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Newcleo

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Newcleo
logo de Newcleo

Création 31 août 2021
Dates clés 1re sept 2021 : rachat de Hydromine Nuclear Energy
2023 : rachat de SRS S.p.A., Fucina Italia Srl, Groupe Rütschi
2024 : transfert siège social de Londres à Paris
2026 : cotation au Nasdaq
Fondateurs Stefano Buono
Luciano Cinotti
Elisabeth Rizzotti
Forme juridique Société anonyme à conseil d'administration
Siège social (→ 2024) Londres
(2024 →) Paris
Direction Stefano Buono
Actionnaires Exor
Inarcassa
Club degli Investitori
Bpifrance
Activité Énergie nucléaire, réacteurs modulaires avancés
Produits LFR-AS-30 (démonstrateur)
LFR-AS-200
TL-400
Filiales Hydromine Nuclear Energy
SRS S.p.A.
Fucina Italia Srl
NextCleo (40%)
Pompes Rütschi
NewHold Investment Corp. III
Bonifait Pesage SAS
Effectif 2024 : 900
Site web www.newcleo.com

Capitalisation Juin 2026 : 2,4 Md.US$
Chiffre d'affaires 2024 : > 80 M.US$
en augmentation

Newcleo Ltd est une entreprise start-up italienne fondée en , spécialisée dans le développement d'un petit réacteur nucléaire modulaire (dit PRM ou SMR en anglais) dénommé LFR-AS-200. Il s'agit plus précisément d'un petit réacteur nucléaire avancé (AMR pour Advanced Modular Reactor) d'une puissance électrique nette de 200 MWe. Il appartient à la filière nucléaire des réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au plomb, dit RNR-pb. Un réacteur de plus faible puissance est également développé pour des applications mobiles (propulsion navale) le TL-40.

Le 30 septembre 2024, pour faciliter le financement par les investisseurs européens, Newcleo Ltd transfère son siège social de Londres à Paris[1]. Il faut comprendre que Newcleo Ltd n'ayant pas obtenu les autorisations nécessaires au Royaume-Uni, courtisé lors de la conférence Choose France en 2023, a été séduite par la décision de lancer un plan de relance à long terme pour le secteur de l'énergie nucléaire, doté de 48 milliards d'€uros, prévoyant la construction de six nouveaux réacteurs d'ici 2045.

En 2025, le LFR-AS-200 est en cours de conception, avec des projets de construction de démonstrateurs en Italie puis en France (LFR-AS-30), suivis d'un premier modèle au Royaume-Uni et d'un à quatre en Slovaquie.

En septembre 2021, trois scientifiques italiens fondent la société Newcleo Ltd :

  • Stefano Buono (CEO) - Physicien nucléaire et entrepreneur à succès, il a commencé sa carrière en travaillant pendant 10 ans au CERN et au CSR4 avec le prix Nobel Carlo Rubbia dans le domaine des systèmes d'amplification d'énergie et de la transmutation des déchets nucléaires. En 2002, il fonde Advanced Accelerator Applications, société cotée au NASDAQ jusqu'à sa vente au groupe Novartis pour 3,9 milliards US$ en janvier 2018. Auteur de nombreuses publications scientifiques, il est titulaire d'un master en physique de l'Université de Turin.
  • Luciano Cinotti (Directeur Scientifique) - Ingénieur nucléaire, il a travaillé chez Ansaldo Nucleare pendant 30 ans. Expert reconnu des technologies des réacteurs à neutrons rapides, il est représentant d'Euratom et président du comité de pilotage des réacteurs à neutrons rapides de tête (LFR) du Forum international de la quatrième génération, de sa création jusqu'en 2010, il est également l'auteur de la plupart des brevets internationaux relatifs aux LFR.
  • Elisabeth Rizzotti (Directrice d'exploitation et des activités de recherche italiennes) - Physicienne, après un bref passage au CERN, elle quitte la physique pour s'intéresser à la finance. Elle travaille d'abord pour de grands cabinets de conseil internationaux, puis pour plusieurs banques commerciales italiennes, où elle a développé de solides compétences managériales pendant plus de 30 ans.

