ミッシェル・レリス
ミッシェル・レリス(Julien Michel Leiris, 1901-1990)はフランスの詩人・作家・民族学者。1901年4月20日にパリ16区で生まれ、1990年9月30日にエ ソンヌ県サン・イレールで89歳で死去した[2]。 フランスの作家、詩人、民族学者、美術評論家である。
| Michel Leiris, de
son nom complet Julien Michel Leiris, né le 20 avril 1901 à Paris 16e
et mort le 30 septembre 1990 à 89 ans à Saint-Hilaire dans
l'Essonne[2], est un écrivain, poète, ethnologue et critique d'art
français. |
ミシェル・レイリス(ジュリアン・ミシェル・レイリス)は、1901年
4月20日にパリ16区で生まれ、1990年9月30日にエソンヌ県サン・イレールで89歳で死去した[2]。
フランスの作家、詩人、民族学者、美術評論家である。 |
| Biographie Michel Leiris est né le 20 avril 1901 au sein d'une famille bourgeoise cultivée habitant au 41, rue d'Auteuil dans le 16e arrondissement de Paris. Sa famille le pousse contre son gré à faire des études de chimie alors qu'il est attiré par l'art et l'écriture. Il fréquente les milieux artistiques après 1918, notamment les surréalistes jusqu'en 1929. Il se lie d'amitié avec Max Jacob, André Masson, Picasso, etc. Son œuvre a marqué les recherches ethnographiques et ethnologiques. En 1935, dans L'Âge d'homme, voici comme il se décrit : « Je viens d’avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J’ai des cheveux châtains coupés court afin d’éviter qu’ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont : une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l'on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau ; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. […] Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé ; mon teint est coloré ; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante […]. » — Je viens d'avoir trente-quatre ans, 1 in Michel Leiris, L'Âge d'homme, Gallimard, 1939. |
略歴 ミシェル・レイリスは1901年4月20日、パリ16区のオートゥイユ通り41番地に住む教養あるブルジョワ家庭に生まれた。芸術と文筆に惹かれていた が、家族の勧めで化学を学ぶ。1918年以降、1929年までシュルレアリスムを中心とした芸術界に出入りする。マックス・ジャコブ、アンドレ・マッソ ン、ピカソらと親交を深めた。彼の作品は民族誌や民族学の研究に大きな足跡を残した。 1935年、『L『Âge d』homme』の中で、彼は自らを次のように述べている: 「私は34歳になったばかりで、人生の半ばにさしかかった。身長は平均的で、どちらかといえば低い。私の栗色の髪は、波打つのを防ぐためと、禿げるのを恐 れて短く切ってある。私の顔の特徴は、牡牛座生まれの典型的な特徴である、壁や崖のように垂直に垂れたまっすぐな首と、よく発達した、ややこぶのある額、 誇張されたようにぎざぎざに張り出した側頭静脈である。[目は褐色で、まぶたの縁はたいてい炎症を起こしている。顔色は色白で、赤ら顔でテカテカした肌で あることを恥じている。 - Je viens d『avoir trente-quatre ans, 1 in Michel Leiris, L』Âge d'homme, Gallimard, 1939. |
| Milieu familial Son grand-père paternel, Jacques Eugène Leiris (1819-1893), employé de commerce, a pris part aux journées de juin 1848[3]. Sa mère, Marie-Madeleine née Caubet (1865-1956), catholique fervente, a fréquenté la Sorbonne, parlait couramment l’anglais, mais n’exerça aucune fonction rémunérée. Eugène Leiris (1855-1921), son père, travaille dès l’âge de quatorze ans. Il est agent de change d’Eugène Roussel (1833-1894) puis de son successeur Jacques Sargenton, caissier des titres de ce dernier, puis son fondé de pouvoirs. Établi à son compte vers 1910, il devient l’homme d’affaires de Raymond Roussel (fils d’Eugène Roussel et écrivain à qui Leiris voue une immense admiration). Eugène Leiris décède, le 16 novembre 1921, des suites d’une opération de la prostate. Max Jacob, retiré, fin juin 1921, au couvent des bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire, adresse, le 18 novembre 1921, ses condoléances à Michel Leiris. C'est la première des lettres qu’il lui adresse (deux par mois) au cours des deux années qui suivent. Les soixante-six lettres, dont cinquante-deux de novembre 1921 à décembre 1923, conservées par Leiris ont été publiées[4]. Eugène et Marie Leiris qui ont perdu une fille, Madeleine, élèvent quatre enfants : trois fils, Jacques (1896-1982), Pierre (1897-1975), dont les deux fils, François et Henri, décèdent au combat en novembre 1944, Michel et leur nièce Juliette (1888-1992), marraine de Michel. Elle est, pour lui, une sœur aînée, une seconde mère mais aussi, grâce à son excellente mémoire, celle qui lui permet de vérifier l’exactitude de ses souvenirs d’enfance. Juliette épouse le 2 juin 1910 Gustave Jannet (1883-1935). Le couple vient habiter Paris, près de chez les Leiris, Michel peut ainsi continuer à voir sa sœur tous les jours. Il épouse en 1926 Louise Godon (1902-1988)[2] surnommée Zette, fille « naturelle » de Lucie Godon (1882-1943) qui la fait passer pour sa sœur[5]. Lucie a encore trois sœurs, Jeanne (1886-1973), Berthe (1893-1984) qui se marie en 1925 avec le peintre Élie Lascaux, et Germaine (1896-1918). Daniel-Henry Kahnweiler vit avec Lucie Godon depuis 1904 et l'épouse en 1919. Michel Leiris devient ainsi le beau-fils du puissant marchand de tableaux, s'occupant notamment de Picasso, ami de Max Jacob, Georges Braque, Juan Gris, et théoricien du cubisme[6]. Chez les Kahnweiler, on rencontre régulièrement André Masson et ses amis, le critique d’art Maurice Raynal (1884-1954), Élie Lascaux, Suzanne Roger et son mari André Beaudin, le sculpteur Jacques Lipchitz, le musicien Erik Satie, le dramaturge Armand Salacrou et sa femme Lucienne, des écrivains et poètes Antonin Artaud, Charles-Albert Cingria (1883-1954), André Malraux et sa femme Clara. |
家族の背景 父方の祖父ジャック・ウジェーヌ・レイリス(1819-1893)は商業に従事し、1848年の6月の日に参加した[3]。 母のマリー=マドレーヌ(1865-1956)は敬虔なカトリック教徒で、ソルボンヌ大学に通い、英語も堪能だったが、公職には就いていなかった。 父ウジェーヌ・レイリス(1855-1921)は14歳から働いていた。ウジェーヌ・ルーセル(1833-1894)のもとで株式仲買人として働き、その 後、彼の後継者であるジャック・サージェントンのもとでサージェントンの証券出納係、そして彼の公認代理人として働いた。1910年頃に独立し、レイモ ン・ルーセル(ウジェーヌ・ルーセルの息子で、レイリが敬愛する作家)のビジネスマンとなった。1921年11月16日、ウジェーヌ・レイリスは前立腺の 手術の後、死去した。1921年6月末にサン=ブノワ=シュル=ロワールのベネディクト会修道院に隠棲していたマックス・ジャコブは、1921年11月 18日にミシェル・レイリスに弔電を送った。この手紙は、その後2年間に渡って(毎月2通ずつ)彼が送った手紙の最初のものであった。1921年11月か ら1923年12月までの52通を含む66通の手紙は出版されている[4]。 娘のマドレーヌを亡くしたウジェーヌとマリー・レイリスは、4人の子供を育てた。3人の息子、ジャック(1896-1982)、ピエール(1897- 1975)、その2人の息子フランソワとアンリは1944年11月に戦死し、ミシェルと、ミシェルの名付け親である姪のジュリエット(1888- 1992)である。ジュリエットはミシェルの姉であり、第二の母であり、その優れた記憶力のおかげで、ミシェルが幼少期の記憶の正確さを確認することがで きた人物である。ジュリエットは1910年6月2日にギュスターヴ・ジャネ(1883-1935)と結婚した。ミシェルが毎日妹に会えるように、夫妻はパ リに引っ越し、レイリス家の近くに住むようになった。 1926年、ミッシェルはリュス・ゴドン(1882-1943)の 「実の 」娘で、ゼットの愛称で親しまれたルイーズ・ゴドン(1902-1988)と結婚する[5]。リュシーには、ジャンヌ(1886-1973)、1925年 に画家のエリー・ラスコーと結婚したベルト(1893-1984)、ジェルメーヌ(1896-1918)という3人の姉妹がいた。ダニエル=ヘンリー・ カーンヴァイラーは1904年からリュス・ゴドンと同棲し、1919年に結婚した。ミシェル・レイリスはこうして、特にピカソを扱い、マックス・ジャコ ブ、ジョルジュ・ブラック、ファン・グリスの友人であり、キュビスムの理論家でもあった有力画商の義理の息子となった[6]。カーンヴァイラー夫妻は、ア ンドレ・マッソンとその友人たち、美術評論家のモーリス・レイナル(1884-1954)、エリー・ラスコー、シュザンヌ・ロジェとその夫アンドレ・ボー ダン、彫刻家のジャック・リプチッツ、音楽家のエリック・サティ、劇作家のアルマン・サラクルーとその妻リュシエンヌ、作家や詩人のアントナン・アル トー、シャルル=アルベール・シングリア(1883-1954)、アンドレ・マルローとその妻クララと定期的に会っていた。 |
| Études Les parents de Michel Leiris s’installent, en 1904, au 8 rue Michel-Ange dans un quartier d’Auteuil. De 1906 à 1909, Michel fréquente, jusqu’à la classe de neuvième incluse, l’école privée mixte de la rue Michel-Ange. Au mois d’octobre 1909, il entre au cours Kayser-Charavay, avenue Montespan, pour une année scolaire. En octobre 1910, il est en classe de septième, et l’année suivante en sixième, au cours Daguesseau, dirigée par l’abbé Llobet, rue Boileau. Puis, en octobre 1912, il intègre le lycée Janson-de-Sailly pour y suivre les cours de cinquième. En juillet 1914, Michel termine sa quatrième avec le deuxième prix de français et le premier prix de récitation. En juillet 1916, il obtient, à la fin de sa classe de seconde, les premiers prix de composition française et d’exercices latins, mais, pour raison disciplinaire, il doit quitter le lycée Janson-de-Sailly. Sa famille le protège des nouvelles concernant la Première Guerre mondiale. Au mois d’octobre 1916, il entre à l’école Vidal de la rue de Passy, pour y suivre la classe de première. Michel obtient en juillet 1917, la première partie du baccalauréat latin-langues, avec l’indulgence du jury. Il retourne, en octobre 1917, au cours Kayser-Charavay pour suivre sa classe de philosophie. Il échoue, en juillet 1918, à la deuxième partie du baccalauréat. L’été 1918, les Leiris s’installent au 2 rue Mignet dans le 16e arrondissement de Paris. Michel suit des cours de philosophie dans une école privée, l'« école Descartes ». Il repasse, le 28 octobre 1918, la deuxième partie du baccalauréat (philosophie) qu’il obtient « tant bien que mal » d'après ses dires. Il découvre le jazz, le whisky, les boîtes de Montmartre et des chanteuses noires américaines, comme Bricktop, venues s'installer à Paris après la guerre. |
研究 1904年、ミシェル・レイリスの両親はオートゥイユ地区のミシェル・アンジュ通り8番地に引っ越した。1906年から1909年まで、ミシェル・アン ジュ通りの混合公立学校に通い、9年生まで学んだ。 1909年10月、モンテスパン通りにあるカイザー・シャラヴェー高等学校に1年間通う。1910年10月、ボワロー通りにあるアッベ・ルロベが経営する クール・ダゲソーに第7学年、翌年第6学年として入学した。 そして1912年10月、リセ・ジャンソン・ド・サイルリー校に入学し、5年生となる。1914年7月、ミッシェルはフランス語で2等賞、暗唱で1等賞を 得て4年生を終えた。1916年7月、第2学年終了時、フランス語の作文とラテン語の練習問題で1等賞を獲得したが、懲戒処分のため、ジャンソン・ド・サ イルリー・リセを退学せざるを得なかった。彼の家族は、第一次世界大戦のニュースから彼を守った。 1916年10月、パッシー通りにあるヴィダル校に入学し、プルミエ・クラスを受ける。1917年7月、ミッシェルはラテン語のバカロレアの第一部に審査 員の寛大な許可を得て合格した。1917年10月、哲学を学ぶためにカイエ・シャラヴェ校に戻る。1918年7月、バカロレア2部に不合格となる。 1918年夏、レイリス一家はパリ16区のミニエ通り2番地に引っ越した。ミッシェルは公立のデカルト学校で哲学の授業を受けた。1918年10月28 日、バカロレア(哲学)の第二部を受験し、「少し苦労して」合格したという。ジャズ、ウィスキー、モンマルトルのクラブ、そして戦後パリに住むようになっ たブリックトップのようなアメリカの黒人歌手に出会った。 |
| De 1919 à la Seconde Guerre
mondiale En 1919, Michel Leiris, menant une vie de « bâton de chaise », essaie d'avoir un emploi stable. Après deux tentatives comme employé de commerce aux magasins Peter Robinson et chez le commissionnaire Max Rosambert, il abandonne très rapidement. Il débute en août une liaison de quatre ans avec celle qu'il appelle Daisy S. dans son Journal et, vingt ans plus tard, « Kay » dans L'Âge d'homme. Durant l’automne 1920, il prépare l’examen d’entrée à l’Institut de chimie. En février 1921 il fait la connaissance de Max Jacob, Maurice Ravel, Erik Satie, Georges Henri Rivière. Le 15 décembre 1921, Michel Leiris commence son service militaire au fort d'Aubervilliers, puis à l’Institut Pasteur, où il termine ses deux ans de conscription. En 1922, il rencontre au printemps Antonin Artaud chez Max Jacob et, en octobre, se lie d'amitié avec le peintre André Masson. Il devient alors l'un des piliers du groupe de la rue Blomet avec Masson, Georges Limbour, Artaud et Roland Tual[7]. Il habite encore chez sa mère, rue Mignet, dans le 16e arrondissement de Paris, et prépare, seulement pour la forme, un certificat de chimie. Le 15 décembre 1923, libéré du service militaire, il met fin à ses études de chimie. Il dira lui-même : « J’obéis à ma vocation — et renonçant aux vagues études que j’avais poursuivies jusqu’alors — je quittai le laboratoire où j’avais fini mon service […], décidé à consacrer toute mon activité à la littérature. » En mars 1924, il rencontre Marcel Jouhandeau, naît une amitié tourmentée qui prend fin en 1936[8]. Au mois d’octobre 1926, Michel Leiris est représentant en librairie, métier qui l’ennuie, mais lui laisse le temps d’écrire. Il adhère au syndicat CGT des V.R.P. (voyageurs représentants placiers). Marxiste, il est néanmoins sensible aux critiques de Souvarine à l'endroit du Parti communiste soviétique. À vingt-huit ans, il obtient son premier emploi stable ; le 3 juin 1929, il entre à Documents, revue fondée en 1929, par Georges Bataille, Georges Henri Rivière, Carl Einstein et financée par le marchand d’art Georges Wildenstein, comme secrétaire de rédaction, succédant au poète et romancier, Georges Limbour, et précédant l'ethnologue, Marcel Griaule, à son retour d’Éthiopie. Une rencontre décisive pour sa carrière d’ethnographe. De 1929 à 1935, il suit une psychanalyse sous la conduite d'Adrien Borel. Il ressent le besoin, pour la parachever, ou en constater l'échec, d'écrire une autobiographie : L'Âge d'Homme. Cette première œuvre est ensuite prolongée par les quatre tomes de La Règle du Jeu, rédigés de 1948 à 1976. Avec l’appui de Georges Henri Rivière, sous-directeur du musée d'Ethnographie du Trocadéro depuis 1929, Leiris est officiellement recruté, en janvier 1931, par Marcel Griaule en tant qu’homme de lettres et étudiant en ethnologie faisant fonction de secrétaire archiviste de la Mission ethnographique, la « Mission Dakar-Djibouti ». Bien qu'il n'ait pas de formation d'ethnologue, l'intérêt qu'il a montré au cours de sa collaboration à la revue Documents pour les relations entre les sciences sociales et le marxisme lui vaut d'avoir été choisi pour cette expédition, une place dans celle-ci, que Luis Buñuel a dédaignée[pas clair], restant disponible[9]. Michel Leiris tient le journal de bord de cette mission, mais qui est surtout son propre journal de route, publié sous le titre de L'Afrique fantôme, dont la tonalité est de plus en plus personnelle et intime. |
1919年から第二次世界大戦まで 1919年、ミシェル・レイリスは 「椅子取り 」の生活を送りながら、安定した仕事を見つけようとした。ピーター・ロビンソンの店で販売員として、また手数料商マックス・ロザンベールの店で2度働いた が、すぐにあきらめた。8月、『日記』ではデイジー・S、20年後の『L『Âge d』homme』では「ケイ」と呼んでいる女性との4年にわたる不倫関係が始まった。 1920年の秋、彼は化学研究所の入学試験の準備をした。1921年2月、マックス・ヤコブ、モーリス・ラヴェル、エリック・サティ、ジョルジュ・アン リ・リヴィエールに出会う。1921年12月15日、ミシェル・レイリスはオーベルヴィリエ要塞で兵役に就き、その後パスツール研究所で2年間の徴兵を終 えた。1922年春、マックス・ジャコブの家でアントナン・アルトーと出会い、10月には画家のアンドレ・マッソンと親しくなる。マッソン、ジョルジュ・ ランブール、アルトー、ロラン・トゥアルとともにブロメ通りのグループの柱の一人となる[7]。 彼はパリ16区のミニエ通りに母親と住み続け、化学の資格取得の準備をしたが、それは形式的なものに過ぎなかった。1923年12月15日、兵役から除隊 すると、化学の勉強を終えた。彼自身の言葉を借りれば、「私は自分の天職に従い、それまで続けてきた漠然とした学問をあきらめ、自分の活動のすべてを文学 に捧げようと決心して、兵役を終えた研究室を去った」のである。1924年3月、彼はマルセル・ジュアンドーと出会い、苦悩に満ちた友情が始まったが、そ れは1936年に終わった[8]。 1926年10月、ミシェル・レイリスは書店員になった。退屈な仕事であったが、執筆する時間はあった。彼はCGT V.R.P. (voyageurs représentants placiers)組合に加入した。マルクス主義者であったが、スヴァリーヌのソ連共産党批判には敏感であった。 1929年6月3日、ジョルジュ・バタイユ、ジョルジュ・アンリ・リヴィエール、カール・アインシュタインが1929年に創刊し、画商ジョルジュ・ヴィル デンシュタインが資金を提供した雑誌『ドキュメンツ』に、詩人で小説家のジョルジュ・ランブールの後任として、またエチオピアから帰国した民族学者のマル セル・グリオールの後任として、編集書記として加わった。この出会いは、彼の民族学者としてのキャリアにとって決定的なものとなった。 1929年から1935年にかけて、アドリアン・ボレルの指導のもと精神分析を受ける。自伝『L『Âge d』Homme』を書く必要性を感じた。この処女作に続き、1948年から1976年にかけて『ジュの法則』全4巻が執筆された。 1929年以来トロカデロ民族誌博物館の副館長であったジョルジュ・アンリ・リヴィエールの支援を受けて、1931年1月、ルリスはマルセル・グリオール によって、民族誌調査団「ダカール・ジブチ・ミッション」の書記兼記録係として正式に採用された。彼は民族学者としての訓練を受けていなかったが、雑誌 『Documents』での共同作業で社会科学とマルクス主義の関係に関心を示したため、ルイス・ブニュエルが軽蔑した探検隊に参加することになった[不 明]。ミシェル・レイリスはこのミッションの日誌をつけており、それは何よりも彼自身の旅日記であり、『L'Afrique fantôme』というタイトルで出版された。 |
![]() La falaise de Bandiagara, au Mali, dans le Pays Dogon, où la Mission Dakar-Djibouti s'est longuement arrêtée. La mission comprend, en 1931, six personnes : Marcel Griaule (chef de la mission), Marcel Larget, un naturaliste, chargé de l’intendance et second de la mission, Leiris, Éric Lutten (enquêtes sur les technologies et prises de vue cinématographiques), Jean Mouchet (études linguistiques) et Jean Moufle (enquêtes ethnographiques). Plus tard, André Schaeffner (musicologue), Abel Faivre (géographe et naturaliste), Deborah Lifchitz (1907-1943), linguiste, et Gaston-Louis Roux, recruté sur la recommandation de Leiris comme « peintre officiel de la Mission » chargé d’étudier et collecter des peintures éthiopiennes anciennes et d’en exécuter des copies. À ces personnes, il est essentiel d'ajouter Abba Jérôme Gabra Mussié, un grand lettré éthiopien qui sera à la fois l'interprète et l'informateur principal de Leiris à Gondar. De retour à Paris, Leiris a du mal à se réadapter à la vie parisienne. Il habite encore — avec sa femme — chez sa mère, rue Wilhem. Il se met à étudier l'ethnologie en suivant les cours de Marcel Mauss à l'Institut d'ethnologie, puis prend la responsabilité du Département d'Afrique noire du musée d'Ethnographie du Trocadéro (ancêtre du musée de l'Homme). Il fait un trait, comme Paul Nizan (dans Aden Arabie), sur le voyage comme mode d'évasion, en signant L'Afrique fantôme : monumental journal de voyage dans lequel il détourne les techniques d'enquête et de retranscription ethnographiques pour les appliquer à la description du quotidien et des conditions de travail de l'équipe de chercheurs. La publication de ce texte dans la collection « Les documents bleus » chez Gallimard en 1934 provoque la rupture avec Marcel Griaule qui craint que la révélation des méthodes brutales utilisées pour la collecte de certains objets sacrés ne porte atteinte à la réputation des ethnographes[10]. Leiris se donne comme mission d'obtenir les diplômes qui légitimeront ses activités. Son mémoire sur la langue secrète des Dogons présenté à l’École pratique des hautes études en sciences religieuses mais ajourné par Louis Massignon qui lui reproche de procéder par « explosions successives de pensée » et non par enchaînements discursifs, est soutenu en juin 1938. Entretemps, en janvier 1935, Leiris commence à suivre les cours sur les religions primitives de Maurice Leenhardt à l’EPHE et, à partir du mois de novembre, prépare une licence de lettres à la Sorbonne. En 1936, il obtient un certificat d’histoire des religions (option religions primitives), mention bien, et le 21 novembre de la même année, un certificat de sociologie. En juin 1937, il décroche un certificat d’ethnologie (options linguistique et Afrique Noire), mention bien, et le 21 d’octobre le diplôme d’amharique de l’École nationale des langues orientales vivantes, mention bien. De 1937 à 1939, il participe aux travaux du Collège de Sociologie, fondé par Georges Bataille et Roger Caillois, qui, entre autres, s'emploie à « appliquer » les thèses sur le sacré de Marcel Mauss et de Robert Hertz aux faits sociaux et politiques contemporains[11]. ![]() Le fronton du musée de l'Homme avec les stances de Paul Valéry. Au printemps de l’année 1938, désormais licencié ès lettres, Leiris est nommé directeur de service au Laboratoire d’ethnologie du Muséum national d'histoire naturelle (c'est-à-dire au musée de l'Homme), puis il entre comme chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) tout en demeurant affecté au musée de L'Homme. Il en reste salarié jusqu’à sa retraite, en 1971. |
