LA FEUILLE, L’ARBRE ET LE FLEUVE…

Publié: 23 octobre 2026 dans Non classé

Ile St-Quentin 23 oct 2026 VideoCapture_20261023-082824

(Capture de vidéo fait à l’Île St-Quentin le 22 oct 2026)

LA FEUILLE, L’ARBRE ET LE FLEUVE

Il est là…

Depuis si longtemps…

Presque toujours…

Plusieurs décennies…

Je m’accrochais à lui…

Contre vents et marées…

Ces marées que je voyais…

Aller et venir…

Il me disait…

À chacun son mode de vie…

Il ne faut pas aspirer…

À avoir tous la même…

La mienne…

Sûrement plus éphémère…

Déjà je me sens flétrie…

Je me recroqueville sur moi…

-Lui me dit…

Qu’il faut un certain détachement…

Assumer qu’on se séparera…

Même si l’attachement persiste…

-Mais il me faudra bien partir…

Quand il se délestera de moi…

Quand l’automne s’essouffle…

Du vent complice…

-Mais là…

Je tremble…

Je sais bien que c’est le temps…

Je dois partir…

-Je sais…

Le temps est venu…

Mais j’ai peur…

De me lancer dans le vide…

-Le vent souffle…

Mes sœurs s’envolent…

Elles virevoltent…

Portées par le vent…

-Je voudrais résister…

Mais je ne tiens plus…

Que par mon pétiole…

Que la sève quitte…

-Je sais que c’est le départ…

Où aboutirai-je…

Je vois le fleuve en bas…

Se gonfler de sa marée montante…

-Plongerai-je à l’eau…

Jusqu’à quand j’y flotterai…

Je crais que l’eau soit froide…

Glacée même…

-Le vent revient à la charge…

Qu’une brève mais forte rafale…

Elle m’emporte…

C’est la voltige…

-J’aurais craint le vertige…

Mais non…

Je suis bien…

Portée par le vent…

-Et le fleuve…

Qui s’écoule tout près…

Mes sœurs le tapissent déjà…

Pour y former un nuage flottant…

-Je suis partie…

Délestée par mon arbre…

Je retiens mon souffle…

Portée par celui du vent…

-Inquiète de me retrouver à l’eau…

Je batifole dans l’air…

Puis assoiffée d’un peu de douceur…

J’effleure sa longue chevelure…

-Elle et lui…

Deux amoureux se balançant…

Observant le fleuve …

Miroitant de diamant…

-Pour un bref instant…

Je me pose sur son épaule…

Encore chaude de la joue…

Qu’y posait son amoureux…

-Ils m’attendrissent ces amoureux…

J’aime les charmer…

Ils sont heureux de me voir virevolter…

Ballet dansant que je leur offre avec grâce…

-Le cœur léger…

Comme tout mon être…

Je laisse le vent…

Me souffler au loin…

-Le fleuve adoucit son flot…

Pour m’accueillir et me bercer…

Au loin…

Il m’emportera…

-Où irai-je…

Je ne sais…

Mais je n’ai plus peur…

On me porte vers le paradis…

Xxx

Kleaude

LE VENDEUR D’ENCYCLOPÉDIE

Publié: 30 septembre 2026 dans Non classé

LE VENDEUR D’ENCYCLOPÉDIE

Que sont devenus les vendeurs d'encyclopédies ?

-Je sommeille…

Dans mon monde moderne…

Où nouveauté et technologie…

Me bercent de confort…

-C’est du moins…

Ce que s’est sensé être…

Me faciliter la vie…

La rendre fluide…

-Pourtant…

Je peine à apprendre…

Comment tout savoir…

Savoir comment faire…

-J’ai déjà eu un nom…

Maintenant…

Tant d’identifiants…

Nip et mots de passe…

-J’ai maintenant accès à tout…

Surtout à la connaissance générale…

Internet sait tout…

Je n’ai qu’à demander…

-Je peux tout savoir…

Sans même apprendre…

Tant que j’ai un profil…

Et que je suis branché…

-Je peux tout faire…

Tant que je télécharge les applications…

Pour payer mon stationnement…

Pour brancher ma voiture…

-Je peux lire…

Dans toutes les langues…

Tant que je me branche…

Sur la bonne application…

-Je peux magasiner et acheter…

Sans mettre les pieds…

Dans un magasin…

Ni sans voir personne…

-J’ai des amis de partout…

Que je ne verrai jamais…

Et quand je leur parle…

Je suis seul chez moi…

-Désormais je n’habite plus ma communauté…

Elle est dans un nuage…

Que je ne vois pas…

Même en levant les yeux au ciel…

-J’ai accès…

À la télévision…

Et à la musique du monde entier…

Mais de moins en moins à ma culture…

-Avec une application…

Je peux parler…

Toutes les langues…

Mais de moins en moins la mienne…

-Aujourd’hui…

Je peux tout faire…

Avec mon profil…

Mais toujours anonyme…

-Aujourd’hui…

Je publie mes repas…

Mais seul…

Je mange en solitaire…

-Aujourd’hui…

Je peux dessiner et peindre…

Sans crayon ni pinceau…

J’ai une application…

-Je peux passer…

À travers tant de livres….

Sans même savoir lire…

Audio par application…

-Aujourd’hui…

Je peux rédiger sans faute…

Même si je ne sais écrire…

Il y a IA…

-Mais hier encore…

Je ne savais presque rien…

De porte en porte…

Je vendais des encyclopédies…

Kleaude

XXX

Friends : impossible d'avoir 10/10 à ce quiz vrai ou faux sur Joey Tribbiani

J’HAÏS…

Publié: 2 juin 2026 dans Non classé

Au-dessus des décombres : la guerre en milieu urbain affecte les enfants, huit aspects négligés