Lors de sa création, le , la start-up italienne Newcleo Ltd[2] annonce le rachat de la société américaine Hydromine Nuclear Energy[3], entreprise créée en 2013, spécialisée dans les énergies renouvelables, implantée à New York et Yaoundé qui participe à la conçeption des réacteurs LFR-AS-200 et LFR-TL-30[4],[5]. Le siège social de la société est implanté à Londres mais ses équipes opérationnelles de recherche et de production sont installées en Italie, à Turin où plus de 100 spécialistes de l'énergie travaillent sous la supervision d'un comité scientifique possédant une vaste expérience dans le domaine de l'énergie nucléaire. Le premier développement majeur de Newcleo est le projet LFR « Re-Act », un microréacteur modulaire à plomb liquide présentant d'importantes applications commerciales, notamment dans le secteur maritime. Ce prototype concrétise un concept connu de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) sous le nom de projet LFR-TL-X. En , elle signe un partenariat avec l’ENEA - Agenzia Nazionale per le nuove tecnologie, l'Energia e lo sviluppo economico sostenibile (Agence Nationale italienne pour les nouvelles technologies, l'énergie et le développement économique durable) et prévoit de finaliser, dans les 5 ans, la conception et la réalisation d'un prototype industriel non nucléaire à grande échelle. ENEA détient l'un des brevets de Newcleo.

La société Newcleo Ltd devient rapidement opérationnelle avec l'intégration de la société d'ingénierie multidisciplinaire italienne SRS S.p.A. implantée à Rome depuis 1976. En 2023, elle rachète la société Fucina Italia Srl de Piombino dans la province de Livourne, entreprise italienne fondée en 1990 spécialisée dans les équipements de levage spéciaux pour l'industrie et les systèmes de confinement des déchets radioactifs.

La société développe des implantations en Italie, au Royaume-Uni, en Suisse, en Belgique et en Slovaquie. Elle s'est donné pour mission de produire une énergie bas-carbone en fermant le cycle du combustible nucléaire via le recyclage multiple du combustible MOX, censé réduire également la quantité de déchets radioactifs. L’entreprise s’appuie sur des recherches internationales pour concevoir des réacteurs sûrs, durables et compétitifs, notamment avec la société de recherche pétrolière Saipem[6].

En 2023, Newcleo Ltd signe des accords avec ENEL[7] (l'EDF italien), Fincantieri et RINA. Elle reçoit également 15 M€ du programme France 2030. En effet, son projet de petit réacteur modulaire (Small Modular Reactor (SMR) figure parmi les lauréats de l’appel à projets « Réacteurs nucléaires innovants » du plan d’investissements France 2030 consacré à l’émergence de concepts de réacteurs nucléaires de petite taille, en rupture, proposant une meilleure gestion des déchets radioactifs[2]. En mai 2023, Newcleo annonce vouloir investir en France jusqu’à 3 milliards d’€uros sur la période 2023-2030 pour réaliser un réacteur de démonstration et une unité pilote de fabrication du combustible[2],[8].

L'entreprise développe son projet de RNR-pb par étapes successives avec la construction de différents prototypes, dans plusieurs pays européens[9],[10],[11],[12] :

  1. la R&D ainsi que la fabrication d'un premier précurseur non-nucléaire de 10 MWe sur le site nucléaire ENEA de Brasimone en Italie à l'horizon 2026, afin d'approfondir les connaissances sur les réacteurs refroidis au plomb liquide, tester différents matériaux ainsi que les options technologies retenues,
  2. un premier prototype nucléaire de faible puissance (30 MWe) en France à l'horizon 2031, baptisé LFR-AS-30 (pour Lead Fast Reactor - Amphora-Shaped),
  3. un premier réacteur standard de 200 MWe, nommé LFR-AS-200 au Royaume-Uni à l'horizon 2033,
  4. un réacteur de faible puissance nommé TL-40 pour des applications mobiles (propulsion nucléaire de navires marchands).