![]() マリのドゴン国にあるバンディアガラの崖は、ダカール・ジブチ使節団が長期滞在した場所である。 1931年当時、ミッションは6人で構成されていた:マルセル・グリオール(ミッション長)、マルセル・ラーゲ(管理責任者でミッションの副官を務める博 物学者)、レイリス、エリック・ルッテン(技術調査と撮影)、ジャン・ムーシェ(言語学研究)、ジャン・ムーフル(民族誌調査)。その後、アンドレ・シェ フナー(音楽学者)、アベル・フェーヴル(地理学者、博物学者)、デボラ・リフチッツ(1907-1943)(言語学者)、ガストン=ルイ・ルーが、レイ リスの推薦で「ミッションの公式画家」として採用され、古代エチオピアの絵画の研究と収集、模写を担当した。この人たちに、ゴンダールでのレイリスの通訳 であり主要な情報提供者でもあった偉大なエチオピア学者、アッバ・ジェローム・ガブラ・ムシエを加えなければならない。 パリに戻ったレイリスは、パリの生活に再適応するのが難しかった。彼と妻はまだウィレム通りの母親と暮らしていた。 民族学研究所でマルセル・モースのもとで民族学を学び始め、トロカデロ民族学博物館(人間博物館の前身)で黒人アフリカ部門を担当した。 アデン・アラビアの)ポール・ニザンの足跡をたどり、逃避の手段としての旅に関心を向け、『L'Afrique fantôme』を執筆した。この記念碑的な旅日記では、民族誌的な調査と書き写しの技術を逆手にとって、調査チームの日常生活と労働条件の描写に応用し ている。この文章が1934年にガリマールの『Les documents bleus』コレクションに掲載されると、マルセル・グリオールとの間に軋轢が生じた。彼は、ある神聖なものを収集するために用いられた残忍な方法が明ら かになることで、民族誌学者の評判が落ちることを恐れていた[10]。 レイリは自分の活動を正統化する学位を取得することを自らに課した。ドゴン族の秘密言語に関する学位論文は宗教科学高等研究院に提出されたが、ルイ・マッ シニョンに却下され、マッシニョンはレイリの学位論文を論述的な順序ではなく「連続的な思考の爆発」によって進めていると批判した。一方、1935年1 月、レイリスはEPHEでモーリス・レーナルトによる原始宗教の講義を受け始め、11月にはソルボンヌ大学で文学の学位を取得する準備を始めた。 1936年、優秀な成績で宗教史(原始宗教のオプション)の資格を取得し、同年11月21日には社会学の資格を取得した。1937年6月、民族学(言語学 とブラックアフリカ)の修了証書を優等で取得し、10月21日、東洋生活言語国立学校(École nationale des langues orientales vivantes)のアムハラ語の卒業証書を優等で取得した。1937年から1939年にかけて、ジョルジュ・バタイユとロジェ・カイヨワによって設立さ れたコレージュ・ド・ソシオロジーの活動に参加し、とりわけマルセル・モースとロベール・ヘルツの聖典に関する論文を現代の社会的・政治的出来事に「適 用」することに努めた[11]。 ![]() ポール・ヴァレリーのスタンザが描かれた人間博物館のペディメント。 1938年春、文学部を卒業したレイリスは、国立自然史博物館(すなわち人間博物館)の民族学研究室の部長に任命された。 その後、人間博物館に籍を置きながら、国立科学研究センター(CNRS)に研究員として加わった。1971年に退職するまで同センターに勤務した。 |
| Pendant la Seconde Guerre
mondiale Au mois d’août 1940, le linguiste Boris Vildé (1908-1942), l’anthropologue Anatole Lewitsky (1901-1942) et la bibliothécaire Yvonne Oddon (1902-1982) créent le « secteur Vildé » du réseau de résistance dit Groupe du musée de l'Homme. Leiris entretient des rapports cordiaux avec le groupe, sans en faire partie, notamment pour préserver la sécurité et les intérêts de Kahnweiler – qui, comme juif, a dû quitter Paris et se réfugier dans le sud-ouest de la France – et de la galerie Simon (devenue galerie Louise Leiris en 1941[12]), mais Michel Leiris et son épouse abritent, sans aucune réserve, Deborah Lifchitz, juive d’origine polonaise, dans leur appartement de la rue Eugène-Poubelle. Cette collaboratrice de la Mission Dakar-Djibouti, amie et collègue de Denise Paulme au musée de L'Homme, meurt à Auschwitz après son arrestation par la police française, le 21 février 1942. Leiris dédiera à sa mémoire La Langue secrète des Dogons de Sanga au moment de sa publication en 1948. Durant la fin de la guerre, il organisera également dans son appartement le 19 mars 1944 la lecture de la première pièce de théâtre de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, regroupant une importante partie de l'intelligensia parisienne (Sartre, Beauvoir, Lacan, Reverdy…) sous la direction d'Albert Camus[13]. |
第二次世界大戦中 1940年8月、言語学者のボリス・ヴィルデ(1908-1942)、人類学者のアナトール・ルヴィツキー(1901-1942)、図書館司書のイヴォン ヌ・オドン(1902-1982)は、人間博物館グループとして知られるレジスタンス・ネットワークの「ヴィルデ・セクター」を創設した。 特に、ユダヤ人としてパリを離れフランス南西部に避難していたカーンヴァイラーとシモン画廊(1941年にルイーズ・レイリス画廊となる[12])の安全 と利益を守るためであったが、ミシェル・レイリス夫妻は、ポーランド出身のユダヤ人デボラ・リフチッツをウジェーヌ・プーベル通りのアパートに匿った。こ のダカール・ジブチ使節団の職員で、人間博物館のドゥニーズ・ポルメの友人であり同僚であったリフチッツは、1942年2月21日にフランス警察に逮捕さ れた後、アウシュビッツで死亡した。1948年に出版された『La Langue secrète des Dogons de Sanga』をレワは彼女の思い出に捧げた。 戦争末期の1944年3月19日には、アルベール・カミュ[13]の指揮のもと、ピカソの最初の戯曲『Le Désir attrapé par la queue』の朗読会を彼のアパートで開催し、パリの知識人たち(サルトル、ボーヴォワール、ラカン、ルヴェルディなど)が参加した。 |
| La Règle du jeu C'est au cours de ces années de guerre que prend forme La Règle du jeu, une vaste et méticuleuse entreprise autobiographique. Considéré comme l'un des plus grands prosateurs du xxe siècle (Georges Perec, Walter Benjamin, Claude Lévi-Strauss)[14], Leiris renouvelle totalement ce genre littéraire, le dégageant de la chronologie, disloquant celle-ci, et procédant par associations d'images, de mots et d'idées, et par analepses. En même temps qu'un travail de et sur la mémoire, c'est à une mise en abîme de l'écriture qu'il se livre alors : s'écrire, se décrire, se vivre en écrivant[15], une construction littéraire qui est aussi une conduite de vie dont le pivot est une unique « règle du jeu » morale et esthétique fondée sur le sacrifice de l'auteur et finalisée à la création « alchemique » d'un homme nouveau, d'un nouveau lien communautaire. De 1948 à 1976, quatre tomes sont publiés : Biffures[16], Fourbis, Fibrilles, Frêle Bruit où, à l'image des longues phrases à périodes et parenthèses qui les parsèment, se lit une sorte de mise en boucle de soi — de soi et de son rapport au monde, aux autres, au langage — qui n'est pas sans évoquer les Essais de Montaigne[17]. |
ゲームのルール 膨大で綿密な自伝的仕事である『ゲームの規則』が形になったのは、この戦争中のことだった。20世紀最大の散文作家(ジョルジュ・ペレック、ヴァルター・ ベンヤミン、クロード・レヴィ=ストロース)[14]の一人とされるレイリスは、この文学ジャンルを完全に刷新し、時系列から解放し、脱臼させ、イメー ジ、言葉、アイデアの連想とアナレプシスによって進行させた。自分自身を書くこと、自分自身を描写すること、書くことによって自分自身を生きること [15]、その枢軸は、作者の犠牲に基づいて、新しい人間、新しい共同体の絆の「錬金術的」創造を目指した、ひとつの道徳的、美学的な「ゲームのルール」 である。1948年から1976年にかけて、『Biffures』[16]、『Fourbis』、『Fibrilles』、『Frêle Bruit』の4巻が出版された。この本には、ピリオドや括弧で区切られた長い文章のイメージの中に、モンテーニュの『Essais』[17]を彷彿とさ せるような、自己のループ--自己と世界、他者、言語との関係--が読み取れる。 |
Après guerre![]() Michel Leiris en 1950. En octobre 1942, Leiris rencontre Sartre au Havre. Les deux écrivains se sont auparavant mutuellement lus et appréciés, Leiris subjugué par La Nausée et Sartre impressionné par L'Âge d'homme. Cette rencontre sera décisive pour la pensée et l'écriture de Leiris, au point qu'il réalisera une longue préface à L'Âge d'homme (« De la littérature considérée comme une tauromachie »), marquée par la thématique sartrienne de la « littérature engagée ». Après la Libération, il devient membre de l'équipe fondatrice de la revue Les Temps modernes dirigée par Sartre. Il participe également, avec Alioune Diop, Aimé Césaire dont il devient l'ami, et Georges Balandier, à la fondation de la revue Présence africaine en 1945. Il écrit également des nouvelles et de nombreux poèmes. Parallèlement, devenu ethnologue, et, à partir de 1943, chercheur du CNRS au musée de l'Homme, il exercera une grande influence sur une nouvelle génération d'ethnologues comme Georges Condominas, Georges Balandier, Paul Mercier ou Gilbert Rouget. En 1948, il apporte son soutien au sionisme et au Groupe Stern, qui « combat l’impérialisme anglais, non seulement en tant qu’ennemi du peuple juif, mais aussi en tant qu’oppresseur du peuple arabe. »[18] A Bordeaux en 1951, il est invité au procès des 16 de Basse-Pointe, coupeurs de canne martiniquais accusés du meurtre de leur administrateur béké. Il confie alors à la barre que c’est à la Martinique qu’il a vu « le spectacle de misère le plus effroyable de [son] existence »[19]. Le procès se conclut par l'acquittement de tous les accusés. En 1957, il est nommé Satrape du Collège de 'Pataphysique, et publie de nombreux textes dans la revue du Collège. À la suite d'un voyage en Chine encouragé par l'Association des amitiés franco-chinoises avec Jean-Paul Sartre, au lieu de publier l'attendu carnet enthousiaste sur son séjour dans le pays communiste, il tente en 1957 de se suicider, ce qu'il relatera dans le troisième tome de La Règle du jeu, Fibrilles. |
戦後![]() 1950年のミシェル・レイリス 1942年10月、レイリはル・アーヴルでサルトルと出会った。レワは『La Nausée』に魅了され、サルトルは『L『Âge d』homme』に感銘を受けた。 この出会いは、レイリスの思考と執筆にとって決定的なものとなり、レイリスは『人間の時代』への長い序文(「タウロマチとみなされる文学」)を書いた。解 放後は、サルトルが主宰する雑誌『レ・タン・モダン』の創刊チームの一員となる。1945年には、アリウネ・ディオップ、エメ・セゼール(セゼールと親交 があった)、ジョルジュ・バランディエとともに、雑誌『Présence africaine』の創刊に携わる。短編小説や多くの詩も書いた。 同時に民族学者となり、1943年からはフランス国立科学研究センター(CNRS)の人間博物館の研究員となり、ジョルジュ・コンドミナス、ジョルジュ・ バランディエ、ポール・メルシエ、ジルベール・ルジェら新世代の民族学者に大きな影響を与えた。 1948年、彼はシオニズムと「ユダヤ民族の敵としてだけでなく、アラブ民族の抑圧者としてもイギリス帝国主義と戦う」スターン・グループを支持した [18]。 1951年、ボルドーで、彼はマルティニーク出身の16人のバセ・ポワントのサトウキビ刈り職人がベケ人管理者を殺害した罪に問われた裁判に招待された。 彼は法廷で、マルティニークで「人生で最も悲惨な光景」を見たと語った[19]。裁判は被告全員の無罪で終わった。 1957年、彼はコレージュ・ド・パタフィジークのサトラペに任命され、コレージュの機関誌に多くの文章を発表した。 ジャン=ポール・サルトルとともにフランス日仏友好協会に奨励された中国への旅の後、共産主義国での滞在について期待された熱狂的なノートを出版する代わ りに、1957年に自殺未遂を起こし、そのことを後にLa Règle du jeuの第3巻『Fibrilles』で語っている。 |
| À partir des années 1960 En 1960, Michel Leiris participe à la fondation et à la direction des Cahiers d'études africaines publiés par l’École pratique des hautes études (VIe section). En juillet de la même année, prenant position contre le colonialisme, il est notamment un des premiers signataires du Manifeste des 121 - Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, et également membre du Mouvement de la paix, publié en septembre dans différents périodiques, qui furent saisis ; vingt-neuf des signataires, dont Leiris, furent inculpés de provocation à l’insoumission et à la désertion. Le 25 octobre 1960, année de l’accession à l’indépendance des colonies françaises d’Afrique noire et de Madagascar, une commission paritaire du CNRS se réunit en conseil de discipline pour examiner le cas des chercheurs signataires du « Manifeste des 121 ». Pour se défendre, Leiris affirme que sa vocation d’ethnologue le pousse à défendre les peuples qu’il étudie et dont il est « l’avocat désigné, celui qui plus que quiconque doit s’attacher à faire admettre leurs droits, sans excepter le droit de lutter à leur tour pour se constituer en nation. » Le 7 décembre, un blâme lui est infligé. En janvier 1961, quelques mois après la sanction concernant la signature du « Manifeste des 121 », il est promu maître de recherche au CNRS. Jean Rouch conseille à Leiris en 1967 de postuler au grade de directeur de recherche au CNRS (ce qui lui prolonge de trois ans sa carrière). Il est nommé directeur de recherche en janvier 1968. Il préside avec Simone de Beauvoir, l’association des amis du journal maoïste La Cause du peuple. Il s’associe au mouvement de mai 1968. En 1968, il rejoint André du Bouchet, Yves Bonnefoy, Paul Celan, Jacques Dupin et Louis-René des Forêts au comité de rédaction de la revue L'Éphémère, jusqu'au dernier numéro en 1972. Avec Robert Jaulin et Jean Malaurie, il assure durant l'année 1969 la critique des théories d’ethnologie dans le cadre de l’enseignement « critique » et « polémique » donné à la Sorbonne, parallèlement aux cours officiels d’ethnologie. Il laisse, en plus de son œuvre autobiographique, d'importantes études de critique esthétique et d'ethnologie. Il a notamment travaillé sur la croyance en la possession — le culte des génies « zar » — dans le nord de l'Éthiopie, l'analysant dans une perspective proche du thème sartrien de la mauvaise foi existentielle et des travaux d'Alfred Métraux, dont il était un ami proche, sur le culte vaudou en Haïti. En matière de critique d'art, Leiris est l’un des observateurs les plus aigus de son temps, et il s'est principalement intéressé à la peinture moderne figurative, consacrant des articles et des essais aux grands peintres « réalistes » du xxe siècle : Pablo Picasso, Wifredo Lam, André Masson, Alberto Giacometti ou Francis Bacon (dont on peut considérer qu’il fut le « découvreur »), avec qui il partagera une amitié dès 1966. En 1980, Leiris refuse le Grand prix national des Lettres. |
1960年代以降 1960年、ミシェル・レイリスはÉcole pratique des hautes études (VIe section)が発行する『Cahiers d'études africaines』の創設と編集に携わる。 同年7月、植民地主義に反対する立場から、アルジェリア戦争における不服従の権利に関する121年宣言の最初の署名者の一人であり、また、9月に様々な定 期刊行物で発表され、押収されたMouvement de la paixのメンバーでもあった。レイリを含む署名者のうち29人は、不服従と脱走の扇動罪で起訴された。 ブラックアフリカとマダガスカルのフランス植民地が独立した年である1960年10月25日、CNRSの合同委員会が懲罰委員会として開かれ、「121年 宣言」に署名した研究者たちの事件が審査された。弁護の中でレイリスは、民族学者としての自分の使命が、自分が研究してきた民族を守ることにつながったと 述べ、その民族のために自分は「任命された擁護者であり、誰よりも、国民を形成するために戦う権利を除外することなく、彼らの権利を認めさせるために努力 しなければならない者」であると述べた。12月7日、彼は譴責された。 1961年1月、「121宣言」に署名したことで制裁を受けた数ヵ月後、彼はCNRSの上級研究員に昇進した。 1967年、ジャン・ルーシュはレイリスにCNRSの研究局長に応募するよう勧めた(これにより彼のキャリアは3年延長された)。1968年1月、研究局 長に任命された。 シモーヌ・ド・ボーヴォワールとともに、毛沢東主義新聞『La Cause du peuple』の友人会の会長を務める。1968年5月運動に参加。 1968年、アンドレ・デュ・ブーシェ、イヴ・ボンヌフォワ、ポール・セラン、ジャック・デュパン、ルイ=ルネ・デ・フォーレらとともに『レフェメール』 誌の編集委員となり、1972年の最終号まで編集に携わる。 1969年には、ロベール・ジョーリン、ジャン・マロリーとともに、ソルボンヌ大学で公式の民族学講座と並行して行われた「批判的」「極論的」教育の一環 として、民族学理論を批判した。 自伝的著作に加え、美学批評と民族学の重要な研究を残した。特に、エチオピア北部の憑依信仰(精霊「ザール」信仰)について、サルトルの実存的悪信仰とい うテーマや、親交のあったアルフレッド・メトローのハイチのブードゥー教信仰に関する研究に近い視点から分析した。 美術批評家としてのレイリスは、同時代で最も鋭い観察者の一人であり、主に近代具象絵画に関心を寄せ、20世紀の偉大な「リアリズム」の画家たち、パブ ロ・ピカソ、ウィフレド・ラム、アンドレ・マッソン、アルベルト・ジャコメッティ、フランシス・ベーコン(彼は1966年以降、親交を深めていった。 1980年、レイリスは国民文学大賞を辞退した。 |
Dernières années![]() Tombe de Michel Leiris au cimetière du Père-Lachaise (division 97). En novembre 1984, Michel et Louise Leiris font don au musée national d'art moderne (Centre Pompidou-Paris) de leur collection de peintures et sculptures, plus de deux cent-cinquante œuvres (de Picasso, Bacon, Giacometti, Braque, Ernst, Gris, Masson, Klee, Miró, Vlaminck, Derain, etc.)[20]. Quelques mois plus tôt, son bureau au musée de l’Homme lui est supprimé[21], une mesure rapportée fin septembre par l’assemblée des professeurs du Muséum national d'histoire naturelle, après les protestations et pétitions du personnel du musée. Avec Jean Jamin, Leiris a fondé en 1986 au musée de l'Homme la revue d'histoire et d'archives de l'anthropologie Gradhiva, aujourd'hui publiée par le musée du Quai Branly, ainsi que la collection « Les cahiers de Gradhiva » publiée aux éditions Jean-Michel Place. Son dernier entretien est accordé à Bernard-Henri Lévy le 18 septembre 1989[22]. Hospitalisé à l’Hôpital américain de Neuilly (du 7 au 20 novembre 1989) à la suite d'une crise cardiaque, il décède le dimanche 30 septembre 1990, à 9 h 15 du matin, dans sa maison de campagne à Saint-Hilaire (Essonne). Il est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise le 4 octobre, et ses cendres sont placées dans le caveau (97e division) où reposent Lucie (née Godon, 1882-1945) et son mari Daniel-Henry Kahnweiler (1884-1979), Jeanne Godon (1886-1973) et Zette (Louise Alexandrine) Leiris (née Godon le 22 janvier 1902 à Paris, fille de Lucie, morte à la clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine le 24 septembre 1988). Leiris a légué ses biens à Amnesty International, à la Fédération internationale pour les droits humains, au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Sa bibliothèque, ses manuscrits littéraires et sa correspondance sont donnés à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, tandis que ses travaux et archives ethnographiques, ses documents politiques sont déposés à la bibliothèque du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Jean Jamin en est l'héritier littéraire. |
最後の年![]() ペール・ラシェーズ墓地にあるミシェル・レイリスの墓(97区画)。 1984年11月、ミシェルとルイーズ・レイリス夫妻は、250点以上の絵画と彫刻のコレクション(ピカソ、バカソン、ジャコメッティ、ブラック、エルン スト、グリ、マッソン、クレー、ミロ、ヴラマンク、ドランなど)をパリ国立近代美術館に寄贈した[20]。 その数カ月前、人間美術館での執務室が取り上げられた[21]。この措置は、9月末に国立自然史美術館の教授会議によって報告されたもので、美術館のス タッフからの抗議や陳情の後であった。 1986年、レイリスはジャン・ジャミンと共同で、ケ・ブランリー美術館が発行する人類学の歴史とアーカイブを紹介する『Gradhiva』を創刊し、 Editions Jean-Michel Placeが『Les cahiers de Gradhiva』を出版した。最後のインタビューは1989年9月18日のベルナール=アンリ・レヴィとのものであった[22]。 1989年11月7日から20日まで心臓発作のためヌイイのアメリカン病院に入院していたが、1990年9月30日(日)午前9時15分、サン・イレール (エソンヌ県)の自宅で死去。10月4日にペール・ラシェーズ墓地で荼毘に付され、遺灰はリュス(旧姓ゴドン、1882-1945)と夫ダニエル=アン リ・カーンヴァイラー(1884-1979)が埋葬されている丸天井(第97師団)に納められた、 ジャンヌ・ゴドン(1886-1973)とゼット(ルイーズ・アレクサンドリーヌ)・レイリス(1902年1月22日パリでゴドンとして生まれ、リュシー の娘、1988年9月24日ヌイイ=シュル=セーヌのハルトマン診療所で死去)。 遺品はアムネスティ・インターナショナル、国際人権連盟、人種差別撤廃運動(MRAP)に寄付された。彼の蔵書、文学原稿、書簡はジャック=ドゥーセ文学 図書館に寄贈され、民俗学的著作とアーカイブ、政治文書はコレージュ・ド・フランスの社会人類学研究所の図書館に寄贈された。ジャン・ジャミンが彼の文学 的後継者である。 |
