Alive and kicking

« Malheur à ceux, m’écriais-je, qui se servent du pouvoir qu’ils ont sur un cœur pour lui ravir les jouissances pures qui y germent d’elles-mêmes ! »
Johann Wolfgang von Goethe, Les souffrances du jeune Werther, 1774.
Que l’on soit érudit ou même simple d’esprit, il n’est pas interdit de penser que les deux adaptations inspirées de l’œuvre de Mary Shelley sont deux constituants d’un même corps. « Frankenstein » en serait le cerveau, la tête pensante, et « la Fiancée de Frankenstein » pourrait être le cœur. « Plus complexe que tous les autres organes du corps » nous dit bien le Docteur Pretorius qui vient prêter main forte au baron dans la poursuite de son projet dément. Mais de quel corps parle-t-on ? Celui de James Whale est une hypothèse à considérer. « La Fiancée de Frankenstein » est son œuvre de bout en bout, son bijou, un film pour lequel Carl Laemmle Jr, en charge de la section épouvante de la Universal, lui laissa les coudées franches. « La Fiancée de Frankenstein » est à « Frankenstein » ce que « Batman, le défi » sera plus tard à « Batman » pour Tim Burton, un film personnel, une chance unique, un miroir dans lequel le cinéaste peut se regarder en face sans frémir.
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