En 2024, Newcleo Ltd finalise la phase préparatoire d’autorisation avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, rejoint l’Alliance industrielle européenne sur les petits réacteurs modulaires (SMR) et signe un partenariat avec le groupe italien Saipem pour des applications en mer[13],[14]. En , le siège social est transféré de Londres à Paris[15].

Dans une démarche de production d'acier bas-carbone, Newcleo signe en un protocole de collaboration avec l'aciériste italien Danieli pour l'utilisation future d'un réacteur LFR-AS-200 afin de fournir ses aciéries en chaleur à haute température, ainsi qu'en électricité bas-carbone (en remplacement de l'utilisation de gaz fossile et de charbon)[16].

En , Newcleo Ltd et Nextchem S.p.A. (filiale de la société italienne d'ingénierie Maire S.p.A.) lancent la coentreprise NextCleo détenue à 60% par Maire S.p.A., chargée de développer l'îlot conventionnel (la partie non nucléaire du réacteur comprenant le groupe turbo-alternateur qui produit l'électricité) du réacteur LFR-AS-200. L'accord prévoit également une participation de Nextchem au capital de Newcleo[17].

Organisation

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En fin d'année 2024, Newcleo Ltd employait environ 900 salariés, essentiellement des ingénieurs, sous la direction de Stefano Buono (PDG) et Elisabeth Rizzotti (directrice des opérations). La société dispose de bureaux situés à Turin, Paris, Londres, Lyon et Bratislava. L’entreprise collabore avec des partenaires comme l’agence nationale italienne ENEA et française CEA[18],[19].

Financement

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Depuis son lancement, Newcleo Ltd a réalisé plusieurs levées de fonds : 100 M€ à sa fondation en , 300 M€ en [7], 15 M€ issus du programme France 2030 en [20], 151 M€ en portant son financement total à 535 M€[15]; et 685 M€ sur cinq tours de financement, avec des investisseurs tels que Exor, Inarcassa, Club degli Investitori et Bpifrance. Sa valorisation atteint 1,29 Md£ en . En juin 2026, lors de son entrée à la bourse de Wall Street, la société a été valorisée à 2,4 milliards de US$.

En 2025, le gouvernement italien a exprimé son intérêt stratégique pour investir dans l’entreprise[21]. Le , La Tribune révèle que la continuité de l’exploitation de la société était menacée[22]. Newcleo Ltd a enregistré 103 millions d’€uros de pertes en 2024, soit plus du double qu'en 2023 (45 millions d’€uros)[23]. « Les alertes comme celles-ci sont tout à fait normales pour des entreprises comme la nôtre, qui investissent beaucoup dans l’innovation », a déclaré Stefano Buono, directeur général de Newcleo, à La Tribune. Elle a fermé son bureau britannique durant l'été 2025[22], du fait de l'absence de soutien des autorités britanniques à sa technologie de réacteur refroidi au plomb et de l'impossibilité d'accéder au stock de plutonium des centrales locales[24], alors qu'en France, où Newcleo a relocalisé son siège social en 2024[25], auparavant installé à Londres, discute avec l'État, EDF et Orano pour l'utilisation de matières issues de combustible usé dans son projet d'usine de MOX, près de Nogent-sur-Seine[26].

Le , la Commission nationale du débat public (CNDP) ouvre un débat public sur les projets de Newcleo : le LFR-AS-30, réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb qui serait construit en Indre-et-Loire, et une usine de fabrication de combustible MOX-LFR, du MOX pour réacteur refroidi au plomb, installée dans l’Aube[27].