| Œuvres Bon nombre de ces œuvres ont été traduites en allemand, anglais, italien, espagnol, portugais (Brésil), polonais, roumain, russe, japonais, chinois (mandarin), serbe. L'Âge d'homme a figuré au programme de l'agrégation de lettres en 2005. signature de Michel Leiris 1925 - Simulacre, avec 7 lithographies d'André Masson, Paris, Galerie Simon Henry Kahnweiler, 112 exemplaires numérotés, signés par l'auteur et l'illustrateur 1927 - Le Point cardinal, éditions du Sagitaire, Simon Kra 1934 - L'Afrique fantôme 1938 - Miroir de la tauromachie (essai) 1939 - L'Âge d'homme 1943 - Haut Mal (poèmes) 1946 - Aurora (roman) 1948 - Biffures (La Règle du jeu - I) 1948 - La Langue secrète des Dogons de Sanga (deuxième édition : 1992) 1951 - Race et Civilisation 1955 - Fourbis (La Règle du jeu - II) 1955 - Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe, J.-M. Tremblay, 2008 (ISBN 978-1-4123-6372-3, DOI 10.1522/030092220, lire en ligne [archive]) 1958 - La Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar (deuxième édition augmentée : 1980) 1961 - Nuits sans nuit et quelques jours sans jour 1964 - Grande fuite de neige 1964 - Miroir de la tauromachie, précédé de Tauromachies, G. L. M. impr. G. Lévis-Mano , illustré de André Masson, l'ouvrage est dédié à la mémoire de Colette Peignot 1966 - Fibrilles (La Règle du Jeu - III) 1966 - Brisées (recueil d'articles) 1967 - Afrique noire : la création plastique (en collaboration avec Jacqueline Delange) 1969 - Cinq études d'ethnologie 1969 - Mots sans Mémoire (recueil de textes poétiques) 1969 - Fissures 1971 - André Masson, "Massacres" et autres dessins 1974 - Francis Bacon ou la vérité criante 1976 - Frêle Bruit (La Règle du Jeu - IV) 1978 - Alberto Giacometti 1980 - Au verso des images 1981 - Le Ruban au cou d'Olympia 1985 - Langage, tangage, ou ce que les mots me disent 1987 - Francis Bacon 1987 - Roussel l'ingénu 1988 - À cor et à cri 1988 - À propos de Georges Bataille, Tours, Fourbis 1989 - Francis Bacon le hors-la-loi 1990 – Entre Augures (entretiens avec Jean Schuster) 1990 - Miroir de la tauromachie (éditions de luxe, avec quatre lithographies signées de Francis Bacon) 1991 - La Course de taureau (scénario et texte du commentaire du film de Pierre Braunberger - édition de Francis Marmande) 1991 - Pierres pour un Alberto Giacometti Œuvres posthumes, journal et correspondances Éditions de Jean Jamin 1992 - Zébrage (recueil d'articles - édition de Jean Jamin) 1992 - Journal 1922-1989 (édition de Jean Jamin, réédition 2021) 1992 - Operratiques (édition de Jean Jamin) 1992 - C'est-à-dire (édition posthume d'entretiens réalisés en 1986 et 1987 avec Jean Jamin et Sally Price) 1994 - Journal de Chine (édition de Jean Jamin) 1994 - L'Homme sans honneur. Notes pour le sacré dans la vie quotidienne (édition de Jean Jamin). Rééd. Paris : Allia, 2012, 114 p. 1998 - Roussel & Co. (édition de Jean Jamin & Annie Le Brun) Autres textes 1992 - Un génie sans piédestal (recueil de textes sur Picasso - édition de Marie-Laure Bernadac) 1992 - L'Évasion souterraine, illustré par Xavier (édition de Catherine Maubon) 1995 - Francis Bacon ou la brutalité du fait 1997 - Wifredo Lam (édition de Pierre Vilar) 2000 - Le Merveilleux (édition de Catherine Maubon) 2000 - Correspondance Leiris-Paulhan, 1926-1962 (éditions de Louis Yvert) 2001 - Max Jacob, Lettre à Michel Leiris (édition de Christine Van Rogger Andreucci) 2002 - Ondes, suivi de Images de marque 2002 - Correspondance André Castel-Michel Leiris, 1938-1958 (édition d'Annie Maïllis) 2004 - Échanges et correspondances, Bataille-Leiris (édition de Louis Yvert) 2004 - Francis Bacon, face et profil (réédition 2008) 2013 - Correspondance Jacques Baron-Michel Leiris, 1925-1973 2014 - Glossaire j'y serre mes gloses, suivi de Bagatelles végétales [23] 2015 - Cahier Dakar-Djibouti (avec Marcel Griaule, Gaston-Louis Roux, André Schaeffner, etc. - édition de Marianne Lemaire & Éric Jolly)[24]. |
著作 これらの著作の多くは、ドイツ語、英語、イタリア語、スペイン語、ポルトガル語(ブラジル)、ポーランド語、ルーマニア語、ロシア語、日本語、中国語(北 京語)、セルビア語に翻訳されている。 『L『Âge d』homme』は、2005年の文学教員資格試験の指定図書に選ばれた。 ミシェル・レイリスの署名 1925年 - 『シムラクル』、アンドレ・マッソンのリトグラフ7点付き、パリ、ギャラリー・シモン・アンリ・カーンヴァイラー、112部限定、著者および挿絵画家によ る署名入り 1927年 - 『ル・ポワン・カルディナル』、エディション・デュ・サジテール、シモン・クラ 1934年 - 『ラ・アフリク・ファントーム』 1938年 - 『闘牛の鏡』(エッセイ) 1939年 - 『人間の時代』 1943年 - 『大いなる病』(詩集) 1946年 - 『オーロラ』(小説) 1948年 - 『消去』(『ゲームのルール - I』) 1948年 - 『サンガのドゴン族の秘密の言語』(第2版:1992年) 1951年 - 『人種と文明』 1955年 - 『装備』(『ゲームのルール』第2部) 1955年 - 『マルティニークとグアドループにおける文明の接触』、J.-M. トレンブレイ、2008年 (ISBN 978-1-4123-6372-3, DOI 10.1522/030092220, オンラインで読む [アーカイブ]) 1958年 - ゴンダールのエチオピア人における憑依とその演劇的側面(増補第2版:1980年) 1961年 - 『夜なき夜、そして日なき数日間』 1964年 - 『大雪の逃走』 1964年 - 『闘牛の鏡』(『闘牛』を前置きとし、G. L. M. 刊、G. レヴィ=マノ印刷、アンドレ・マッソンによる挿絵、本書はコレット・ペニョの追悼に捧げられている) 1966年 - 『フィブリル』(『ゲームのルール』第3巻) 1966年 - 『ブリーズ』(随筆集) 1967年 - 『黒アフリカ:造形芸術』(ジャクリーヌ・デランジュとの共著) 1969年 - 『民族学研究5篇』 1969年 - 『記憶なき言葉』(詩集) 1969年 - 『亀裂』 1971年 - アンドレ・マッソン、『虐殺』およびその他の素描 1974年 - フランシス・ベーコン、あるいは叫びの真実 1976年 - 『かすかな音』(『ゲームのルール』第4巻) 1978年 - アルベルト・ジャコメッティ 1980年 - イメージの裏側 1981年 - オリンピアの首のリボン 1985年 - 言語、揺らぎ、あるいは言葉が私に語るもの 1987年 - フランシス・ベーコン 1987年 - 純真なルセル 1988年 - 大声で叫ぶ 1988年 - ジョルジュ・バタイユについて、トゥール、フルビ 1989年 - 無法者フランシス・ベーコン 1990年 – 予兆の間(ジャン・シュスターとの対談) 1990年 - 闘牛の鏡(豪華版、フランシス・ベーコンの署名入りリトグラフ4点付き) 1991 - 『闘牛』(ピエール・ブラウンベルガー監督の映画の脚本および解説文 - フランシス・マルマン編) 1991 - 『アルベルト・ジャコメッティへの石』 遺作、日記、書簡 ジャン・ジャマン編 1992 - 『ゼブラージュ』(随筆集 - ジャン・ジャマン編) 1992年 - 『日記 1922-1989』(ジャン・ジャマン編、2021年再版) 1992年 - 『オペラティーク』(ジャン・ジャマン編) 1992年 - 『つまり』(1986年および1987年にジャン・ジャマンおよびサリー・プライスとの対談を収録した遺作) 1994年 - 『中国日記』(ジャン・ジャマン編) 1994年 - 『名誉なき男。日常生活における神聖なものに関するノート』(ジャン・ジャマン編)。再版。パリ:アリア、2012年、114ページ。 1998年 - 『ルセル&カンパニー』(ジャン・ジャマン&アニー・ル・ブラン編) その他の著作 1992年 - 『台座なき天才』(ピカソに関するエッセイ集 - マリー=ローレ・ベルナダック編) 1992年 - 『地下の脱出』(イラスト:ザビエル - カトリーヌ・モーボン編) 1995年 - 『フランシス・ベーコン、あるいは事実の残虐性』 1997年 - 『ウィフレド・ラム』(ピエール・ヴィラール編) 2000年 - 『驚異』(カトリーヌ・モーボン編) 2000年 - 『レイリス=ポールハン書簡集、1926-1962』(ルイ・イヴェール編) 2001年 - マックス・ジャコブ、『ミシェル・レイリスへの手紙』(クリスティン・ヴァン・ロジェ・アンドレウッチ編) 2002年 - 『波』、続いて『印象のイメージ』 2002年 - アンドレ・カステル=ミシェル・レイリス書簡集、1938-1958年(アニー・マイリス編) 2004年 - 『交流と書簡集、バタイユ=レイリス』(ルイ・イヴェール編) 2004年 - フランシス・ベーコン、『正面と横顔』(2008年再版) 2013年 - 『ジャック・バロン=ミシェル・レイリス書簡集、1925-1973』 2014年 - 『用語集 ここに私の注釈を記す』、続いて『植物の些事』[23] 2015年 - 『ダカール・ジブチ・ノート』(マルセル・グリオール、ガストン=ルイ・ルー、アンドレ・シェフナーらと共著 - マリアンヌ・ルメール&エリック・ジョリー編)[24]。 |
| Recueils et éditions récentes
des œuvres Après la parution, sous la direction de Denis Hollier, de La Règle du jeu en 2003 dans la Bibliothèque de la Pléiade, la publication dans cette même collection et sous la même direction du deuxième volume des œuvres de Michel Leiris, comprenant L'Âge d'homme précédé de L'Afrique fantôme et de nombreux appendices, dont Miroir de la tauromachie, a été réalisée en novembre 2014. 1996 : Miroir de l'Afrique (recueil posthume illustré comprenant ses principaux écrits d'ethnologie africaine - édition de Jean Jamin) 2003 : La Règle du jeu (Bibliothèque de la Pléiade - édition de Denis Hollier) 2011 : Écrits sur l'art (recueil posthume de tous ses textes sur la peinture et la sculpture - édition de Pierre Vilar) 2014 : L'Âge d'homme précédé de L'Afrique fantôme (Bibliothèque de la Pléiade - édition de Denis Hollier) 2021 : Journal (1922-1989) (édition de Jean Jamin), nouvelle édition revue et augmentée, collection Quarto, Gallimard) |
作品集および近年の刊行物 2003年にデニス・オリエの編集により『ラ・ルール・デュ・ジュエ』が「プレアード叢書」から刊行された後、 同シリーズ・同編集によるミシェル・レイリスの作品集第2巻が2014年11月に刊行された。本書には『L『Âge d』homme』に加え、『L'Afrique fantôme』および『Miroir de la tauromachie』を含む多数の付録が収録されている。 1996年:『アフリカの鏡』(アフリカ民族学に関する主要な著作を収録した図版付き遺作集――ジャン・ジャマン編) 2003年:『ゲームのルール』(『プレアデ文庫』――デニス・オリエ編) 2011年:『芸術に関する論考』(絵画と彫刻に関する全テキストを収録した遺作集――ピエール・ヴィラール編) 2014年:『人間の時代』(『幻のアフリカ』を前置きとして収録――プレアデ文庫、デニス・オリエ編) 2021年:『日記(1922-1989)』(ジャン・ジャマン編)、改訂増補新版、カルト・コレクション、ガリマール) |
| Cahiers Leiris Les Éditions les Cahiers, spécialisées dans l'édition de cahiers d'auteur, ont publié trois numéros des Cahiers Leiris. Chaque numéro rassemble une pluralité inédite d’études, d’entretiens, de témoignages, d’hommages, de textes littéraires et de documents iconographiques. Les horizons divers de ses contributeurs offrent une lecture croisée de Michel Leiris et de son œuvre comme de leur héritage dans la réflexion et la création contemporaines. 2007 : Cahiers Leiris n°1[25] (450 pages) 2009 : Cahiers Leiris n°2[26] (368 pages) 2012 : Cahiers Leiris n°3[27] (272 pages) |
『Cahiers Leiris』 著者主導の叢書出版を専門とする出版社「Les Éditions les Cahiers」は、『Cahiers Leiris』を3号発行した。各号には、未発表の研究論文、インタビュー、証言、追悼文、文学作品、図版資料などが多角的に収録されている。寄稿者たち の多様な視点は、ミシェル・レイリスとその作品、そして現代の思索や創作におけるその遺産について、多角的な読み解きを提供している。 2007年:『カイエ・ルリス』第1号[25](450ページ) 2009年:『カイエ・ルリス』第2号[26](368ページ) 2012年:『カイエ・ルリス』第3号[27](272ページ) |
| Expositions et hommages Plusieurs périodiques français ou étrangers (Europe, Littérature, Critique, Il Verri, L'ire des vents, Le Magazine littéraire, Sub-stance, Sulfur, Modern Literay Notes, Konteksty) ont consacré des numéros spéciaux à Michel Leiris. Une grande exposition Leiris & Co : Picasso, Miró, Masson, Giacometti, Lam, Bacon..., à l'initiative de Laurent Le Bon, placée sous la direction de Agnès de la Beaumelle, Marie-Laure Bernadac et Denis Hollier, avec Jean Jamin comme conseiller scientifique, a été programmée au Centre Pompidou-Metz ; elle a eu lieu du 3 avril au 14 septembre 2015, et a été accompagnée d'un important catalogue de 400 pages et de 350 illustrations, dirigé par Agnès de la Beaumelle, Marie-Laure Bernadac et Denis Hollier, réunissant quarante-cinq contributeurs, et co-édité par le Centre Pompidou-Metz et les Éditions Gallimard. Après avoir connu une fréquentation sans précédent au centre Pompidou-Metz (plus de 200 000 visiteurs en cinq mois), cette exposition s'est clôturée par un colloque international consacré à la vie et l'œuvre de Leiris, organisé par Denis Hollier et Jean Jamin les 10 septembre (au musée du Quai Branly) et 11 septembre (au centre Pompidou-Metz). Les actes en ont été publiés, sous le titre Leiris unlimited, en mars 2017 aux Éditions du Centre national de la recherche scientifique (, Paris, CNRS Éditions). Le nouveau musée de l'Homme lui a rendu hommage l'après-midi du dimanche 20 mars 2016, lors de manifestations consacrées au "Printemps des poètes", par des lectures de poèmes ou d'extraits de ses écrits autobiographiques, dits par Bruno Raffaelli de la Comédie française. |
展覧会と追悼企画 フランス国内外の複数の雑誌(『Europe』、『Littérature』、『Critique』、『Il Verri』、『L'ire des vents』、『Le Magazine littéraire』、『Sub-stance』、『Sulfur』、『Modern Literary Notes』、『Konteksty』)が、ミシェル・レイリスに特集号を組んだ。 ローラン・ル・ボンの発案により、アグネス・ド・ラ・ボメル、マリー=ローレ・ベルナダック、デニス・オリエの監修、ジャン・ジャマンを科学顧問として迎 えた大規模な展覧会『Leiris & Co:ピカソ、ミロ、マッソン、ジャコメッティ、ラム、ベーコン…』がポンピドゥー・センター・メスで開催された。2015年4月3日から9月14日まで 開催され、アグネス・ド・ラ・ボメル、マリー=ローレ・ベルナダック、デニス・オリエが編集を担当し、45名の寄稿者を集めた400ページ・350点の図 版を収録した大規模なカタログが、ポンピドゥー・メッツ・センターとガリマール社によって共同出版された。ポンピドゥー・メス・センターでは過去最高の来 場者数(5ヶ月間で20万人以上)を記録した後、 本展は、ドニ・オリエとジャン・ジャマンが主催した、レイリスの生涯と作品に捧げられた国際シンポジウムをもって幕を閉じた。シンポジウムは9月10日 (ケ・ブランリ美術館)および9月11日(ポンピドゥー・メス)に開催された。その議事録は『Leiris unlimited』と題され、2017年3月にフランス国立科学研究センター出版局(パリ、CNRS Éditions)から刊行された。 2016年3月20日(日)の午後、新人類博物館は「詩人の春」をテーマとしたイベントの一環として、コメディ・フランセーズのブルーノ・ラファエリによ る詩や自伝的著作の朗読を通じて、彼に敬意を表した。 |
| Anecdote Max Jacob prévient Leiris en février 1923 qu’il avait utilisé ses lettres pour le caractère d’un personnage d’un roman en cours (paru en mars 1924), L’Homme de chair et l’homme reflet, où l’on peut lire : « Maxime [Lelong] croyait de son devoir d’être ingénieur-chimiste […]. Il se détestait, se regardait aux glaces pour se détester davantage, rageait contre ses vêtements pauvres […]. Il souffrait de tout sans se l’avouer ou en le criant trop pour qu’on le prît au sérieux. » |
逸話 マックス・ジャコブは1923年2月、レリスに対し、執筆中の小説(1924年3月刊行)『肉なる人間と映し出された人間』の登場人物の性格設定に、彼へ の手紙を参考にしたことを伝えている。その小説には次のように書かれている。「マキシム[レロン]は、化学技術者になることが自分の義務だと信じていた [……]。彼は自分自身を憎み、鏡に映った自分を見てさらに憎み、粗末な服に怒りをぶつけていた[……]。彼はあらゆることに苦しんでいたが、それを認め ることもなければ、真剣に受け止めてもらうために大声で叫ぶこともなかった。」 |
| Participation ouvrage collectif
militant Hervé Bazin, Marc Beigbeder, Jean-Marie Domenach, Francis Jeanson, Michel Leiris, Jacques Madaule, Marcel Mer, Jean Painlevé, Roger Pinto, Jacques Prévert, Roland de Pury, J.H. Roy, Vercors et Louis de Villefosse (préf. Jean-Paul Sartre), L'Affaire Henri Martin : Commentaire de Jean-Paul Sartre (Collectif), Paris, Gallimard, coll. « nrf / Hors série Connaissance », 29 octobre 1953, 296 p. (ISBN 2-07-024836-4, présentation en ligne [archive]). |
活動家による共著への寄稿 エルヴェ・バザン、マルク・ベイグベデル、ジャン=マリー・ドメナック、フランシス・ジャンソン、ミシェル・レイリス、ジャック・マドール、マルセル・メ ル、ジャン・パンレヴェ、ロジェ・ピント、ジャック・プレヴェール、ロラン・ド・ピュリ、J.H.ロイ、ヴェルコール、ルイ・ド・ヴィルフォス(序文: ジャン=ポール・サルトル)、『アンリ・マルタン事件』: ジャン=ポール・サルトルの解説(共著)、パリ、ガリマール、シリーズ「nrf / 特別版コンナイスサンス」、1953年10月29日、296ページ(ISBN 2-07-024836-4、オンライン版 [アーカイブ])。 |
| Bibliographie Aliette Armel, Michel Leiris, Paris, Fayard, 1997. [Biographie]. Nathalie Barberger, Le Réel de traviole (Artaud, Bataille, Leiris, Michaux et alii), Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2009. Agnès de la Beaumelle, Marie-Laure Bernadac & Denis Hollier (eds), Leiris & Co : Picasso, Masson, Miró, Giacometti, Lam, Bacon..., Metz/Paris, Centre Pompidou-Metz/Éditions Gallimard, 2015, 400 p., 350 ill. (catalogue de l'exposition du même nom présentée au Centre Pompidou-Metz, d'avril à septembre 2015). Bruno Blanckeman (éd.), Lectures de Leiris, L'Âge d'homme , Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004. Alain-Michel Boyer, Michel Leiris, Paris, Éditions universitaires, 1974. Robert Bréchon, L'Âge d'homme de Michel Leiris, Paris, Éditions L'Improviste, 2005, préface de Pierre Vilar. Claude Burgelin, Les mal nommés (Duras, Leiris, Calet, Bove, Perec, Gary et quelques autres), Paris, Seuil, 2012. Pierre Chappuis, Deux essais : Michel Leiris / André du Bouchet, Paris, Éditions José Corti, 2003. Gérard Cogez, Leiris l'indésirable, Nantes, Éditions Cécile Defaut, 2010. Collectif, Cahiers Leiris, Meurcourt, Éditions les Cahiers. Jean Frémon, Michel Leiris face à lui-même, Paris, Éditions L'Échoppe, 2011. Nicolas Grimaldi, Les Théorèmes du moi, Paris, Grasset, 2013. (en) Seán Hand, Alter Ego. The Critical Writings of Michel Leiris, Oxford, Legenda, 2004. Denis Hollier, Le Collège de sociologie, Paris, Gallimard, 1979 (2e édition revue et augmentée, Paris, Gallimard, 1995). Denis Hollier & Jean Jamin (eds.), Leiris unlimited, Paris, CNRS Éditions, 2017. Jean Jamin, Le Cercueil de Queequeg. Mission Dakar-Djibouti, mai 1931-février 1933, Paris, Les carnets de Bérose, fascicule 2, LAHIC/Ministère de la Culture, 2014. Philippe Lejeune, Lire Leiris. Autobiographie et langage, Paris, Éditions Klincksieck, 1975. Philippe Lejeune, Claude Leroy & Catherine Maubon (eds.), Michel Leiris ou De l'autobiographie considérée comme un art, Paris, Cahiers Ritm-Université Paris X, 2004. Francis Marmande (dir.), « Exigence de Bataille, présence de Leiris », Paris, Textuel, n° 30, Paris 7-Denis Diderot, 1996. Francis Marmande (dir.), Bataille-Leiris, l'intenable assentiment au monde, Actes du colloque tenu à Orléans en novembre 1997, Paris, Belin, 1999. Catherine Maubon, Michel Leiris en marge de l'autobiographie, Paris, Éditions José Corti, 1994. (de) Stephan Moebius, Die Zauberlehrlinge. Soziologiegeschichte des Collège de sociologie, Konstanz, 2006. Annie Pibarot, Michel Leiris, des premiers écrits à « L'Âge d'homme », Nîmes, Théétète Éditions, 2004. Guy Poitry, Michel Leiris, dualisme et totalité, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1995. Jean-Jacques Queloz, Pour une poétique de Michel Leiris. « À cor et à cri », du journal à l'œuvre, Paris, Honoré Champion, 1999. Roland H. Simon, Orphée médusé. Autobiographies de Michel Leiris, Paris, Éditions L'Âge d'homme, 1984. Louis Yvert, Bibliographie des écrits de Michel Leiris – 1924 à 1995, Paris, Éditions Jean-Michel Place, 1996. Collectif, Michel Leiris, pataphysicien, Spéculations n°5, revue du Collège de 'Pataphysique, septembre 2022. |
参考文献 アリエット・アルメル、ミシェル・レイリス、パリ、ファヤール、1997年。[伝記]。 ナタリー・バルベール、『歪んだ現実(アルトー、バタイユ、レイリス、ミショーほか)』、リール、プレス・ユニヴェルシテール・デュ・セプテントリオン、 2009年。 アニェス・ド・ラ・ボメル、マリー=ローレ・ベルナダック、デニス・オリエ(編)、『レイリス&カンパニー:ピカソ、マッソン、ミロ、ジャコメッティ、ラ ム、ベーコン…』、メス/パリ、ポンピドゥー・メス・センター/ガリマール社、2015年、400ページ、 図版350点(2015年4月から9月にかけてポンピドゥー・センター・メスで開催された同名展覧会のカタログ)。 ブルーノ・ブランケマン(編)、『レイリスの読解』、L『Âge d』homme、レンヌ、Presses universitaires de Rennes、2004年。 アラン=ミシェル・ボワイエ、『ミシェル・レイリス』、パリ、 大学出版局、1974年。 ロベール・ブレション、『ミシェル・レイリスの「L『Âge d』homme」』、パリ、エディション・リムプロヴィスト、2005年、ピエール・ヴィラールによる序文。 クロード・ビュルジェラン、『名付けられざる者たち(デュラス、レイリス、カレ、ボヴェ、ペレック、ゲイリー、その他数名)』、パリ、セイユ、2012 年。 ピエール・シャプイ、『二つのエッセイ:ミシェル・レイリス/アンドレ・デュ・ブーシェ』、パリ、エディション・ジョゼ・コルティ、2003年。 ジェラール・コジェ、『望まれない者レイリス』、ナント、エディション・セシル・デフォ、2010年。 編者集団、『カイエ・レイリス』、ムールクール、エディション・レ・カイエ。 ジャン・フレモン、『ミシェル・レイリス、自らと向き合う』、パリ、エディション・レショッペ、2011年。 ニコラ・グリマルディ、『自我の定理』、パリ、グラッセ、2013年。 (en) シェーン・ハンド、『アルター・エゴ。ミシェル・レイリスの批評文集』、オックスフォード、レジェンダ、2004年。 デニス・オリエ、『社会学学院』、パリ、ガリマール、1979年(改訂増補第2版、パリ、ガリマール、1995年)。 デニス・オリエ&ジャン・ジャマン(編)、『Leiris unlimited』、パリ、CNRSエディション、2017年。 ジャン・ジャマン、『クイークエグの棺。ダカール・ジブチ遠征、1931年5月~1933年2月』、パリ、レ・カルネ・ド・ベローズ、第2号、 LAHIC/文化省、2014年。 フィリップ・ルジュヌ、『レイリスを読む。自伝と言語』、パリ、エディション・クリンクシエック、1975年。 フィリップ・ルジュヌ、クロード・ルロワ、カトリーヌ・モーボン(編)、『ミシェル・レイリス、あるいは芸術として捉えた自伝』、パリ、カイエ・リトム= パリ第10大学、2004年。 フランシス・マルマンデ(編)、「バタイユの要求、レイリスの存在」、パリ、テクスチュエル、第30号、パリ7大学・ドニ・ディドロ、1996年。 フランシス・マルマンデ(編)、『バタイユ=レイリス、世界への耐え難い同意』、 1997年11月にオルレアンで開催されたシンポジウムの議事録、パリ、ベラン、1999年。 カトリーヌ・モーボン、『自伝の周縁におけるミシェル・レイリス』、パリ、エディション・ジョゼ・コルティ、1994年。 (de) ステファン・メビウス、『魔法使いの弟子たち。社会学学院の社会学史』、コンスタンツ、2006年。 アニー・ピバロ、『ミシェル・レイリス、初期の著作から「L『Âge d』homme」まで』、ニーム、テテテ・エディション、2004年。 ギ・ポワトリ、『ミシェル・レイリス、二元論と全体性』、トゥールーズ、プレス・ユニヴェルシテール・デュ・ミライ、1995年。 ジャン=ジャック・ケロズ、『ミシェル・レイリスの詩学に向けて。「À cor et à cri」――日記から作品へ』、パリ、オノレ・シャンピオン、1999年。 ロラン・H・シモン、『魅了されたオルフェ。ミシェル・レイリスの自伝』、パリ、エディション・ラージュ・ダム、1984年。 ルイ・イヴェール、『ミシェル・レイリスの著作目録――1924年から1995年』、パリ、エディション・ジャン=ミシェル・プラス、1996年。 編者不明、『ミシェル・レイリス、パタフィジシャン』、Spéculations第5号、パタフィジック・カレッジ誌、2022年9月。 フィルモグラフィー 『ミシェル・レイリス、あるいは名誉なき男』、クリストフ・バレールとジャン・ジャマン監督、ミシェル・ポータル音楽、パリ、レ・フィルム・ア・ルーおよ びアンテンヌ2、1996年、52分。 |