NOTE: C’est un texte dur et violent… Mais une réalité pour trop d’enfants…

J’HAÏS…

-La brunante vient de tomber…

C’est devenu un rituel…

Les sirènes d’alertes retentissent…

Le ciel se met à tonner…

=Les éclairs zèbrent le ciel…

Je reste à l’abri…

Sous les débris…

De mon immeuble détruit…

-Tout autour…

Que dévastation…

Que des ruines…

Souillées de sang…

-J’ai douze ans…

J’haïs…

J’haïs…

Autant que je respire…

-Je n’expie…

Que de la haine…

Je rage…

Et je déteste…

-Couteau à la ceinture…

Fusil à la main…

J’haïs autant…

Que j’ai faim…

-Je reste tapi…

Je reste à l’affût…

S’ils reviennent…

Je les tue…

-Je vais en tuer…

Le plus possible…

J’haïs…

Je veux tuer…

-Je suis seul…

Probablement orphelin…

Mon père est parti combattre…

Si peu en reviennent…

-Quand ils sont venus…

Ils nous haïssaient tant…

Pays voisin…

Pays ennemi…

-Ils sont venus…

Ils ne se sont pas contentés…

De tuer ma mère…

Ils l’ont violée…

-Des porcs…

Des sales porcs…

Je les haïs…

Je les déteste…

-J’avais deux sœurs…

Ils les ont violées aussi…

Les ont tuées…

Je ne sais pas dans quel ordre…

-J’ai douze ans…

Je suis un guerrier…

Je vais mourir…

Pour ma patrie…

-Mais avant…

Je veux tuer…

En tuer le plus possible…

Je voudrais les exterminer…

-On dit que la guerre…

Ce n’est pas pour les enfants…

Mais ce sont eux…

Qu’on laisse derrière…

-Je mange quand je peux…

Je mange ce que je trouve…

J’ai aussi faim…

Que j’has…¨

-Parfois quand je tue…

Je trouve à manger dans leurs poches…

Parfois même quand ils sont morts…

Je les tue encore…

-Je passe ma rage…

En leur crevant les yeux…

Les miens qui ont vu souffrir…

Ma mère et mes sœurs agonisantes…

On dit que…

L’aide humanitaire s’organise…

Parfois on nous parachute de la farine…

Ceux qui nous aident nous nourrissent comme des bêtes…

-J’ai douze ans…

J’ai des frères d’armes encore plus jeunes…

Si on tombe sur un cadavre encore chaud…

On lui vole ses armes…

-Quand un chien de là-bas agonise…

On l’égorge…

Pourtant même le sang chaud qui coule…

N’apaise pas la haine…

-J’ai douze ans…

J’ai du sang sur les mains…

Sale et en haillons…

J’ai la rage au cœur…

-J’ai douze ans…

Aujourd’hui j’ai survécu…

Demain j’espère…

Survivre un jour de plus…

-J’ai douze ans…

Jamais je ne retournerai à l’école…

D’école il n’y a plus…

Que des débris et des ruines…

-Toute la ville est rasée…

Ville conquise…

Des enfants sous les décombres…

Qui rêvent de tuer l’ennemi…

-Des petits yeux…

À peine perceptibles…

Qui scrute les alentours…

Pour voir l’ennemi revenir…

-Guet-apens …

D’enfants sans lendemain…

Que deux demains possibles…

Survivre ou mourir au combat…

-J’ai douze ans…

J’haïs…

J’haïs…

Autant que je respire…

-J’ai appris à haïr…

À tant haïr…

Je veux tuer…

En tuer le plus possible…

-On a beau prier…

Le même dieu…

Il n’y a que la haine…

Qu’on porte en culte…

-Je n’ai même pas eu…

À apprendre à haïr…

La haine m’est viscérale…

Je l’ai en moi…

-J’ai douze ans…

Il y a si longtemps…

Que je n’ai pas pleuré…

Je ne sais désormais que haïr…

Xxx

Kleaude

Mort d'un soldat français en Afghanistan: deux mines ont explosé -  ladepeche.fr

RENDEZ-VOUS DOUX…

Publié: 26 avril 2026 dans Non classé

Imagine un endroit où chaque bouchée vous fait voyager… Chez Datoni Pronto,  nos pâtes, pizzas et salades sont préparées avec soin pour offrir un vrai  moment de plaisir dans une ambiance tranquille

RENDEZ-VOUS DOUX…

-Petit resto italien…

Avec ses airs de bistro…

Simple déco…

Dans sa timide modernité…

-Je assis là…

Face à la vitrine…

À regarder l’été qui s’instaure…

Après un printemps absent…

-Je suis là…

Je suis bien…

Car elle viendra…

Je l’attends…

-Je regarde l’heure…

Puis la porte…

Qui s’ouvre…

Sur son arrivée…

-Dans son sillon…

La lueur du soleil…

Dans le prisme…

De sa chevelure argentée…

-La brise…

Se plairait à la suivre…

Mais la porte….

Se referme derrière elle…

-Elle s’avance vers moi…

Son sourire…

Me fait déjà défaillir…

J’ai le cœur heureux…

-Le moment est déjà bon…

Devant moi…

Elle s’assoit…

Vision de bonheur…

-L’été est propice à l’amour…

Toutes les saisons…

Le sont avec elle…

Le temps est bon…

-Lunch léger…

Moment heureux…

Douce intensité…

Allégresse de l’instant…

-Dans ses yeux…

Je me mire…

Derrière elle…

Tout l’aura de l’été naissant…

-L’instant d’après…

Aussi savoureux…

Alors que ce début d’été…

Nous allons goûter…

-Main dans la main…

Laissant le bistro…

Où une partie de notre aura…

Flotte encore…

-Les rues avoisinantes…

En amoureux…

Nous allons arpenter…

Humant l’air du temps…

-Heureux…

L’un de l’autre…

Nous savourons…

Le bonheur d’être nous…

Xxx

Kleaude

TÊTE À TÊTE…

Publié: 14 février 2026 dans Non classé

Photographie en niveaux de gris d'une bouteille de vin sur une table photo  – Image gratuite de Bleu sur Unsplash

TÊTE À TÊTE…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Je ne suis pas seul…

Tu y es…

-Je ne suis pas seul…

J’ai tous nos souvenirs…

Je n’oublie pas…

Archives de nous…

-Je me souviens…

De tous nos têtes à têtes…

Tous ces regards…

Au-dessus de la table…

-Je me souviens…

De tous ces sourires…

De tous ces touchers…

Sous la table…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Quand j’allonge le pied…

Je n’y trouve plus le tien…

-Je ne suis pas seul…

J’ai tous nos souvenirs…

Je n’oublie pas…

Archives de nous…

-Je me souviens…

De nos moments les plus fous…

Moments de tous les âges…

Au fil de toute notre existence…

-Je me souviens…

Qu’il fallait toujours…

De beaux couverts…

C’était toujours fête…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Ce soir qu’un couvert…

Ton préféré…

-Je me souviens…

De nos ivresses…

Euphories enjouées…

Ton ricanement…

-Je me souviens…

De ta désinvolture…

À défaire tes cheveux…

Et te délester de tes souliers…

-Je me souviens…

De tes yeux mielleux…

Qui me livraient ton âme…

Et m’offrait ton cœur…

-Je me souviens… De la langueur de tes gestes…

Quand tu te délestais de tout…

Pour tout m’offrir…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Je ne suis pas seul…

