généralement, le zorille est principalement noir, avec une large bande blanche à l'arrière de la tête qui se divise en quatre rayures blanches s'étendant le long du dos vers la queue. Le ventre et les membres sont entièrement noirs[3]. Les couleurs noire et blanche sont toutes deux présentes sur la queue, dont la base est généralement noire, bien que la proportion de chaque couleur varie selon les individus[36],[37]. La tête est majoritairement noire, avec deux grandes taches blanches sur les joues s'étendant du dessous des oreilles jusqu'à l'arrière des yeux, une tache blanche sur le front et des franges blanches sur les oreilles, bien que l'étendue exacte de ces motifs faciaux soit très variable[3],[38],[39]. Les taches des joues et celle du front sont habituellement bien distinctes, mais peuvent fusionner en une seule bande blanche chez certains individus d'Afrique de l'Ouest[39]. Comme beaucoup d'autres mustélidés, le zorille possède des glandes près de l'anus qui peuvent expulser un liquide fétide lorsqu'il se sent menacé ; ses motifs distinctifs sont un exemple de coloration aposématique, servant d'avertissement aux prédateurs potentiels[40].

Dessin de deux pattes d'animal
Illustration représentant le dessous des pattes arrière (à gauche) et avant (à droite) droites.

La fourrure du dos est soyeuse et longue, atteignant 50 à 60 mm, tandis que celle de la tête est plus courte (environ 6 à 7 mm). Les poils de la queue sont particulièrement longs, mesurant 70 à 80 mm, ce qui lui donne un aspect touffu. Toutes les griffes et tous les doigts touchent le sol lorsque l'animal marche, laissant des empreintes complètes. On compte cinq doigts munis chacun d'une griffe sur chacun des quatre membres. Les griffes des membres antérieurs sont plus longues et plus recourbées que celles des membres postérieurs, les premières mesurant environ 18 mm contre 10 mm pour les secondes[3],[36]. Les pattes avant sont plus larges que les pattes arrière, et la plante des quatre pattes est dépourvue de poils[39]. Chaque patte est étroite et la plupart des doigts sont largement écartés, bien que les troisième et quatrième doigts de chaque patte arrière soient proches l'un de l'autre. Chaque doigt possède un coussinet de forme ovale, et chaque patte présente un coussinet à quatre lobes formant une encoche à l'arrière ; les pattes avant possèdent deux coussinets carpiens supplémentaires au niveau du poignet. Tous ces coussinets présentent des rainures rugueuses[24].

Crâne d'un animal vu de la droite
Crâne.

Le crâne est d’une constitution robuste, avec une boîte crânienne large à l'arrière s'amincissant vers l'avant, et un museau court et émoussé. Le palais est large dans sa partie postérieure et se rétrécit après les molaires. Les yeux sont situés vers l'avant de la tête. Cette espèce ne possède pas de Crête sagittale, bien que deux crêtes basses servant d'attaches aux muscles temporaux soient visibles entre la crête supraoccipitale (à l'arrière) et les processus postorbitaux (derrière les orbites). Les bulles tympaniques sont larges et plates, et les arcades zygomatiques sont plus larges à leur base qu'au centre. La formule dentaire forme un total de 34 dents. Les canines sont courtes et robustes, les canines inférieures se recourbant vers l'arrière à leur extrémité ; les incisives externes de la mâchoire supérieure sont plus longues que les incisives internes et sont utilisées avec les canines pour maîtriser les proies. Les molaires présentent de larges surfaces de broyage, permettant à l'animal d'écraser sa nourriture, en particulier les insectes[3],[36].

Distribution et habitat

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Photo d'un animal noir aux rayures blanches marchant sur un sol sablonneux sous un ciel nocturne sombre
Individu sauvage observé au Cap, en Afrique du Sud.

