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#67🎬️”マイノリティ”の線は誰かの基準。「不便」の共有で快適さの基準を壊す ー 『みんな、おしゃべり!』で考えた② / La ligne de la “minorité” dépend du critère de quelqu’un

“マイノリティ”という線は、誰のためのものか。

消滅危機言語同士が対立!?
日本語手話 × クルド語

公式サイト https://minna-oshaberi.com/

作中には日本語手話とクルド語だけでなく、日本語、トルコ語、アラビア語、中国語、創作語など、様々な言語が出てきた。

#66🎬️言語で「世界の切り取り方」が変わる。言語習得で自分の輪郭が変わる ー 映画『みんな、おしゃべり!』で考えた①
では言語が個人の内側をどう形づくるかを考えた。
ここでは、言語が社会の中でどう線を引くかを考える。


線引きの裏側

ろう者やクルド人が、マイノリティと表現される場面があった。
計算し尽くされたこの作品において、それは意図的な演出だとは思うけれど
強い違和感と、言葉にできないイライラが自分の中に湧き上がった。

本来の意味の数量の多い、少ないで言えばマイノリティであっているのだが、
「マジョリティ(ここでは日本人の聴者)が支援する」という構造が裏に見えれば、別物に変質してしまう。
力がない側、守られる側という役割を勝手に背負わせるようになることが多いように思う。

難しいのは、言葉を使う側に悪意がないことが多いこと。
「いいことをしている」という顔で、
相手の権利や誇りを無視することになることもある。

この作品は、言語・文化の支配力がメインだったけれど、それが権力につながる場合もあるし、差別や偏見につながることもある。
マジョリティと言いながら、”多い方”ではないこともある。
そうなってしまうと、数量を「説明」するのではなく、「分断」を再生産する悲しい線になってしまう。

その線を誰が引くのか、何のために引くのか、
基準をどこに置くのか、それは必要なのか。

対等でない舞台に追いやってしまうなら、
それは本来の意味から外れ、まったく別の意味になってしまう。
言葉にして整理したら、改めて恐ろしい線だと思う。

分断を壊し、新しく繋がるための「言語」

劇中では、子供たちが新しい言語を作り、それによって分断を壊し、新しいコミュニティを形成していた。
さらに外の人がその言語を解読してみせるなど、人類の歴史にも通じる仕掛けがあった。
二世同士は、口論の通訳をどこまで忠実にするかで衝突したり、でたらめな言語で周囲の混乱を楽しんだりする。
言語とは何か、言語が生み出すものとは何かを考えさせる巧みな演出だった。

様々な言語が飛び交い、文化が交差するなかで、
分かったつもりは危険だけれど、分かりあえないと決めつけるのではなく、分かろうとすることの大切さも、ちゃんと受け取った。

それは私の昔の体験と少し重なる。
ーーアイルランドの語学学校に通っていたとき、英語をあまり話そうとしない陽気なスペイン人が、困るといつも私を呼んで通訳をさせた。私はスペイン語を理解できないし、英語もいまいちなのに、なぜか会話が成り立っていたという不思議な思い出。

意図的に不便に感じさせた映画

舞台挨拶で河合監督は、敢えてどの立場の人にとっても、少し不便に感じるように字幕もバリアフリーも計算したと語っていた。
観客全員に「快適さの基準は”自分”ではない」という問いを投げかけ、価値観の違う他者と同じ空間で観てほしいという理由から、配信はしない予定だそうだ。

考えさせられる作品であったと同時に、貴重な体験でもあった。


⬇️『コーダ あいのうた』の原作

⬇️”マイノリティ”と交差する残酷な現実を書いた記事はこちら


français 

C’est l’histoire de la langue des signes japonaise et du kurde, qui ont été menacés d’oppression ou de disparition. Dans l’histoire, il y a non seulement la langue des signes japonaise et le kurde, mais aussi le japonais, le turc, l’arabe, le chinois et des langues inventées.

Dans le Vol.1, j'ai réfléchi à la façon dont les langues façonnent l’intérieur des individus. Ici, je réfléchis à la façon dont les langues tracent des lignes dans la société.

Il y avait des moments où les personnes sourdes ou les Kurdes étaient présentées comme des minorités. Dans cette œuvre très réfléchie, je pense que c’était intentionnel, mais j’ai ressenti un fort malaise et une irritation que je ne pouvais pas exprimer avec des mots.

Si l’on parle de nombre, il est juste de dire que ce sont des minorités. Mais si l’on voit une structure où la majorité (ici, les Japonais entendants) les soutient, cela change complètement le sens. Souvent, cela fait porter aux minorités le rôle de personnes sans pouvoir, à protéger.
Ce qui est difficile, c’est que ceux qui utilisent les mots n’ont souvent pas de mauvaise intention. Même avec de bonnes intentions, on peut quand même ignorer les droits et la fierté de l’autre.

Dans cette œuvre, l’influence des langues et des cultures est le thème principal. Cela peut donner du pouvoir politique, mais aussi provoquer discrimination et préjugés. Quand on parle de majorité, mais ce n’est pas toujours le groupe le plus nombreux. Dans ce cas, on ne « décrit » pas les nombres, on « reproduit » des divisions, et cela devient une ligne triste.
Qui trace cette ligne ? Pourquoi ? Sur quelle base ? Est-ce vraiment nécessaire ?
Si cela place certaines personnes dans une situation inégale, alors ce n’est plus le vrai sens, mais quelque chose de complètement différent. Quand je mets cela en mots, cette ligne me semble encore plus effrayante.

Dans la pièce, les enfants inventent de nouvelles langues. Grâce à cela, ils brisent les divisions et forment de nouvelles communautés.
De plus, des personnes extérieures essaient de comprendre ces langues, ce qui rappelle l’histoire de l’humanité.
Les enfants de la deuxième génération de personnes sourdes et d’immigrants sont parfois en désaccord sur la fidélité des traductions, ou s’amusent avec des langues inventées de manière désordonnée.
C’était une mise en scène habile qui fait réfléchir sur ce qu’est une langue et sur ce que les langues peuvent créer.

Dans un monde où différentes langues circulent et où les cultures se croisent, il est dangereux de penser que l’on comprend tout. Mais j’ai bien compris qu’il était aussi important d’essayer de se comprendre, plutôt que de décider qu’on ne peut pas se comprendre.

Cela me rappelle un peu une ancienne expérience personnelle.
— Quand j’allais dans une école de langues en Irlande, une Espagnole très joyeuse qui ne voulait pas beaucoup parler anglais m’appelait toujours pour interpréter quand elle avait des problèmes. Je ne comprenais pas l’espagnol, et mon anglais n’était pas très bon non plus, mais d’une manière étrange, l'interprétation et la conversation fonctionnaient.

Lors d’une présentation, le réalisateur Kawai a expliqué qu’il avait délibérément pensé aux sous-titres et à l’accessibilité de manière à ce que chaque spectateur, quelle que soit sa situation, ressente un peu d’inconfort.
Il voulait que tous les spectateurs se posent la question : “Le confort n’est pas le même pour tout le monde” et qu’ils regardent le film dans le même espace avec des personnes ayant des valeurs différentes.
Pour cette raison, il n’est pas prévu de diffuser le film en ligne.
C’était une œuvre qui fait réfléchir, mais aussi une expérience précieuse.


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