Je suis avec nous…

-Je me souviens…

Quand le téléphone sonnait…

Que j’entendais ta voix rieuse…

Qu’on se parlait sans fin…

-Je me souviens…

Quand tu sonnais à la porte…

Pour tout notre univers…

Se partager encore…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Qu’un seul couvert…

Mais le plus beau…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Toujours qu’un seul couvert…

Mais le plus beau…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Un seul couvert depuis trop longtemps…

Mais toujours le plus beau…

-Tête à tête…

Avec ma solitude…

Je ne suis pas seul…

Tu es toujours là…

xxx

Présentation des couverts : astuces pour une table élégante – Covr

FACTUM: L’abnégation / Analyse

Publié: 23 janvier 2026 dans Non classé

https://lemondedupolar.com/factum-labnegation-claude-lemay-au-coeur-de-la-fragilite-humaine/

« Factum – L’abnégation » : Claude Lemay au cœur de la fragilité humaine

janvier 23, 2026

Révélations

Une voix narrative fragmentée : Explorer l’âme meurtrie

Dès les premières pages de « Factum – L’abnégation », Claude Lemay fait un choix audacieux : plonger le lecteur dans une conscience morcelée, où les repères narratifs traditionnels s’effritent pour laisser place à une expérience de lecture viscérale. La voix d’Émile, ce protagoniste aux prises avec ses démons intérieurs, nous parvient par éclats, dans une prose qui épouse les contours d’un esprit en perpétuel état d’alerte. L’auteur québécois ne cherche pas à adoucir cette réalité ; il la présente avec une franchise qui désarçonne. Les phrases se bousculent parfois, se contractent, mimant l’urgence d’une pensée qui ne trouve jamais le repos. Cette écriture saccadée devient rapidement bien plus qu’un procédé stylistique : elle incarne la désorientation existentielle d’un être qui ne parvient pas à trouver sa place dans un monde qu’il perçoit comme fondamentalement hostile.

Ce qui frappe particulièrement dans cette approche narrative, c’est la manière dont Lemay parvient à rendre palpable la souffrance psychologique sans jamais verser dans le pathos. Les monologues intérieurs d’Émile oscillent entre lucidité déchirante et confusion totale, créant un portrait psychologique d’une rare authenticité. L’auteur ne se contente pas de décrire la détresse ; il la fait résonner dans la structure même de ses phrases. Quand le personnage s’affole, la syntaxe se resserre. Quand il trouve un bref répit, la prose respire davantage. Cette correspondance entre forme et fond témoigne d’une maîtrise narrative qui sert l’histoire plutôt que de l’éclipser.

Le récit alterne également entre plusieurs voix – celle d’Émile, de Robert, de Sandrine – offrant ainsi différentes fenêtres sur une même réalité fragmentée. Cette polyphonie narrative enrichit considérablement la lecture en multipliant les angles d’approche. Chaque narrateur apporte sa propre musicalité, son propre rythme, permettant au lecteur de reconstituer progressivement une mosaïque humaine complexe. Lemay démontre ici sa capacité à moduler son écriture selon les consciences qu’il explore, créant une symphonie de voix distinctes qui, ensemble, composent un portrait saisissant de l’abnégation sous toutes ses formes.

Livres de Claude Lemay à acheter

Factum – L’abnegation Claude Lemay

Factum – Le désamour Claude Lemay

Le migrant Claude Lemay

L’autisme au cœur du récit : Théo, entre refuge et tourmente

Claude Lemay aborde la représentation de l’autisme avec une sensibilité qui évite les écueils habituels du sujet. Théo, le fils de Robert Fréchette, n’est pas un simple personnage secondaire destiné à générer de l’empathie facile ; il devient un pilier narratif à part entière, porteur d’une vision du monde radicalement différente. L’auteur s’attache à décrire l’expérience sensorielle de ce jeune homme pour qui la lumière du jour constitue une agression, où le brouhaha quotidien se transforme en cacophonie insupportable. Cette attention aux détails sensoriels – la fraîcheur apaisante de la nuit, l’angoisse face aux espaces lumineux, le besoin impérieux de rituels – confère au personnage une profondeur qui transcende les stéréotypes. Lemay ne propose pas une leçon sur l’autisme ; il invite plutôt à habiter momentanément une conscience pour laquelle les règles sociales ordinaires n’ont aucun sens.

La fugue de Théo constitue l’un des fils narratifs les plus poignants du roman. Arraché à ses repères familiers de Québec pour être transféré dans un CHSLD inadapté, le jeune homme se retrouve propulsé dans un environnement qui nie ses besoins fondamentaux. Sa fuite devient alors un acte de survie, une tentative désespérée de retrouver un équilibre intérieur que les institutions ont fracassé. L’errance qui s’ensuit, décrite avec une intensité remarquable, expose la vulnérabilité extrême des personnes neuroatypiques dans un monde conçu pour d’autres. Les scènes où Théo tente maladroitement d’obtenir de la nourriture, se heurtant à l’incompréhension et à l’hostilité des passants, résonnent d’une douloureuse vérité. Lemay ne détourne jamais le regard de cette détresse, mais il sait également ponctuer le récit de ces rares moments de grâce où la compassion surgit, inattendue.

Ce qui rend le traitement du personnage particulièrement juste, c’est la manière dont l’auteur articule la perspective de Théo avec celle de son père. Robert porte le poids de cet amour paternel qui doit constamment composer avec l’impossibilité de la communication conventionnelle. Leur relation devient le symbole même de l’abnégation annoncée dans le titre : un père qui accepte les visites nocturnes parce que c’est le seul moment où son fils tolère sa présence, qui lutte contre un système bureaucratique indifférent aux particularités individuelles. Lemay dessine ainsi un portrait familial où l’amour s’exprime moins par les mots que par l’adaptation permanente, la vigilance constante, le renoncement à ses propres besoins au profit de ceux de l’autre.

Les liens qui soutiennent : Quand l’abnégation devient salvatrice

Au-delà des tourments individuels, « Factum – L’abnégation » tisse une toile de relations humaines où l’entraide n’a rien de spectaculaire, mais tout de profondément nécessaire. Robert Fréchette incarne cette forme discrète de générosité qui ne cherche ni reconnaissance ni applaudissements. Son engagement envers Émile dépasse largement le cadre professionnel qui les a initialement réunis. Il y a dans ce lien entre l’ancien enquêteur et le jeune homme sorti de prison quelque chose qui relève d’une paternité élective, un mentorat qui refuse les grandes déclarations pour privilégier les gestes concrets : trouver un logement, dénicher un emploi, offrir une présence rassurante dans les moments de doute. Lemay montre comment ces actes apparemment banals deviennent les fondations sur lesquelles une vie peut se reconstruire.