Endémique d'Afrique, la zorille est un animal adaptable et très largement répandu sur le continent. Il habite la majeure partie de l'Afrique subsaharienne, s'étendant de la Mauritanie jusqu'au sud-est de l'Égypte au nord, et descendant jusqu'en Afrique du Sud au sud[41]. Elle est toutefois absente des forêts tropicales denses d'Afrique de l'Ouest et du bassin du Congo, ainsi que des zones arides du nord-est de la Somalie et de l'Éthiopie[36]. Malgré cela, l'espèce tolère de nombreux types d'habitats, se rencontrant dans les prairies, les forêts, les zones rocheuses et les déserts[41],[42]. Il peut occuper des zones sèches si un couvert arbustif est présent, ayant été observé dans les hummocks et les dunes de sable du désert du Namib, mais se trouve également dans des régions à forte pluviométrie[36].

Il semble préférer les environnements ouverts, peut-être parce que l'exposition rend d'autres petits carnivores vulnérables à la prédation, notamment de la part des oiseaux de proie, alors que le zorille commun peut se défendre grâce à ses projections nauséabondes, réduisant ainsi la concurrence[38]. On le trouve le plus souvent dans des habitats abritant de grandes populations d'ongulés, en raison du plus faible niveau d'arbustes là où ces brouteurs sont présents[43]. Le zorille commun est présent dans une large gamme d'altitudes, depuis le niveau de la mer jusqu'à 4 180 m d'altitude, comme en témoignent des observations sur le mont Kenya[41],[44]. Il ne se cantonne pas aux milieux naturels et pénètre même dans des zones aménagées par l'activité humaine, telles que les plantations et les jardins[41],[45].

Comportement et biologie

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Photo monochrome de deux animaux noirs à rayures blanches face à face
Bien que principalement solitaire, le Zorille commun est parfois observé en couples.

La Zorille est généralement solitaire, bien qu'il soit parfois aperçu en couples ; les groupes de plus de deux individus sont souvent de petits groupes familiaux composés d'une mère et de ses petits. Les mâles et les femelles restent la plupart du temps séparés et ne tolèrent la présence de l'autre que lors de l'accouplement, tandis que les mâles adultes se montrent hostiles entre eux[3]. Plusieurs groupes familiaux peuvent être maintenus ensemble en captivité avec un minimum de conflits et pratiquent même le toilettage mutuel, ce qui suggère qu'ils ne sont pas exclusivement territoriaux[35]. Plusieurs études publiées à partir de 1971 indiquent que les populations de zorilles présentent un sex-ratio en faveur des mâles, avec des ratios allant de 1,61:1 au KwaZulu-Natal à 3,3:1 dans l'ancienne Province du Cap. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les mâles sont plus actifs et plus enclins à s'approcher d'objets inconnus, ce qui les rend plus faciles à recenser[3],[42].

L'espèce se déplace avec une démarche similaire à celle d'une moufette, le dos légèrement arqué et la queue à l'horizontale dans le prolongement du corps lors d'un trot lent. Bien qu'il sache nager et grimper aux arbres, il a tendance à éviter ces activités[3],[38]. C'est un animal nocturne qui chasse principalement la nuit et se retire pour se reposer le jour. Ses zones de repos incluent des terriers, des cavités sous des bâtiments ou des rochers, des troncs creux et même des branches d'arbres jusqu'à m au-dessus du sol. Cet animal est doué dans l’art de l’excavation, utilisant ses griffes antérieures pour aménager ses propres terriers, bien qu'il occupe souvent ceux d'autres animaux[3],[46]. L'occupation d'un terrier est souvent temporaire, sauf pour les mères avec des petits qui ont tendance à rester au même endroit à moins d'être dérangées[38].