Le 27 mai 2026, Newcleo Ltd annonce son entrée au NASDAQ par fusion-incorporation avec un « SPAC » et une augmentation de capital de 220 millions US$ supplémentaires auprès d'investisseurs, nord-américains pour la plupart. Les deux opérations valorisent l'entreprise environ 2,4 milliards d'€uros. Newcleo Ltd a déjà levé un milliard de dollars depuis 2021[28].

Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-200

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Schéma générique de fonctionnement d'un réacteur à caloporteur plomb.

Cœur du réacteur

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Le réacteur LFR-AS-200 appartient à la génération IV. C'est un réacteur à neutrons rapides, modéré et refroidi au plomb, ce qui en fait un réacteur à neutron rapide à caloporteur plomb. Sa puissance thermique est de 480 MWth pour une puissance électrique nette (disponible pour le réseau électrique) de 200 MWe, soit un rendement de 41,7%. Sa durée de vie à la conception est de 60 ans.

Le cœur du réacteur est composé d'une cuve de type piscine, d'environ 6,5 mètres de hauteur dans laquelle se trouve le combustible nucléaire et le plomb liquide. Six pompes assurent la circulation du plomb liquide qui entre dans la cuve à 420 °C et en ressort à 530 °C, pour être dirigé vers six générateurs de vapeur à tubes spiralés. Ces derniers produisent de la vapeur d'eau à 500 °C et 150 bars par l'intermédiaire d'un circuit secondaire à eau légère. La vapeur est ensuite détendue dans un turbine entrainant un alternateur produisant l'électricité.

12 barres de contrôle et 6 barres d'arrêt assurent le pilotage de la réaction nucléaire à l'intérieur du cœur[29].

Combustible nucléaire

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Le combustible nucléaire envisagé est retraité (acronyme MOX en anglais), produit à partir de combustible nucléaire usagé issu des réacteurs à eau pressurisée (REP) français actuellement en exploitation. Le cœur du réacteur LFR-AS-200 est chargé de 133 assemblages combustibles, chacun fait de 198 aiguilles de 10,5 mm de diamètre et 90 cm de long[29].

L'utilisation de combustible MOX dans un réacteur à neutron rapide permet de « brûler » (c'est-à-dire consommer en fissionnant) les métaux lourds, les actinides mineurs, présents dans le MOX. Les actinides mineurs sont aujourd'hui considérés comme des déchets nucléaires car non fissibles dans les REP du parc nucléaire français. Ces derniers fonctionnent avec un spectre de neutrons thermiques qui ne permet que de fissionner le plutonium et produisant ces actinides mineurs[30].

L'ASNR - Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection émet un avis d'expertise en , concernant l'usine de fabrication de combustibles avancés de Newcleo. Dans cet avis, l'ASNR note que le risque d'incendie et le risque d'une agression extérieure (comme une chute d'un avion) ne sont pas assez pris en compte[31].

Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-30

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Le réacteur LFR-AS-30 est un prototype du LFR-AS-200 de conception similaire mais plus petit (cuve haute de 5 mètres, seulement 3 pompes primaires et 3 générateurs de vapeur) et moins puissant (30 MWe). Il est également prévu qu'il soit utilisé pour irradier des échantillons dans le cadre de la R&D de Newcleo. Deux phases de fonctionnement sont prévues pour ce prototype[29] :

  • une première phase à basse température et faible puissance : puissance thermique maximale à 60 MWth, température du plomb en entrée à 370 °C et 440 °C en sortie, vapeur secondaire à 400°C et 150 bars ;
  • une deuxième phase à haute température et pleine puissance (similaire à LFR-AS-200) : puissance thermique maximale à 90 MWth, température du plomb en entrée à 420 °C et 530 °C en sortie, vapeur secondaire à 500 °C et 150 bars.