La relation entre Robert et Sandrine ajoute une autre dimension à cette exploration de l’abnégation. Anciens partenaires d’enquête, ils partagent une complicité forgée dans l’adversité professionnelle, mais c’est dans la vulnérabilité que leur lien trouve sa véritable profondeur. La scène où Sandrine prend Robert dans ses bras alors qu’il s’effondre sous le poids de l’inquiétude pour son fils constitue un moment de grâce narrative. L’auteur y déploie une intimité émotionnelle qui n’a rien de forcé, où le désir naissant entre les deux personnages émerge naturellement de la compassion partagée. Cette progression vers l’amour, ancrée dans la reconnaissance mutuelle de leurs fragilités respectives, évite l’écueil du romantisme facile pour offrir quelque chose de plus authentique : deux solitudes qui s’apprivoisent.

Même les personnages périphériques participent à ce réseau d’humanité. Audrey, la voisine d’Émile prisonnière d’une relation toxique, trouve en lui une écoute sans jugement. La jeune employée du resto de beignes qui offre un muffin à Théo affamé, la femme qui le recueille dans la rue – autant de petits gestes qui contredisent l’hostilité générale du monde. Lemay construit ainsi un contrepoint essentiel : si la société dans son ensemble peut se montrer impitoyable envers ceux qui ne rentrent pas dans le moule, des individus conservent cette capacité de voir l’autre dans sa détresse et d’y répondre. L’abnégation se révèle contagieuse, créant une chaîne de solidarité souterraine qui traverse le roman comme un fil d’espoir tenace.

La dualité des perspectives : Émile, Robert et Sandrine

L’architecture narrative de « Factum – L’abnégation » repose sur un jeu de miroirs entre trois consciences distinctes qui se répondent, se complètent et parfois se contredisent. Émile occupe l’espace le plus torturé du récit, celui d’une psyché fracturée par un passé traumatique et des troubles obsessionnels qui le submergent régulièrement. Sa vision du monde, teintée de paranoïa et d’incompréhension face aux codes sociaux, contraste radicalement avec celle de Robert Fréchette. L’ancien enquêteur, lui, observe les événements avec le recul d’un homme qui a passé sa vie à démêler les fils emmêlés de l’existence humaine. Sa narration respire une sagesse fatiguée, celle de quelqu’un qui a vu trop de misère pour s’en étonner encore, mais qui refuse néanmoins de baisser les bras. Cette alternance crée une tension narrative féconde : là où Émile ne perçoit que menaces et confusion, Robert discerne des patterns, des explications, une possibilité de rédemption.

Sandrine apporte la troisième voix, celle de l’enquêtrice méthodique dont le regard professionnel se heurte constamment à l’implication émotionnelle. Formée à l’école de Robert, elle incarne une génération de policiers qui doit conjuguer instinct et technologies modernes, mais surtout qui peine à tracer la frontière entre devoir professionnel et attachement personnel. Ses chapitres révèlent les coulisses d’une investigation qui n’est jamais purement rationnelle, où les amitiés compliquent les enquêtes, où les sentiments naissants brouillent le jugement. Lemay exploite habilement cette position inconfortable : Sandrine doit interroger Émile tout en sachant l’importance qu’il revêt pour Robert, son ami et peut-être davantage. Cette triangulation des points de vue permet à l’auteur d’éviter le piège du récit linéaire et d’insuffler une complexité qui enrichit considérablement la lecture.

Ce qui rend ce dispositif particulièrement efficace, c’est que chaque narrateur détient des informations que les autres ignorent, créant ainsi une mosaïque où le lecteur assemble progressivement les pièces d’un puzzle humain. Émile cache ses démons, Robert dissimule ses angoisses paternelles, Sandrine tait ses doutes professionnels. Ces silences stratégiques, ces zones d’ombre que chacun préserve, donnent au roman son épaisseur psychologique. L’auteur évite le piège de l’omniscience narrative pour privilégier une vérité fragmentée, plus proche de notre expérience réelle où nous ne connaissons jamais entièrement les motivations d’autrui ni même les nôtres.

L’environnement social comme miroir : Marginalité et incompréhension

Claude Lemay dresse un portrait sans fard d’une société qui rejette instinctivement ce qui la dérange. Les scènes où Émile et Théo se heurtent à l’hostilité collective résonnent d’une violence ordinaire particulièrement glaçante. Dans le stationnement du restaurant rapide, lorsqu’Émile fouille les poubelles pour se nourrir, la réaction des clients ne se limite pas à l’indifférence : elle bascule dans l’agression ouverte, les insultes qui fusent, les détritus lancés comme des projectiles. L’auteur capte cette dynamique de meute où la présence d’un être marginal libère une cruauté latente, comme si la visibilité de la détresse d’autrui constituait une offense personnelle. Cette observation sociale traverse l’ensemble du roman, révélant comment l’exclusion se nourrit d’elle-même, transformant les victimes en cibles légitimes du mépris ambiant.

Le traitement réservé à Théo lors de sa fugue amplifie encore cette réflexion. Affamé, désorienté, le jeune homme ne cherche qu’à survivre, mais chacune de ses tentatives d’interaction se solde par le rejet ou la violence. Au resto de beignes, sa simple présence déclenche une indignation disproportionnée, révélant cette incapacité collective à reconnaître la différence autrement que comme une menace. Lemay ne verse jamais dans le discours moralisateur ; il préfère montrer plutôt que démontrer, laissant les faits parler d’eux-mêmes. Les rares moments de compassion – la jeune employée qui offre un muffin, la femme qui tend la main à Théo au sol – brillent par leur rareté même, soulignant à quel point l’empathie spontanée demeure l’exception plutôt que la règle.

L’univers bureaucratique n’est pas épargné par cette critique implicite. Le transfert de Théo d’une résidence adaptée vers un CHSLD inadéquat illustre comment les décisions administratives, prises au nom de l’efficacité gestionnaire, broient les trajectoires individuelles sans états d’âme. Les institutions censées protéger les plus vulnérables deviennent les instruments de leur déshumanisation. Robert se bat contre cette machinerie froide qui impose des horaires de visite incompatibles avec les besoins nocturnes de son fils, révélant l’absurdité d’un système qui privilégie les règlements standardisés au détriment des réalités humaines. À travers ces situations, Lemay compose une fresque sociale où la marginalité n’est pas tant un état qu’une condamnation collective, perpétuellement renouvelée par l’indifférence institutionnelle et l’hostilité populaire.