| Filmographie Michel Leiris ou l'homme sans honneur, film de Christophe Barreyre et Jean Jamin, musique de Michel Portal, Paris, Les Films à Lou et Antenne 2, 1996, 52 minutes. |
フィルモグラフィー 『ミシェル・レイリス、あるいは名誉なき男』、クリストフ・バレールとジャン・ジャマン監督、ミシェル・ポータル音楽、パリ、レ・フィルム・ア・ルーおよ びアンテンヌ2、1996年、52分。 |
| Surréalisme Ethnologie Mission Dakar-Djibouti Musée de l'Homme Autobiographie Laure (écrivain) Jean Jamin |
シュルレアリスム 民族学 ダカール・ジブチ遠征 人類博物館 自伝 ローレ(作家) ジャン・ジャマン |
| https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Leiris |
★ギャラリー

フランシス・ベーコン「闘牛鑑」 1990.
アンドレ・マッソン「闘牛鑑」
| Donc, le matador se tient debout, les pieds impeccablement joints, rivés par sa peur de déchoir au su du public en même temps que par les bandelettes qui enserrent sa cheville, masquées par le bas rosevomi et le clinquant des escarpins. Roideur d'homme seul, roideur d'épée. La muleta lentement déployée couvre de sa paupière la tige trop clairement évidente, jet jailli chimérique d'une prunelle d'acier. Le matador : un Damoclès qui a pris son destin par les cornes, son épée à pleine main. | そこで、マタドールは立ち尽くしている。両
足は完璧に揃えられ、観客の前で失態をさらすことへの恐怖と、足首を締め付ける包帯によって固く固定されている。その包帯は、嘔吐物のようなピンク色のス
トッキングと、きらびやかなハイヒールに隠されている。孤独な男の硬直、剣の硬直。ゆっくりと広げられたムレタは、あまりにもはっきりと目立つその刃をま
ぶたのように覆い隠し、鋼の瞳から噴き出す幻想的な光線を遮る。マタドール――それは、自らの運命を角で掴み、剣をしっかりと握りしめたダモクレスなの
だ。 |
| * Le torero face au toro, face à un miroir méchant. | |
| La cape évoque (appelle) et congédie (détourne) la bête comme l'offrande sacrificielle évoque et congédie le dieu. Drap gonflé, déchaînement méthodique des puissances. Il importe que l'homme soit suffisamment maître de soi pour que l'orage reste suspendu. | |
| * Toro et torero engrenés comme un jeu de bielles, luttant à qui fera tomber l'autre dans la fosse invisible qui est le pivot de l'arène. | |
| Le torero droit comme un cri. Tout près de lui, le souffie. Et tout autour, la rumeur. | |
| Le toro, cape aux cornes, secoue l'étoffe énorme, nuage coiffé d'un parapluie rouge retourné. | |
| Passes enchaînées comme les divers moments d'une fugue. Cape dont les replis, déplis et tournoiements miment les volutes de l'autel majeur à Saint Jacques de Compostelle (vaste manège de chevaux de bois, - ainsi l'arène) ; cape concave qui s'enfle en orgue de cathédrale, voltige par dessus l'échine et les cornes friables, s'humilie jusqu'à glaner au sol de brunes éclaboussures. Mère des souffies brûlants. | |
| Enveloppé du voile de la déesse, le torero foule l'aire de danger. Habillé de danger, voile qui le cerne et le protège. | |
| " Vieillesse, ô toi qui me torées ... " " Toutes les étoffes brillantes et creuses dont je joue ", si je parle en tant que lidiador. | |
| " Je perds mon crottin, gémissait le mourant. Jamais plus je ne serai cheval. Souvenir : robe alezane si lisse qui n'est plus que cilice ! " | |
| Estocade et estacade, estoc et étau, muleta et molette. Toro, le sépulcre du glaive. | |
| L'estoc - jusqu'à sa garde fleurie du matador - disparaît au sommet du garrot, comme la rose rouge qu'une fille au corsage serré se plante entre les seins. | |
| Au paroxysme du charme, dénouement brusque ce qui était charmé est cloué. La faena se fane. | |
| Pas de point de mire, mais la ligne d'homme qui rencontre la ligne animale, tangentiellement. La qualité technique,. plastique et émotive constitue l'X de cette rixe avec une nixe. | |
| * Les capes, robes arrachées aux Ménades ( qui hurlent nues ailleurs) et trempées dans du vin. | |
| * Une passe de poitrine : la lui mettre entre les seins. | |
| * Don Juan, quand il eut assez d'estoquer les sibylles fessues, prit le voile tauromachique ainsi qu'on entre dans les ordres - un voile pourpre, comme le rideau d'un théâtre quand se démasque la statue du commandeur. | |
| * A deux pas des molles babines, l'étoffe se cabre, l'épée luit. Latin d'église à grands coups d'us, d'is, et d'um. Terminaisons sonores, comme des rimes, ou comme la pose après la série de passes, en attendant le grondement de l'ovation. | |
| * Un châssis mû d'un mouvement de translation avec système de cames provoquant le retour le long d'un axe différent par rapport à un observateur mû d'un mouvement rotatoire ou circulaire. Comme il se doit, l'observateur est intégré à l'expérience : y entrant et en sortant alternativement, sa masse attirant puis déviant le châssis au moment où celui-ci va le heurter. Balancier écœurant de la vue en lutte avec l'espace, du JE avec le IL, du torero avec le toro. | |
| * Olés ! ondes s'irradiant autour du point de frôlement de l'homme et de la bête, comme les zones de douleur autour de la blessure du toro. | |
| * :Émergence de la cape : crête ou égosillement d'un coq, linge mis à sécher en haut d'une pyramide, couronne d'un volcan, triste grosse langue pendante d'un toro mal touché. Prestige des étoffes : les mouchoirs agités, les blouses des valets de guillotine, la fantastique carcasse sous la bâche, toiles d'emballage couvrant cageots de fruits trop mûrs et caisses de munitions sur un quai. | |
| * Dans le désert uni de P arène, après chaque caravane de passes, le taro retourne à l'oasis d'une carne éventrée (flaque fraîche reposant sous le palmier des côtes). Glacis de sucre et de groseille, miroitante friandise de la cape. | |
| * Hanche de plus en plus fine, brocart de plus en plus élimé, sous l'érosion de la corne. Toge sanglante de César étalée par Marc-Antoine, écharpe suavement mue à l'ogive de la dame au hennin, drap rouge à recueillir la manne . ou appâter la foudre, tendu par le stylite de ses propres vertèbres. | |
| * La muleta en main (mais qu'est-ce qu'un rectangle de chiffon?), les pieds collés (mais qu'est-ce que la symétrie de deux pieds?), l'épée brandie (mais qu'estce que l'horizontalité d'une épée?), les poings serrés (mais qu'est-ce qui bande le bois d'arc de deux poings?) il se cramponne au sol qui sous-tend le cercle enchanteur des ruines. | |
| D'un geste, il écarte sa cuadrilla pour rester seul devant le toro. D'un trait de plume, il biffe les idées fixés qui lui dérobaient le toro. Il ne s'agit plus alors, avant d'être biffé lui-même, que de biffer le toro. | |
| * " Faire la croix ", image du circuit mortel : d'une ondulation oblique de drapeau, la gauche dévie le choc en retour de la mort portée par la droite. L'épée s'engouffre au Sim plan du garrot, le leurre pare une fois de plus, mais la menace ne quitte pas pour si peu le front de Damoclès. A travers piques, mimiques, sourires complices et lancers de pensée, ce qui toujours paraît, c'est la " mise à mort ". | |
| * Tout se résume peut-être en un bout d'étoffe rouge cloué sur un mur blanchi à la chaux : haillpn de sang brûlant contre la prison des os. | |
| De même que Dieu - coïncidence des contraires, selon Nicolas de Cusel (c'est-à-dire : carrefour, intersection de traits, bifurcation de trajectoires, plaque tournante ou terrain vague où se rencontrent tous venants) - a pu être pataphysiquement défini comme étant « le point tangent de zéro et de l'infini »2 , il est, parmi les innombrables faits qui constituent notre univers, des sortes de nœuds ou points critiques que l'on pourrait géométriquement représenter comme les lieux où l'on se sent tangent au monde et à soi-même. | 神と同様に――ニコラ・ド・キュゼルによれば「相反するものの合致」
(すなわち:交差点、線の交点、軌道の分岐点、 あらゆる来訪者が集う中継点や荒れ地)――が「ゼロと無限の接点」2
としてパラフィジカルに定義されたように、我々の宇宙を構成する無数の事実の中には、世界や自分自身と接していると感じる場所として幾何学的に表すことの
できる、一種の結節点や臨界点が存在する。 |
| Certains sites, certains événements, certains objets, certaines c;:irconstances très rares nous donnent, en effet, le sentiment, lorsqu'il advient qu'ils se présentent devant nous ou que nous y soyons engagés, que leur fonction dans l'ordre général des choses est de nous mettre en contact avec ce qu'il y a au fond de nous de plus intime, en temps ordinaire de plus trouble sinon de plus impénétrablement caché. Il semblerait que de tels sites, événements, objets, circonstances aient le pouvoir d'amener pour un très court instant, à la surface platement uniforme par laquelle nous collons habituellement au monde, quelques-uns des éléments qui appartiennent le plus en propre à la vie de nos profondeurs, avant de les laisser - déclinant le long de l'autre branche de la courbe - retourner vers l'obscurité fangeuse d'où ils étaient montés. | ある場所、ある出来事、ある物、そしてごく稀な状況は、それらが私たち
の眼前に現れたり、私たちがその中に身を置いたりした際、物事の全体的な秩序におけるそれらの役割が、私たちの内面の最も親密な部分――普段は最も曖昧で
あり、あるいは不可解なほど隠されている部分――と私たちを結びつけることにあるのだという感覚を、確かに私たちに与えてくれる。どうやら、そうした場所
や
出来事、物、状況には、ごく短い瞬間だけ、私たちが普段世界と結びついている、平坦で均一な表面へと、私たちの深層の生活に最も固有な要素のいくつかを浮
き上がらせる力があるようだ。そして、それらは――曲線のもう一方の枝に沿って下りていくように――、元いた泥沼のような闇へと戻っていくのだ。 |
| Il n'est pas que l'activité passionnelle (ou, plus spécialement : génitale) qui connaisse pareilles tensions suivies de détentes, pareille succession de rapprochements et d'écarts, pareilles montagnes russes d'ascensions et de descentes. L'alternance des processus de sacralisation et de désacralisation inhérente à toutes les opérations proprement religieuses 3 , le rythme - ou façon dont sont mises bout à bout valeurs fortes et valeurs faibles - en matière esthétique, le plaisir pris dans les sports ou les jeux (notamment les jeux de hasard) participent à des degrés et à des titres divers de cette dynamique émouvante, qui veut que tout moment durant lequel nous nous sentons enfin comme comblés et en accord, vis-à-vis aussi bien de nousmêmes que de la nature ambiante, revête l'aspect d'une sorte de tangence, c'est-à-dire d'un bref paroxysme, qui ne dure pas plus qu'un éclair et doit sa fulgurance au fait d'être situé au carrefour d'une union et d'une séparation, d'une accumulation et d'une dépense, comme le Dieu de Nicolas de Cuse, absolu dans la seule mesure où il embrasse, en même temps qu'il s'y déchire, l'ensemble de toutes les lignes et de toutes leurs déviations. | |
| Entre les divers événements plus ou moins sciemment machinés pour répondre à un tel but, certains spectacles violents - tels que la tragédie, où tout gravite autour d'une crise qu'il s'agit de nouer et de dénouer - occupent une place éminente et, semblables à ces faits privilégiés qui nous donnent l'illusion qu'ils nous découvrent à nous-mêmes en vertu de quelque affinité ou de quelque secrète analogie, prennent, avec plus d'intensité peut-être que tous autres, l'allure d'expériences cruciales ou de révélations. | |
| Agents d'une sorte de chimie morale dont les réactions colorées mettraient au jour quelques-uns des remous confus qui s'agitent dans notre tréfonds, ces faits révélateurs deviennent de moins en moins fréquents à une époque telle que la nôtre, écrasée par la nécessité immédiate et engrenée de telle façon que l'homme y semble à chaque instant plus résigné à ce divorce avec lui-même que représente l'hypertrophie de la pensée logique ou, ce qui pis est, l'abandon à un étroit empirisme camouflé plus ou moins habilement sous l'étiquette de « réalisme ». | |
| Pour d'autres siècles et d'autres cultures, l'on observe des rites, des jeux, des fêtes servant de naturel exutoire aux mouvements de l'affectivité et grâce auxquels les hommes peuvent s'imaginer, au moins durant un temps, avoir signé un pacte avec le monde et s'être retrouvés avec eux-mêmes. Une purgation est ainsi à même de s'opérer, satisfaisant à ces poussées de fièvre sans qu'elles aient besoin, pour s'extérioriser, soit de prendre une voie explosive, soit d'emprunter un déguisement utilitaire ou rationnel funeste, par là même, à toute possibilité de juste action pratique et de raison. Mais de nos jours et dans nos civilisations, il n'est plus possible de trouver d'issue avouable pour ces remuements souterrains que de façon sporadique et fragmentaire, au hasard des occasions ou sous la forme édulcorée de créations artistiques qui ont cessé de plonger dans l'enthousiasme collectif des racines profondes. D'où un ennui, une impression de vie châtrée, tels qu'aux yeux de certains, les conjonctures même les plus catastrophiques peuvent apparaître désirables, parce qu'elles auraient du moins le pouvoir de mettre en jeu notre existence dans sa totalité. | |
| En cet état présent des choses (remarquable par une rare déficience pour tout ce qui concerne la festivité), une institution telle que la corrida - qui semble, à plus d'un égard, se dérouler suivant un schéma analogue à celui de la tragédie antique4 - acquiert un prix particulier, du fait qu'elle paraît bien être la seule, dans notre monde occidental moderne, qui soit capable de répondre aux exigences auxquelles on serait en droit d'attendre que satisfasse tout spectacle, tant dans le cadre de la vie réelle que devant le faux-semblant d'un décor ou sur le sol indubitable d'un terrain d'entraînement. | |
| Analysé sous l'angle des relations qu'il présente, notamment, avec l'activité érotique, l'art tauromachique revêtira, on peut le présumer, l'aspect d'un de ces faits révélateurs qui nous éclairent sur certaines parties obscures de nous-mêmes dans la mesure où ils agissent par une sorte de sympathie ou ressemblance, et dont la puissance émotive tient à ce qu'ils sont des miroirs qui recèlent, objectivée déjà et comme préfigurée, l'image même de notre émotion. | |
| Et d'abord, qu'est-ce que la « tauromachie »? En quoi la corrida espagnole s'avère-t-elle douée d'une dignité à laquelle ne saurait prétendre aucune des autres formes de jeux taurins courses portugaise, provençale, landaise - qui présentent, pour les hommes qui s'y livrent, des aléas sensiblement équivalents mais ne se terminent pas par une mise à mort? Comment, pour tout dire, la tauromachie est-elle autre chose, et plus, qu'un sport ?5 Si, d'une part, l'attrait de la corrida était lié tout entier au fait qu'on y voit des hommes - et plus spécialement celui à qui incombe la mission de tuer : le matador - effectuer en se pliant à une règle définie des évolutions périlleuses, l'on ne conçoit pas pourquoi elle éveillerait en nous des résonances plus profondes que n'en éveille tel sport ou exercice dangereux, tel le travail de l'acrobate ou le lancer effarant du bolide automobile sur la rigidité d'une piste de ciment. Il n'est pourtant que d'entendre le olé! - s'enflant en rumeur viscérale - d'une foule espagnole pour être persuadé que, dans toute corrida, il "passe une gravité dont aucune autre tentative osée de trompe-la-mort ne peut fournir l'équivalent, si grandiose qu'elle soit en elle-même et dans les détails de son exécution. Il est donc certain que ce qui, par rapport à toute espèce de tour physique réalisé suivant des règles et sous menace d'un accident sérieux, confère cette valeur singulière à la performance du torero, c'est son côté essentiellement « tragique » : toutes les actions accomplies sont des préparatifs techniques ou cérémoniels pour la mort publique du héros, qui n'est autre que ce demi-dieu bestial, le taureau. | |
| Mais si, d'autre part, le prestige de la corrida reposait sur l'unique fait qu'il y a tuerie (de chevaux par les taureaux et de taureaux par les hommes) et que cette tuerie se passe au grand jour, l'on ne conçoit pas en quoi elle se dîff érencierait de n'importe quel acte sadique opéré selon tel rituel ou telle mise en scène, en présence de tiers agissant comme voyeurs et faisant fonction de public. Il est cependant évident que, dans une corrida, la quantité de sang versé et la somme de souffrance endurée par les bêtes ne peuvent en aucune manière être prises pour mesure du plaisir des assistants. Il faut penser, par conséquent, que, si la tauromachie n'est pas un simple jeu ou exercice du corps, un certain effort de l'homme (habileté qu'il doit déployer, courage dont il est tenu de faire preuve) est pourtant tout à fait nécessaire et que dans la corrida il entre une forte dose de sport. Qu'aurait-elle en effet de plus, privée . de ses difficultés, que tels sévices sanglants infligés à un sujet consentant ou rendu inoffensif par quelque moyen adéquat? | |
| L'on se trouve donc induit à décider que la tauromachie comporte bien un élément sportif, mais qu'elle est quelque chose aussi de plus qu'un sport, en raison de ce caractère tragique qui lui est inhérent, - doublement tragique du fait qu'il y a mise à mort, et mise à mort avec risque immédiat pour la vie de l'officiant.• | |
