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Harold Acton

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Harold Acton
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
FlorenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalités
britannique (jusqu'au )
britanniqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Formation
Christ Church
Wixenford School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Arthur Acton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfant
Liana Beacci (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.
La Pietra

Harold Mario Mitchell Acton ( à la Villa La Pietra) est un écrivain, universitaire, sinologue, collectionneur d'art et dilettante anglo-américain qui passe la majeure partie de sa vie en Toscane. Il inspire le personnage d'Anthony Blanche à Evelyn Waugh dans son roman Retour à Brideshead (1945).

Tout comme Bernard Berenson quarante ans avant lui, Harold Acton est l'une des personnalités les plus célèbres des « Anglo-Américains de Toscane » et sa Villa La Pietra devient le lieu de passage obligé de toute une société intellectuelle, mondaine et cosmopolite, à l'instar de la Villa I Tatti en son temps.

La Pietra : la façade principale

Jeunesse, décadence et poésie

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Acton naît le dans une famille anglo-italienne. Son père est le collectionneur d'art Arthur Acton (1873-1953) et sa mère, Hortense Mitchell (1871-1962) est l'héritière d'une importante famille de banquiers de Chicago[1]. La fortune des Mitchell leur permet d'acheter la remarquable Villa La Pietra, sur les hauteurs de Florence, où Harold vit presque toute sa vie et qu’il lègue après sa mort à l'université de New York. Les seuls meubles modernes dans la villa se trouvent dans les nurseries et son évacués lorsqu'Harold et son frère William (1906-1945) grandissent[1],[2],[3.1].

Adolescent, il est présenté à Diaghilev, Jean Cocteau, Max Beerbohm, Charles Ricketts et Reggie Turner, un ami d'Oscar Wilde[4].

Durant ses études à Eton, à partir de 1918, il se forge une réputation d'esthète en compagnie de Brian Howard, un de ses amis ouvertement homosexuel. Ensemble, ils éditent un magazine littéraire appelé Eton Candle qui publie les poèmes d'Acton[2]. Brian et Harold sont très critiques de la « virilité philistine » des Anglais, et surtout celle de leurs pères respectifs, tous les deux colériques[3.2]. Ils promeuvent à la place la poésie d'Arthur Rimbaud, et d'Edith Sitwell ainsi que les livres de Marcel Proust[3.3], le jazz et l'esthétique moderne russe de Diaghilev qui voue un culte total (politique, religieux, moral et sexuel) aux jeunes hommes[3.4]. Leur influence à Eton est conséquente : ils y lancent la mode dandy moderne[4] dont l'expression de l'homosexualité est « l'élément le plus agressif »[3.5].

Evelyn Waugh, dans le roman Retour à Brideshead, s'inspire de la personnalité et la vie d'Harold Acton et Brian Howard pour créer le personnage d'Anthony Blanche, le meneur homosexuel d'un groupe d'esthètes particulièrement charmant[5],[6],[7].

En 1922, Harold Acton entre à Christ Church, à Oxford. Ses poèmes commencent à être publiés par d'autres périodiques puis rassemblés en recueil dont le premier, Aquarium, paraît en 1923. Acton fonde, avec Alfred Nicholson, le magazine Oxford Broom destiné à redorer l'image de la période victorienne britannique. Il évolue dans des cercles décadents, modernistes et provocateurs aux côtés de Robert Byron, Peter Quennell, et John Sutro. Avec son frère William, Harold passe ses vacances à Londres et aux États-Unis ou leur famille leur font découvrir la peinture. Il obtient son diplôme en 1926 puis déménage à Londres avec son frère William[2].

Départ de l'Europe et Seconde Guerre mondiale

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Harold Acton passe une partie de sa vie à Paris, où il devient ami avec Gertrude Stein qui l'encourage à écrire et publier son premier roman, Cornelian, suivit par un second en 1928. Ces textes sont peu appréciés de la critique, ce qui pousse Acton a abandonné la littérature pendant un temps. Il tente alors de s'intéresser à l'histoire mais sa production est également boudée[2].

Désabusé, Acton part en 1932 pour Pékin, où il vit pendant 6 ans et enseigne la l'anglais à l'Université. Il écrit en Chine Peonies and Ponies, son roman le plus abouti et traduit en anglais divers recueils de poèmes et de contes chinois[2]. Il découvre le bouddhisme et l'opium et fréquente de jeunes Chinois[4]. Pour éviter la circonscription italienne il part en vacances à Madrid avec John Davidson Beazley. Harold rencontre Desmond Parsons, un Anglais qui, selon la correspondance de Harold, devient le véritable amour de sa vie. Leur idylle est écourtée par la maladie d'Hodgkin dont Parsons meurt, à Londres, à l'âge de 26 ans[4].

Acton quitte le pays après l'invasion japonaise de 1939 dans l'objectif d'y retourner après la Seconde Guerre mondiale. Il regagne l'Angleterre, puis s'engage dans la RAF en Inde, déçu de ne pas être embauché par gouvernement britannique pour l'effort de guerre en Chine. Il suppose que la réticence du gouvernement naît de son mode de vie décadent[2].

Après la guerre, il regagne La Pietra après avoir appris que son frère s'est suicidé en Italie. Il commence la rédaction de Memoirs of an Aesthete qu'il dédie à la mémoire de son frère[2].

