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#61🎬️溶ける境界線と、『あり得ない』と『あり得ない』がぶつかった記憶│『CROSSING』 / ”L’impossible” gelé et les frontières qui fondent

イスタンブールの喧騒の中で、いくつもの交差があり、交差しないすれ違いもある。
アイデンティティ、ジェンダー、国籍、言語、年齢、過去…。
早朝の静かなイスタンブールの街を歩いたことしかない私には、映像が生々しく迫り、空から街を俯瞰している自分がいた。
リアルと想像の境界が消え、ゾワッとした。

出会いと別れが交錯するイスタンブールで紡がれる、過去と未来をつなぐ心の旅

公式サイト https://mimosafilms.com/crossing/

« La version française se trouve ci-dessous »

舞台は、政府がLGBTQ+に否定的な立場を取っているとも言える、社会的な制約や差別が続くトルコ。
映画の中では、差別は描かれつつも希望を抱かせるストーリーに安堵した。
同時に、私の頭の中には、映画とは別の「クロスしなかった現実」がちらついた。
―消えることのない『拒絶』の記憶。

歩み寄れない凍ったままの価値観

昔、アフリカのフランス語圏の国で英語を習ったことがある。
『家族にトランスジェンダーの人がいたらどうするか』
という話題でディスカッションをした。

私は当然のように、
「何も変わらない。その人自身の選択を尊重する。」と言った。
が、返ってきた言葉に驚いた。本気で驚いた。

「それ本気で言ってる?あり得ない。」

驚きすぎて言葉を失った。私の意見はクロスすることもなく、拒絶され、否定されてしまった。
「街から追い出す」「家から出ないように隠す」
そんな意見も出た。

『あり得ない』と『あり得ない』がぶつかって、ただ跳ね返って終わった。
ただただ悲しかった。悔しかった。


世界報道写真展(2024年)でも、場所は違えど、LGBTQ+の残酷な現実が写されていた。

課題は、いまだ山積みだ。


言語にない性別、現実にある境界

前書きが長くなりましたが、映画のおはなしを。

「トルコ語とジョージア語は、性差別がない言語であり、文法上においても、男女の区別はない」
という冒頭の一言は、物語全体のトーンの静かな表明に思えた。

言語のレベルではジェンダーが存在しないのに、現実の社会や人間関係ではこれほどまでに強く規定され、衝突し、排除が起こる。

その線は誰が引くのか

国境を越えた時の、アチの「何も変わらない」と、リアの「当たり前でしょ」。

国境というものは、人間が引いたただの線なのだと実感させられた。
否が応でも、民族もアイデンティティも無視され、直線で引かれた国境を思い出す。

このセリフの奥に、
地図の上に引かれた人為的な線、
​男女という二分法の線、
マジョリティとマイノリティを分ける線
への皮肉が見えたのは私だけだろうか。

国籍もジェンダーも価値観も関係なく、
社会の枠組みの外側に追いやられた子供も巻き込んで、
協力を仰ぎ、助け合う場面に安心を覚えた。

アチの嘘に気付きながらも同行させたのは、
姪を救えなかった後悔、
抑圧に抗って表に出せなかった自分の価値観や愛情、
結果的に選び取ってしまった言動への懺悔からなのだろう。

あ。ということは、リアは国境を越える前から、偏見や先入観といったあらゆる境界線をすべて取っ払って行動すると決めていたということか…。
そう思うと、国境を越えた時のひと言も、よく知らない子供に道案内をしてもらったことにも、合点がいく。

痛みを抱えたまま生きる

救えなかった記憶を抱えたまま、それでも他者と共に歩けるか。
他者の尊厳をどう認めるか。
生きる理由を失ったとき、人はどう生き続けるのか。
を問う作品だったように思う。

アチの選択は、
未知の不安を選ぶことで、辛い過去との断絶と未来への希望を示し、
リアの表情は、
平穏な生活よりも自分の心に従うことの大切さを物語っているように感じた。


現実には、この物語以上に厳しい状況が、
今も多く存在していることを心に留めておかなければと思う。

​この映画がきっと誰かの視野を広げ、心の中の境界線を溶かすかもしれない。
と私は願っている。



⬇️ロシアで生まれたクィア・アーティスト、ジェナのドキュメンタリー映画『QUEENDOM』を観て感じたことはこちら。


français 

Dans le bruit d’Istanbul, il y a beaucoup de croisements, et des rencontres qui ne se croisent pas. Identité, genre, nationalité, langue, âge, passé…
Pour moi, qui n’ai marché que dans le calme d’Istanbul tôt le matin, les images semblaient très réelles. Quand je ferme les yeux, je me vois survolant la ville. La frontière entre le réel et l’imaginaire disparaît, et je frissonne en ouvrant vite les yeux.

