Oni‐Tabi Kōgyō « Est des Oni‐Tabi » — Gloire et ombres Partie 2 #124
Introduction
Dans la première partie,
nous avons raconté la naissance
du « Corduroy Oni‐Tabi (コールテンの鬼足袋) »
à Fukude (福田町),
préfecture de Shizuoka (静岡県),
et son extraordinaire succès
qui lui valut le surnom
de « West Fukusuke (西の福助),
East Oni‐Tabi (東の鬼足袋) ».
Tabi (足袋) :
chaussures japonaises traditionnelles
à séparation du gros orteil,
souvent portées avec des sandales
comme les zōri (草履)
ou les geta (下駄),
utilisées au quotidien
ou lors de cérémonies.
Dans cette seconde partie,
nous examinons
comment la deuxième génération,
Sōichi Terada (寺田壯一), développa la
marque à Tōkyō,
comment elle fut confrontée
aux vagues de l’histoire,
et comment son souvenir perdure
à Ota City (Ota‐Ward, Tokyo) (東京都大田区).
Expansion à Tokyo et l’ombre du grand succès
À l’époque Taishō (大正時代),
Oni‐Tabi Kōgyō (鬼足袋工業)
construit une grande usine
à Ōmori (大森), Tokyo (東京).
(actuel Ōmori Nishi (大森西))
L’ampleur
de cette installation suggère fortement
que le centre de production
fut déplacé de Shizuoka
à Tokyo.
Cette usine possédait
une enseigne lumineuse
ornée du logo circulaire
portant
le caractère « 平 » (taira) inscrit
dans un cercle « 〇 » (maru),
visible la nuit
depuis les trains
de la ligne Tōkaidō (JR東海道線),
faisant de l’usine
un repère pour les voyageurs
vers Tōkyō.
La rue devant l’usine
fut bientôt surnommée
« Oni‐Tabi Dōri (鬼タビ通り) ».
Au plus fort de son activité,
l’entreprise ouvrit une succursale
à Osaka (大阪)
et employait environ 300 personnes.
Derrière cette réussite, Sōichi diversifia
les activités de l’entreprise,
mais le pays
se dirigeait vers la guerre.

n’apparaissait-il pas ainsi vu des trains ?
Le bruit de la guerre et la fin de l’entreprise
Avec l’intensification du conflit
et la pénurie de matières premières,
la production d’Oni‐Tabi Kōgyō déclina
et les installations
se réduisirent progressivement.
Le 15 avril 1945 (Shōwa 20),
lors du grand bombardement aérien
du sud de la région,
l’usine d’Ōmori fut détruite,
et la marque « Oni‐Tabi »
vit tragiquement son histoire
s’achever.
Reconstruction d’après-guerre et dissolution
En 1948 (Shōwa 23),
un ancien employé nommé
Akinyoshi Hashimoto (橋本明吉)
relança une activité
sous le nom de Oni‐Tabi Co.
à Nihonbashi‐Yokoyamachō (日本橋横山町),
se reconvertissant
de la production d’Oni‐Tabi
vers celle de chaussettes.
Cette entreprise perdura
jusqu’aux années 1970 (Shōwa 45).
Elle fut contrainte de cesser ses activités
face à la concurrence croissante
et aux changements du marché.
Réflexion sur la reprise entreprise
par Akinyoshi Hashimoto
Créer une société en 1948 (Shōwa 23)
à Nihonbashi, cœur commercial du pays,
fut très difficile
dans le contexte d’après-guerre,
pour relancer l’activité.
Si Hashimoto avait été cadre
ou disposé d’un accès
aux actifs de l’ancienne maison mère —
par exemple les fonctions de siège social
ou le produit de la vente des anciens terrains —
il aurait pu mobiliser
ces ressources pour relancer l’activité.
Il est aussi plausible
que les installations de production
et le réseau de distribution restant à Fukude,
ainsi que les anciens actifs
et relations,
aient constitué
une base essentielle
permettant sa reconstruction.
Ce raisonnement demeure spéculatif
mais donne une piste plausible
pour expliquer la reconstitution
de l’activité.
Les traces et la mémoire dans la ville
Après la guerre,
les terrains de l’ancienne usine
furent annexés
à l’école collégiale voisine,
Ōmori Daihachi Junior High School.
(大森第八中学校)
De plus,
l’avenue qui va de la gare JR Ōmori
vers Kamata,
aujourd’hui nommée
« Tōhō Idai Dōri (東邦医大通り) »,
est encore appelée
par les habitants « Oni‐Tabi Dōri ».
Je n’ai pas connu personnellement
l’époque où Oni‐Tabi était en activité,
mais au fil des recherches
j’ai ressenti
l’empreinte durable
que la famille Terada
a laissée dans cette ville
et la mémoire vive
qu’en gardent les habitants.
Conclusion
L’histoire d’Oni‐Tabi Kōgyō
à Tokyo ressemble à un film :
un sommet de réussite
suivi d’une destruction brutale
par les événements de son temps.
Le fait qu’une entreprise
ayant atteint une telle apogée
ait existé autrefois
à Ota‐City (Ota‐Ward, Tokyo)
rappelle d’autres récits locaux
que j’ai déjà partagés,
comme celui de Niitaka Seika (新高製菓).
La similarité entre des entreprises
ayant prospéré en dehors de Tokyo
puis implanté des usines
à Ōmori (actuel Ōmori Nishi)
est frappante.
Otapedia souhaite enregistrer
et préserver la mémoire
d’Oni‐Tabi Kōgyō
et de Junpei Terada (寺田淳平)
dans ses archives.

near Ōmori;
the building no longer stands
but the site is now part
of Ōmori Daihachi Junior High School.
Invitation à participer
Avez-vous dans votre ville
des entreprises ou des lieux autrefois célèbres
et aujourd’hui disparus ?
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vos souvenirs en commentaires.

Photo d’en-tête :
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