Reproduction

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La saison de reproduction de la zorille est longue, bien que la période exacte varie selon les populations. Au KwaZulu-Natal, elle s'étend du printemps à la fin de l'été, les testicules du mâle restant volumineux de septembre à avril[47]. Ailleurs en Afrique du Sud, des juvéniles et des femelles gestantes ont été observés en avril et de septembre à décembre[42]. Près du lac Tchad, des jeunes ont été vus de septembre à novembre, suggérant une reproduction durant la saison des pluies[39]. En Afrique de l'Est, des observations de juvéniles sont rapportées en février, juin, septembre et octobre[38]. En captivité (notamment au parc zoologique national de Washington ou au zoo de Toronto), les naissances peuvent survenir tout au long de l'année[48].

Lorsqu'elle est réceptive, la femelle se montre plus tolérante envers le mâle, s'accroupissant devant lui et lui permettant de flairer sa vulve. L'accouplement peut durer de 25 à 106 minutes, pendant lesquelles le mâle monte la femelle en lui mordant parfois la nuque, tandis que la femelle émet des jappements et des cris perçants. Après la conception, la période de gestation est d'environ 36 jours[47]. La femelle donne généralement naissance à une seule portée par an de deux ou trois petits, mais peut se reproduire à nouveau si la portée est perdue précocement[3].

Les nouveau-nés sont altriciaux : ils naissent aveugles, sourds et presque nus[48],[49]. Ils mesurent seulement 110 à 115 mm pour un poids d'environ 15 g. Bien que leur peau paraisse rose, les rayures sombres sont déjà visibles. Vers l'âge de dix jours, un pelage blanc commence à les recouvrir et ils commencent à ramper. Les rayures noires et blanches caractéristiques apparaissent entre 19 et 21 jours. Les yeux s'ouvrent vers 35 jours. Le sevrage a lieu vers l'âge de huit semaines, après que les jeunes ont commencé à consommer de la nourriture solide rapportée par la mère[47].

Mécanismes de défense

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Photo monochrome d'un animal noir aux rayures blanches vu de nuit, le dos arqué et la queue enroulée au-dessus de lui
Posture de menace dans le parc national des Éléphants d'Addo, Afrique du Sud.

Lorsqu'il est menacé, le zorille commun cherche généralement à s'enfuir vers son terrier. S'il ne le peut pas, il adopte une posture déimatique : le dos arqué, l'arrière-train face à l'adversaire et la queue dressée ou enroulée sur le dos, tout en émettant parfois un cri aigu[3]. Si la menace persiste, il projette un liquide malodorant produit par ses glandes anales[36]. Ce fluide est nauséabond et très irritant pour les yeux, agissant comme un répulsif efficace contre la plupart des mammifères prédateurs.

Occasionnellement, le zorille commun fait le mort (thanatose) face à un prédateur. Il s'allonge alors sur le sol, immobile, exposant ses rayures comme un avertissement aposématique. Ses sécrétions imprègnent souvent sa fourrure, notamment la queue, décourageant tout prédateur qui tenterait de le mordre pendant qu'il simule la mort[38]. Il peut maintenir cet état pendant plus de 30 minutes jusqu'à ce que l'attaquant perde intérêt[3],[46].

Communication

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Les zorilles communiquent par une grande variété de signaux vocaux. Les grognements servent d'avertissement. Des cris de forte amplitude signalent une agression intense, précédant souvent le combat ou l'émission de liquide anal. Un cri ondulant, passant des fréquences hautes aux basses, exprime la soumission. À l'inverse, un appel ondulant plus rapide et plus faible est interprété comme une salutation amicale. Les jeunes possèdent également des cris spécifiques pour signaler leur détresse ou contacter leur mère lorsqu'elle entre dans le terrier[49],[50].

La communication visuelle est également importante : lorsqu'il est en colère ou effrayé, l'animal hérisse ses poils pour paraître plus gros. Lors d'interactions amicales entre congénères, il expose son ventre noir, contrastant avec l'affichage des rayures dorsales utilisé lors des menaces[38],[49]. Enfin, la communication olfactive via les fluides des glandes anales joue probablement un rôle dans la régulation des interactions sociales[35].