| Dans la mesure où l'on peut dire que, symboliquement tout au moins, n'importe quelle activité esthétique valable possède, reflétée ou non dans l' œuvre, sa part de tragique (obligation, pour l'artiste vrai, d'être « authentique », c'est-à-dire de s'engager entier dans ce qu'il crée, avec l'idée qu'il y a pour lui ,nécessité vitale d'en finir, sans qu'intervienne aucune tricherie, - tel le matador qui porte l'estocade au bon endroit, poussant à fond et s'engageant entre les cornes), la tauromachie peut être regardée comme un sport augmenté d'un art dans lequel le tragique, en quelque sorte explicité, serait particulièrement saisissant. Le style adopté depuis quelques années par les professionnels de la tauromachie - celui que les puristes qualifient de « décadent », caractérisé par l'abondance en fioritures, attitudes plastiques, gestes à effet dénués d'efficacité technique, moyens purement spectaculaires de provoquer ce frisson sui generis que les spécialistes nomment l' emocion - serait bien fait pour inciter à accepter la notion d'une tauromachie dans laquelle prédominerait l'élément strictement esthétique. Des flots d'encre ont coulé, d'ailleurs, sur le « toreo esthétique » ; certains comptes rendus de courses sont à tel point poussés dans ce sens qu'on pourrait croire, les lisant, que leurs auteurs ont pris pour tâche de relater des exhibitions chorégraphiques. Il s'avère pourtant que, si la corrida est autre chose qu'un spectacle sportif, elle est également autre chose qu'un ballet, même exécuté dans des conditions dangereuses ( dansé sur un volcan), et qu'on doit chercher à la beauté qui lui est propre une base la différenciant absolument du pauvre étalage de ronds-de-jambe que sont la plupart de nos danses, depuis qu'elles ont perdu toute signification religieuse. | |
| Marquée au sceau du tragique, et soumise à des canons beaucoup plus rigoureux que toute espèce de sport, la tauromachie, certes, est un art. Tout se passe, d'une part, comme s'il s'agissait pour les acteurs humains d'égrener aussi rythmiquement que possible une série d'attitudes, de mouvoir harmonieusement les plis romantiques de la cape, de manier suavement la muleta - étoffe rouge qui est avec l'épée l'instrument de la mise à mort -, tout cela vêtus de l' étincelant « costume de lumières » ( qui situe le torero dans un monde séparé, comme le masque du tragédien ou la parure sacerdotale) et s'efforçant, grâce au jeu des étoffes, d'intégrer le taureau à leur danse ; d'autre part, comme si la tauromachie dans son ensemble était conçue pour servir d'exemple aux disciplines à proprement parler esthétiques : ordonnance même de la course, divisée en trois tercios dont chacun forme un tout en même temps qu'il participe à l'équilibre du drame entier ; économie des mouvements ; rôle du rythme, de l'aisance avec laquelle sont apportées aux problèmes techniques des « solutions élégantes » ; notions de sincérité, de justification de tous les actes, de leur nécessité eu égard au but poursuivi ; dominante de danger, tant pour le créateur (qui, à tout instant, doit risquer de se perdre) que pour l'œuvre (à chaque seconde compromise, et constamment faite et défaite). Qui plus est, c'est de notre conception même de la beauté que la tauromachie est capable de donner une image troublante, sorte d'incarnation, de transcription en actes de ses diverses composantes. L'on constatera toutefois, analysant cette figure tauromachique de la beauté - « beauté tauromachique », ainsi qu'on a parlé de « beauté convulsive »7 -, qu'elle pousse ses racines dans un terrain étranger au domaine strictement esthétique. De même, la course de taureaux proprement dite ne peut pas être regardée seulement comme une manifestation sportive ou artistique au sens étroit du terme, car il est aisé de montrer qu'elle est dominée par des éléments qu'aucun art, jamais, ne met en jeu de façon aussi brutale et aussi expresse. | |
| La description la plus révélatrice - ou, si l'on veut, la plus cruciale - qui ait été donnée d'un idéal poétique de beauté est celle qu'on trouve esquissée dans les journaux intimes de Baudelaire 8 , peinture d'un visage féminin dont la beauté « ardente et triste » est empreinte à la fois de volupté et d'amertume. Plutôt que d'une grossière beauté romantique de contrastes, il semble qu'il s'agisse ici (l'œuvre entier de Baudelaire tendrait à le prouver) d'une beauté classique idéale dans laquelle apparaît une faille, une fêlure, passage que s'est frayé le malheur qu'elle doit forcément recéler. Composition double du beau dont Baudelaire marque, ailleurs et sous une autre forme9 , la nécessité : présence indispensable, à côté d'un élément éternel et immuable, d'un élément circonstanciel aux métamorphoses incessantes, cette « modernité » qui empêche de tomber « dans le vide d'une beauté abstraite et indéfinissable, celle de l'unique femme avant le premier péché ». De l'une et l'autre de ces descriptions il ressort que, pour Baudelaire, aucune beauté ne serait possible sans qu'intervienne quelque chose d'accidentel (malheur, ou contingence de la modernité) qui tire le beau de sa stagnation glaciale, comme l'Un sans vie passe au Multiple concret au prix d'une dégradation. Ainsi, l'idée courante d'une beauté reposant sur un mélange statique de contraires se trouve implicitement dépassée : puisqu'il est nécessaire qu'elle contienne un élément jouant le rôle moteur de premier péché, ce qui constitue la beauté ce n'est pas la seule mise en contact d'éléments opposés, mais leur antagonisme même, la manière tout active dont l'un tend à faire irruption dans l'autre, à s'y marquer comme une blessure, une déprédation. Ne sera beau que ce qui suggère l'existence d'un ordre idéal, supra-terrestre, harmonieux, logique,mais qui possède en même temps - comme la tare d'un péché originel - la goutte de poison, le brin d'incohérence, le grain de sable qui fait dévier tout le système. Ou bien, inversement, ne sera beau que cette lie ou ce poison, pour peu qu'une goutte idéale l'illumine. Ainsi le beau, n'existant qu'en fonction de ce qui se détruit et de ce qui se régénère, se présentera tantôt comme un calme dévoré par la tempête en puissance, tantôt comme une frénésie qui s'ordonne et cherche à contenir sous un masque impassible son orage intérieur. Tout se passera, toujours, entre ces deux pôles agissant comme des forces vivantes : d'une part, l'élément droit de beauté immortelle, souveraine, plastique ; d'autre part, l'élément gauche, sinistre, situé du côté du malheur, de l'accident, du péché. Comme toutes les choses qui sont émouvantes dans la mesure où, traductions mythiques de notre structure intérieure, elles nous éclairent sur nous-mêmes en même temps qu'elles résolvent nos contradictions en un unique accord, le beau prendra théoriquement, plutôt que d'une conflagration, l'allure d'une lutte équivoque, d'un enlacement, ou mieux d'une tangence, accouplement de la ligne droite et de la ligne courbe, mariage de la règle et de son exception. Cependant, l'on verra que cette figure même de la tangence n'est qu'une limite idéale, pratiquement jamais atteinte, et que toute l'émotion esthétique - ou approximation de la beauté - se greffe finalement sur cette lacune qui représente l'élément sinistre sous sa forme la plus haute : inachèvement obligatoire, gouffre que nous cherchons vainement à combler, brèche ouverte à notre perdition. | |
| La course de taureaux, certes, offre un jeu violent de contrastes, analogue à celui sur lequel est centrée, selon l'une • de ses conceptions les plus communes, la beauté romantique. Ignominie des chevaux étripés, du taureau ruisselant de sang (bien qu'il s'agisse ici d'un s~ rwble, d'un sang de bête de caste, qu'on pourrait opposer au sang ignoble des chevaux, de même qu'il est permis de regarder comme radicalement différents, en matière de religions primitives, le sang sacrificiel et le sang menstruel) opposée au caractère fastueux du vêtement des acteurs ; parmi ceux-ci, opposition entre les picadores (sorte de manœuvres lourdement caparaçonnés, montés sur de lamentables rosses) et l'élégance des hommes à pied, en ce qui concerne au moins les matadores ; thème du combat de l'homme et de l'animal, de la primauté de l'intelligence sur la force brute ; notion de l'individu exceptionnellement doué - en l'occurrence, le matador - en butte aux ondoiements capricieux de la foule ; division de l'arène elle-même en deux parties inégalement éclairées par la lumière solaire : côté « ombre » et côté « soleil ». Toutefois, en complet parallélisme avec cette notion composite de la beauté en tant que lien tendu jusqu'à se rompre ou lave à peine refroidie, il est loisible de découvrir dans la course de taureaux une figure de l'union des contraires nettement distincte d'une simple association de contrastes. | |
| De tous les actes qu'accomplit le torero au cours de la corrida, le plus pathétique - hormis l'estocade finale - est sans doute la « passe », effectuée à l'aide de la cape ou de la muleta, avec la collaboration du taureau, que l'homme force, en quelque sorte~ à lui donner la réplique. Provoqué par l'éclat de l'étoffe, l'animal fonce ; se déplaçant le moins possible, l'homme esquive l'attaque èt les cornes, au lieu d'atteindre une cible de chair, ne trouvent que le leurre de drap. Pour que la passe soit vraiment réussie, il faut, entre autres conditions, qu'elle soit très « serrée » ( que la corne approche l'homme au point de presque le frôler) et que le taureau passe entier ( que toute sa masse, de la tête à la queue, passe devant l'homme avant que ce dernier ait repris position pour recevoir une nouvelle charge). Quasi infinie est, pratiquement, la variété des passes, différentes selon le but en vue duquel elles sont exécutées, la situation respective de l'homme et du taureau, la position de l'homme (qui peut être debout, agenouillé), la façon dont il manie le leurre, le mouvement qu'il imprime au taureau. Il reste cependant que, d'une manière générale, si grande que puisse être l'efficacité technique ou la qualité spectaculaire d'une passe de cape ou de muleta, l'élément capital - c'est-à-dire celui qui, au premier chef, détermine l' emocion - est le degré d'exposition de l'homme par rapport à la bête et la durée de cette exposition. | |
| Dans la passe tauromachique le torero, en somme, avec ses évolutions calculées, sa science, sa technique, représente la beauté géométrique surhumaine, l'archétype, l'idée platonicienne. Cette beauté tout idéale, intemporelle, comparable seulement à l'harmonie des astr_es, est en relation de contact, de frôlement, de menace constants avec la catastrophe du taureau, sorte de monstre ou de corps étranger, qui tend à se précipiter au mépris de toutes règles, comme un chien renversant les quilles d'un jeu bien aligné telles les idées platoniciennes. Il n'y aurait encore là que contraste, opposition, si la passe ne se présentait elle aussi comme une espèce de tangence, ou convergence immédiatement suivie d'une divergence (approche du torero par le taureau, puis séparation de l'homme et de la bête, à laquelle l'étoffe indique la « sortie » ), à cela près que le contact, à l'instant même où il va se produire, est évité de justesse, au moyen d'une déviation imposée à la trajectoire du taureau ou d'une esquive : léger écart de l'homme, simple torsion de son corps, sorte de gauchissement qu'il fait subir à sa beauté froidement géométrique, comme s'il n'avait d'autre moyen d'éviter le maléfice du taureau que de se l'incorporer en partie, par l'acte d'imprimer à sa personne quelque chose de légèrement sinistre, - jouant sur le mot : par l'acte littéral de se gauchir. | |
| L'on s'aperçoit, tout compte fait, que tout se passe comme s'il y avait géométrie, avec désobéissance, entorse constante à cette géométrie. Par rapport à l'harmonie que représente le torero avec sa plastique et sa technique codifiées, l'entorse, le mal est le taureau, qui matériellement met la vie de l'homme en danger et est l'irruption immédiate - palpable - de ce danger; par rapport à la logique de ce qu'on attend (c'est-à-dire l'éventrement de l'homme par la bête), c'est l'esquive qui représente l'entorse ou l'accident. Ainsi, suivant le côté dont on envisagera la chose, le matador fera figure d'ange tenté ( que son orgueil, son imprudence, fait s'exposer au mal et qui ose jouer avec lui comme un enfant avec le feu) ou de miraculeux rescapé (l'audacieux qui a fait fondre sur_ lui le malheur, puis, par chance et moyennant une infime déviation de son corps, l'a esquivé). D'une façon comme de l'autre, le matador joue le rôle d'une sorte d'lcare ou de Don Juan à qui sa force - ou son astuce - exceptionnelle permettrait seule d'échapper à l'écrasement final. Coloré par les flammes maléfiques auxquelles perpétuellement il s'expose, il est paré d'un reflet infernal qui le fait ressembler au Satan de Milton, - d'après Baudelaire, type achevé de la beauté virile. | |
| En ce qui concerne le mécanisme même de la passe, l'on constate que ce qui en fait la saveur, c'est d'abord ce minime décalage grâce auquel la tangence complète - qui serait nécessairement catastrophique - est évitée : tout concourt à donner l'idée de cette tangence mais tout reste, en fin de compte, légèrement en deçà. En deçà dont on apprécie d'autant mieux l'infinitésimalité que l'homme se meut avec lenteur, comme s'il se proposait- outre la sérénité du rythme - d'instiller une à une au cœur du spectateur les affres engendrées par la vue d'un accident filmé au ralenti ou le mouvement d'un paquebot qui tangue et roule avec une mollesse écœurante. Et de cet en deçà - de cet hiatus ou mince faille, dont une lèvre serait l' « en deçà » et l'autre lèvre l' « au delà » - naît la plus grande partie du plaisir, comparable à celui que procure la dissonance musicale, qui tire sa valeur émotive de l'existence d'une pareille marge, d'un pareil décalage lui conférant un caractère hybride, à mi-chemin de la norme géométrique et de sa destruction. | |
| Ce qui différencie la passe tauromachique de l'esquive simple, ou écart, telle qu'elle est pratiquée, par exemple, dans la course landaise, c'est non seulement le « temple » (lenteur rythmée de l'ensemble de la manœuvre) et le fait que la bête apparaît comme domptée, mais l'usage du leurre - cape ou muleta - pour appâter le taureau, ne lui abandonner qu'un substitut de l'homme après l'avoir trompeusement aguiché, de même que si l'on voulait illustrer le thème légendaire du diable dupé qui reçoit pour paiement, non sa proie d'âme, mais seulement l'ombre, vain simulacre de cette proie. | |
| Semblable suite de substitutions (remplacement de la cible humaine par un leurre d'étoffe, déplacement matériel de la cible tour à tour homme et cape ou muleta, écart de l'homme créant un vide que le taureau immédiatement remplit, ce qui nous donne une perception aiguë - et comme cuisante - de la réalité de l'espace), semblable jeu de cache-cache et déploiement de roueries se prolongera jusqu'à la fin de la course (lorsque sera substitué le taureau, victime animale, à l'homme qu'on aurait cru d'abord devoir être victime ; lorsque - la vie restant à l'homme et la mort, qui pendant quelques minutes plana sur le torero, étant rendue au taureau - le maléfice se trouvera retourné contre ce dernier). Et cette série de déplacements, changements d'axe, retournements de situation équivaudra à une sorte d'illusionnisme noble ou de prestidigitation que son enjeu - la vie humaine qu'il s'agit de sauver - hausse au niveau de vraie magie, d' eff ective transmutation. Tels le voile d'un escamoteur, les oripeaux d'un baladin que meut la seule vénalité, pend donc, aux mains du torero, le chiffon rouge de la muleta ou l'ampleur rose et jaune de la cape. Quelle que soit l'authenticité de son jeu, il s'y mêle une pointe de charlatanisme matérialisée par cette guenille éclatante ou ce long manteau aux plis louches ; et cette souillure aux apparences fastueuses, cette corruption introduite dans ce qu'on aurait pu croire n'être que pur courage ajoute à sa manière l'indispensable piment, la fêlure ou dégradation légère qui donne vie à la beauté. | |