Sites d'implantation envisagés

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Lors de son entrée au NASDAC, la société Newcleo Ltd a confirmé qu'elle opère dans 7 pays, compte plus de 900 salariés et a généré, en 2024, un chiffre d'affaires d'environ 80 millions US$. Elle dispose d'un portefeuille de 9,2 GW d'installations nucléaire avancées, dont le projet soutenu par l'État slovaque visant à construire 4 réacteurs de 200 MWe et permettre ainsi de recycler son stock de matières nucléaires.

Depuis sa fondation, la société Newcleo s'est intéressée au Réacteur nucléaire italien PEC. Le site nucléaire PEC - Prova Elementi Combustibile, abrite un réacteur de recherche à neutrons rapides refroidi au sodium de 118 MW implanté à Brasimone dans la province de Bologne. Il a été construit entre 1980 et 1985 par l'ENEA - Energia Nucleare ed Energie Alternative devenue Agenzia Nazionale per le nuove tecnologie, l'Energia e lo sviluppo economico sostenibile - (Agence Nationale italienne pour les nouvelles technologies, l'énergie et le développement économique durable). Le réacteur n'a jamais été mis en service car, après la catastrophe de Tchernobyl survenue le , l'Italie a organisé un référendum sur la poursuite du programme de développement de l'énergie nucléaire qui a contraint à la fermeture de toutes les centrales nucléaires du pays[32].

En Italie, cet accident a gelé le nucléaire fission et seule la fusion a survécu, avec des recherches sur le plomb. À Brasimone. Depuis 2021, le site endormi renaît sous l'impulsion de la start-up italienne Newcleo qui l'a transformé en un laboratoire du futur énergétique. Newcleo y développe des réacteurs à neutrons rapides refroidis au plomb. Cette technologie promet de recycler les déchets nucléaires existants. Elle vise une énergie plus sûre et durable. Le plomb, contrairement au sodium, ne s'enflamme pas au contact de l'air, mais pose des problèmes de corrosion à haute température.

Construit dans les années 1980 pour soutenir le programme français Phénix, le réacteur à sodium de Brasimone n'a jamais fonctionné. L'ENEA avait relancé le site en 2008 pour développer un programme plomb de dix ans qui a été arrêté en 2018. En 2022, Newcleo Ltd a signé une convention de R&D avec l'ENEA. L'unité transformée par Newcleo doit être mise en service en fin d'année 2026.

Un démonstrateur LFR-AS-30

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En , Newcleo entame l’acquisition de terrains à Savigny-en-Véron et Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire) proches de la centrale nucléaire de Chinon, afin d'implanter son démonstrateur LFR-AS-30 de 30 MWe. L'objectif est un réacteur opérationnel à la fin 2031[33]. La Commission nationale du débat public (CNDP) est saisie en afin d'organiser le débat public de cette installation, dont la présidence est confiée à Laurent Pavard[9],[34]. Le débat public se déroule du au [35]. Le projet présenté dans le Dossier des Maîtres d’Ouvrage (DMO) par Newcleo et RTE porte sur un réacteur électronucléaire LFR-AS-30 de 30 MWe à Beaumont-en-Véron et Savigny-en-Véron, ainsi que sur l'usine de fabrication de combustibles MOX-LFR à Pont-sur-Seine et Marnay-sur-Seine dans l'Aube (ainsi que leur raccordement au réseau public de transport d’électricité assuré par RTE). Le DMO précise les caractéristiques techniques, les effets environnementaux, les coûts prévisionnels, le calendrier, ainsi que les modalités de participation du public dans le cadre du débat organisé par la CNDP[36].

Usine de combustible MOX (MOX-RNR)

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Newcleo dépose un dossier d’options de sûreté (DOS) en auprès de l'ASN pour l'installation en France d'une usine de combustible MOX pour ses futurs réacteurs[37]. En l'entreprise exprime son intention de construire l'usine dans l'Aube, à Pont-sur-Seine et Marnay-sur-Seine, sur une friche industrielle de 33 hectares située à une dizaine de kilomètres à l'est de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Cette usine fabriquerait les assemblages combustibles pour tout le parc de réacteurs Newcleo à venir, à partir de d'uranium appauvri, d'uranium de retraitement, et de plutonium. Cela participerait à fermer le cycle du combustible nucléaire avec des réacteurs produisant de l'électricité à partir du recyclage de déchets nucléaires actuels, et sans nécessité d'extraction minière de l'uranium.

