LA VIE FAMILIALE ET SOCIALE DES INDIENS NAMBIKWARA.
Par C. LÉVI-STRAUSS.
(Planche I -VU.)
Introduction.
Le nom des Nambikwara apparaît dans la littérature ethnologique dès le xviii6 siècle ; mais il nous paraît inutile de compiler ici des références qui se réduisent à une citation plus ou moins déformée du nom tribal, et à l'indication approximative du territoire occupé par le groupe. En fait, et si l'on excepte leur nom qui semble être un sobriquet d'origine Tupi(1), les Nambikwara sont restés pratiquement inconnus jusqu'à l'époque de leur découverte officielle, en 1907, par le général (alors colonel) Candidio Mariano da Silva Rondon. A partir de cette date, on est directement ou indirectement redevable à la Commission Rondon de toutes les informations disponibles sur leur compte.
On sait qu'en 1907, le colonel Rondon reçut du Gouvernement brésilien la mission d'explorer les territoires qui s'étendent, sur i.5oo kilomètres environ, de la bourgade de Diamantino jusqu'au Rio Madeira. Cette campagne devait précéder la construction d'une ligne télégraphique stratégique reliant la capitale fédérale aux postes-frontière du Nord-Ouest. Au cours d'une première expédition commencée en 1 907, Rondon réussit à atteindre le Juruena, formateur principal du Tapajoz resté jusqu'alors inconnu. Cette découverte eut lieu le 20 octobre; une seconde expédition, commencée en 1908, permit l'ouverture d'une route de terre vers le Madeira. C'était le premier objectif de la mission confiée au général Rondon ; sa réalisation se place le 2 5 décembre 1909. C'est au cours de ces deux expéditions qu'un contact fut, pour la première fois, établi avec les Nambikwara.
La pose de la ligne télégraphique se poursuivit à travers les territoires indigènes de 1909 à 1916 environ. Pendant cette période et depuis lors, il y eut des relations régulières, bien qu'intermittentes, entre les Indiens et les membres de la Commission télégraphique : officiers du génie, soldats
SOCIÉTŠ DES AMÉRICANISTES, I9/18. 1



