| Il résulte de ceci que la tauromachie peut être prise pour exemple typique d'un art où la condition essentielle de beauté est un décalage, une déviation, une dissonance. Aucun plaisir esthétique ne serait donc possible sans qu'il y ait viol, transgression, dépassement, péché par rapport à un ordre idéal faisant fonction de règle ; toutefois, une licence absolue, comme un ordre absolu, ne saurait jamais être qu'une abstraction insipide et dépourvue de sens. De même que la mort sous-jacente donne couleur à la vie, le péché, la dissonance ( qui contient en germe, et suggère, une destruction possible) confère beauté à la règle, la sort de son état de norme figée pour en faire un pôle actif et magnétique dont on s'écarte ou vers lequel on tend. De même que le regret de l'innocence perdue donne goût et odeur au vice, l'ordre, la règle ( qui agit comme une force de compression) est aussi nécessaire à l' éclosion fulgurante de l'élément gauche que l'est un point d'appui à l'action d'un levier. Ainsi reparaissent de part et d'autre de l'imaginaire point de tangence (limite vers laquelle nous tendons mais que, comme le torero, finalement nous évitons, une· totale révélatîon - tangence complète au monde et à nous-même, fusion de tout notre être avec le tout - ne pouvant se produire qu'à l'instant de la mort) les deux branches ascendante et descendante de la courbe, image de ce continuel mouvement de bascule qui, lorsque nous le percevons clairement, nous frappe d'extase et de vertige parce qu'il est, sans doute, le symbole le plus adéquat de ce qu'est au vrai le tréfonds de notre vie passionnelle. | |
| Ainsi la tauromachie, plus qu'un sport, est un art tragique, où se trouve gauchie, par le soulèvement de forces dionysiaques, l'harmonie apollinienne 10 • La question qui se pose maintenant est la suivante : qu'est• ce que cette fêlure par laquelle se manifeste l'élément sombre? Qu'est-ce que cette crevasse d'où montent les effluves d'un délire panique ? | |
| Si, en matière d'art, la notion même de « beauté » recouvre, entre autres idées, celle d'un attrait sexuel s'exerçant sur un mode plus ou moins indirect 11, en matière sexuelle on retrouve l'art, même lorsqu'il ne s'agit pas à proprement parler d' « érotisme ». | |
| Stricto sensu, l'érotisme peut être, en effet, défini comme un « art de l'amour », une sorte d'esthétisation du simple amour charnel, qu'il s'agit d'organiser en une suite d'expériences cruciales. Mais, lato sensu, il se confond avec l'ensemble des « œuvres de la chair », au sens chrétien du terme ; et l'on peut même se demander si aucune excitation sexuelle serait jamais possible sans l'intervention d'un minimum d'érotisme, soit sous forme de l'idée de péché (conçu d'une manière romantique ou sous l'aspect inverse de \a grivoiserie), soit sous forme d'une idée de jeu, de luxe, de plaisir pris en dehors de toute considération d'utilité, c'est-àdire sous forme d'une idée à quelque degré esthétique. | |
| En analysant la manière dont joue cette idée de péché - au moins de jeu dans une certaine mesure coupable, en tant que somptuaire et gratuit - dans le domaine de l'érotisme (qui apparaît, en définitive, moins comme un aspect particulier de l'amour charnel que comme sa forme la plus condensée, la plus typique) l'on a quelque chance de trouver - si l'on parvient à déceler comment elle se rattache à une couche humaine aussi profonde - la racine de cette notion de fissure ou de déviation dont le rôle paraît être à tel point capital en matière esthétique. Ici encore, il semble que la passe tauromachique autant que la corrida en général, envisagées dans leurs analogies avec l'activité érotique, soient de nature à nous servir de fil d'Ariane. | |
| Il n'est pas besoin de solliciter beaucoup les faits, ni de les fondre au creuset d'une interprétation symbolique pour constater que la corrida tout entière baigne dans une atmosphère érotique. Ses détails même les plus extérieurs sont doués de cet attrait puissant et trouble, caractéristique de tout ce qui relève de l'amour et communément désigné, quand c'est une créature humaine qui en est le support, par le nom de sex-appeal. Prestige particulier du matador (personnage généralement don juanesque, ou du moins réputé tel ) ; son costume éclatant ( comparable à la phosphorescence des vers luisants ou au plumage des oiseaux) ; caractère chorégraphique d'une grande partie de son travail ( dans lequel la grâce, la façon dont il meut, étire ou incurve son corps est un élément de premier plan). Figure essentiellement phallique du taureau (dont certains amateurs tiennent à honneur, après la course, de consommer les génitoires ). Proximité de l'homme et de l'animal - unis en une sorte de danse étroite - dans la série de passes ; rythme de va-et-vient (suite de rapprochements et d'éloignements alternés, comme les mouvements du coït)12 . Conclusion de toute cette parade amoureuse par cette espèce d'intromission qu'est l'estocade finale ( dans laquelle il est souhaitable que, suivant l'expression consacrée, l'épée soit enfoncée dans la plaie « jusqu'à mouiller les doigts » ). | |
| Du côté du public - ce troisième partenaire aussi indispensable que le sont des spectateurs, neutres ou non, à une vraie orgie - exhalation du olé! qui accompagne la passe (cri, non de la bouche, mais de la chair entière, semblable à celui d'une femme en proie aux affres de la jouissance). Tout à fait au dehors, raccrochage flamboyant des affiches (sur lesquelles il suffit d'un peu de rouge et de mots tels que Toros en Cadiz pour qu'on se sente happé comme par une suite de lettres lumineuses lues au fronton d'un mauvais lieu). | |
| Si toute la corrida et ses entours exhalent une odeur érotique (à tel point que, pour l'aficionado, aller à une corrida c'est un peu comme aller à un rendez-vous : même impatience, même anxiété quant à la manière dont la chose se déroulera - tout y est si imprévisible : la façon dont les taureaux se comporteront, ce que feront les matadores, qui tous, y compris les plus grands, ont leurs heures de panique ou de déveine - ; lorsqu'on sort d'une mauvaise corrida, même sentiment de chose sale et décevante que celui laissé par une orgie manquée), s'il n'est pas besoin d'être grand psychologue pour percevoir qu'elle répond aux désirs d' agression connus comme si intimement liés à toute la vie sexuelle, c'est encore dans la passe 13 que le rapport apparaîtra le plus flagrant. | |
| Dans la passe tauromachique aussi bien que dans le coït, il y a cette montée vers la plénitude (approche du taureau) puis le paroxysme (le taureau s'engouffrant dans la cape en frôlant de sa corne le ventre de l'homme aux pieds rivés) ; enfin la séparation des deux acteurs, la divergence après l'intime contact, la chute, le déchirement. Lorsque, le taureau répondant bien et l'homme sachant le travailler, l'un et l'autre s'engagent dans le mouvant labyrinthe de la série de passes liées (au cours de laquelle les deux adversaires, ne se quittant que pour à l'instant se reprendre, apparaissent peu à peu enrobés l'un dans l'autre), un vertige se crée, qui rappelle de très près le vertige érotique. Comme dans l'acte amoureux avant la crise finale, l'on reste suspendu, dans l'angoisse que cela cesse, l'extase émerveillée que cela néanmoins continue. La répétition, de même que dans les gestes du coït, multiplie à chaque fois l'ivresse : l'on est, à chaque instant, un peu plus ivre de sentir que le plaisir a pu monter plus haut alors qu'à la seconde d'avant l'on se croyait comblé. Comme dans le vertige matériel - qui peut être angoissant, ou délicieux ainsi que dans les rêves de vol - il y a le sentiment de l'en danger : une telle suite d'accidents provoqués et évités de justesse ne saurait longtemps se prolonger... Pourtant, le pronostic pessimiste est déjoué : l'homme vit encore et ce taureau, toujours, est autour de lui, qui l'enrobe. Brusquement, le sortilège se dénoue : après tant de caresses de plus en plus lancinantes, les deux partenaires se séparent, maintenant étrangers l'un à l'autre. C'est alors que l'ovation du public éclate et couronne le tout, telle la détente de la jouissance ; et sans doute serait-on fondé à parler, au sens admis autant qu'au sens le plus trivial du mot, de l'ovation comme d'une « décharge », - baisse du potentiel nerveux, pareille à une tombée de fièvre, en même temps qu'éjaculation qui a pour sperme les bravos. | |
| De même qu'en tauromachie le caractère prestigieux de la passe tient à cette quasi-tangence, à ce quasicontact de l'homme avec le danger extérieur condensé dans les cornes, en ce qui concerne l'étreinte amoureuse elle tire sa valeur bouleversante du fait qu'elle est le moyen par lequel un sujet pensant peut croire, durant un court laps tout au moins, s'unir matériellement au monde, résumé en un seul être vivant. Si, dans la tauromachie, ce monde lui-même représente un danger immédiat - d'où impossibilité, sous peine de mort, d'une fusion complète -, l'on retrouve, dans l'amour, pareille impossibilité ; car la communion totale de deux êtres ne pourrait s'effectuer que dans la mort, si l'un et l'autre s'anéantissaient à la seconde précise du paroxysme, avant d'avoir le temps de se déprendre, de redescendre lentement la pente en laquelle se convertit la côte si prodigieusement abrupte que tous deux, l'instant d'avant, avaient gravie. Cette incapacité de communion ailleurs que dans une fusion mortelle équivaut à la prés~nce d'une faille, d'une marge d'en deçà entre la courbe qui mènerait au point de tangence idéale et la courbe légèrement déviée que suivent les amants humains. Elle manifeste une première forme de fêlure, qui suffi.rait à elle seule pour que, de. la plénitude de l'amour on passe au déchirement, reconnaissant sa déficience puisque, comblé, l'on est pourtant toujours vivant et qu'il n'y a plus maintenant qu'à regarder l'objet aimé comme un objet, après l'identité éblouissante. | |
| S'il est exact de dire que l'infini vient constamment ronger et dégrader les constructions en lesquelles nous étions tentés, peut-être, de placer le plus d'espoir, plutôt que d'un infiniment grand (battant comme un flot, . et fluvialement barbu tel celui des théologiens), c'est d'un infiniment petit qu'il est permis de parler : goutte d'eau qui manquera toujours (soit à cause de notre crainte, d'une réticence du dernier moment ; soit à cause de notre lucidité même, qui prend mesure des choses et introduit cette marge de recul) pour que déborde le vase, grain qui fera toujours défaut à nos monceaux de sable, nombre ultime qu'on pourra toujours ajouter à la série, écart ténu créant un infranchissable abîme entre ces deux termes : l' « en deçà » et l' « au delà ». | |
| Encore plus qu'à une véhémente intromission concluant une mixture de coups, de jeu de griffes et de caresses, l'estocade qui vient mettre un point final à l'ensemble de la corrida est ce qui répondrait à cette envie de tuer - plus simplement : de faire du mal ou d'activement haïr - dirigée vers le partenaire ou retournée contre soi, qui survient si souvent durant la phase de dégoût succédant à l'acte d'amour. Outre qu'il est l'expression retardée de cette poussée d'agression en liaison immédiate avec le prurit sexuel, ce désir malfaisant manifeste la déception, le sentiment de s'être laissé duper qu'on éprouve connaissance prise de la fêlure, de la marge d'impossibilité. Une telle faillite de l'amour - qui emprunte aisément une allure d'avalanche, l'impossibilité d'une fusion complète et le revirement produit par la découverte de cette faille s'ajoutant l'un à l'autre et faisant boule de neige - n'a de chance d'être limitée que par le processus automatique de transformation du mouvement haineux en son contraire. De même qu'on est passé du sentiment de plénitude à la désillusion, le vide ainsi produit, la perception d'un manque et tout ce qu'une telle lésion implique d'insupportable ne peut que provoquer une nouvelle aspiration déchirante. Ainsi, c'est notre perception de son insuffisance qui a défait l'amour mais notre désespoir même qui le fait resurgir, de sorte que, si toute plénitude apparaît nécessairement grosse d'un déchirement (tels : un fruit mûr qui se fend ; les jeux d'enfance auxquels on se donne tellement que cela finit presque toujours par des larmes, des crêpages de chignon et des cris ; l'ivresse qui se termine dans le fracas des verres brisés ; la détresse infinie dans laquelle on s'abîme presque infailliblement quand on vient d'obtenir ce que l'on désirait), tout déchirement sentimental prendra réciproquement figure de route ouverte, de prix payé pour un nouveau départ et d'appel d'air, en même temps que, mesure de notre vide - c'est-à-dire de notre infini -, il apparaîtra comme une révélation. | |
| De même que toute création artistique doit nécessairement spéculer sur l'existence de cette fêlure qui marque l'intrusion du malheur dans la beauté parfaite, l'art de l'amour ou « érotisme » consiste à introduire volontairement dans l'activité sexuelle un élément gauche, jouant comme une dissonance, un décalage et servant de ressort premier à l'émotion. Une telle attitude passionnelle - où rien ne saurait être admis comme charnellement exaltant qui ne soit par avance ambigu, situé au point d'intersection de la droite et de la gauche, au lieu même où se déclare l'insuffisance et se déclenche le revirement - est en liaison directe avec l'ironie romantique, basée elle aussi sur la perception claire d'une limite et d'une insuffisance, déchirement aussitôt surmonté et transformé en source de nouvelle exaltation, tel un mur contre lequel la balle rebondit ou tel le mouvement imprévu du taureau dont l'homme, se faisant un tremplin de ce nouveau danger, profite pour une manœuvre d'une paradoxale suavité qui fait éclater les bravos. | |
| Si l'érotisme, la débauche comportent dans leur essence même une intention de dévier, ou de transgresser (au moins : d'agir avec excès, avec faste, en outrepassant), l'on retrouve dans l'acte d'amour, aussi simplement qu'il soit accompli, la trace originelle de ce péché, de cette rupture avec les cadres établis, ne serait-ce que parce qu'il représente au moins une plongée vers la pure nudité asociale. | |
| Ce qui différencie essentiellement l'érotisme d'autres activités dont le corps humain (quasi-nu, et comme symboliquement dépouillé) est le centre - telles les actions qui se rattachent aux sports dits « athlétiques » - c'est la présence de cet élément gauche dont la jonction avec le droit fait éclater - brûlure de l'ultime transe - le sentiment du sacré (c'est-à-dire : de quelque chose de mis à part ou de « taboué », en position d'apex vertigineux du fait d'être à la fois au-dessus et au ban du commun, hors-de-pair et hors-la-loi, prestigieux et rejeté), étincelle qui marquerait soudain l'union stridente des deux natures - gauche et droite - au moment où l'on n'est plus séparé de la tangence que par un infinitésimal hiatus. | |
| Quels que soient les risques et les difficultés qu'il implique, aucun sport ne franchira la limite qui sépare le profane du sacré, faute d'être conçu, dans son essence, comme une perdition ou comme un défi jeté à cette perdition. Dans un sport, tout est sain, tout est droit ; la déviation n'y apparaît que sous la forme basse de la tricherie, le gauche que sous l'aspect rudimentaire d'un aléa purement physique, inconvénient bravé plutôt que base et condition. Jamais boxeur (quelle que soit l'âpreté de son combat et quelle que soit la beauté formelle de son geste) ne verra son front cerné par un nimbe orageux en place de l'académique couronne de laurier. Jamais nageur (si marié soit-il avec le monde résumé par l'onde dans laquelle il se déplace, si imminent soit le danger auquel sa science permet qu'il échappe) n'approchera le point crucial d'aussi près que l'approchent le torero, le poète ou l'amant, dont toute l'action se fonde sur l'infime mais tragique fêlure par laquelle se trahit ce qu'il y a d'inachevé (littéralement : d'infini) dans notre condition. Seul l'acrobate - et particulièrement l'acrobate aérien, qui se meut au sein même du vide et dont le corps apparaît comme abstrait de son environnement, au moins n'y tenant qu'à un fil - éveille parfois ce vertige sacré, dans la mesure où son travail se présente comme une succession de réussites surnaturelles courant parallèlement à une suite de défis. | |
| Ainsi, c'est un aspect proprement religieux que revêt finalement cette faille, - signe d'une lésion, d'un manque, talon d'Achille ou défaut de cuirasse, gerçure de misère qui consacre la peau nue en lui donnant sa pleine réalité. | |