L’histoire se passe en Turquie, où le gouvernement peut être contre les personnes LGBTQ+, et où il y a encore des restrictions et de la discrimination. Dans le film, la discrimination est montrée, mais l’histoire donne de l’espoir, ce qui m’a rassurée. 
En même temps, dans ma tête, une autre réalité, qui ne se croise pas avec le film, apparaissait. 
— Les souvenirs du rejet, qui ne disparaissent jamais. 


Il y a longtemps, j’ai appris l’anglais dans un pays francophone d’Afrique.
Nous avons fait une discussion sur le thème : « Que feriez-vous si quelqu’un dans votre famille était transgenre ? »

J’ai naturellement répondu : « Rien ne change. Il faut respecter le choix de cette personne. »
Mais la réponse m’a surprise. Vraiment surprise.

« Tu le dis sérieusement ? Impossible. »

J’étais tellement étonnée que j’ai perdu mes mots. Mon opinion n’a pas été comprise, elle a été rejetée et niée.
« Il faut chasser cette personne de la ville » ou « Il faut la cacher pour qu’elle ne sorte pas de la maison » : ces idées ont aussi été exprimées.

L’« impossible » contre l’« impossible » s’est affronté et tout s’est terminé par un refus.
J’étais juste triste et frustrée.


Même à l’Exposition mondiale de photojournalisme (2024), bien que le lieu soit différent, la réalité cruelle des personnes LGBTQ+ était montrée.
Les défis sont encore nombreux.


L’introduction est un peu longue, mais parlons du film.

La première phrase dit : « Le turc et le géorgien sont des langues sans sexisme et n’ont pas de distinction de genre dans la grammaire ».

Cela semble une déclaration calme du ton de tout le récit.
Au niveau de la langue, le genre n’existe pas, mais dans la société et les relations humaines, il est très fort, il cause des conflits et des exclusions.

Quand les frontières sont traversées, on entend « Rien ne change » d’Achi et « Évident » de Ria.

J’ai réalisé que les frontières ne sont que des lignes tracées par les humains.
On n'arrête pas de se souvenir des lignes droites sur la carte qui sont tracées en ignorant les peuples et les identités. 

Seul moi ai-je vu dans ces phrases une ironie sur : les lignes artificielles sur la carte, la ligne binaire entre hommes et femmes, la ligne qui sépare la majorité et la minorité ? 


J’ai ressenti un soulagement dans les scènes où, sans tenir compte de la nationalité, du genre ou des valeurs, on impliquait même les enfants rejetés en dehors du cadre de la société, et où chacun demandait de l’aide et s’entraidait. 

Le fait qu’Achi ait été autorisé à accompagner, malgré le fait que l’on ait remarqué son mensonge, vient sans doute du regret de ne pas avoir pu sauver sa nièce à cause de l’oppression, de l’amour qu’on n’a pas pu exprimer, ainsi que du sentiment de culpabilité pour les actions que l’on a fini par choisir.

Ah. Cela signifie que Ria avait décidé, avant de franchir la frontière, d’agir en éliminant toutes les barrières, comme les préjugés et les idées reçues… En y pensant, sa remarque quand elle a franchi la frontière et le fait de se faire guider par un enfant qu’elle ne connaissait pas font sens.


Je pense que c’est une œuvre qui questionne : peut-on avancer avec les autres tout en portant le souvenir de ce que l’on n’a pas pu sauver ? Comment reconnaître la dignité des autres ? 
Et comment continuer à vivre quand on a perdu le sens de la vie ?

Le choix d’Achi montre, en choisissant l’inconnu, la rupture avec un passé douloureux et l’espoir pour l’avenir, et l’expression de Ria raconte, selon moi, l’importance de suivre son cœur plutôt qu’une vie paisible. 


Dans la réalité, des situations encore plus difficiles que celle racontée dans ce film existent toujours, et il faut en garder conscience.

J’espère que ce film pourra élargir le regard de quelqu’un et faire fondre les frontières dans son cœur.


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