Alimentation

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Comme les autres mustélidés, le zorille commun est un prédateur. Il possède 34 dents acérées pour cisailler la chair et broyer la viande, et suit un régime généraliste comprenant divers petits animaux. Il peut chasser aussi bien à la vue qu'à l'odorat, et n'hésite pas à creuser le sol ou le fumier pour atteindre des proies fouisseuses[3]. L'analyse des contenus stomacaux a montré que sur l'ensemble de son aire de répartition, les insectes constituent la composante la plus importante de son alimentation, suivis par les muridés, puis les reptiles, bien que ces derniers puissent être consommés en plus grande quantité que les rongeurs dans les régions arides. Des matières végétales peuvent être consommées, comme en témoignent quelques graines trouvées dans l'estomac d'un individu, mais cela reste beaucoup plus rare que la viande[51]. La plupart des proies capturées sont de petite taille, bien que des animaux plus grands, allant jusqu'à la taille d'un lièvre, puissent être mangés[35],[38]. Dans un cas exceptionnel, un zorille commun a été observé attaquant un nyala nouveau-né[52].

Les proies peuvent être capturées au sol ou extraites de la terre en creusant, mais le zorille ne tente pas de capturer des proies en plein vol ; s'il repère un insecte volant ou sautant, il se rend là où la proie atterrit pour s'en saisir. Lorsqu'il cherche des invertébrés souterrains, le zorille enfonce son museau dans le sol en reniflant de manière audible, puis utilise ses membres antérieurs pour déterrer sa proie une fois détectée. La plupart des petits vertébrés (y compris les amphibiens, les lézards, les oiseaux et les petits rongeurs) sont tuées d'une morsure au crâne, parfois en les maintenant au sol avec une ou deux pattes avant (ce qui n'est jamais fait pour les oiseaux). Les proies plus grosses comme les rats (dont le zorille ne peut pas briser le crâne d'une morsure) nécessitent généralement d'être maintenues avec les pattes avant et de multiples morsures au cou, à la tête ou à la poitrine pour être achevées ; le prédateur peut même effectuer des roulades ou des sauts périlleux tout en mordant le cou. Lorsqu'il s'attaque à des serpents, le zorille mord le dos du reptile et le secoue vigoureusement avant de reculer rapidement pour éviter les morsures. Cette opération est répétée quatre à cinq fois pour paralyser la proie, après quoi le zorille la maintient avec ses pattes et la tue d'une morsure près de la tête[51].

Le zorille commun peut transporter sa proie dans sa gueule ou traîner des proies plus lourdes à reculons vers son terrier avant de les consommer. S'il a tué plus de nourriture que nécessaire, il peut en stocker une partie. Il mange généralement en position accroupie, utilisant parfois ses membres antérieurs pour maintenir sa nourriture. Les proies sont habituellement mangées entières en commençant par la tête, bien que les plumes et les pattes des oiseaux, ainsi que l'estomac des rongeurs, soient parfois laissés. Les plus gros animaux (rongeurs et serpents de grande taille) sont dépouillés avant d'être consommés, en commençant par l'épaule ou le flanc[51].

Photo de déjections animales sombres à côté d'une main humaine
Fèces trouvées dans le parc national de la Montagne de la Table, Afrique du Sud, avec une main humaine pour l'échelle.

La mise à mort des proies est un comportement inné chez lui, comme le prouve le fait que de jeunes zorilles élevés en isolation savent le faire au même âge et avec les mêmes méthodes que ceux élevés par leur mère[47]. En revanche, casser des œufs n'est pas inné : les individus en captivité montrent souvent peu d'intérêt pour les œufs de poule entiers jusqu'à ce qu'ils apprennent à les briser par morsure ou en les faisant rouler contre des objets durs. Bien que le zorille consomme la plupart des amphibiens, il évite les crapauds de la famille des Bufonidae, probablement car ils sont toxiques et peu appétissants. Le zorille possède un métabolisme élevé et un tube digestif court, ce qui fait que la nourriture est excrétée environ 165 minutes après sa consommation. L'animal doit donc chasser activement toute la nuit pour répondre à ses besoins énergétiques[51].