| De la tauromachie, qui nous • offrait l'exemple d'un art tragique où tout repose sur un gauchissement et sur la possibilité matérielle d'une blessure, nous sommes venus à l'érotisme, où tout se passe au cœur m~me d'une semblable blessure, si tant est que nulle part avec autant d'éclat que dans l'acte d'amour ne se manifeste le rôle capital d'une certaine plénitude déchirante. Du jeu pur des contrastes conçu sous la forme active de leur irruption - ou précipitation - l'un dans l'autre nous sommes passés, par ailleurs, à une notion d'ambiguïté, puis à l'idée du sacré comme expression par excellence de ce point fulgurant où le droit coïncide avec le gauche. Il reste à préciser comment joue cette idée de sacré, puis à montrer que le ressort central de tout cela est cet état de malheur reconnu par Baudelaire, comme une condition fondamentale de la beauté. | |
| Si tout, en art, n'est qu'interaction de contrastes (beauté géométrique et déviation, valeurs fortes et valeurs faibles, tensions suivies de détentes), la tauromachie, comme l'érotisme, obéit aux lois d'un même mouvement. | |
| La corrida tout entière, tel un sacrifice, tend vers son paroxysme : la mise à mort, après laquelle seulement peut se produire la détente, comme après la possession de l'objet désiré, dans l'amour, ou la mort du héros, dans une tragédie. Dans le cas du sacrifice, ce paroxysme ou maximum de tension, c'est le moment même de l'immolation (conflagration du dieu avec le sang de la victime), que suivent les rites de détente : désacralisation, congédiement du dieu après qu'il a reçu sa part et qu'il peut retourner à l'endroit d'où il était venu, sans plus être immédiatement menaçant. De susceptible qu'il était d'agir dans un sens maléfique, le dieu est devenu bénéfique, jusqu'au moment où il lui faudra quelque nouveau paiement. | |
| En tauromachie l'on assiste à pareille évocation du gauche et finale reconstitution du droit. Toute la mort qui semblait, durant les diverses passes, logiquement réservée au torero, l'estocade la fait passer sur le taureau. Ainsi, le taureau tué, l'ordre se trouve restitué et toutes choses remises en place : le gauche à gauche, le droit à droite, le méchant puni, le bon récompensé, - ce qui est (sauf accident) le dénouement optimiste de là corrida. Grâce au coup d'estoc final, le mauvais sott a pu être déjoué ; le torero, qui durant un temps fut auprès du taureau comme Empédocle se penchant sur le bord du cratère, est maintenant rentré dans le monde profane : souriant aux bravos ou se courbant sous les huées, il n'est plus qu'un vague cabotin, plus ou moins sympathique suivant qu'il a bien ou mal travaillé. En ce qui concerne les animaux victimes, tout avait été, dès l'origine, judicieusement partagé : au taureau, la mort noble, qu'il reçoit à coup d'épée ; aux chevaux passivement éventrés le rôle de latrines, ou de boucs émissaires sur lesquels toute la part d'ignoble est déplacée 14 • | |
| Si l'on examine, par ailleurs, la corrida dans la succession même de ses phases, l'on constate qu'en même temps qu'une sacralisation croissante, il se produit une sorte d'élaboration de l'élément maléfique, telle que ce n'est qu'à la fin qu'il se manifeste sous sa forme épurée de fêlure et qu'à la conflagration de contraires encore mal dégrossis se substitue l'ambiguïté. | |
| Le premier tiers - ou tercio de varas, au cours duquel le taureau brise l'excès de son ardeur contre les piques des hommes montés - représente la forme brutale ( et comme titanique) du conflit. Choc nuageux, entre adversaires encore mal différenciés : centaures et taureau affrontés. Le taureau sort de ces rencontres le garrot labouré et les cornes en sang s'il est parvenu à découdre quelque cheval en dépit du matelassage pudique dont les montures des picadores sont aujourd'hui revêtues. | |
| Le deuxième tiers - ou tercio de banderillas, au cours duquel trois paires de banderilles (bâtons enrubannés de papier et garnis à l'une de leurs extrémités d'un petit fer formant harpon) sont plantées successivement au garrot de la bête - exprime un antagonisme aux termes mieux définis, en même temps que déjà plus ordonné. Pour être bien placées, les banderilles doivent être plantées aussi près l'une de l'autre que possible et pendre symétriquement de chaque côté du garrot, bijoux cruels dont les hommes (qui travaillent sans cape, provoquant l'animal avec leur propre corps et n'échappant à ses cornes que par feinte ou esquive) parent la victime du futur sacrifice pour achever de la consacrer après qu'elle a reçu son offrande de chevaux. Techniquement, ce deuxième tiers a pour but de parfaire l'ouvrage inauguré sauvagement par les piques : « alourdir » le taureau, relâcher les muscles de son garrot de manière à ce qu'il tienne la tête moins haute, ce qui rendra possible au matador de porter au point voulu le coup d'estoc. Il est de règle qu'il se déroule comme un jeu, sur un rythme rapide et allègre. Ici, le combat, moins violent qu'au début, s'est sensiblement précisé. Toutefois, s'il n'y a plus rencontre tumultueuse de forces volcaniques, il n'y a pas encore domptage, séduction au sens propre ( détourner de la voie, en employant des procédés mielleux) comme dans le dernier tiers. L'on dirait que les deux protagonistes - homme et taureau - sont posés l'un devant l'autre, dans un absolu dépouillement (pas de cape, ni de cheval hypocritement matelassé), comme s'il importait qu'ils prennent mutuellement leur mesure avant l'épisode final où la précipitation des contraires l'un dans l'autre ( équilibre de la frénésie, fusion mortelle du matador et du taureau) s'exprime par la palpitation - l'on pourrait croire : cardiaque - de ce morceau de flanelle rouge, la muleta. | 第2の段階――いわゆる「バンデリージャのテルシオ」――では、3組の
バンデリージャ(紙のリボンで巻かれ、片端に銛のような小さな鉄片が付いた棒)が、順次、牛の肩甲骨の付け根に突き刺される。この段階では、より明確に定
義された対立関係が表現されると同時に、すでに整然とした様相を呈している。バンデリージャを正確に刺すには、互いに可能な限り近い位置に、かつ首の付け
根の両側に左右対称に垂れ下がるように刺さなければならない。これは残酷な装飾品であり、男たち(マントを身に付けず、自らの身体で動物を挑発し、フェイ
ントや回避によってのみその角から逃れる)が、馬の供物を受け取った後の犠牲となるべき獲物を飾り立て、完全に捧げ物として仕上げるためのものである。技
術的には、この第二段階の目的は、槍によって荒々しく始められた作業を完成させることにある。雄牛を「重く」し、肩甲部の筋肉を緩めて頭を高く上げられな
くさせる。これにより、マタドールは決着の一撃を意図した場所に正確に突き刺すことが可能になるのだ。これは通常、ゲームのように、速く軽快なリズムで行
われるのが通例だ。ここでの戦いは、序盤ほど激しくはないが、その展開は著しく明確になっている。とはいえ、火山のような力が激しくぶつかり合う場面はな
くなったものの、最後の三分の一で見られるような、文字通りの「制圧」や「誘惑」(甘ったるい手口を使って道をそらすこと)にはまだ至っていない。まるで
二人の主人公――人間と雄牛――が、一切の装飾を排した姿(ケープも、偽りのふかふかした馬もなし)で互いに向き合っているかのようだ。まるで、最終局面
――相反するものが互いに激突し
(狂乱の均衡、マタドールと闘牛の死を賭けた融合)が、その赤いフランネルの布、ムレタの鼓動――まるで心臓の鼓動のようにも思える――によって表現され
る。 |
| Le troisième tiers - ou tercio de muerte - est celui du sacrifice proprement dit. Armé des « instruments de mort » (estoc et muleta), le tueur subjugue le taureau, l'attire dans le réseau serré des passes, s'efforce de le dominer afin de pouvoir le « cadrer », c'està-dire le placer, les quatre pieds d'aplomb et la tête basse, dans la position propice à la mise à mort. C'est dans ce dernier tiers que l'opposition - qui dans le premier tiers était agitée et confuse, dans le deuxième plus nette et plus réglée - prend sa forme hautement ambiguë : danse haineuse des deux adversaires, l'homme entraînant la bête dans une sorte de valse funèbre, faisant miroiter devant elle l'étoffe colorée, tel un sadique offrant des douceurs à la petite fille qu'il se propose d'égorger. C'est ici également - abstraction faite des passes de cape exécutées suivant les besoins, dans les deux premières phases de la corrida - qu'avec le maximum d'éclat se manifeste la faille, forme élevée de l'élément gauche, parce qu'elle correspond à un malheur métaphysique ( celui que marque cet échec fatal ou impossibilité d'une fusion complète si proche qu'on soit de la tangence à la fois appelée et repoussée, et si infinitésimale que soit la marge d'en deçà), forme distincte du malheur brutal, de l'ordre de celui qui béerait au flanc ravagé par la corne si cette faille n'existait pas. Et comme si le sacré n'attendait que cet instant pour s'introduire, c'est au moment précis où la fêlure vient de clairement se révéler - apparue sous la forme subtile de vers rongeant un fruit ou de paille dans un acier - que la victime est immolée. | |
| Sans préjuger en rien de déterminantes profondes qui pourraient avoir influé, chemin faisant, sur sa codification, l'on peut dire que tout se passe dans la corrida comme s'il s'agissait d'opérer une cristallisation graduelle de l'élément sinistre, telle qu'il se présente à la fin sous son aspect le plus insidieux et le plus raffiné (lapsus, écart, empêchant l'expérience d'être tout à fait consommée) et comme si la tragédie, à mesure qu'elle marche vers sa fin, devait se développer dans un air progressivement purifié et qui, d'instant en instant, s'avère plus propice à l'entrée en scène du sacré. | |
| Au cours de toute cette opération comparable à quelque processus alchimique, le gauche s'est de plus en plus nettement affirmé : de violence brute qu'il était au début (le taureau éventrant les chevaux et recevant le châtiment des piques), par le stade de dichotomie bien tranchée des contraires que représente le jeu de banderilles (où .toute l'agilité gracieuse est dans l'homme, toute la force dans le taureau), il est passé à un état proprement maléfique dans le travail à la muleta, où tout se fonde essentiellement sur une perversité : séduction du taureau par le chatoiement de l'étoffe, tentation du torero qui frise de plus en plus la chute, - sorte d'épanouissement du mal en palmes aiguës et sournoises, au grand soleil de la beauté luciférienne ( qui serait une beauté purement céleste, n'était tout ce qu'une ride presque imperceptible dénonce en elle de profondément dévié). Poussant au comble cet examen - ou dissection - quasi kabbalistique de la corrida, l'on pourrait assigner une signification symbolique à ce cri même, que poussent si fréquemment les spectateurs durant le travail à la muleta pour inciter le matador à effectuer les passes de la main gauche dites « naturelles » ( qui entraînent normalement pour lui le maximum de risques) : « La gauche! La gauche! La izquierda! La izquierda! » Car il est entendu que les spectateurs ne seront pleinement satisfaits que si le matador a assumé toute la part de « gauche » - bu le poison, à l'ultime goutte mortelle près - avant que l'estocade, en foudre sacramentellement justicière, réinstaure le droit. | この錬金術的な過程にも例えられる一連の動作を通じて、左側の動きはま
すます鮮明になっていった。当初は単なる荒々しい暴力に過ぎなかった(馬の腹を裂く雄牛が、槍による報復を受ける)が、バンデリージャの駆け引きが象徴す
る、対立する要素の明確な二分法という段階を経て
(ここでは、優雅な機敏さはすべて人間にあり、力はすべて雄牛にある)という対立の明確な二分法を経て、ムレタを使った段階では、すべてが本質的にある種
の倒錯に基づいた、まさに邪悪な状態へと移行した。布のきらめきによる雄牛への誘惑、転落の瀬戸際をますます危うくする闘牛士の誘惑――ルシファー的な美
の眩い陽光の下で、鋭く陰険な拍手という形で悪が花開くようなものだ(もし、その美の中に、ほとんど気づかれないほどのしわが、その深く歪んだ本質を暴い
ていなければ、それは純粋に天上の美であったはずである)。この闘牛に対する、ほぼカバラ的な考察――あるいは解剖――を極限まで推し進めれば、ムレタを
使った攻防の最中に観客が頻繁に叫ぶこの声そのものに、象徴的な意味を見出すこともできるだろう。それは、マタドールに「ナチュラル」と呼ばれる左手のパ
ス(通常、彼にとって最大のリスクを伴う)を実行させるためのものである。「左だ! 左だ! ラ・イゼールダ!ラ・イゼルダ!」というのも、マタドールが
「左」の役割をすべて引き受け――最後の致命的な一滴に至るまで毒を飲み干す――ことで初めて、観客は完全に満足するものとされているからだ。そして、聖
なる正義の雷のような一撃であるエストカーダによって、右が再び確立されるのである。 |
| Regardant une corrida, il semble donc qu'on se trouve, malgré la part très large que s'y taille la chance, en présence d'un rituel impeccablement réglé : traitement savant du gauche, de plus en plus expressément situé, c'est-à-dire défini et éduqué, de manière à ce qu'il puisse d'un coup s'anéantir et céder place au droit. | |
| Il n'en est pas de même en matière stricte d'érotisme, et moins encore dans le domaine étendu de l'amour, où des éléments analogues sont en jeu, mais à l'état toujours sauvage (constamment épaissis de leur gangue), du fait qu'ils sont enracinés trop directement dans la vie pour pouvoir être à ce point dominés. Ainsi n'y trouvera-t-on ni l'ordonnance majestueuse, ni la conclusion optimiste de la corrida, qui pose l'ambiguïté mais la résout presque aussitôt ainsi qu'on tranche un nœud gordien et dans laquelle tout le gauche, finalement, est absorbé par le droit. | |
| Aucune excitation érotique, sans doute, ne serait possible sans l'idée au moins confuse de quelque chose de souverainement beau, vers quoi l'on tend, dont on a la nostalgie (abîmé qu'on est dans sa condition mortelle, dans son plus profond malheur) ou bien qu'inversement l'on prend plaisir à dégrader. Au mythe chrétien de la chute et de la rédemption de l'homme - gauche et droit, perdition et rachat - correspond, dans le domaine passionnel, le double thème de l'innocence qu'on souille et de l'infamie qui vous salit ou qu'on rachète; soit que le mal fasse irruption dans le bien, le ronge et le corrompe, soit que le bien illumine le mal et, le brûlant de sa flamme, le ramène à la plus extrême pureté. Mais, si . nécessaire que soit pareille dualité, tout reste cependant axé sur la face sombre du péché. Car l'innocence, si elle est à ce point· prestigieuse, l'est dans la seule mesure où elle apparaît ainsi qu'une oasis, comme quelque chose de miraculeusement préservé, comme quelque chose aussi de constamment menacé. | |
| Dans l'acte amoureux devra donc être suggéré, directement ou par contraste, ce quelque chose de .. suprêmement beau et innocent ( eau des sources premières, éden d'avant la faute), en même temps qu'il sera nécessaire que se marque cette faille, cet abîme, ce vice, soit que se trouve incorporé à l'objet désiré - ou qü' on y incorpore par les gestes érotiques eux-mêmes - quelque chose de proprement vicieux, soit que la condition de détresse (sentiment de vide, de lésion, de manque) dans laquelle on était plongé au moment d'effectuer le coït, joue le rôle de ce péché, de ce vice, en tant qu'il est l'élément gauche, l'élément de malheur. | |
| Il apparaît donc tout compte fait que ce qui est péché, altération, dissonance, lancinement - tout ce qui, à quelque degré, est le signe du maléfice et, plus largement, du malheur - intervient nécessairement dans l'appréhension 16 du sacré, en tant qu'est ainsi manifestée la présence d'une face gauche à côté d'une face droite et marquée cette ambiguïté dont le sacré - qui surgit à l'instant précis où chacun des deux éléments bascule dans l'élément opposé - pourrait bien n'être que l'expression la plus intense et la plus diamantée. | |
| Tout se jouerait, en somme, dans les parages hasardeux d'un seuil aussi étroit qu'un tranchant de rasoir, mince zone d'interférence ou no man's land psychologique qui constituerait le domaine par excellence du sacré : la crête où s'érige le tabou (qui n'a de sens que comme contrainte tendant à prévenir un sacrilège ou violation possible), limite au regard de laquelle les choses - abandonnant le caractère inorienté, amorphe de ce qui est profane - se polarisent en gauche et en droit. | |
| Par rapport à la projection idéale au moyen de laquelle nous essayons de contrebalancer ce qu'il y a de lugubre dans notre situation, c'est notre condition malheureuse qui constitue la base et la vraie cause active, car, si c'est notre malheur qui nous pousse à construire pareille projection, c'est lui aussi qui nous incite à la détruire, comme s'il s'agissait d'une vengeance contre son caractère bientôt dominateur et sa nature décevante d'hallucination. | |
| Si le problème essentiel auquel s'efforçent de répondre toutes les religions est la neutralisation des maux et principalement de la mort, celui que doivent se poser les constructeurs de miroirs - c'est-à-dire ceux qui se font, par la création esthétique ou par tout autre moyen, les artisans lucides de nos révélations - consisterait plutôt en l'assimilation de ces maux, par lesquels il n'importe guère de se laisser ruiner ou corrompre, pour peu que soit opérée leur transmutation mythique en ferments d'exaltation. | |
| Bannir la mort, ou la masquer derrière on ne sait quelle architecture d'une perfection intemporelle : telle est l'occupation sénile de la plupart des philosophes et faiseurs de religions. Incorporer la mort à la vie, la rendre en quelque manière voluptueuse (comme le geste du torero emmenant suavement le taureau dans les plis de sa cape ou de sa muleta), telle doit être l'activité de ces constructeurs de miroirs, - j'entends : tous ceux qui ont pour but le plus urgent d'agencer quelques-uns de ces faits qu'on peut croire être les lieux où l'on se sent tangent au monde et à soi-même parce qu'ils nous haussent jusqu'au niveau d'une plénitude porteuse de sa propre torture et de sa propre dérision. | |
| Ils n'ont de chance d'y parvenir qu'en mêlant à l'alliage dont ils composeront le tain de leur miroir (spectacle, mise. en scène érotique, poème, œuvre d'art) un élément susceptible de faire pointer à travers la beauté la plus rigide ou la plus tendre quelque chose d'éperdu, de misérable sans retour et d'irréductiblement vicié. Doigt de venin, sans lequel aucun alcool ne serait concevable, puisque l'ivresse - si euphorique qu'elle soit - ne saurait jamais être qu'une image plus ou moins approchée de notre communion future avec le monde de la mort. | |
| Saint-Rémy de Provence, Paris, Octobre-Novembre 1937. |