Orchestration narrative au service de l’émotion

Claude Lemay construit son récit par strates successives, refusant la linéarité chronologique au profit d’une temporalité éclatée qui épouse les méandres de la mémoire et du trauma. Les chapitres alternent entre présent et passé, entre conscience fragmentée et souvenirs resurgissants, créant un rythme narratif qui maintient le lecteur dans un état de tension productive. Cette structure en mosaïque ne relève pas d’un artifice gratuit : elle reflète fidèlement l’expérience intérieure de personnages dont l’existence même est marquée par la discontinuité. Lorsqu’Émile revit l’épisode traumatique chez la dame à la bibliothèque, le récit bascule sans avertissement dans une scène qui n’est révélée que progressivement, forçant le lecteur à reconstituer les événements en même temps que le protagoniste lutte contre ses propres démons.

L’utilisation de séparateurs typographiques – ces lignes qui segmentent les chapitres en courtes séquences – participe également de cette esthétique de la rupture. Chaque section respire comme un fragment autonome, une vignette qui capture un moment d’intensité avant de céder la place à une autre perspective, un autre temps, une autre conscience. Cette technique confère au roman une qualité cinématographique, où les coupes franches entre séquences amplifient l’impact émotionnel plutôt que de le diluer. Le lecteur n’a jamais le temps de s’installer confortablement dans une situation ; il est constamment projeté ailleurs, maintenu en équilibre instable, à l’image des personnages eux-mêmes qui naviguent dans un monde qui refuse de leur offrir le moindre ancrage durable.

L’enchevêtrement des intrigues – l’enquête de Sandrine sur un meurtre, la disparition de Théo, la réinsertion difficile d’Émile, la relation naissante entre Robert et Sandrine – crée une polyphonie narrative où chaque fil tire les autres. Lemay orchestre ces différentes lignes avec une habileté qui évite la surcharge tout en maintenant une densité narrative soutenue. Les révélations arrivent par touches successives, jamais toutes à la fois, préservant jusqu’aux dernières pages des zones d’ombre qui titillent la curiosité sans verser dans le procédé manipulateur. Cette économie dans la révélation des informations démontre une conscience aiguë du tempo romanesque, où chaque élément divulgué doit servir simultanément l’intrigue et l’exploration psychologique des personnages.

Thématiques universelles : Solitude, rédemption et humanité

La solitude imprègne chaque page de « Factum – L’abnégation » comme une basse continue, cette note grave qui résonne sous la mélodie apparente. Émile, Théo, Robert, chacun habite une forme particulière d’isolement qui le coupe du reste du monde. Pour Émile, c’est l’incapacité fondamentale à décoder les règles sociales qui le condamne à l’exclusion ; pour Théo, c’est sa neurologie même qui érige des murailles entre lui et les autres ; pour Robert, c’est le poids d’un amour paternel qu’il ne peut partager pleinement avec un fils inaccessible. Lemay explore ces solitudes sans chercher à les résoudre artificiellement, reconnaissant que certains isolements ne se guérissent pas mais s’apprivoisent. Les moments de connexion véritable – une main tendue, un regard qui comprend, une présence silencieuse qui réconforte – acquièrent ainsi une valeur inestimable dans un univers où ils constituent l’exception plutôt que la norme.

La question de la rédemption traverse le roman avec une subtilité qui refuse les raccourcis faciles. Émile porte le fardeau d’un passé violent dont les contours se dévoilent graduellement, et sa tentative de réinsertion sociale se heurte constamment aux regards suspicieux, aux jugements hâtifs, à cette étiquette indélébile que la société appose sur ceux qui ont franchi certaines lignes. L’auteur interroge ainsi la possibilité même du recommencement : peut-on véritablement repartir à zéro quand le monde refuse d’oublier ? La relation entre Robert et Émile offre une réponse nuancée, suggérant que la rédemption ne s’obtient pas par un grand geste spectaculaire mais se construit patiemment, jour après jour, dans l’accumulation de petites victoires contre le chaos intérieur. Robert, en continuant à croire en Émile malgré les zones d’ombre, incarne cette foi têtue en la capacité de transformation humaine.

Au cœur de ces thématiques réside une interrogation fondamentale sur ce qui définit notre humanité. Lemay démontre que celle-ci ne se mesure pas à la conformité sociale ou à l’absence de troubles, mais à cette capacité de ressentir, de souffrir, d’aspirer à mieux malgré les obstacles. Théo, dans son autisme sévère, n’en est pas moins profondément humain dans son besoin de sécurité et ses terreurs nocturnes. Émile, malgré ses accès de violence incontrôlée, cherche désespérément un espace où exister sans faire de mal. Le roman devient ainsi une méditation sur les multiples façons d’être humain dans un monde qui valorise une norme étroite, suggérant que l’abnégation du titre désigne peut-être aussi cette nécessité d’abandonner nos préjugés pour accueillir l’autre dans sa différence irréductible.

L’abnégation comme fil conducteur

Le titre « Factum – L’abnégation » prend tout son sens lorsqu’on réalise que ce renoncement à soi irrigue chaque relation, chaque geste, chaque décision des personnages. L’abnégation se décline ici sous de multiples formes : Robert qui sacrifie sa tranquillité pour être présent auprès de son fils aux heures impossibles, Sandrine qui balance entre ses obligations professionnelles et son attachement grandissant, Émile qui lutte quotidiennement pour maîtriser ses pulsions destructrices. Lemay ne présente jamais ces renoncements comme des actes héroïques dignes d’admiration béate, mais plutôt comme les ajustements nécessaires qu’impose la vie en communauté lorsqu’on refuse d’abandonner ceux qui vacillent. Cette vision de l’abnégation, ancrée dans le quotidien et dénuée de grandiloquence, touche précisément parce qu’elle résonne avec l’expérience de chacun.