Cette espèce boit peu, obtenant l'essentiel de son hydratation via ses proies. Lorsqu'il boit, il lape l'eau avec sa langue. Des femelles captives avec des petits ont été observées trempant leur cou ou tout leur ventre dans l'eau par temps très chaud, peut-être pour se rafraîchir et transporter de l'eau jusqu'à leur progéniture[51].

Mortalité et maladies

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Photo d'un animal noir mort avec des rayures blanches couché sur une route
Cadavre de zorille victime d'une collision routière au Botswana.

L'espérance de vie du zorille commun est courte, généralement de quatre à cinq ans à l'état sauvage, bien que des individus en captivité aient survécu plus de 13 ans[3],[53]. La plupart des prédateurs évitent cette espèce en raison de ses projections nauséabondes. Cependant, l'Hyène brune attaque parfois le zorille, bien que cela reste rare (seulement 0,3 % des fèces d'hyènes brunes contiennent des poils de zorille), suggérant une prédation de dernier recours en cas de famine[54]. Aujourd'hui, les collisions routières sont probablement la principale cause de mortalité. Contrairement à d'autres animaux, les cadavres de zorilles attirent peu de charognards (à l'exception des vautours), ce qui fait qu'ils restent longtemps sur les routes avant de disparaître[38].

Deux espèces de nématodes sont connues comme endoparasites du zorille commun : Filaria martis et Hepaticofilaria pachycephalum[55]. Un parasite causant le paludisme, Plasmodium roubaudi, a été identifié chez un individu au Sénégal[56]. La rage a également été enregistrée chez ce mustélidé[57].

Concurrents

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Dans la majeure partie de l'Afrique, les niches écologiques des petits carnivores sont principalement occupées par les mangoustes et les genettes, qui partagent une aire de répartition et un régime alimentaire similaires. Le zorille commun évite toutefois une compétition directe par des habitudes légèrement différentes : il consomme plus de mammifères et d'oiseaux que les mangoustes, et moins de matières végétales que les genettes. Une autre espèce de petit mustélidé, le Poecilogale à nuque blanche, coexiste avec lui. La compétition entre ces deux espèces est limitée par un partage des niches : le poecilogale est un spécialiste chassant les rongeurs dans leurs terriers, tandis que le zorille commun est un généraliste capturant ses proies (rongeurs, insectes, reptiles) en surface[51].

Le zorille et l’Homme

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Conservation

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Peau d'un animal à fourrure noire et rayures blanches posée sur une table avec un ruban à mesurer.
Peau de zorille commun.

L'UICN a classé le Zorille commun dans la catégorie « Préoccupation mineure » (LC) en 1996, 2008 et 2015, car l'espèce est largement répandue à travers l'Afrique et présente dans de nombreuses aires protégées[41]. Bien que les observations soient rares, cela est principalement attribué à ses mœurs nocturnes qui limitent les rencontres avec l'Homme[35].

Facilement apprivoisé, même à l'âge adulte, ce mustélidé est parfois capturé pour servir d'animal de compagnie ; ses glandes anales sont alors occasionnellement retirées pour le rendre plus adapté à la vie domestique. Certaines sources rapportent également que ses sécrétions odorantes ont pu être récoltées pour la fabrication de parfums[38],[46]. Certains individus sont tués par l'humain lorsqu'ils s'attaquent à la volaille. L'augmentation de la présence humaine et des chiens errants dans les zones rurales pourrait entraîner des déclins localisés des populations, mais ces menaces ne sont pas considérées comme significatives pour la survie globale de l'espèce[52].

Notes et références

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  1. Catalogue of Life Checklist, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
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Articles connexes

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Liens externes

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Autre lien :

  • Zorille sur Encyclopædia Britannica (en)