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下記の年譜は、ウィキペディア(https://bit.ly/3Zww5lU)などから流用している
| ミシェル・レリス(Michel Leiris、1901年4月20日 -
1990年9月30日)はフランスの詩人、民族学者、美術評論家、随筆家。シュルレアリスムの運動に参加し、『シュルレアリスム革命』に言語遊戯を駆使し
た「語彙集(私の註釈をおし込んで)」などを発表するが、5年ほどで脱退。ジョルジュ・バタイユらが創刊した『ドキュマン(フランス語版)』誌の編集事務
局を務め、バタイユ、ロジェ・カイヨワとともに「社会学研究会(フランス語版)」を結成。民族学者マルセル・グリオールが率いるダカール=ジブチ調査団
(フランス語版)に参加し、『幻のアフリカ』を発表。第二次大戦中に対独レジスタンス作家による地下出版に参加。戦後、ジャン=ポール・サルトルらととも
に『レ・タン・モデルヌ』誌を創刊。代表作の『幻のアフリカ』、自伝的小説『成熟の年齢』と『ゲームの規則』(全4巻)はプレイヤード叢書として刊行され
た。 |
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| 1901年4月20日、ジュリアン・ミシェル・レリスとしてパリ16区
の教養あるブルジョワ家庭に生まれる。名門校リセ・ジャンソン=ド=サイイ(フランス語版)を退学後、1918年にバカロレアを取得し、1920年にパリ
大学に入学。化学を専攻したが、ジャズに心酔し、フェルナン・レジェの作品に惹かれるなど、次第に音楽、美術、文学への関心を深めていった[1][2]。 |
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| 転機となったのは、1921年の詩人・画家のマックス・ジャコブとの出
会いであった。ジャコブに直接詩作を学ぶと同時に[2]、彼を介して前衛芸術家と知り合ったからである。その一人が、生涯にわたって親交を深めることにな
る画家アンドレ・マッソンである。処女作『シミュラークル(模擬)』は、レリスの詩とマッソンの石版画による詩画集(1925年刊行)である。 マッソンは当時、パリ15区のブロメ通り(フランス語版)に住んでいた。「ブロメ通りグループ」として知られる前衛画家・作家が住んでいた場所であり、パ ブロ・ガルガーリョ(フランス語版)がジョアン・ミロと共同でアトリエを構え、マッソンのところにはエリ・ラスコー(フランス語版)、ジャン・デュビュッ フェ、ロラン・テュアル(フランス語版)、ジョルジュ・ランブール(フランス語版)、アントナン・アルトー、ロベール・デスノスらの画家や作家が訪れてい た。彼らの活動を支援していたのが、「ピカソの画商」として知られ、特にフォーヴィスムやキュビスムの画家を支持したドイツ出身の画商・美術評論家ダニエ ル=ヘンリー・カーンワイラーであり[3]、さらに彼を介してパブロ・ピカソ、フアン・グリス、小説家マルセル・ジュアンドー(フランス語版)、そして カーンワイラーの娘ルイーズ・ゴドンに出会った(1926年に結婚)[1][2]。 |
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| 1924年には、さらにジョルジュ・バタイユ、レーモン・クノー、
ジャック・バロン(フランス語版)などに出会い、アンドレ・ブルトンが率いるシュルレアリスムの運動に参加し、同年末に創刊された文芸誌『シュルレアリス
ム革命』に言語遊戯を駆使した「語彙集(私の註釈をおし込んで)」(邦訳『獣道』所収)や夢の記述などを寄稿した[4][5]。 1925年7月2日に、シュルレアリストらが先達と仰ぐ詩人サン=ポル=ルーを招いて祝宴を催したこと、しかもこの会が大混乱に終わったことは、シュルレ アリスムを語る上で重要な出来事だが、このときレリスは、女性作家ラシルド(フランス語版)の(当時の世相を反映した)愛国的な発言に対して、「フランス 打倒、(リーフ共和国大統領の)アブド・エル・クリム万歳」と叫んで窓から飛び降りたこともまた、一つの逸話として残っている[6]。この発言は、リーフ 共和国に対するフランスの宣戦布告(リーフ戦争)、モロッコ侵攻に対するものであった。というのは、この侵攻を受けて、作家アンリ・バルビュスを中心とす る平和・反戦運動「クラルテ」[7] とその機関誌『クラルテ』に寄稿していたレリスを含むシュルレアリストらがリーフ戦争反対声明に共同署名し、同日付で共産党の機関紙『リュマニテ』紙に掲 載していたからである[8][9]。レリスが『クラルテ』誌に寄稿したのは1925年から26年にかけてであり、1927年にはブルトン、ルイ・アラゴ ン、ポール・エリュアール、バンジャマン・ペレら他のシュルレアリストと同様に共産党に入党したが、レリスは早くも数か月後には離党している[2]。 1927年にはブルトンと仲違いし、教員資格を取得してカイロの高等学校で教鞭を執っていたランブールに会うためにエジプトを訪れ[10]、帰途、ギリ シャ、イタリアを旅行した。 |
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| 一方、すでに1924年頃から民族誌学の講義を受講し始め、1929年
には、人類学者のリュシアン・レヴィ=ブリュール、マルセル・モース、ポール・リヴェ(フランス語版)がパリ大学で開設した民族学研究所(フランス語版)
でモースに師事した[2]。 レリスがシュルレアリスムの運動から脱退したのも1929年であり、また、同じ年の4月からバタイユとトロカデロ民族学博物館(現人類博物館)の副館長 ジョルジュ・アンリ・リヴィエール(フランス語版)を中心に編集された『ドキュマン』誌の編集事務局を務めた。『ドキュマン』誌は考古学、美術、民族誌学 の学術雑誌であり、民族学者マルセル・グリオールも編集に関わっていた[11][12]。『ドキュマン』誌は翌1930年の第15号をもって終刊となった が、バタイユにとってもレリスにとっても後の著作につながる重要な活動の場であり[13]、レリス同様にシュルレアリスムを離れた作家や詩人が参加してい た。実際、バタイユが1930年にブルトンへの反論として出版した小冊子『死骸(英語版)』には20人の元シュルレアリストが参加し、このうちレリス、ラ ンブール、デスノス、ジャック・バロン、ジョルジュ・リブモン=デセーニュ(フランス語版)は『ドキュマン』誌の寄稿者であった[14]。これは、 1924年のアナトール・フランスの葬儀の際にブルトン、アラゴン、エリュアール、フィリップ・スーポーらが、アナトール・フランスというフランス文学の 権威を葬り去り、乗り越えようとするシュルレアリスムの象徴的な行為として出版した『死骸』のパロディーであり、同じ『死骸』というタイトルの小冊子に、 『シュルレアリスム革命』誌に掲載されたブルトンの写真に茨の冠をモンタージュした写真(ジャック=アンドレ・ボワファール作)を掲載し、その下にシュル レアリスムの自動記述をもじって「自動預言者」と書かれ、表題「死骸」の下には、1924年の『死骸』においてアナトール・フランスに対して書かれた「死 んだ後まで、この男の死骸を残しておくことはない」という言葉がブルトンに対する言葉としてそのまま書き写されている。この小冊子にバタイユは「去勢され たライオン」と題する記事を掲載し、シュルレアリスムを「去勢された思想」として批判したのである[14]。 |
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| 一方、『ドキュマン』誌に寄稿していた1929年から1930年にかけ
て、レリスはバタイユに勧められて、アドリアン・ボレル(フランス語版)による精神分析治療を受け始めた。ボレルは1920年代にバタイユ、レリスら多く
の作家の精神療法医であったが[15]、レリスにとっては治療というよりカタルシスであり、この経験から、ボレルに対して告白したように、内心の苦しみや
記憶、生活の諸相を書いて行こうという考えが生まれた。これは自伝的小説『成熟の年齢』において語られていることであり、本書は1939年刊行だが、書き
始めたのは1930年のことである。治療(告白)のきっかけとなったクラナッハの貞女ルクレティアと娼婦ユディットの裸体画、そのエロティシズムに関する
記事は、同年に書かれ、『成熟の年齢』に収められることになり、初版の表紙に掲載されたのも、この2対の裸婦像である[13][15]。こうした自己探求
はこの後生涯にわたって書き継がれる『ゲームの規則』においてさらに深まって行く(後述)。 |
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| 上述のように、民族学者マルセル・グリオールは『ドキュマン』誌の編集
に関わっていたが、レリスが彼と直接知り合ったのはリヴィエールを介してである。「民族学を学ぶ文学者」として紹介されたレリスは、グリオールが率いるダ
カール=ジブチ調査団に秘書兼文書係として参加することになった。これは、1931年からアフリカ大陸西端のダカールから東端のジブチまで横断しながら民
族学の調査を行い、トロカデロ民族学博物館のためのオブジェや資料を収集することが目的であった[15]。一団は5月にボルドー港を出港してダカールに向
かい、10月から11月にかけてサンガ(フランス語版)(現マリ共和国)のドゴン族の秘密言語について、さらに翌1932年の7月から11月にかけてゴン
ダル(現エチオピア)のザール(フランス語版)信仰、特に憑依現象について調査を行った[2]。これらの調査は、『サンガのドゴン族の秘密言語』
(1948年刊行)、『ゴンダルのエチオピア人における憑依とその演劇的諸相』(『新フランス評論』誌1938年7月号掲載の後、1958年刊行。邦訳
『日常生活の中の聖なるもの(ミシェル・レリスの作品4)』所収)に結実することになる。 『サンガのドゴン族の秘密言語』は、レリスの学位論文であり、高等研究実習院で民族学の学位を取得するために、イスラーム神秘主義を専門とする宗教学者で 指導教官のルイ・マシニョン(フランス語版)[16][17] に提出されたが、書き直しを命じられて再提出し、1938年に受理された[18](なお、これ以前の1935年から37年にかけて文学の学士号(民族学、 社会学および宗教史専門)を受け、アムハラ語の資格を取得している[2])。ドゴン族の秘密言語とは、「ドゴンの秘密結社によって伝承されている聖なる言 葉」であり、異界との交流や儀式、神話の伝承にのみ用いられる特殊な言語であって、日常言語とは異なる[18]。語彙数はわずか300語程度だが、それだ けに一つの言葉に込められる意味が深く、レリスはこれを「真の詩」と見なしている[18]。 一方、エチオピアの民間信仰であるザールは、患者(主に女性)に憑依したザールの精霊を、音楽や供犠によってなだめる儀式を中心とし、この儀式を執り行う のも女性、特に黒人女性である[19]。レリスが惹かれたのは、表題が示すとおり、憑依現象そのものの美的・演劇的側面であった[20]。 ![]() |
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| 1933年2月にアフリカでの調査を終えて帰国。美術雑誌『ミノトール
(フランス語版)』や文芸誌『新フランス評論』に寄稿し、また、元共産党員で歴史学者・評論家のボリス・スヴァーリン(フランス語版)が創設した「民主共
産主義サークル(フランス語版)」の会員として、彼が主宰する『社会批評』誌にも寄稿した[21]。『社会批評』誌は『ドキュマン』誌の終刊後にバタイユ
が批評活動を継続していた雑誌であり、レリスは以後、再びバタイユと活動を共にすることになる。 翌1934年にトロカデロ民族学博物館のサブサハラ・アフリカ部門担当となり、1937年にこの後身としてポール・リヴェによって設立された人類博物館で も引き続き1948年まで担当した(なお、ポール・リヴェを会長として1934年に結成された反ファシズム知識人監視委員会にも参加している)。1934 年はまた、アフリカでの調査に基づく『幻のアフリカ』を発表した年でもある。本書は民族誌とはいえ、必ずしも学術的なものではなく、レリスの個人的な意 見、さらには夢の記述や性的な告白すら含む破格的なものであった。なお、『幻のアフリカ』は発禁処分を受けることになるが[22]、これは1941年10 月のナチス・ドイツ占領下でのことであり[2]、ドイツ軍による言論・思想の弾圧により、1940年9月28日に出版社労働組合と占領当局との間で検閲協 定が締結された[23] 後のことである。 |
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| 1937年11月にバタイユ、ロジェ・カイヨワとともに、「聖なるもの
の社会学」のための研究機関「社会学研究会」を立ち上げた。バタイユの秘密結社「アセファル」(およびその機関誌『アセファル(フランス語版)』)にはレ
リスもカイヨワも参加しなかったが、この2つの組織に共通するのは反ファシズムの思想である[24]。レリスの「日常生活の中の聖なるもの」は、1938
年1月8日に開催された社会学研究会の例会で発表されたものであり、日常生活の細部まですべて聖なるものに関わっているドゴン社会について論じた、『ゲー
ムの規則』(全4巻)の発端となる重要な論考である[18]。また、バタイユの愛人でレリスの親友でもあったコレット・ペニョ(フランス語版)(通称ロー
ル)は1938年に35歳で早世したとき、多くの未発表原稿を残しており、このうち、レリスとバタイユが最初に刊行したのが『聖なるもの』と題する遺稿集
であった[18][25]。 |
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| だが、1939年、第二次大戦勃発により、社会学研究会が解散になり、
レリスは化学者として動員され、オラン(アルジェリア)の部隊に配属された[1]。翌40年には復員したが、妻の実家カーンワイラー家はドイツ軍非占領地
域(自由地域(フランス語版))の南西部リムーザン地域圏へ疎開し、友人らもまた、その多くがマルセイユからスペイン経由で亡命し始めていた。ミロはマヨ
ルカ島(スペイン)へ逃れた。アフリカ黒人彫刻を専門とするユダヤ系ドイツ人の美術評論家・作家で『ドキュマン』誌の主な寄稿者の一人であったカール・ア
インシュタイン(フランス語版)は、スペイン内戦で共和派として戦った経験があるために亡命できずに、ナチスから逃れるために自殺した[26]。パリに
残っていたのは(対独協力者以外は)主に対独レジスタンスの作家であり、1942年にジャン=ポール・サルトルに出会った。サルトルとは戦後1945年に
『レ・タン・モデルヌ』誌を創刊することになる。当初の編集委員は2人のほか、レイモン・アロン、シモーヌ・ド・ボーヴォワール、モーリス・メルロー=ポ
ンティ、アルベール・オリヴィエ(フランス語版)、ジャン・ポーランであった[27]。 戦時中は、ジャン・ポーランが共産党のレジスタンス・グループ「国民戦線(フランス語版)」に属する全国作家委員会(フランス語版) (CNE) の代表ジャック・ドクール(フランス語版)とともに創刊した地下出版の『レットル・フランセーズ(フランス文学)』に寄稿し[28]、全国作家委員会にも 加盟した。 |
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| 1943年1月にサブサハラ・アフリカの専門家として国立科学研究所
(CNRS)
の研究員に任命され、1945年にコートジボワールおよび英領ゴールド・コースト(現ガーナ)で民族学の調査を行った。戦後も引き続き、アンティル諸島で
調査を行い、ハイチでヴードゥー教の儀式に参加。マルティニークで詩人エメ・セゼールに出会い、以後、親交を深めることになった。また、民族学者クロー
ド・レヴィ=ストロースに出会ったのもこの頃である。レヴィ=ストロースとレリスは、1951年にユネスコからの依頼で、反人種差別運動の一環として刊行
される小冊子シリーズ「近代科学を前にした人種問題」の執筆を引き受け、レヴィ=ストロースは『人種と歴史』[29]、レリスは『人種と文明』をそれぞれ
発表した。このほか、心理学者、生物学者らがそれぞれの立場から執筆している[30]。翌1952年にはアンティル諸島で2度目の調査を行うほか、12月
には、世界平和評議会によってウィーンで開催された世界諸国民平和大会にサルトル、エルヴェ・バザン(フランス語版)らとともに参加した[2]。 1955年10月に仏中友好協会の代表団の一員として、中国共産党が率いる国家として成立して間もない中国を訪れた。共産主義に期待を寄せていたレリスに は特に重要な旅であり[31]、5週間にわたる滞在中に毎日書き続けた日記は『中国日記』として1994年に没後出版された。 1960年9月、「アルジェリア戦争における不服従の権利に関する宣言」と題する「121人のマニフェスト(フランス語版)(宣言)」に署名。これは、哲 学者フランシス・ジャンソンがアルジェリア独立運動を支援し、フランス軍隊からの脱走兵を援助するために作った地下組織「ジャンソン・グループ」の裁判の 際に、これを支持する知識人121人が行った活動であり、サルトル、ボーヴォワール、ブルトン、トリスタン・ツァラのほか、歴史学者のピエール・ヴィダル =ナケ、哲学者のジャン=フランソワ・ルヴェル、作家のヴェルコール、フランソワーズ・サガン、マルグリット・デュラス、映画界からアラン・キュニー、ア ラン・レネ、シモーヌ・シニョレなども参加した[32]。 国立科学研究所の研究主任として、1962年にブアケ(コートジボワール)で開催されたアフリカの宗教に関する会議、1966年にダカールで開催された黒 人芸術に関するシンポジウム、1967年にハバナ(キューバ)で開催された文化会議などに参加。キューバではフィデル・カストロに会う機会を得た。また、 1964年に日本でピカソ展が開催されたときには、5月から6月にかけて来日した[1][2]。 |
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| 1948年に代表作『ゲームの規則』第1巻の『抹消』、1955年に第
2巻の『軍装』が刊行された。この後、1966年に第3巻の『縫糸』、晩年の1976年に最後の第4巻『囁音』、没後の2003年にプレイヤード叢書とし
て全4巻が刊行される。この一連の自伝的小説は、上述の『成熟の年齢』執筆の経緯におけるように、レリス独自の告白による自己探求であり、これは最晩年の
小説『角笛と叫び』に至るまで継続されることになるが[33]、第3巻執筆中の1957年5月に、レリスはフェノバルビタール剤を飲んで自殺を図った。未
遂に終わったが、第3巻『縫糸』にはこの事件について、さらにはこの事件を通して夢や記憶を「縫糸」で縫合しようとする試みが描かれることになる[31]
[34]。また、友人のアルベルト・ジャコメッティが描いた52枚の挿絵(エッチング)による『無名の生ける灰』(1961年刊行)も、この事件に言及し
た作品である[35][36]。 マーグ財団出版社により1967年から1972年まで刊行された詩誌『レフェメール(フランス語版)(はかなさ)』に寄稿。編集委員はイヴ・ボヌフォワ、 アンドレ・デュ・ブーシェ(フランス語版)、ルイ=ルネ・デ・フォレ、ガエタン・ピコン(フランス語版)、主な寄稿者はアルトー、バタイユ、ベケット、ブ ランショ、カフカらであった[37][38]。 レリスは若い頃からマッソン、ピカソ、ジャコメッティのほか多くの画家と親しく、美術評論家としても知られるが、美術関連の著書を発表したのは晩年のこと であり、特に深い関心を寄せていたのは、この3人の画家・彫刻家ほか、ヴィフレド・ラム、特に1966年に出会ったフランシス・ベーコンであった。邦訳は 『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』、『デュシャン ミロ マッソン ラム』として刊行されているが、これらは、著書や論文、雑誌の記事を編纂したものである。 1952年に『抹消(ゲームの規則 I)』および『軍装(ゲームの規則 II)』で批評家賞(フランス語版)を受賞したが、もともと栄誉を受けることを好まなかったレリスは、1980年、文化省によって授与される国家文学大賞 (フランス語版)を拒否した[39][40]。 レリスと義父カーンワイラーが収集した200点以上の作品(約90点の絵画、30点の彫刻、85点の素描やパピエ・コレ、約30点の民族学収集品)が国に 寄贈され、1984年から85年にかけて国立近代美術館で展覧会が行われた[41][42]。 1990年9月30日、エソンヌ県サン=ティレール(フランス語版)にて89歳で死去。ペール・ラシェーズ墓地に眠る[43]。 没後、約1,000頁の日記が出版された。 |
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| Michel Leiris et André Masson,
Simulacre. Poèmes et lithographies. Éditions de la Galerie Simon, 1925 『シミュラークル(模擬)』- ミシェル・レリスの詩とアンドレ・マッソンの石版画による詩画集(未訳) Le Point cardinal, Éditions du Sagittaire, 1925 『基本方位』- ジョルジュ・ランブールに捧げるシュルレアリスムの著書(未訳) L'Afrique fantôme. De Dakar à Djibouti (1931-1933), Gallimard, 1934 ; Collection « Blanche », 1951 『幻のアフリカ』岡谷公二、田中淳一、高橋達明共訳、河出書房新社、1995年、平凡社ライブラリー、2010年 Tauromachies. Guy Lévis Mano (G.L.M), collection Repères (n°23), 1937(70部限定版) 『闘牛技』(邦題『闘牛鑑』所収。次項参照) Miroir de la tauromachie, G.L.M./Acéphale, nouvelle série, cahier 1 - L'Érotisme, 1938 ; Miroir de la tauromachie, précédé de Tauromachies, G.L.M., illustré de André Masson, 1964(随筆集、アンドレ・マッソンによる素描) 『闘牛鑑』須藤哲生訳、現代思潮社、1971、再版 2007年 L'Âge d'homme, Gallimard, 1939(自伝的小説) 『成熟の年齢』松崎芳隆訳、現代思潮社、1969年 Haut Mal, Gallimard, 1943(詩集) 『癲癇(ミシェル・レリスの作品1)』(詩集)小浜俊郎訳、思潮社、1970年 Aurora, Gallimard, 1946(小説) 『オーロラ(ミシェル・レリスの作品2)』(小説)宮原庸太郎訳、思潮社、1970年 Biffures. La Règle du jeu I, Gallimard, 1948 『ゲームの規則 ― ビフュール』 岡谷公二訳、筑摩書房、1995年 『抹消 ゲームの規則 I』岡谷公二訳、平凡社、2017年 La Langue secrète des Dogons de Sanga, Institut d'Ethnologie, 1948 ; J.-M. Place, 1992 『サンガのドゴン族の秘密言語』(未訳) Race et Civilisation, UNESCO, 1951(小冊子) 『人種と文明』- ユネスコ「近代科学を前にした人種問題」シリーズの小冊子(未訳) Fourbis. La Règle du jeu II, Gallimard, 1955 『軍装 ゲームの規則 II』岡谷公二訳、平凡社、2017年 Contacts de civilisation en Martinique et en Guadeloupe, UNESCO/Gallimard, 1955(ケベック大学シクーティミ(フランス語版)校の「現代社会学」コレクションとして閲覧可能) 『マルティニックおよびグアドループにおける文明の接触』(未訳) La Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar, Librairie Plon, 1958 ; (増補改訂版) La Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar Précédé de La Croyance aux génies Zâr en Éthiopie du Nord (Les Hommes et leurs signes), Le Sycomore, 1980 『ゴンダルのエチオピア人における憑依とその演劇的諸相』『日常生活の中の聖なるもの(ミシェル・レリスの作品4)』(評論・随筆)岡谷公二訳、思潮社、 1986年所収 Nuits sans nuit et quelques jours sans jour, Gallimard, 1961(夢日記) 『夜なき夜 昼なき昼』 細田直孝訳、現代思潮新社、2013年 Vivantes Cendres, Innommées. Illustré de gravures à l'eau-forte par Alberto Giacometti. Paris, Jean Hugues, 1961(アルベルト・ジャコメッティの版画) 『無名の生ける灰』(未訳) Grande fuite de neige, Mercure de France, 1964(幻想的な小品) 『大雪崩』(未訳) Fibrilles. La Règle du jeu III, Gallimard, 1966 『縫糸 ゲームの規則 III』千葉文夫訳、平凡社、2018年 Brisées. Collection Littérature générale, Mercure de France, (新版) 1966, Nouvelle édition : Collection Folio essais (n° 188), Gallimard, 1992(口絵にピカソによるレリスの肖像) 『獣道(ミシェル・レリスの作品3)』(評論、随筆、資料集)後藤辰男訳、思潮社、1971年 Afrique noire : la création plastique, Gallimard, Collection « L'univers des formes », 1967(ジャクリーヌ・ドランジュとの共著) 『黒人アフリカの美術 人類の美術9』岡谷公二訳、新潮社、1968年 Cinq études d'ethnologie. Le racisme et le Tiers Monde, Denoël / Gonthier, Collection « Médiations », 1969(ケベック大学シクーティミ校の公式ウェブサイトで閲覧可能) 『民族学研究論文5本 ― 人種差別と第三世界』(未訳) Mots sans Mémoire, Gallimard, 1969(1925年から1961年にわたって書かれたテクスト、『語彙集 ― そこに私は注釈を押し込む』を含む) 『記憶のない言葉』(未訳。但し、『語彙集 ― そこに私は注釈を押し込む』など一部は『獣道』所収) Fissures, Maeght Éditeur, 1969(レリスの詩14編、ジョアン・ミロのエッチングとアクアチント) 『ひび割れ』(未訳) André Masson. Massacres et autres dessins, Hermann, 1971 『アンドレ・マッソン ― 殺戮ほかの素描』(邦訳『デュシャン ミロ マッソン ラム』岡谷公二編訳、人文書院、2002年参照) Francis Bacon ou la vérité criante, Fata Morgana, 1974 『フランシス・ベーコンまたは一目瞭然の真実』(邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』岡谷公二編訳、人文書院、1999年参照) Frêle Bruit. La Règle du Jeu IV, Gallimard, 1976 『囁音 ゲームの規則 IV』谷昌親訳、平凡社、2018年 Michel Leiris et Jacques Dupin, Alberto Giacometti, Fondation Maeght, 1978(ジャック・デュパン(フランス語版)との共著) 『アルベルト・ジャコメッティ』(未訳) Au verso des images, Fata Morgana, 1980 『イマージュの裏面』(未訳) Le Ruban au cou d'Olympia, Gallimard, Collection « Blanche », 1981 『オランピアの頸のリボン』 谷昌親訳、人文書院、1999年 Francis Bacon, face et profil, Poligrafa, 1983 『フランシス・ベーコン ― その顔と横顔』(邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』所収) Langage, tangage, ou ce que les mots me disent, Gallimard, Collection « L'Imaginaire », 1985(『語彙集』補遺) 『言い回し、縦揺れ、または言葉が私に言うこと』(未訳) Francis Bacon, Albin Michel, 1987 『フランシス・ベーコン』佐和瑛子訳、美術出版社(現代美術の巨匠)1990年 Roussel l'ingénu, Fata Morgana, 1987 『レーモン・ルーセル ― 無垢な人』 岡谷公二訳、ペヨトル工房、1991年 À cor et à cri, Gallimard, Collection « L'Imaginaire », 1988 『角笛と叫び』 千葉文夫訳、青土社、1989年 À propos de Georges Bataille, Fourbis, 1988 『ジョルジュ・バタイユについて』(未訳) Bacon le hors-la-loi, Fourbis, 1989 『アウトローの画家ベイコン』(邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』所収) Michel Leiris et Jean Schuster, Entre Augures, Terrain vague, Collection « Le désordre », 1990(ジャン・シュステル(フランス語版)との対談) 『前兆の間で』(未訳) Miroir de la tauromachie, Daniel Lelong, 1990(『闘牛鑑』- フランシス・ベーコンによる石版画を含む150部限定豪華版) La Course de taureau, Fourbis, 1991(ピエール・ブロンベルジェ監督映画『闘牛』の評論のほか、闘牛に関する回想録など。フランシス・マルマンド(フランス語版)編) Pierres pour un Alberto Giacometti, L'Échoppe, 1991 『ジャコメッティにとっての石』(「アルベルト・ジャコメッティのごとき芸術家にとっての石」として邦訳『獣道』所収、「アルベルト・ジャコメッティのよ うな人物のためのいくつかの石」として邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』所収) Zébrage, Gallimard, 1992(ジャン・ジャマン(フランス語版)編) 『ゼブラージュ』(未訳) Journal 1922-1989, Gallimard, 1992(ジャン・ジャマン編) 『ミシェル・レリス日記 <1>(1922-1944)』千葉文夫訳、みすず書房、2001年 『ミシェル・レリス日記 <2>(1945-1989)』千葉文夫訳、みすず書房、2002年 Operratiques, P.O.L, 1992(ジャン・ジャマン編、オペラ論) 『オペラティック』大原宣久、三枝大修共訳、水声社、2014年 Un génie sans piédestal, Fourbis, 1992(マリー=ロール・ベルナダック編、ピカソに関するテクスト集) 『台座のない天才』(邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』所収) C'est-à-dire, Jean-Michel Place, 1992(ジャン・ジャマン、サリー・プライス(英語版)共編、対談集) 『すなわち』(未訳) L'Évasion souterraine, Fata Morgana, 1992(カトリーヌ・モーボン編) 『地下逃亡』(未訳) Journal de Chine, Gallimard, 1994(ジャン・ジャマン編) 『中国日記』(未訳) L'Homme sans honneur. Notes pour le sacré dans la vie quotidienne, Jean-Michel Place, 1994(ジャン・ジャマン編) 『不名誉な男 ― 日常生活の中の聖なるもののための注釈』(未訳) Francis Bacon ou La brutalité du fait, suivi de cinq lettres inédites de Michel Leiris à Francis Bacon sur le réalisme, Seuil, Collection « l'école des lettres », 1995 『フランシス・ベーコンまたは事実の冷厳さ、リアリズムについて ― フランシス・ベイコン宛ミシェル・レリスの五通の未発表書簡』(書簡5通は邦訳『ピカソ ジャコメッティ ベイコン』所収) Miroir de l'Afrique, Gallimard, Collection « Quarto », 1996(ジャン・ジャマン編、アフリカ民族学に関する論文、書簡、未刊の資料) 『アフリカ鑑』(未訳) Wifredo Lam, Didier Devillez Éditeur, 1997 『ヴィフレド・ラム』(邦訳『デュシャン ミロ マッソン ラム』参照) Roussel & Co., Fata Morgana/Fayard, 1998(ジャン・ジャマン編) 『ルーセル株式会社』(未訳) Le Merveilleux, Didier Devillez Éditeur, 2000(カトリーヌ・モーボン編) 『驚異』(未訳) Leiris & Paulhan. Correspondance, 1926-1962, Claire Paulhan, 2000(ルイ・イヴェール編) 『レリス & ポーラン書簡集 1926-1962』(未訳) Max Jacob, Lettre à Michel Leiris, Honoré Champion, 2001(クリスティーヌ・ヴァン・ロジェ=アンドルーチ編) 『ミシェル・レリス宛のマックス・ジャコブの手紙』(未訳) Ondes, suivi de Images de marque, Le Temps qu'il fait, 2002 『電波、優れたイマージュ』(未訳) André Castel & Michel Leiris. Correspondance, 1938-1958, Claire Paulhan, 2002(アニー・マイリス(フランス語版)編) 『アンドレ・カステル & ミシェル・レリス書簡集 1938-1958』(未訳) La Règle du jeu, Gallimard, Collection « Bibliothèque de la Pléiade », 2003(『ゲームの規則』プレイヤード叢書、ドニ・オリエ編) Georges Bataille, Michel Leiris, Échanges et correspondances, Gallimard, Collection «Les inédits de Doucet», 2004(ルイ・イヴェール編、ベルナール・ノエルBernard Noëlによる後記) 『ジョルジュ・バタイユ & ミシェル・レリス対談・書簡集』(未訳) Écrits sur l'art, CNRS Éditions, 2011(ピエール・ヴィラール(フランス語版)編、マッソン、ミロ、ジャコメッティ、ピカソ、ラム、ベーコンに関する評論) 『芸術に関する著作』(未訳) Correspondance Michel Leiris - Jacques Baron, 1925-1973, Joseph K., 2013(パトリス・アラン、ガブリエル・パルネ編) 『ミシェル・レリス & ジャック・バロン書簡集 1925-1973』(未訳) Glossaire j'y serre mes gloses, suivi de Bagatelles végétales, Gallimard, Collection « Poésie », 2014 『語彙集(そこに私は注釈を押し込む)、植物のバガテル』 L'Âge d'homme précédé de L'Afrique fantôme, Gallimard, Collection « Bibliothèque de la Pléiade », 2014(『成熟の年齢、幻のアフリカ』プレイヤード叢書、ドニ・オリエ、フランシス・マルマンド、カトリーヌ・モーボン共編) Cahier Dakar-Djibouti, Éditions les Cahiers, 2015(マリアンヌ・ルメール、エリック・ジョリー共編、アフリカ横断調査団に参加したマルセル・グリオール、ガストン=ルイ・ルー(フランス語版)、 アンドレ・シェフネルほか共著) 『ダカール=ジブチ調査報告書』(未訳) https://bit.ly/3Zww5lU |
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