« Factum – L’abnégation » s’inscrit dans une littérature canadienne-française qui n’hésite pas à plonger dans les zones d’ombre de l’existence, refusant le confort des dénouements faciles ou des leçons de morale prédigérées. L’auteur québécois propose une œuvre qui interpelle par son honnêteté émotionnelle et sa capacité à maintenir plusieurs registres simultanément : le polar psychologique, le drame familial, l’exploration de la santé mentale, la réflexion sociale. Cette polyphonie thématique aurait pu verser dans la confusion, mais Lemay parvient à maintenir une cohésion grâce à son écriture incarnée qui privilégie toujours l’expérience vécue des personnages sur les considérations abstraites. Le roman fonctionne ainsi à plusieurs niveaux de lecture, offrant au lecteur pressé une intrigue suffisamment prenante tout en réservant aux plus attentifs des strates de signification qui enrichissent considérablement l’expérience.

La portée de cette œuvre réside peut-être dans sa capacité à rendre visible ce que la société préfère ignorer : la fragilité psychologique, la marginalité imposée, les failles institutionnelles qui broient les plus vulnérables. Sans jamais monter en chaire, Lemay compose un témoignage littéraire qui interroge notre rapport collectif à la différence et à la souffrance mentale. Le lecteur referme ce livre avec une conscience aiguisée de ces existences qui se débattent en marge, de ces solitudes qui cherchent désespérément une main à saisir. « Factum – L’abnégation » nous rappelle que l’humanité se mesure moins à nos succès individuels qu’à notre capacité de ne pas détourner le regard face à la détresse d’autrui, même lorsque cette détresse nous met profondément mal à l’aise.

Mots-clés : Autisme, marginalité, santé mentale, abnégation, littérature québécoise, polar psychologique, exclusion sociale


Extrait Première Page du livre

» CHAPITRE 1

MONDE HOSTILE

Je me sens perdu. Perdu en pleine ville. Une ville que je connais, mais que je ne reconnais pas tout à fait. Je suis là dans ce parc. J’aime sa proximité à la rivière. J’ai toujours été fasciné par le tumulte de l’eau. La fluidité de ce brouhaha m’apaise. J’aime regarder l’eau couler. À la dérive, elle nage sur elle-même inlassablement. Je me questionne sur son origine et rêve à ses destinations. J’aime ces lieux. Ils sont pour moi une finalité en soi. Je ne sais pas avoir d’autres attentes, du moins dans le présent. Tantôt sera un autre présent. Le seul, alors que le précédent ne sera plus.

À cette heure-ci, le parc s’anime. J’aime moins. Il y a deux affluents qui se croisent. Ceux qui comme moi y ont passé la nuit. Puis ceux qui arrivent, comme s’il n’y avait pas eu quelqu’un d’autre tout juste avant. La mouvance se fait comme une marée. Je migre aussi, guidé par l’heure et la faim.

Le soleil culmine. J’ai déjà chaud, alors que je quitte le couvert des arbres pour fouler le ciment. Je me guide par instinct en suivant les effluves. L’odeur de friture flotte comme un gros nuage sous la brume qui se dissipe. De son ardeur, le soleil est bien déterminé à imposer la première canicule de l’été. Pourtant, je sens l’orage, mais celle-ci m’est intérieure. C’est toujours si tumultueux en moi. Il y fait toujours rage, comme au plus profond d’un volcan. Ça m’habite. C’est latent. C’est dans ma tête.

Là, c’est mon estomac qui m’anime. J’ai faim. Ça m’obnubile. C’est ma quête actuelle, comme celle des mouettes que je rejoins dans cette mer asphaltée zébrée de lignes jaunes. J’imite les volatiles en regardant les bacs bruns, pas encore gorgés. Je ne suis que mon appétit que j’essaie de contenir en latence. Je bave de voir ceux qui s’empiffrent dans leurs autos. J’aperçois une petite famille dans une minifourgonnette un peu plus loin. Je m’approche, me voulant discret. Je suis manifestement gêné. Je ne sais le dissimuler. Je sais que de mendier est critiquable pour certains. Comme s’il y avait ceux qui vivent pleinement et les autres en marge qui ne devraient pas aspirer à mieux. «


Page officielle : claudelemay.ca

Résumé

« Factum – L’abnégation » entrecroise les destins de trois personnages meurtris par la vie : Émile, un jeune homme aux prises avec des troubles psychologiques qui tente de se réinsérer après la prison ; Robert Fréchette, ancien enquêteur dévoué à son fils Théo, un jeune autiste sévère brutalement transféré dans un établissement inadapté ; et Sandrine, enquêtrice partagée entre son travail et ses sentiments naissants pour Robert. Lorsque Théo disparaît en fugue, leurs chemins se croisent dans une quête bouleversante.
Claude Lemay tisse un récit polyphonique qui explore la marginalité, l’exclusion sociale et les multiples visages de l’abnégation. À travers une écriture fragmentée qui épouse les consciences torturées de ses personnages, l’auteur québécois interroge notre rapport collectif à la différence et à la vulnérabilité. Entre polar psychologique et drame familial, ce roman dévoile avec une rare sensibilité les failles d’un système qui broie les plus fragiles tout en célébrant ces gestes discrets de solidarité qui sauvent.

Manuel Meszarovits

Le Monde du Polar (France)