Harold Acton fait le tour du Mexique et de l'Amérique du nord. À Berkeley, il collabore à la traduction en anglais de The Peach Blossom Fan avec son ancien élève Chen Shih-hsiang[2].

Retour en Italie

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Malgré la froideur de sa famille à son égard, il retourne en Italie où il loue une villa à Napes pendant la majorité des années 1950. Aux alentours de 40 ans il dépend toujours de la fortune familiale malgré ses efforts pour gagner sa vie en tant qu'écrivain[2].

Il hérite de La Pietra en 1962, où il vit avec son compagnon, le photographe allemand Alexander Zielcke, pendant les 25 dernières années de sa vie[8]. Acton devient un hôte central pour l'intelligentsia et la noblesse anglophone de l'époque : la liste de ses convives inclue la Princesse Margaret[2] et le Prince Charles, Cecil Beaton, Bernard Berenson, Winston Churchill, D.H. Lawrence, George Orwell, Aldous Huxley, Graham Greene et Henry Moore, ce qui lui vaut une décoration de chevalier en 1974[2].

Durant toute cette période, Harold Acton continue décrire sur l'histoire de Florence. Il meurt le , à l'âge de 89 ans à La Pietra et est enterré au cimetière des Allori, dans la proche banlieue de Florence[2].

Principaux ouvrages

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Dans Les Bourbons de Naples, 1731-1825, chronique événementielle du royaume de Naples sous le règne des Bourbons, Acton expose les bouleversements politiques de l'Italie du Sud au XVIIIe siècle tout en mettant l'accent sur sa métamorphose artistique et sur les origines du Grand Tour. Tout au long de son existence, Harold Acton affirme être un descendant de Sir John Acton, le Premier ministre de Naples durant cette période, mais il n'existe aucune preuve permettant d'établir cette relation.

Pivoines et Poneys, son livre le plus populaire, est écrit sur les heurts entre la culture européenne et la culture chinoise, inspiré par son long séjour à Pékin[2].

Reconnaissance

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Reconnaissance littéraire

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En 1984 il reçoit un mélanges de la part du British Institute in Florence et est reconnu citoyen d'honneur par la commune de Florence[2]. Malgré ses efforts, Acton ne parvient pas à devenir un auteur de premier plan. Cependant, il introduit l'esthétisme moderne au monde intellectuel britannique des années 1920, dont beaucoup d'écrivains qui atteignent une reconnaissance bien supérieure à la sienne[4].

Le travail de sa vie reste la Villa Pietra, ses bibliothèques et collections d'art qu'Acton préserve jusqu'à sa mort[4].

Héritage de La Pietra

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À sa mort, c'est l'Université de New York qui reçoit l'essentiel de sa fortune, notamment la Villa La Pietra, un des plus importants legs jamais effectué à une université. Mais les héritiers d'une demi-sœur de Harold par le père contestent en justice ce legs de 500 millions de dollars, bien que l'essentiel du patrimoine soit issu de sa mère. L'affaire est toujours en cours en 2015[9].

Décorations

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  • An Indian ass, 1925
  • Les Derniers Médicis, Perrin, 1984 ; 2002
  • Les Bourbons de Naples, Perrin, 1986 ; 1999.
  • Mémoires d'un esthète, t. 1, Julliard, 1991 ; t. 2, Julliard, 1992
  • Pivoines et Poneys, Rivages/Poche, 1992
  • Prince Isidore, Salvy, 1998

Notes et références

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  1. 1 2 « William Hamilton Mitchell Acton (1906 - 1945) - Find A Grave Memorial », sur www.findagrave.com (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en) Edward Chaney, « Acton, Sir Harold Mario Mitchell (1904–1994), aesthete and author », Oxford Dictionary of National Biography, (DOI 10.1093/ref:odnb/9780198614128.001.0001)
  3. (en) Martin Green, Children of the Sun A Narrative of "decadence" in England After 1918, Axios Press, (ISBN 9781604190014)
    1. p.(101)
    2. p.(94)-(101)
    3. p.(24)
    4. p.(26)
    5. p.(158)
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) A.M.Wentink, « Acton, Harold », dans Robert Aldrich (dir.), Garry Wotherspoon (dir.), Who's Who: In Gay and Lesbian History from Antiquity to World War II, Routledge, (ISBN 978-0415253697)
  5. (en) Paula Byrne, « When Oxford life resembled a great satirical novel », The Spectator, (lire en ligne Accès payant)
  6. (en) Rupert Christiansen, « What became of the real people who inspired Evelyn Waugh's 'Brideshead Revisited'? », The Telegraph, (lire en ligne)
  7. (en) Kathleen Kuiper, « Anthony Blanche », sur Britannica (consulté le )
  8. (en) David Plante, « A Last Fantasy in Florence », The New Yorker, (lire en ligne Accès payant)
  9. Stephanie Kirchgaessner in Rome, « New York University in legal saga over Villa La Pietra, half a world away in Italy », sur the Guardian, (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) Edward Chaney, « Sir Harold Acton », in Oxford Dictionary of National Biography
  • (fr) Angelo Rinaldi, Service de presse, chapitre « Sir Harold », Plon, 1999

Liens externes

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