L'investissement évoqué s'élèverait à 1,8 milliard € et pourrait créer jusqu'à 1 700 emplois directs, suscitant dès l'annonce du projet un soutient des élus locaux (comme la sénatrice de l'Aube Vanina Paoli-Gagin), malgré l'inquiétude de certains riverains quant à la perspective d'un chantier hors-norme et la proximité avec leurs habitations[38].

La CNDP est saisie pour organiser le débat public (présidé par Laurent Pavard)[39], de même que RTE pour le raccordement de l'usine qui pourrait ouvrir en 2030. Le débat se déroule du au , en même temps que celui pour le premier réacteur LFR-AS-30[40],[41],[42].

Centre d'innovation et de formation « Faster »

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En , Newcleo acquiert un site à Chusclan dans le Gard à proximité du site nucléaire de Marcoule, pour l'implantation d'un centre d'innovation et de formation baptisé « Faster » (acronyme anglais de Fuel process Assembly Storage Training and Enhanced Reality). Une centaine d'employés seront alors principalement affectés à la formation, ainsi qu'à l’accélération du développement de la ligne pilote de fabrication de combustible MOX[43],[44].

Au Royaume-Uni : un réacteur LFR-AS-200 « tête de série »

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En , la demande d’évaluation générique de conception (GDA) du réacteur LFR-AS-200 est soumise à l'autorité de sûreté britannique ONR (Office for Nuclear Regulation) ainsi qu'à l'agence environnementale (Environmental Agency)[45]. La GDA consiste à étudier la sûreté, la sécurité et les mesures de protection de l'environnement d'un nouveau design de réacteur nucléaire au Royaume-Uni. La demande d'évaluation de GDA est acceptée en [46].

En Slovaquie : un à quatre réacteurs LFR-AS-200

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En , Newcleo signe des accords avec les entreprises slovaques JAVYS (entreprise publique de gestion des déchets radioactifs) et VUJE (compagnie d'ingénierie) pour la construction de un à quatre réacteurs LFR-AS-200 à la centrale nucléaire de Bohunice. D'une puissance totale de 800 MWe, ces quatre réacteurs pourraient compenser la fermeture des deux réacteurs VVER-440/V230 (unités no 1 et 2 de 408 MWe chacune) définitivement arrêtés en et sous la pression de l'Union européenne[47],[48],[49].

Aux États-Unis : un réacteur

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Le 25 mai 2026, le département américain de l'Énergie accorde du combustible usagé à cinq groupes nucléaires américains, dont Oklo Inc., qui s'est alliée à Newcleo en octobre 2025 en vue d'exploiter ce combustible. Oklo évoque un investissement pouvant aller jusqu'à 2 milliards US$ pour construire une usine de production de MOX et un petit réacteur modulaire à Savannah River, en Caroline du Sud. En février 2026, Newcleo a déposé un dossier préparatoire à une licence auprès de la Commission de régulation du nucléaire (NRC) pour l'usine de MOX et un réacteur refroidi au plomb[50].

Le Groupe Newcleo

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En seulement quelques années, la start-up italienne Newcleo Ltd est devenue un groupe industriel multifonctionnel spécialisé dans les petits réacteurs nucléaires avec l'intégration des fabrications nécessaires à son activité :

