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Le roi de la confiserie d’Asie, Heitarō Mori — Première partie #118


Fondation de Niitaka Seika(新高製菓)
et débuts à Taïwan

Mori et son épouse ouvrirent
la boutique Ichiroku-ken(一六軒)
à Taïwan,

puis prirent la succession
d’une usine de caramel
et en apprirent la méthode
de fabrication.

Forts de cette expérience,
ils créèrent en 1905 (Meiji 38)
la société Niitaka Seika,

dont le siège fut établi à Taipei.

Le nom de la société provient
du mont Niitaka,(新高山)

le plus haut sommet de Taïwan à l’époque
(actuel mont Yu (玉山), altitude 3,952 m)
          【Source 2】


Ventes itinérantes et efforts de terrain

Les débuts de Niitaka Seika
furent loin d’être faciles.

Heitarō vendait ses produits
en marchant jusqu’aux sources thermales
de Hokutō,(北投温泉)

parcourant 12 km à pied
en mode colporteur.

Ces efforts répétés finirent
par porter leurs fruits
et permettre une progression des ventes.


Produit phare et percée commerciale

Heitarō exploita la production
locale de bananes à Taïwan

pour créer, en 1917 (Taishō 6),
une nouveauté :
le caramel au lait à la banane,
élaboré avec du sucre blanc
(shiro-satō) et du lait.

Malgré les difficultés liées
au climat tropical qui favorisaient
les défectueux,

Niitaka Seika améliora ses procédés
et fit de ce produit un grand succès.

Par la suite, l’entreprise lança
également les populaires
« Niitaka Drops »

et poursuivit le développement
de confiseries à succès.


Innovation technique
et formation d’artisans

Parallèlement à la diversification des produits,
Niitaka Seika investit
dans l’amélioration technique :

L’entreprise invita à Taipei
des artisans de premier plan
des grandes maisons de confiserie de Tokyo

en contrats courts (environ un an)
pour élever le niveau de fabrication.

Parmi eux figuraient notamment
Yoshitaka Kimura,
chef pâtissier renommé de Fugetsu-dō
(東京凮月堂),

ainsi que des maîtres
dans la confection de wagashi.
(和菓子)


Expansion, succès social
et réseau de distribution

Pendant l’ère Taishō(大正),
Taipei devint une ville moderne
et attrayante pour les migrants
venus du Japon.

L’engouement pour la culture « à la mode »
— cafés, pâtisseries occidentales,
sports et divertissements —
créa un marché favorable.

Les produits de confiserie de Niitaka
furent perçus comme une petite
immersion dans la culture occidentale,
séduisant petits et grands.

Les gâteaux restaient alors
des produits de luxe accessibles
surtout aux cadres administratifs
et employés de grandes entreprises,

tandis que les produits à base de
patate douce locale (sweet potato)
rencontrèrent un succès fulgurant,
jusqu’aux goûters des écoles réputées
           【Source 1】


Réputation de qualité
et confiance impériale

La réputation de qualité
de Niitaka se confirma :

on disait que leurs douceurs
faisaient une différence comparable

à celle entre une actrice
et une simple aide domestique.
(c’est-à-dire une qualité
  incomparable sur le marché).


En 1926 (Taishō 15),
lors de la visite à Taïwan
du prince Takamatsu,

Ichiroku-ken fut chargé
de fournir des confiseries
pour son hébergement et
ses trajets en train,

gage de la grande confiance
accordée à la maison.


Industrie structurée et production de masse

Niitaka Seika installa vers 1917 (Taishō 6)
une usine à Taipei,

près du marché de Guting (古亭町),

inscrite alors au registre
comme située au n°180 de Guting.

L’entreprise étendit sa distribution
à l’ensemble de l’île.

(Ci-dessous : capture Google Street View)
(du site présumé de l’ancienne usine)

Cette image Street View
montre l’emplacement supposé
de l'usine de Niitaka Seika
à Guting.

Vers 1923 (Taishō 12),

l’usine s’organisa en environ
18 départements
(caramel, castella, senbei, etc.),

devint une grande unité intégrée

et employa quelque 400 personnes.


Références et images
 Sources et références citées
 dans l’article original :
 1.Travaux académiques
  sur l’évolution de Niitaka Seika
,
 2.Notice Wikipedia sur Niitaka Seika,
 3.L’article de Kumiko Hirano
  « Le roi de la confiserie asiatique
  revenu au pays natal, Saga »
,
 4.le blog de Lin Chun‑sheng
 5.Et captures Google Street View
  des sites historiques.


Conclusion de l’article
(invitation au commentaire)

Si cet article a permis de transmettre,
ne serait‑ce qu’un peu,
la passion de Heitarō Mori,

qui a innové l’industrie pâtissière japonaise
depuis une terre étrangère comme Taïwan,

j’en serais ravi.

Quels autres « héros anonymes »
ayant traversé les mers
pour réussir une entreprise

vous inspirent ?

Par ailleurs,
si vous connaissez des anecdotes
sur des « entreprises disparues »
dans votre région,

partagez‑les
dans les commentaires.


Texte type pour archive numérique
(bloc à insérer)


Par la présente,
j’exprime l’espoir que

le nom de Heitarō Mori
et l’ampleur de ses réalisations
demeureront durablement
dans la mémoire collective
grâce à cet article.

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