Factum - L'abnegation de Claude Lemay

L’ÉCHO DES RAILS…

Publié: 1 novembre 2025 dans Non classé

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L’ÉCHO DES RAILS…

-Je viens en solitaire…

Je le suis toujours dorénavant…

Depuis que je me sens largué…

De ce monde trop illuminé…

-Petit à petit…

Je comprends…

Ce malaise…

Qui m’habitait…

-Tu étais d’ici…

Tu es venue là-bas…

Pour faire ta vie…

En quête d’épanouissement…

-Tu étais jeune…

Ne sachant pas encore…

Qui tu étais…

Encore moins celle que tu voulais être…

-Ici dans ton bled charmant…

Comme tu l’appelles…

Tu t’y reconnais trop bien…

Pour savoir être l’autre…

-Cette qui couvait en toi…

Celle que tu voulais découvrir…

En la façonnant d’expériences…

Qu’il te manquait de vivre…

-Je me souviens la fois…

Où tu m’avais dit…

Que tu avais tant à vivre…

Que tu ne saurais te contenter d’exister…

-Tu étais artiste…

Ta flamme pilote…

En était une créatrice…

Elle te brûlait l’âme…

-Plus d’une fois…

Tu l’as vendue…

Pour voir jusqu’où…

Tu pourrais aller…

-Ta flamme…

Aussi ardente que le volcan…

Te gardais dans cette effervescence…

Aussi euphorique que déstabilisante…

-Tu ne savais…

Qu’être intense…

Le reste…

N’en voulait pas la peine…

-Alors tu es partie pour là-bas…

Là-bas…

Cette grande ville effervescente…

Où rien ne semble se vivre à moitié…

-Chaque oasis…

A ses mirages…

On peut tant…

Se perdre dans la déroute…

-Mais avant de s’y perdre…

Il est exaltant…

D’emprunter le labyrinthe…

Celui des prismes déformants…

-Mais l’exaltation…

Est bonne à ressentir…

Elle nous insuffle…

Le sentiment d’être…

-N’en définissant pas pour autant…

Qui l’on est…

Si ce n’est que…

Ce qu’on projette…

-On dit que vivre…

Doit être exaltant…

La passion est exaltante…

Mais n’est-elle qu’excessive…

-À ne voir que…

Les feux d’artifices la nuit…

En vient-on…

Moins voyant le jour…

-Les influences de nuit…

Où d,un monde extrême…

Ne sont-elles qu’exutoires…

Ça dépend si on n’y fait qu’errer…

-Monde d’artifices…

Mirages et leurres…

Quand on fait de ce virtuel…

Notre réalité imaginaire…

-Et là-bas…

J’y étais…

Et on s’y est rencontrés…

Pour y errer ensemble…

-Chacun s’imaginant…

Avoir des aspirations à assouvir…

Alors que les assouvir…

Ne les comble pas nécessairement…

-La vie est une quête…

Où de nouvelles attentes…

Se créent à chaque pulsation…

Du cœur qui cherche son âme…

-Celle qu’on en vient à oublier…

Celle qu’on a négligé d’arroser…

Pour qu’en nous germe…

Sa magnificience…

-Mais l’âme…

N’est que latence…

L’âme ne cause pas de palpitations…

Elle n’attend que d’émerger…

-Alors que trop souvent…

On la perd…

Parfois elle s’éteint…

Dans une profonde léthargie…

-À trop vouloir vivre…

On vient insensible…

À sa détresse…

On ne l’entend plus…

-On lui fait la sourde oreille…

Pour ne plus entendre ses lamentations…

On parle des cris du cœur…

Alors qu’on tait les hurlements de l’âme…

-Vols nocturnes…

À planer au-dessus du monde…

On se donne l’impression…

De le dominer…

-C’est surtout qu’à la pénombre…

Tout s’atténue…

Alors qu’au réveil…

Tout est trop éblouissant…

-Telle la chauve-souris…

Qui hante les forêts la nuit…

Tu auras le réflexe…

De te cacher le jour…

-Et ces jours…

Même et surtout…

Peuvent devenir harassants…

Quand nous ne savons devenir…

-Avoir tout fait pour être…

Alors qu’on n’a pas su…

Faire germer le nous en nous…

Cruelle déception…

-À trop se chercher…

On se perd…

C’est si effrayant…

De ne savoir être…

-Ici comme tous tes ailleurs…

Tu ne sais être…

Ni même devenir…

Alors que tu y aspires tant…

-L’un pour l’autre…

Ange ou démon…

Nous pataugions…

Dans les mêmes ténèbres…

-Puis il y eu cet aurore…

Ou au lever du jour…

Tu n’étais plus là…

Plus là…

-Après t’être tant cherchée…

Sans t’avoir trouvée…

Tu es retournée…

Dans ton charmant petit bled…

-La quête de soi…

Comme bien des ruées vers l’or…

Ont laissé bien des prospecteurs…

Revenir bredouilles et penauds…

-On m’a dit…

Que tu avais embarqué…

Dans un train…

Qui mène à ton bled…

-Comme trop souvent…

Sur le chemin des rails immuables…

Il n’y a qu’ici…

Ou là-bas…

-On ne peut bifurquer…

Entre l’avant et la suite…

Comme si le destin…

N’était tracé qu’en ligne droite…

-Ton essence même…

Ton âme d’artiste…

Aurait tant voulu…

S’égarer sur de petits chemins alternatifs…

-On m’a dit…

Qu’au bout des rails…

Rendue à ton charmant bled…

Tu t’y es couchée…

-La nuque et les jambes…

Sur le fer froid et dur…

Pour bien ressentir les vibrations…

Du prochain train à venir…

-Depuis lors…

À cet endroit précis…

On dit que les rails rouillent…

Oxydés du rouge de ton âme meurtrie…

-Moi par ici…

Le lendemain je suis venu…

Pour voir ton charmant bled…

Pour ressentir celle que tu étais…

-Depuis lors…

J’erre ici et là…

Le long de ce chemin de fer…

Qui t’aura rapproché et éloigné de moi…

-Ces rails…

Aussi durs…

Comme tant d’existences…

Qui se cherchent…

-Qui cherchent leur âme…

Sans en remarquer la représentation…

En cette petite fleur aux couleurs vives…

Qui sait pousser dans la roche et le cambouis…

-Je reste ici…

Aux alentours…

À regarder les rails rouiller…

Car je sais bien…

-Oui je sais…

Que ton cœur et ton âme…

Rongent le rail…

Que trop de limites t’aura imposées…

-Ce chemin de fer détruit…

On saura peut-être alors…

Tracer de nouveaux parcours…

Où plus se reconnaîtront…

-Sans avoir pu sauver ton âme…

Tu auras été l’architecte.

D’un monde moins stigmatisé…

De tant de rigueurs immuables…

-Moi je reste ici…

À errer dans ton charmant petit bled…

Me berçant de mes songes de toi…

Espérant que le prochain train déraillera…

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Communiqué de presse – Roman policier et drame psychologique

Factum – L’abnégattion

de Claude Lemay


Un roman sur les failles de l’âme humaine.

L’histoire d’une culpabilité à multiples facettes.

Septembre 2025_Après le succès public de son polar et drame psychologique Factum – Le désamour, – roman remarqué lors du Salon international du livre de Québec en 2023–, l’écrivain Claude Lemay signe un deuxième volet de Factum où émotions fortes, suspense et procédure policière sont de nouveau au rendez-vous. En librairie le 17 septembre 2025, Factum – L’abnégation continue de suivre le personnage d’Émile Ducharme, un repris de justice qui se trouve projeté dans une affaire de meurtre impliquant une personne autiste.