  • Hydromine Nuclear Energy[3], entreprise américaine créée en 2013, spécialisée dans les énergies renouvelables, implantée à New York et Yaoundé,
  • SRS S.p.A. - société d'ingénierie multidisciplinaire italienne implantée à Rome depuis 1976,
  • Fucina Italia Srl - entreprise italienne fondée en 1990 spécialisée dans les équipements de levage spéciaux pour l'industrie et les systèmes de confinement des déchets radioactifs.
  • création de NextCleo -JV entre Newcleo et Nextchem S.p.A., filiale de la société italienne d'ingénierie Maire S.p.A., détenue à 60% par Maire S.p.A., chargée de concevoir l'îlot conventionnel, partie non nucléaire du réacteur abritant le groupe turbo-alternateur qui produit l'électricité) du réacteur LFR-AS-200,
  • Pompes Rutschi SAS - entreprise franco-suisse fondée en 1946 à Brugg (Suisse), conceptrice de la pompe à rotor noyé dite « Perfecta », pompe avec une étanchéité absolue pour des process particulièrement exigeants, en chimie, pétrochimie, pharmacie et nucléaire. Fonde une filiale en France à Illzach, près de Mulhouse, en juillet 1970[51],[52].
  • Bonifait Pesage SAS - fabricant français de balances de qualité nucléaire et d’équipements de pesage industriels de précision fournisseur de l’écosystème nucléaire.

Notes et références

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  1. ↑ « newcleo finalise le transfert de son siège en France »,
  2. 1 2 3 « Newcleo et le nouveau nucléaire français », Info.gouv.fr,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 (en) « Nuclear technology company Newcleo acquires Hydromine »,
  4. ↑ (en) « International Atomic Energy Agency. Advanced Reactor Information System (ARIS) »,
  5. ↑ (en) « Description of the LFR-AS-200 », sur newcleo.com,
  6. ↑ Alfie Shaw, « Saipem and Newcleo will jointly study offshore applications of nuclear technology »,
  7. 1 2 (en) « Enel and newcleo sign partnership to cooperate on Generation IV nuclear technology »,
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  11. ↑ (en) Rafael Sanches, « Newcleo and Fincantieri unveil lead-cooled fast nuclear reactor for maritime applications », sur Baird Maritime / Work Boat World, (consulté le )
  12. ↑ (en) « Venice exhibition includes model of Newcleo reactor », sur World Nuclear News (consulté le )
  13. ↑ « French regulatory review of Newcleo SMR progresses », sur World Nuclear News,
  14. ↑ « European Alliance to support selected SMR projects »,
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  16. ↑ « Danieli et Newcleo étudient la possibilité de produire de l'acier vert à partir de l'énergie nucléaire », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. ↑ (en) « Newcleo and Nextchem sign joint venture agreement », sur World Nuclear News (consulté le )
  18. ↑ « Un accord de collaboration entre Newcleo et le CEA sur un réacteur de la génération IV. Forum nucléaire suisse. S'informer maintenant », sur Forum nucléaire suisse, (consulté le )
  19. ↑ (en) « Newcleo teams up with CEA on reactor development », sur World Nuclear News (consulté le )
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  21. ↑ (en) « Italian government eyes investment in Newcleo », sur World Nuclear News (consulté le )
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  25. ↑ (en) Giacomo Mele, « Newcleo, la société de développement nucléaire à grande échelle, choisit l'Europe », Startupbusiness,‎ (lire en ligne)
  26. ↑ « Nucléaire : les déboires des start-up Naarea et Newcleo sèment le doute sur les mini-réacteurs », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  27. ↑ Réacteur LFR-AS-30 et usine de Mox : lancement du débat public Newcleo, SFEN, 13 avril 2026
  28. ↑ Amélie Laurin, « Il y a 100 fois plus de capitaux disponibles qu'en Europe » : la start-up du nucléaire Newcleo entre en Bourse aux États-Unis, Les Échos, 27 mai 2026
  29. 1 2 3 sfen, « Les réacteurs Newcleo, pour une énergie plus propre, plus sûre et plus durable » Accès libre [PDF], sur provence.sfen-regions.org,
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  52. ↑ Tracey Honney, « Newcleo acquiert le groupe de pompes nucléaires Rütschi », Nuclear Engineering,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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