Qui a tué Marguerite Deblois, citoyenne sans histoires ? Et pourquoi Émile, enfin libéré de prison, s’est-il empressé d’endosser la responsabilité de ce crime ? Quelque peu mystérieuses, les circonstances entourant cette affaire se révèlent encore plus dramatiques lorsqu’on apprend qu’elles pourraient être liées à la fugue du fils de l’ex-enquêteur de la SQ Robert Fréchette : le jeune homme s’est en effet enfui du CHSLD où il avait été transféré après la fermeture de son institution d’accueil. Aujourd’hui à la retraite, Fréchette peut heureusement compter sur sa partenaire d’autrefois, l’enquêtrice Sandrine Tremblay, pour faire la lumière sur les faits…

Comme à son habitude, l’auteur analyse les crises et les paradoxes de notre société. Avec le savoir-faire qu’on lui connaît en matière de psychologie, il dépeint au rythme d’une intrigue tantôt surprenante, tantôt bouleversante, les mille et une nuances de l’âme humaine. Par les points de vue de différents personnages, Claude Lemay relate tout autant une tragédie familiale qu’une enquête menée de façon rigoureuse pour découvrir le vrai coupable d’un meurtre qui pourrait être survenu par accident.

Porté par un suspense intense, L’abnégation raconte la dérive d’un être troublé. Mais derrière la tension policière et le mystère de l’identité du véritable assassin se cachent aussi un constat troublant sur la souffrance mentale. À l’instar du volet précédent, ce deuxième Factum met l’accent sur les facteurs humains et les conséquences d’un encadrement défaillant et inadéquat. Tout en divertissant le lecteur, L’abnégation incite ainsi à réfléchir et à cultiver l’empathie plutôt que le jugement hâtif.

Claude Lemay : un insatiable curieux qui écrit depuis toujours !

Touche-à-tout polyvalent originaire de Montréal, Claude Lemay est aussi un amoureux des mots. En parallèle de sa carrière d’entrepreneur dans le domaine industriel, il a embrassé l’écriture de fiction et a signé depuis 2009 près d’une dizaine de romans où se ressentent les influences de Stephen King, du roman policier et des grandes histoires de Michel David. Dans ses œuvres, la perception des sentiments face aux situations émotives l’emportent sur l’action « pure et dure ». Claude Lemay aime mettre en scène des personnages attachants, et jouer avec les paradoxes et la dualité propres aux êtres humains. Après les trois volets de La barjot, publiés en 2012 et 2013, il a signé Moi en trois temps, puis Le migrant et Factum – Le désamour. Factum – L’abnégation est son 9e roman.

Claude Lemay – Factum – L’abnégation – Drame psychologique & roman policier

Les éditions de l’Apothéose – 170 p.[SL1] – ISBN (papier) : 978-2-89878-036-3 – 19,95 $[SL2] [CL3]

En librairie le 17 septembre 2025

www.claudelemay.ca

– 30 –

Relations de presse : Dominique Lalande / dola@dolacommunications.com / 418 261-3045


À valider.

À valider.

[CL3]$19,95

ESPOIR…

Publié: 26 juin 2025 dans Non classé

ESPOIR…

-Toi…

Qui attends le soleil…

Alors que dehors…

C’est encore la grisaille…

-Toi…

Qui attends le soleil…

As-tu déjà…

Regardé la pluie…

-Vois-tu…

La magnificence des gouttes…

Qui perlent sur la vitre…

Pour suivre son tracé…

-Vois-tu…

La pluie portée par le vent…

Toutes en effluves…

Ou en bourrasques…

-Vois-tu…

Cette pluie…

Essence même…

De l’eau…

-Vois-tu…

Cette pluie…

Qui ruisselle…

Jusqu’au caniveau…

-Vois-tu…

Cette eau…

Qui du fossé…

Se rendra à la rivière…

-Vois-tu…

Le tumulte des rapides…

Ou le calme plat…

Du lac qui somnole…

-Vois-tu…

Cette eau…

Se hérisser…

Sous le vent…

-Ce vent…

Qui se lève…

Venu du large…

Pour lécher la berge…

-Vois-yu l’eau…

Qui sous le soleil…

Que tu attends…

Miroiter des parcelles d’étoiles…

-Toi qui observe…

N’attends plus…

Savoure tout le beau…

Qui t’entoure déjà…

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MÊME SI…

Publié: 25 Mai 2025 dans Non classé

Après une rapide reprise dans certains secteurs, la croissance s'annonce  moins dynamique | economiesuisse

MÊME SI…

-Même si…

Le monde vacille…

Il y a de ces êtres…

Qui nous garde en équilibre…

-Il y a de ces humains…

Qui sont lumières…

Qui irradient le monde…

Pourtant des plus gris…

-Même si…

Il y en a d’autres…

Qui crée le chaos…

Pour nous plonger dans l’abime…

-Même si…

Tant de despotes…

Veulent tout dominer…

Qu’ils sont prêts à tout détruire…

-Même si…

Tant d’autres…

Pour autant dominer…

Sont prêts à appauvrir tous les autres…

-Même si…

Tant de despotes…

Ont voulu dominer à outrance…

Autant de capitalisme que de communisme…

-Même si…

Les humains ont voulu…

Tout conquérir…

Et tout dominer…

-Même si…

Demain en est devenu incertain…

Alors que même les gouvernements…

Usurpent leur peuple…

-Même si…

Et malgré tout ça…

Je vois la beauté…

D’un lever ou d’un coucher de soleil…

-Même si…

Et malgré tout ça…

Et même s’il se perd…

Le monde est beau…

-Quand je te vois toi…

J’ai le cœur heureux…

Quand je te vois…

Câliner tes animaux…

-Je te vois toi…

Et je t’admire…

Quand par tes habitudes de vie…

Tu prends soin de ton environnement…

-Je te vois toi…

Toujours là pour les tiens…

Toujours présente pour tes amis…

Toi mon être de lumière…

-Je te vois toi…

Là entourée de compagnons de travail…

Je peux palper toute l’appréciation…

Qu’ils ont pour toi…

-De l’appréciation…

Du respect…

De la reconnaissance…

Et moi je vois tout ça…

-Et moi…

Pour toi…

J’en éprouve…

Tout autant…

-Et de toi…

Je suis si fier…

Si heureux…

D’être là avec toi…

-Être de lumière…

Tu es pour moi…

Toi qui fait de moi…

Un meilleur humain…

-Pourtant je sais bien…

Que toi aussi…

Tu as tes zones grises…

J’en suis conscient…

-Je perçois parfois…

Ta vulnérabilité…

Tu me l’as offerte…

Comme une si belle offrande…

-Mais celle…

Que tu sais être…

Je l’en admire…

D’autant plus…

-Tu es là…

Et moi si fier…

D’être à tes côtés…

D’être avec toi…

-Toi…

Mon être de lumière…

Ma foi en l’humanité…

Merci d’être là…

Xxx

Kleaude

Gratitude Quotes